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	<title>Gregory Chatonsky &#187; Sur terre</title>
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	<description>Notes et fragments</description>
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		<title>Sur-terre.net (Les inrocks)</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Mar 2007 21:27:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Médias]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur-terre.net est la BO d’une œuvre de fiction (mise en scène par l’artiste Grégory Chatonsky, spécialisé dans le web) diffusée sur le site d’Arte. A l’écouter, il pourrait bien s’agir là de l’un des plus envoûtants disques d’électronique ambiante et atmosphérique sortis ces dernières années. Le disque est édité par le label français Ytterbium, habitué [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://arte.tv/sur-terre">Sur-terre.net </a>est la <a href="http://www.arte.tv/sur-terre/index/ost/index.html">BO</a> d’une œuvre de fiction (mise en scène par l’artiste Grégory Chatonsky, spécialisé dans le web) diffusée sur le site d’Arte. A l’écouter, il pourrait bien s’agir là de l’un des plus envoûtants disques d’électronique ambiante et atmosphérique sortis ces dernières années. Le disque est édité par le label français Ytterbium, habitué des projets expérimentaux.<br />
Ici, la musique choisie inclut des musiciens comme Scanner, Vladislav Delay, Abstrackt Keal Agram, Pita, Steve Roden et plusieurs autres coutumiers des textures sonores enveloppantes et des atmosphères bourdonnantes. D’emblée, le disque fonctionne comme un album à part entière, et le fait sans doute mieux que la plupart des albums récents d’electronica : la diversité des artistes assure une pluralité des sons, tandis que la direction artistique de l’ensemble, très cohérente, permet une vraie cohésion de l’écoute. L’ensemble est bien ce que l’on appelle du cinéma pour les oreilles : cette BO s’écoute et se regarde sans même avoir à songer aux images qu’elle est supposée illustrer.</p>
<p>Joseph Ghosn</p>
<p><a href="http://www.lesinrocks.com">http://www.lesinrocks.com</a></p>
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		<title>Flux, entre fiction et narration</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Jan 2007 13:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il faut distinguer ce qui relève de la visualisation du flux (http://infosthetics.com) des fictions du flux (http://mouchette.org). Les premières malgré leurs habilités visuelles (http://packetgarden.com) jouent sur la scène de la représentation et de la traduction des données (visualiser quelquechose, des chiffres, sous une autre forme, des images par exemple). Et en ce sens, elles rentrent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image1377" alt="viz_pg_pre5-10.jpg" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2007/01/viz_pg_pre5-10.jpg" /></p>
<p>Il faut distinguer ce qui relève de la visualisation du flux (<a href="http://infosthetics.com">http://infosthetics.com</a>) des fictions du flux (<a href="http://mouchette.org">http://mouchette.org</a>).</p>
<p>Les premières malgré leurs habilités visuelles (<a href="http://packetgarden.com">http://packetgarden.com</a>) jouent sur la scène de la représentation et de la traduction des données (visualiser quelquechose, des chiffres, sous une autre forme, des images par exemple). Et en ce sens, elles rentrent dans la tradition de la citation et de l&#8217;auto-référentialité (car ce flux traduit reste du flux). Ainsi Mathieu Laurette et sa répétition médiatique. Ainsi tous les projets permettant de voir le flux internet en extirpant des informations esthétiquement &laquo;&nbsp;utiles&nbsp;&raquo;.</p>
<p>C&#8217;est la fameuse notion de Zeitgeist dont l&#8217;usage s&#8217;est aujourd&#8217;hui étrangement généralisé sur Internet pour désigner l&#8217;esprit du temps, la quantification et la visualisation à un moment donné de certaines données interprétables. Le Zeigeist c&#8217;est une coupe temporaire dans le flux, un décodage si vous préférez, qui dit ce qu&#8217;est le flux à un moment donné, donc ce que sont les esprits. On peut ainsi obtenir un effet impressionnant de masse, avoir le sentiment de sentir ce Zeitgeist, cette communauté silencieuse du réseau, comme si nous entendions les murmures intérieurs des habitants d&#8217;une ville (Les ailes du désir).</p>
<p>Les secondes formes proviennent d&#8217;une autre tradition, celle qui relie et disjoint l&#8217;art et la vie: invention de sa vie, d&#8217;autres vies, d&#8217;autres flux. Ce sont les travaux qui proposent des identités &laquo;&nbsp;factices&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;fausses&nbsp;&raquo; informations, qui ne font pas une extraction dans le flux, mais qui ajoutent du flux au flux, encore et encore. Et en ce sens là elles ne racontent pas, comme dans le cas de la visualisation du flux, elles le fictionnalisent. Cette différence est fondamentale car dans le premier cas il s&#8217;agit bien de narration au sens où entre le flux et nous il y a un intermédiaire qui nous raconte, c&#8217;est le narrateur. Celui-ci a l&#8217;autorité pour raconter, cette autorité lui accorde le droit de traduire les données du flux en autre chose, c&#8217;est-à-dire de les visualiser, de les rendre sensible, perceptible d&#8217;une façon ou d&#8217;une autre selon une décision arbitraire. Bref de prendre la matière (les données) et de lui donner une autre forme. Dans le cas de la fictionnalisation du flux, cette autorité fait défaut, elle déjoue ses effets d&#8217;avance parce qu&#8217;elle ne repose pas sur un discours de vérité et de Zeigeist: regardez donc l&#8217;esprit du temps! Ce qu&#8217;est le flux du réseau, là, maintenant! Elle dit d&#8217;avance sa fiction comme fiction.</p>
<p>L&#8217;objectif de la visualisation du flux est la complétude, celui de la fictionnalisation l&#8217;incomplétude. En effet, dans la visualisation l&#8217;idée est de donner à voir ce qu&#8217;on ne voit habituellement que partiellement (sortir de l&#8217;objet partiel donc, voici le rêve de cette catégorie), donner à voir une totalité, celle-ci fut-elle fuyante. Lorsqu&#8217;on navigue sur Internet on ne croit voir qu&#8217;une parcelle infime du réseau, parcelle qui s&#8217;identifie à notre déplacement. Sur Internet on reproduit le partage de l&#8217;espace et du lieu produit du déplacement. En navigeant on présuppose un ensemble plus grand: il y a là de l&#8217;absolu. Et ce n&#8217;est donc pas le fait du hasard si la notion philosophique de Zeitgeist dans sa <a target="_blank" href="http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_English_words_of_German_origin">germanité</a> même a su infiltrer le discours d&#8217;entreprises comme Flickr, Yahoo ou encore Google (<a href="http://www.google.com/press/zeitgeist.html">http://www.google.com/press/zeitgeist.html</a>). Il faut entendre dans le Zeitgeist une notion miroir du Volkgeist. Le Zeitgeist est l&#8217;historicité en tant que celle-ci est une matière qui influe sur la signification (Karl Löwith) comme lorsqu&#8217;on dit que quelque chose est dans l&#8217;air, dans l&#8217;air du temps. Cet air est le Zeit qui relie les esprits. Cet air est devenu un réseau faisant circuler du flux. Voltaire et Herder s&#8217;interrogent pour savoir &laquo;&nbsp;Quel est l&#8217;esprit du temps?&nbsp;&raquo;, c&#8217;est-à-dire de leur temps, et il faut savoir entendre dans cette question posée à l&#8217;esprit ou aux esprits quelque chose qui relève de la hantise (Jacques Derrida). L&#8217;esprit du temps revient-il ou est-il une nouveauté inanticipable et monstrueuse? Le Zeitgeist détermine donc un certain discours sur la manière dont on conçoit le temps comme futur calculable ou comme à venir incalculable, improgrammable. Il faudrait faire une analyse serrée du Zeitgeist courant de Kant à Hegel, de Johann Gottfried Herder à Schiller, de Marx à Heidegger, à Sartre également dans la &laquo;&nbsp;Critique de la raison dialectique&nbsp;&raquo;, pour comprendre comment cette notion a un tel succès aujourd&#8217;hui.</p>
<p>Ce qui nous importe ici est de comprendre que la fictionnalisation du flux peut se jouer selon deux plans: introduire dans le flux existant des informations inexistantes (fictionnelles) ou prendre du flux et lui faire dire ce qu&#8217;il ne dit pas, donc le traduire mais en faisant en sorte que la traduction ne soit pas considérée comme un reflet d&#8217;un sens originel mais comme la production de nouvelles possibilités de sens. Par cette transformation on défait l&#8217;autorité du narrateur qui ne vient pas rapporter des faits mais les transformer radicalement. C&#8217;est ce que nous avons tenté de faire depuis &laquo;&nbsp;<a target="_blank" href="http://incident.net/works/revolution_new_york/">La révolution a eu lieu à New York</a>&nbsp;&raquo; (2002) jusqu&#8217;au prochain travail réalisé avec Jean-Pierre Balpe &laquo;&nbsp;Le peuple manque&nbsp;&raquo; (2007). Or ces démarches ne sont pas dans une logique de l&#8217;absolu (élimination de l&#8217;objet partiel et présupposition d&#8217;une totalité spatiale), elles produisent de l&#8217;incomplétude, quelque chose manque, un reste. Le Zeitgeist sur Internet nous tend un miroir: voyez l&#8217;esprit de notre temps. La fiction n&#8217;offre qu&#8217;un fragment, que des fragments intotalisables. &laquo;&nbsp;Le peuple manque&nbsp;&raquo; joue précisément sur cette finitude des dispositifs esthétiques contemporains. Il s&#8217;agit de constituer des vies fictives, produites par un générateur de textes à chaque visite (le miroir: une visite = une nouvelle vie, mais qui n&#8217;est pas la mienne) ensuite traduites visuellement par des photos, des vidéos, des sons glânés sur le réseau. La création de souvenirs fictifs à partir de documents effectivement trouvés sur le réseau. On ne verra jamais tout le peuple, il manque donc, on ne pourra consulter que quelques vies, rien de plus. On ne pourra donc pas comprendre toutes les relations entre ces vies fictives (et des relations il y en a). Bref, il manquera toujours une principe cartographique totalisant la pluralité des expériences, le transcendantal fait donc défaut. Dans &laquo;&nbsp;<a target="_blank" href="http://www.arte.tv/sur-terre/">Sur terre</a>&nbsp;&raquo; (2006) c&#8217;était exactement la même question: construire une fiction, dont la narration (c&#8217;est-à-dire l&#8217;autorité) fait défaut, où il est impossible de faire le tour de ce qui est racontable, notre vie n&#8217;y suffira pas. Mettre donc l&#8217;internaute devant une certaine frustration de ne pas comprendre tout, de ne pas pouvoir totaliser. Dans notre existence, nous ne totalisons pas, nous ne pouvons pas totaliser, le fragmentaire règne. Et peut-être était-ce le rôle de l&#8217;oeuvre d&#8217;art de donner à expérimenter une cohérence qui fait quotidiennement défaut comme l&#8217;expliquait si justement Bergson à propos du théâtre. Pourrait-on concevoir une fiction qui ne soit pas dans ce désir absolu de totalité, qui soit incomplète, fragmentaire, proche, tout proche de nos existences, ces flux?</p>
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		<title>Par la bande</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Oct 2006 17:29:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="cassette.jpg" id="image1239" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/10/cassette.jpg" /></p>
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		<title>Sur-terre.net / Soirée de lancement</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/03-sur-terrenet-soiree-de-lancement/</link>
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		<pubDate>Tue, 03 Oct 2006 12:25:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Evénements]]></category>
		<category><![CDATA[Performance]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[ARTE a le plaisir de vous inviter à découvrir en avant-première Sur-Terre Une fiction variable originale de Grégory Chatonsky conçue pour arte.tv Mardi 19 septembre 2006 à 20h00 Point Ephémère 200, quai de Valmy Paris 10ème Métro Jaurès Le duo Heller composera un univers sonore sur les images générées en temps réel de Sur-Terre. Coproduction [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="pointephemere.jpg" id="image1190" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/08/pointephemere.jpg" /></p>
<p>ARTE</p>
<p>a le plaisir de vous inviter à découvrir en avant-première<br />
Sur-Terre<br />
Une fiction variable originale de Grégory Chatonsky conçue pour arte.tv</p>
<p>Mardi 19 septembre 2006 à 20h00<br />
Point Ephémère<br />
200, quai de Valmy<br />
Paris 10ème<br />
Métro Jaurès</p>
<p>Le duo <a href="http://www.heller-music.net/">Heller</a> composera un univers sonore sur les images générées en temps réel de Sur-Terre.</p>
<p>Coproduction : ARTE France (Unité de programmes cinéma &#8211; Michel Reilhac), arte.tv,  avec le soutien du CNC/DICREAM et du Fresnoy. Avec l&#8217;aide du <a target="_blank" href="http://citu.info">CITU</a> pour la soirée.<br />
En ligne sur <a href="http://www.arte.tv/sur-terre">http://www.arte.tv/sur-terre</a></p>
<p><img alt="st_essai1.jpg" id="image1201" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/09/st_essai1.jpg" /><br />
crédits: Christophe Leclercq<br />
<img alt="st_dispositif.jpg" id="image1199" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/09/st_dispositif.jpg" /><br />
crédits: Christophe Leclercq<br />
<img alt="st_dispositif_ecran-central.jpg" id="image1200" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/09/st_dispositif_ecran-central.jpg" /><br />
crédits: Christophe Leclercq</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Sur-terre.net</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/28-sur-terrenet/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Sep 2006 11:21:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Evénements]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Trois personnages, une gare, un train, le long des rails.
Les fragments d'une histoire dont l'internaute peut retrouver les traces.
Le récit est incertain.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.sur-terre.net"><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/04/1mini.jpg" id="image620" /></a></p>
<p><a href="http://arte.tv/sur-terre">http://arte.tv/sur-terre</a></p>
<p>Trois personnages, une gare, un train, le long des rails.<br />
Les fragments d&#8217;une histoire dont l&#8217;internaute peut retrouver les traces.<br />
Le récit est incertain.</p>
<p>Les lieux des décors sont là. Les personnages sont partis.<br />
Il reste des voix, des photos déchirées et dehors, loin dans la ville, le flux du réseau.</p>
<p>Temps d&#8217;évolution: 1er septembre 2006 &#8211; 1er septembre 2007</p>
<p>Coproduction : ARTE France (Unité de programmes cinéma &#8211; Michel Reilhac), arte.tv, avec le soutien du CNC/DICREAM et du Fresnoy.</p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/categories/travaux/surterre/">Quelques notes de travail</a></p>

<a href='http://incident.net/users/gregory/wordpress/28-sur-terrenet/1minijpg/' title='1mini.jpg'><img width="150" height="120" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/04/1mini.jpg" class="attachment-thumbnail" alt="1mini.jpg" title="1mini.jpg" /></a>

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		</item>
		<item>
		<title>Sur-terre.net / musique originale pour fiction variable</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/28-sur-terre-original-soundtrack-for-variable-fiction/</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Sep 2006 11:15:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Audio]]></category>
		<category><![CDATA[Evénements]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[CD audio édité par Ybbertium reprenant les différents thèmes musicaux originaux composés pour la fiction variable Sur terre. Tracklist: Scanner Fennesz Atau Tanaka Francisco López Christophe Charles Steve Roden Heller Vladislav Delay Abstrackt Keal Agram Tim Hecker Robert Babicz Hazard Pure Pita General Magic]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="cd-face.jpg" id="image1205" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/09/cd-face.jpg" /></p>
<p>CD audio édité par <a target="_blank" href="http://www.yb70-ytterbium.net/">Ybbertium</a> reprenant les différents <a target="_blank" href="http://www.arte-tv.com/sur-terre/index/ost/index.html">thèmes musicaux</a> originaux composés pour la fiction variable <a target="_blank" href="http://arte.tv/sur-terre/">Sur terre</a>.</p>
<p><img alt="cd-interieur.jpg" id="image1206" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/09/cd-interieur.jpg" /></p>
<p>Tracklist:</p>
<p>Scanner<br />
Fennesz<br />
Atau Tanaka<br />
Francisco López<br />
Christophe Charles<br />
Steve Roden<br />
Heller<br />
Vladislav Delay<br />
Abstrackt Keal Agram<br />
Tim Hecker<br />
Robert Babicz<br />
Hazard<br />
Pure<br />
Pita<br />
General Magic</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Sur-terre.net / textes pour fiction variable</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/23-sur-terrenet-textes-pour-fiction-variable/</link>
		<comments>http://incident.net/users/gregory/wordpress/23-sur-terrenet-textes-pour-fiction-variable/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 23 Sep 2006 18:13:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Evénements]]></category>
		<category><![CDATA[Publications]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://incident.net/users/gregory/wordpress/19-sur-terrenet-textes-pour-fiction-variable/</guid>
		<description><![CDATA[Résumé: Sur-terre.net est une fiction variable produite par Arte disponible sur Internet. Différents textes sont regroupés dans cet ouvrage. Des textes en français et en allemand, des textes originaux, modifiés, samplés, trouvés sur le réseau, des textes générés sur ordinateur. Il ne s&#8217;agit pas du scénario ou du texte définitif de Sur-terre.net, de sa lettre [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image1207" alt="livre_face.jpg" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/09/livre_face.jpg" /></p>
<p>Résumé:</p>
<p><a target="_blank" href="http://arte.tv/sur-terre/">Sur-terre.net</a> est une fiction variable produite par Arte disponible sur Internet.<br />
Différents textes sont regroupés dans cet ouvrage. Des textes en français et en allemand, des textes originaux, modifiés, samplés, trouvés sur le réseau, des textes générés sur ordinateur. Il ne s&#8217;agit pas du scénario ou du texte définitif de Sur-terre.net, de sa lettre propre, mais la capture d&#8217;un état momentané.</p>
<p><img id="image1208" alt="livre_interieur.jpg" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/09/livre_interieur.jpg" /></p>
<p>433 pages<br />
21cm x 27cm<br />
Couverture cartonnée couleur<br />
35$ + frais de port<br />
(me contacter pas le blog pour la commande)</p>
<p><img id="image1209" alt="livre_dos.jpg" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/09/livre_dos.jpg" /></p>
<p><strong>SOMMAIRE</strong><br />
Avertissement<br />
Résumé<br />
Introduction</p>
<p><strong>un homme</strong><br />
Variables<br />
L&#8217;emploi du temps<br />
Le bâtiment<br />
Ville<br />
Les horaires<br />
La machine à écrire<br />
Le téléphone et le radiateur<br />
Fragments 1<br />
Fragments 2<br />
Dates et heures<br />
Adresses<br />
Dans La voix du frère<br />
Mots-clés</p>
<p><strong>une jeune femme</strong><br />
Variables 1<br />
Les horaires<br />
Variables 2<br />
La gare, les quais<br />
Fragments<br />
Dates et heures<br />
AdresseS<br />
Dehors<br />
Inventaire<br />
Dans l&#8217;appartement<br />
Dans la langue du père<br />
Mots-clés</p>
<p><strong>Une femme</strong><br />
Variables<br />
Le train<br />
L&#8217;appartement<br />
Le cimetière<br />
Les horaires<br />
Appartement<br />
Dans la langue<br />
Par la fenêtre du train<br />
Les voyageurs<br />
projection<br />
Le wagon restaurant<br />
Un<br />
Deux<br />
Mots-clés</p>
<p><strong>Notes pour un travail à venir</strong></p>
<p>À travers la fenêtre (5 mai 2006)<br />
Le train et l&#8217;invention du cinéma (28 avril 2006)<br />
Une histoire incertaine (13 avril 2006)<br />
L&#8217;espace, un affect technologique (10 avril 2006)<br />
La vacance (17 février 2006)<br />
La salle (15 février 2006)<br />
L&#8217;espace intérieur (26 janvier 2006)<br />
L&#8217;art du démontage (11 janvier 2006)<br />
Puissances et pouvoir de la variabilité (26 décembre 2005)<br />
Quelles narrations ? (26 janvier 2005)<br />
Le concept de variable (14 janvier 2005)<br />
La séparation comme possibilité (3 décembre 2004)<br />
La variabilité (9 novembre 2004)<br />
Imaginaires de l&#8217;exil (22 août 2004)<br />
Force et fragilité des flux cinématographique et numérique (7 juillet 2004)<br />
Une fiction sans action (9 avril 2004)</p>
<p>Générique<br />
Lexique</p>
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		<title>Inapparents</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Sep 2006 11:56:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Certains seront peut être surpris de savoir que la structure du projet sur-terre est complexe et que cette complexité n&#8217;est pas toujours explicite, qu&#8217;elle est souvent sans mode d&#8217;emploi. Ainsi, certaines images vues par un internaute imposent à tous les internautes en ligne à un moment donné sur le site de voir la même image, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Certains seront peut être surpris de savoir que la structure du projet sur-terre est complexe et que cette complexité n&#8217;est pas toujours explicite, qu&#8217;elle est souvent sans mode d&#8217;emploi.</p>
<p>Ainsi, certaines images vues par un internaute imposent à tous les internautes en ligne à un moment donné sur le site de voir la même image, ou encore certains fragments s&#8217;échangent: un internaute voit le fragment d&#8217;un autre internaute, et réciproquement. Ou encore: certains textes sont générés, d&#8217;autres sont trouvés sur le réseau en temps réel, d&#8217;autres encore sont simplement écrits. La distinction entre la nature de ces textes n&#8217;est pas explicitée.</p>
<p>Certains s&#8217;étonneront du passage du français à l&#8217;allemand, du bilinguisme non sous-titré. Une manière sans doute de répondre au projet européen d&#8217;Arte, de faire jouer la différence des langues. Et sans doute tout le projet est-il là, à cet endroit où les langues ne se comprennent pas. En voyant de l&#8217;allemand, sans pouvoir le lire, c&#8217;est-à-dire le comprendre, je sais pourtant qu&#8217;il y a du sens, je suppose une extériorité à mon incompréhension qui serait son autre.</p>
<p>La fiction sur-terre fonctionne ainsi: on ne peut pas en faire le tour, elle se renouvelle, varie de façon incessante, la quantité même de médias (environ 900 000) rend tout simplement impossible la consultation complète du dispositif. Il y a donc du reste. C&#8217;est dire là que si on voit un mode d&#8217;apparition de la fiction, on ne peut la voir en tant que telle, dans son entiereté. C&#8217;est pour cette raison que c&#8217;est une fiction sans consolation, que les personnages ne résolvent pas leurs difficultés, ils persistent et se maintiennent dans leurs difficultés. Le cinéma condense le temps et nous console. La variabilité numérique rejoue l&#8217;indécision de l&#8217;existence.</p>
<p>Sur-terre sans doute est un dispositif dont on suppose une partie inapparente plus grande que ce qu&#8217;il est possible de percevoir.</p>
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		<title>Toute chose comme une traîne en mouvement</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jun 2006 11:58:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;C&#8217;est un mouvement magnifique qu&#8217;il faut avoir senti pour s&#8217;en rendre compte. La rapidité est inouïe. Les fleurs du bord du champ ne sont plus des fleurs, ce sont des taches ou plutôt des raies rouges et blanches; plus de point, tout devient raie; les blés sont de grandes chevelures jaunes; les luzernes sont de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;C&#8217;est un mouvement magnifique qu&#8217;il faut avoir senti pour s&#8217;en rendre compte. La rapidité est inouïe. Les fleurs du bord du champ ne sont plus des fleurs, ce sont des taches ou plutôt des raies rouges et blanches; plus de point, tout devient raie; les blés sont de grandes chevelures jaunes; les luzernes sont de longues tresses vertes; les villes, les clochers et les arbres dansent et se mêlent follement à l&#8217;horizon; de temps en temps, une ombre, une forme, un spectre paraît et disparaît comme l&#8217;éclair à côté de la portière.&nbsp;&raquo; <sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-792-1';" id="noted-792-1" title="Victor Hugo, lettre du 22 août 1837, citée par M.-E. Mélon, "Le voyage en train et en images: une expérience photographique de la discontinuité et de la fragmentation", Arrêt sur image, fragmentation du temps, p. 49">[1]</a></sup>
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-792-1"><a href=""></a> Victor Hugo, lettre du 22 août 1837, citée par M.-E. Mélon, &laquo;&nbsp;Le voyage en train et en images: une expérience photographique de la discontinuité et de la fragmentation&nbsp;&raquo;,<em> Arrêt sur image</em>, fragmentation du temps, p. 49 <a href="#noted-792-1"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>L&#8217;homme</title>
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		<pubDate>Tue, 09 May 2006 14:43:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/27-sur-terrenet-un-possible/"><img id="image761" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/05/fenetre_mini.jpg" /></a></p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/05-a-travers-la-fenetre/"><img id="image762" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/05/fenetre_mini1.jpg" /></a></p>
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		<title>A travers la fenêtre</title>
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		<pubDate>Fri, 05 May 2006 13:24:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[La psychanalyse fait ses premiers pas à travers les paysages d&#8217;un monde bouleversé par une invention technologique majeure, le chemin de fer qui, avant d&#8217;être un événement historique, est un véritable traumatisme affectant les catégories de l&#8217;espace et du temps. Nouveau moyen de transport, le train se prête à tous les transports et Freud, grand [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image751" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/05/accident_train1.jpg" /></p>
<p>La psychanalyse fait ses premiers pas à travers les paysages d&#8217;un monde bouleversé par une invention technologique majeure, le chemin de fer qui, avant d&#8217;être un événement historique, est un véritable <strong>traumatisme </strong>affectant les catégories de <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/10-lespace-un-affect-technologique/">l&#8217;espace</a> et du temps.</p>
<p>Nouveau moyen de transport, le train se prête à tous les transports et Freud, grand voyageur souffrant d&#8217;une phobie du train dès 1890 (et il faudrait remarquer combien le train est lié à la peur du XXème siècle, entre <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/28-le-train-et-linvention-du-cinema/">la mythologie de la première projection des frères Lumière <font size="-1">le 6 janvier 1896</font></a> et les images de la déportation &#8211; la <strong>sidérodromophobie </strong>évolue au cours du temps), utilise à plusieures reprise la métaphore ferroviaire pour parler du temps de la cure. Mais, c&#8217;est en 1913 que la métaphore ferroviaire, utilisée pour énoncer la règle fondamentale, déploie toute sa puissance d&#8217;évocation pour exposer le dispositif analytique.</p>
<p><img id="image753" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/05/train_depot_1890.jpg" /></p>
<p>Avec le défilé du paysage, où chaque plan découpé par la fenêtre en chasse un autre, la métaphore ferroviaire articule le temps, l&#8217;espace et la mémoire. Le <strong>paysage </strong>vu du train se donne et se retire, comme l&#8217;inscription sur le &laquo;&nbsp;bloc magique&nbsp;&raquo;, selon le travail rythmique des investissement dans le système perception conscience que Freud considère &laquo;&nbsp;à la base de l&#8217;apparition de la représentation du temps&nbsp;&raquo;. Le dispositif analytique, avec la règle fondamentale de la libre association selon le modèle du paysage découpé par la fenêtre d&#8217;un compartiment de chemin de fer, convoque d&#8217;emblée la dynamique du transfert et de la résistance comme le chemin détourné nécessaire à la levée du refoulement. la scène primitive de la psychanalyse se découpe dans l&#8217;encadrement de<strong> la fenêtre d&#8217;un compartiment de chemin de fer</strong> qui apparaît comme un point de fuite de ce qui se dévoile à l&#8217;intérieur du compartiment</p>
<p>Ne faut-il pas dès lors étendre encore la problématique ferroviaire et lier ce dispositif technologique à l&#8217;utilisation de plus en plus fréquente au cours du siècle dernier du concept de flux pour décrire les phénomènes de la conscience (Bergson, Husserl)? Un flux ne s&#8217;arrêtant jamais comme un train sans gare, un flux comme la lueur diffusée par le projecteur cinématographique. Un flux comme esthétique énergétique est toujours lié  à un réseau commme dispositif technique. Remarquons aussi que l&#8217;expérience du voyage ferroviaire a été utilisé comme métaphore scientifique pour la théorie de la relativité et la physique quantique. S&#8217;il y a une pensée de la marche de Kant à Kafka en passant par Baudelaire, il y a sans doute une pensée du train de Freud à Heidegger et au-delà.</p>
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		<title>Le train et l&#8217;invention du cinéma</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Apr 2006 03:10:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a des affects techniques, le transport ferroviaire est l'un d'entre eux. L'invention du réseau ferroviaire a provoqué autant qu'il a été provoqué par un certain affect.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a des affects techniques, le transport ferroviaire est l&#8217;un d&#8217;entre eux. L&#8217;invention du réseau ferroviaire a provoqué autant qu&#8217;il a été provoqué par un certain affect. En dérangant la relation entre l&#8217;espace et le temps, le train (et toute l&#8217;infrastructure qui va avec, lire à ce propos &laquo;&nbsp;Les concepts fondamentaux de la métaphysique&nbsp;&raquo; d&#8217;Heidegger et la thématisation du temps qui s&#8217;étire dans la gare) nous a transformé radicalement.</p>
<p>Il s&#8217;articule depuis longtemps au spectacle de la projection cinématographique. Regardez ces images, la légende veut que les spectateurs soient sortis en courant de la salle prenant peur que le train ne les écrasent. La terreur est le récit de cette mythologie, pas le référent lui-même.</p>
<p>A la fin de sa vie, Abel Gance était dans une chaise roulante. Il voulait être poussé pour se sentir comme une caméra sur un travelling.</p>
<p>La première scène du Mépris (1963) est ce regard de la caméra sur des rails qui se retourne sur nous pour nous enfoncer dans le noir (des affects). L&#8217;objectif &laquo;&nbsp;fait le noir&nbsp;&raquo; pour paraphraser le titre d&#8217;un livre d&#8217;Alain Fleischer.</p>
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		<title>Sur-terre.net, un possible</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Apr 2006 02:01:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[« C&#8217;est en voyage, en déplacement, en route, en partance, que je suis le plus heureux, mais je suis le plus malheureux des arrivants. » (Thomas Bernhardt, Le Neveu de Wittgenstein) Trois personnages, une gare, train, le long des rails. Les fragments d&#8217;une histoire dont l&#8217;internaute pourra retrouver les traces. Les décors sont là mais [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image691" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/04/surterre_abstract.jpg" /></p>
<p>« C&#8217;est en voyage, en déplacement, en route, en partance, que je suis le plus heureux, mais je suis le plus malheureux des arrivants. »<br />
(Thomas Bernhardt, <em>Le Neveu de Wittgenstein</em>)</p>
<p>Trois personnages, une gare, train, le long des rails.<br />
Les fragments d&#8217;une histoire dont l&#8217;internaute pourra retrouver les traces.<br />
Les décors sont là mais les personnages sont partis.<br />
L&#8217;histoire a eu lieu et elle continue.<br />
Il reste des voix, des photos déchirées et dehors, loin dans le ville, le flux du réseau.</p>
<p>Dans la gare, près un banc, des gens attendent, certains semblent être là depuis des heures, une immobilité suspendue. Le son des trains et des murmures mêlés se diffusent le long des artères métalliques,. Elle doit avoir 20 ans. Elle regarde fixement depuis déjà quelque temps le panneau des départs, elle cherche un train, vérifie les quais, parfois elle jette un regard aux gens qui passent puis relève les yeux vers le panneau. On entend les voix de tous les voyageurs, un brouhaha, sa voix se détache progressivement. Elle veut prendre un train afin de retrouver son père. Elle n&#8217;a pas d&#8217;argent. Elle écoute tous ceux qui l&#8217;entoure.</p>
<p>À la fenêtre d&#8217;un immeuble, un homme. On ne connaît pas sa nationalité, on l&#8217;imagine réfugié d&#8217;un pays du maghreb. Sur la table de sa chambre, une machine à écrire. Il tente d&#8217;écrire à une femme qu&#8217;il a visiblement aimé, difficulté quand tout est terminé. À qui s&#8217;adresser ? On ne comprend pas très bien s’il y a eu mensonge, non-dit, bref l&#8217;objet de la rupture. L&#8217;homme lui-même semble chercher la raison. Et puis on comprend qu&#8217;il écrit une histoire, une histoire d&#8217;amour qu&#8217;il continuerait sans elle. La folie de l&#8217;amour sans l&#8217;autre puisque lui n&#8217;a rien décidé, il décide de continuer, malgré tout. Son seul repos c&#8217;est la fenêtre et le bruit des trains invisibles. Ils parlent  de l&#8217;exil, d&#8217;une guerre et d&#8217;une paix et d&#8217;une voix qu&#8217;on lui a volée.</p>
<p>Son père est mort, l&#8217;enterrement vient d&#8217;avoir lieu. Maintenant elle est dans ce train et elle a décidé sans prévenir, sans rien lui dire, de le retrouver, cet homme. Une relation épisodique, parfois ils se voient, la question de vivre ensemble ne s&#8217;est pas posée, depuis déjà plusieurs mois. Comme si personne ne pensait même à briser le silence. D&#8217;ailleurs, ils ne vivent pas au même endroit. Cette mort comme un moyen de passer une étape sans y penser, sans y prendre garde, voir ce que cela donnera, un peu par curiosité, un peu par désir. Elle a 40 ans, un visage un peu marqué. Elle ne sait pas ce qu&#8217;elle peut attendre de cet homme qui ne l&#8217;attend pas. Elle regarde son reflet dans le paysage qui défile.</p>
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		<title>Une histoire incertaine</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Apr 2006 15:50:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Plutôt que de jouer d&#8217;une interactivité contrôlée fonctionnant autour de dilemme simpliste ou de chemin multiple, essayer plutôt de faire trembler l&#8217;équilibre entre fiction et narration en produisant une histoire incertaine. Incertaine: le lieu typologique d&#8217;énonciation est indéterminé, mal déterminé, surdéterminé. On ne raconte pas une histoire, on laisse des traces d&#8217;histoires possibles. On ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Plutôt que de jouer d&#8217;une interactivité contrôlée fonctionnant autour de dilemme simpliste ou de chemin multiple, essayer plutôt de faire trembler l&#8217;équilibre entre fiction et narration en produisant une histoire incertaine.</p>
<p>Incertaine: le lieu typologique d&#8217;énonciation est indéterminé, mal déterminé, surdéterminé. On ne raconte pas une histoire, on laisse des traces d&#8217;histoires possibles. On ne croit donc plus au pouvoir narratif, à l&#8217;autorité du narrateur, au métalangage. On n&#8217;abandonne pas pour autant l&#8217;imaginaire, mais on le laisse en formation dans un état métastable. On ne s&#8217;intéresse pas à l&#8217;interactivité comme système causaliste (le comportemental restant en ce domaine fondamentalement déterministe), on s&#8217;attaque à ce qui est raconté, c&#8217;est-à-dire à l&#8217;imaginaire lui-même. Non pas à qui énonce (le narrateur, le choeur, l&#8217;interprète, l&#8217;ordinateur, etc.) mais à ce qui est énoncé, un &laquo;&nbsp;qui&nbsp;&raquo; d&#8217;une toute autre nature car il n&#8217;a pas besoin d&#8217;identité, il ne se réduit pas à un échange anthropologique.</p>
<p>Incertaine: quelque chose est raconté mais on ne sait pas quoi, on est pas sûr de ce qui est dit et par qui c&#8217;est dit. Ainsi on ne pourra pas raconter à son tour ce qui nous a été raconté, on n&#8217;appartiendra pas à la longue chaîne de la transmission (derrière laquelle il y a parfois le fantasme de conserver l&#8217;origine avec tous les risques d&#8217;un désir forcément violent et meurtrier de retour à celle-ci). Pour raconter à son tour on devra rendre compte de cet inhumain sans narrateur, de cette histoire en l&#8217;absence de métalangage. Ce ne sera pas simplement une réinterprétation mais la sauvegarde du possible, c&#8217;est-à-dire d&#8217;autres histoires à venirs. Non la conservation du passé dans la transmission mais l&#8217;ouverture inanticipable, et pour cette raison obscène et monstrueuse, de l&#8217;avenir.</p>
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		<title>Fiction privée</title>
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		<pubDate>Thu, 13 Apr 2006 14:53:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esquisse]]></category>
		<category><![CDATA[Installation]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[http://incident.net/users/gregory/wordpress/01-sur-terrenet/]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image622" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/04/007mini.jpg" /></p>
<p><img id="image623" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/04/004mini.jpg" /></p>
<p><img id="image624" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/04/001mini.jpg" /></p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/01-sur-terrenet/">http://incident.net/users/gregory/wordpress/01-sur-terrenet/ </a></p>
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		<item>
		<title>L&#8217;espace: un affect technologique</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/10-lespace-un-affect-technologique/</link>
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		<pubDate>Mon, 10 Apr 2006 14:10:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Lorsque nous sommes face à l&#8217;écran, nous promenant sur Internet, c&#8217;est tout un réseau d&#8217;affects qui se tisse. Et chacun de ces affects, qu&#8217;ici nous séparons des autres d&#8217;une façon simplement théorique, a des origines antérieures aux supports technologiques. Il y a sans doute dans la navigation quelque chose d&#8217;un sentiment de maîtrise qui tente [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image618" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/04/lamortauxtrousses.jpg" /></p>
<p>Lorsque nous sommes face à l&#8217;écran, nous promenant sur Internet, c&#8217;est tout un réseau d&#8217;affects qui se tisse. Et chacun de ces affects, qu&#8217;ici nous séparons des autres d&#8217;une façon simplement théorique, a des origines antérieures aux supports technologiques.</p>
<p>Il y a sans doute dans la <strong>navigation </strong>quelque chose d&#8217;un sentiment de maîtrise qui tente de gagner du temps en gagnant de l&#8217;espace (explorant des possibilités nouvelles de celui-ci), régime maritime qui n&#8217;est pas sans rapport avec les grandes explorations entre le 16ème et 18ème siècle.</p>
<p>Il y a encore la <strong>promenade</strong>, figure du flâneur thématisé par Walter Benjamin et Charles Baudelaire, figure anonyme de celui qui se perd dans la foule, dans le réseau urbain, dans les entrelacements des ruelles parisiennes. On ne pense qu&#8217;en marchant (de Kant et ses promenades journalières à Kafka).</p>
<p>Dans chacun de ces cas c&#8217;est un certain régime de la motricité aidée par une technologie (interne ou externe au déplacement) qui se relie à un certain affect. Pour quelle raison les affects sont-ils profondément liés à un mode de déplacement. C&#8217;est que ce dernier est une articulation esthétique entre le temps et l&#8217;espace: quand je me déplace la jointure espace/temps, toujours sous-jacente à mon existence, se présente de façon plus explicite et est thématisée comme telle dans le déplacement. La qualité du temps et de l&#8217;espace selon le déplacement change du tout au tout.</p>
<p>Que penser dès lors du <strong>déplacement ferroviaire</strong>? De ce regard que nous perdons dans la vitre pour fixer le paysage défiler sous nos yeux et se perdre dans notre déplacement? Comment oublier ces millions d&#8217;êtres humains qui au fil des deux derniers siècles ont pris le train, ont ressenti cet étrange affect du déplacement? Et cet ébranlement du démarrage? Et ces arrêts en gare? Et les billets? Et ceux qui les vérifient? C&#8217;est sans doute parce que le train articule le transport à l&#8217;habitation (on y dort, on y marche, on y mange, etc.) qu&#8217;il est l&#8217;un des affects technologiques les plus puissants dans notre dispositif esthétique actuel. Il faudrait analyser finement la façon dont le train configure de part en part nos attentes, nos déceptions, nos sensations lorsque nous nous déplaçons (dé-placer: en changeant de place changer ce que veut dire le verbe &laquo;&nbsp;placer&nbsp;&raquo;). Rattacher à chacune des expériences ferroviaires des affects. Comprendre pourquoi l&#8217;origine du cinéma (l&#8217;affect du XXème siècle) est le train des frères Lumière, à Abel Gance, jusqu&#8217;à Alfred Hitchcock et au-delà.</p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/01-sur-terrenet/">http://incident.net/users/gregory/wordpress/01-sur-terrenet/ </a></p>
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		<title>Vivre en commun</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Mar 2006 19:30:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Des personnages vivent en commun des expériences sans se connaître. Il y a des liens entre eux, des liens qui ne sont pas logiques simplement des rapports, des sauts parfois brutaux, parfois plus lents. Ils sont seuls. Ils sont ensembles. Pas sur le même plan. Ces individus vivent en commun quelque chose, ce quelque chose [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="400" height="300" id="image594" alt="h_carte147.JPG" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/03/h_carte147.JPG" /></p>
<p>Des personnages vivent en commun des expériences sans se connaître. Il y a des liens entre eux, des liens qui ne sont pas logiques simplement des rapports, des sauts parfois brutaux, parfois plus lents. Ils sont seuls. Ils sont ensembles. Pas sur le même plan. Ces individus vivent en commun quelque chose, ce quelque chose est le récit sans narrateur de Sur Terre.</p>
<p>On peut partager un mot-clé sans avoir rien d&#8217;autre en partage.</p>
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		<title>Curseur et narcissisme</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Feb 2006 00:18:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>

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		<description><![CDATA[Une part importante des individus travaillent et ont des loisirs devant un ordinateur, de sorte que les interfaces utilisées ont des influences profondes sur la façon qu&#8217;ils ont de percevoir et configurer le monde. S&#8217;il faut mener une critique raisonnée de la notion de métaphore logicielle en suivant l&#8217;axe ouvert par Nietzsche et Derrida [Nietzsche [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image586" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/02/cursor.jpg" /></p>
<p>Une part importante des individus travaillent et ont des loisirs devant un ordinateur, de sorte que les interfaces utilisées ont des influences profondes sur la façon qu&#8217;ils ont de percevoir et configurer le monde. S&#8217;il faut mener une critique raisonnée de la notion de métaphore logicielle en suivant l&#8217;axe ouvert par Nietzsche et Derrida [<em>Nietzsche et la métaphore</em>, Sarah Kofman], il faut également réfléchir aux conséquences plus infimes des interfaces logicielles.</p>
<p>Ainsi la notion même de curseur construit une relation inouie entre l&#8217;oeil et la main, puisque je regarde ce que ma main indique, le curseur étant le lieu de transduction entre les mouvements manuels et les mouvements du globe oculaire. Que faisons nous devant un ordinateur? Nous suivons du regard un curseur qui &laquo;&nbsp;traduit&nbsp;&raquo; notre manualité et ainsi nous nous observons, nous inspectons notre corps en tant qu&#8217;il est un corps avec organes (cAo), un corps non pas fragmenté car la fragmentation supposerait un certain état préalable unifié, mais un corps organisé. Cette inspection est une figure contemporaine du narcissisme.</p>
<p>Quel est le sens de ce narcissisme quand celui-ci touche de façon aussi proche, aussi intime au corps même? Quelle est la signification de ces journées à observer le mouvement de notre main, à remarquer le synchronisme entre l&#8217;oeil et la main? Dans <a target="_blank" href="http://incident.net/works/touch">Se toucher toi</a> j&#8217;ai tenté d&#8217;élaborer un piège narcissique.</p>
<p>D&#8217;un point de vue esthétique, on peut penser que ce narcissisme technologique (bien différent du &laquo;&nbsp;narcissisme primaire&nbsp;&raquo; de Stiegler, concept dont j&#8217;aimerais déconstruire l&#8217;usage au regard de son origine freudienne) rentre en affinité avec le paradoxe du sens intime, cette scission du sujet avec lui-même et qu&#8217;ainsi son usage peut permettre un retour différencié à soi, la sensibilité s&#8217;autodifférenciant et se percevant au sein même de cette différence.</p>
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		<title>La vacance</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Feb 2006 03:57:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;interactivité est devenue un mot fétiche que chacun s&#8217;approprie, l&#8217;élargissant au-delà des processus informatiques, l&#8217;étendant au champ de la participation. L&#8217;interactivité est un lieu commun. Quel usage pouvons-nous en faire? Pourquoi produisons-nous des dispositifs interactifs? Nous ne cherchons pas là la participation utopique du public devenu co-auteur de l&#8217;&#160;&#187;oeuvre&#160;&#187;, mais plutôt à rendre explicite la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image581" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/02/b5a.jpg" /></p>
<p>L&#8217;interactivité est devenue un mot fétiche que chacun s&#8217;approprie, l&#8217;élargissant au-delà des processus informatiques, l&#8217;étendant au champ de la participation. L&#8217;interactivité est un lieu commun. Quel usage pouvons-nous en faire? Pourquoi produisons-nous des dispositifs interactifs?</p>
<p>Nous ne cherchons pas là la participation utopique du public devenu co-auteur de l&#8217;&nbsp;&raquo;oeuvre&nbsp;&raquo;, mais plutôt à rendre explicite la causalité (l&#8217;interactivité est une chaîne déterministe) en la réduisant à sa plus simple expression. Le caractère explicite de la causalité permet de sortir de l&#8217;herméneutique et d&#8217;ouvrir une place laissée vide au regardeur qui peut, par la vacuité de l&#8217;interactivité, reprendre sa propre réflexivité, saisir une nouvelle fois dans un soubresaut les conditions de sa perception. C&#8217;est dire là que l&#8217;interactivité n&#8217;a pas d&#8217;intérêt en soi, n&#8217;est pas signifiante, mais permet de produire ce vide nécessaire à la perception.</p>
<p>L&#8217;expérience à La Chapelle a été révélatrice de cette vacance de l&#8217;interactivité. Ainsi &laquo;&nbsp;Lecture&nbsp;&raquo; qui était la reprise d&#8217;un dispositif antérieur &laquo;&nbsp;My voice&nbsp;&raquo; a laissé le public sans voix, au sens où les spectateurs arrivaient dans la salle et pour la plupart restaient assis, muets alors même qu&#8217;ils &laquo;&nbsp;devaient&nbsp;&raquo; interagir avec le microphone. Or lors de la précédente présentation, les spectateurs interagissaient. Cette différence de comportement est simplement liée au fait que &laquo;&nbsp;Lecture&nbsp;&raquo; fut montré dans un théâtre, dans cet espace très spécifique surdéterminé par toute une histoire. L&#8217;interactivité sonore ne servait donc là qu&#8217;à révéler la nature de l&#8217;espace investi, rien de plus, rien de moins.</p>
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		<title>La salle</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Feb 2006 21:10:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Tentons un instant de redonner à la salle de cinéma son étrangeté inactuelle. Imaginons un peu avant son apparition ou un peu après sa disparition. Regardons la de l&#8217;extérieur. Tâche difficile comme si nous étions toujours à l&#8217;intérieur, comme si elle était impossible de la penser extérieure à nous, comme si elle avait été à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image573" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/02/1856_1.jpeg" /></p>
<p>Tentons un instant de redonner à la salle de cinéma son étrangeté inactuelle.</p>
<p>Imaginons un peu avant son apparition ou un peu après sa disparition. Regardons la de l&#8217;extérieur. Tâche difficile comme si nous étions toujours à l&#8217;intérieur, comme si elle était impossible de la penser extérieure à nous, comme si elle avait été à l&#8217;origine même de notre faculté de penser et d&#8217;imaginer.</p>
<p>Mais faisons cet effort. Regardons de biais. La salle de cinéma aura été le fantasme d&#8217;un espace obscur où le peuple regardait la lumière d&#8217;une machine. Imaginons cette étrangeté: nous étions ensembles en tentant de nous oublier les uns aux autres et nous aimions ce sentiment d&#8217;oubli, comme si pour nous retrouver face à des images il nous fallait oublier ceux qui nous entourait, oublier une certaine solidarité, <strong>la sédition de la perception</strong>, elle contre tous les autres.</p>
<p>Imaginons encore un instant ce lieu, vide, quelques chaises, identiques, absolument identiques les unes aux autres, l&#8217;écran vide lui aussi qui n&#8217;est qu&#8217;une surface de réception et le regard fixé non sur la source de la projection mais sur cette surface blanche et neutre. A présent imaginons toutes ces salles dans le monde, quasiment identiques les unes aux autres, l&#8217;incroyable puissance de cette machine idéologique. Imaginons-la pour nous forcer à imaginer sans elle, sans son aide.</p>
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		<title>Déterminés</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Feb 2006 19:36:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Chaque lieu est déterminé par une utilisation et c&#8217;est la conjointure entre cette instrumentalité et cet espace qui produit une mode de relation. Comment échapper, déconstruire, déjouer ces déterminations? N&#8217;est-ce pas en vidant toute fonction expressive? L&#8217;expression et l&#8217;utilisation auraient une parenté car tous deux supposent une sortie au dehors: l&#8217;expression est une fonction disjonctive [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image562" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/02/nitram82_1062370591.jpg" /></p>
<p>Chaque lieu est déterminé par une utilisation et c&#8217;est la conjointure entre cette instrumentalité et cet espace qui produit une mode de relation. Comment échapper, déconstruire, déjouer ces déterminations? N&#8217;est-ce pas en vidant toute fonction expressive? L&#8217;expression et l&#8217;utilisation auraient une parenté car tous deux supposent une sortie au dehors: l&#8217;expression est une fonction disjonctive de l&#8217;intériorité et l&#8217;utilisation une projection de la main. Les deux supposent une mise à distance réflexive: je &laquo;&nbsp;me&nbsp;&raquo; vois m&#8217;exprimer comme je &laquo;&nbsp;me&nbsp;&raquo; vois utiliser. Cette réflexion n&#8217;est pas une répétition narcissique de l&#8217;identique, mais <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/03-le-centre-dinterdetermination-une-esthetique-de-linteractivite/">le paradoxe du sens intime</a> où ce « je sens »    est perçu comme exercé sur soi non par soi.</p>
<p>Les arts questionnent depuis longtemps déjà cette conjointure sous les notions de contexte et dispositif. Le geste de Duchamp concerne bien sûr une déconstruction du contexte qui, il faut bien le remarquer, est aussi une critique de l&#8217;expression (la fausse signature) et de l&#8217;utilisation (changer l&#8217;usage d&#8217;un objet manufacturé).</p>
<p>C&#8217;est peut être dans cette réflexion active à propos de la détermination des espaces que les arts peuvent &laquo;&nbsp;résister&nbsp;&raquo; aux industries culturelles qui elles déterminent espace après espace afin de rentabiliser l&#8217;investissement de leur imaginaire. Les industries tentent de standardiser le moindre fragment d&#8217;espace devenu Luna Park ou ville américaine fermée sur elle-même qui privatise l&#8217;espace public (Rifkin). Ne pas accepter de détermination a priori de l&#8217;espace, ne pas tenter d&#8217;en créer (ce qui reviendrait à reconduire la logique industrielle), c&#8217;est définir chaque expérience esthétique comme un dispositif.</p>
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		<title>L&#8217;indétermination des espaces</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Feb 2006 15:58:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Expositions]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[Les espaces normés du musée, de la galerie ou de la salle de cinéma correspondent chacun à des époques historiques. Le premier à l&#8217;ouverture post-révolutionnaire des palais. La seconde à l&#8217;émergence d&#8217;une économie bourgeoise. La troisième à une économie industrielle de masse. Ces différents espaces sont également à relier au statut historique de l&#8217;artiste et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img width="400" height="300" alt="stereo.jpg" id="image548" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/02/stereo.jpg" /></p>
<p>Les espaces normés du musée, de la galerie ou de la salle de cinéma correspondent chacun à des époques historiques. Le premier à l&#8217;ouverture post-révolutionnaire des palais. La seconde à l&#8217;émergence d&#8217;une économie bourgeoise. La troisième à une économie industrielle de masse. Ces différents espaces sont également à relier au statut historique de l&#8217;artiste et en particulier à son mode de singularité qui a varié au cours des âges passant du mépris pour les arts mécaniques à la notion romantique d&#8217;un artiste global intégrant les différents arts, et dont notre époque est encore friande malgré l&#8217;anachronisme de cette idéologie.</p>
<p>Si ces espaces sont historiquement datés, quels sont les espaces qui émergent actuellement comme lieu de l&#8217;art? L&#8217;activité de monstration artistique n&#8217;est pas très différente des autres activités et suit les évolutions du reste de la société, tout au plus est-elle un peu en avance du fait de son statut exploratoire et expérimental. Ce n&#8217;est pas les lieux d&#8217;exposition qui changent c&#8217;est la nature même de l&#8217;espace qui devient indéterminé.</p>
<p><img alt="street2.jpg" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/02/street2.jpg" /></p>
<p>L&#8217;exposition des expérimentations artistiques n&#8217;a pas de nouveaux lieux, et en ce sens toutes les tentatives pour créer un nouveau standard de monstration ont échouées, mais s&#8217;infiltre dans cette indétermination spatiale que nous expérimentons tous. Il ne s&#8217;agit pas de se rassurer en disant que la galerie c&#8217;est finie, que le musée est terminé ou que les salles de cinéma sont désertées, car ces lieux persisteront dans leur disparition même, ils ont des spécificités, une certaine teneur esthétique. Il ne s&#8217;agit pas de se rassurer en disant que tout cela est fini et qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;alller de l&#8217;avant, telle une avant-garde, ouvrant des friches, instanciant des TAZ, que sais-je encore. Il s&#8217;agit plutôt de déconstruire la réification des espaces pour un usage déterminée: tel lieu sert à telle chose. Et d&#8217;adopter un lieu pour une action donné, pour un temps donné, selon un protocole précis. Ce lieu ne deviendra pas le lieu définitif de l&#8217;action, mais un lieu de <a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/09-lintimite-de-la-galerie/">passage</a> pour celle-ci.</p>
<p>Bien sûr éviter la réification des structures est impossible. Nous y sommes nous même soumis. Il s&#8217;agit plutôt de rester vigilant et joueur quant à cette réification. Que notre échappée se sache impossible et qu&#8217;ainsi elle puisse répéter son échappement.</p>
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		<title>Des perturbations sans résistance</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/03-des-perturbations-sans-resistance/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2006 22:37:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Il s&#8217;agit de perturber la quotidienneté des individus car celle-ci est oublieuse. Elle refoule ses structures et par là même est porteuse de Terreur. Les lieux consacrés perturbent-ils encore la quotidienneté? Ne sont-ils pas plutôt devenus des lieux où, sachant que nous serons perturbés, nous accordons cette place? Ce sont des lieux réservés et par [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il s&#8217;agit de perturber la quotidienneté des individus car celle-ci est oublieuse. Elle refoule ses structures et par là même est porteuse de Terreur.<br />
Les lieux consacrés perturbent-ils encore la quotidienneté? Ne sont-ils pas plutôt devenus des lieux où, sachant que nous serons perturbés, nous accordons cette place? Ce sont des lieux réservés et par là même réintégrable dans le connaissable.<br />
Il y a sans doute deux enjeux:<br />
Perturber les flux informatifs.<br />
Perturber l&#8217;espace publique.</p>
<p>Ces deux perturbations ont des apories, car pour les premiers, ces flux sont régentés par des puissances économiques qui ne laissent comme perturbation que ce qu&#8217;elles peuvent réifier. Pour les secondes, on passe insensiblement de la perturbation à la distraction socio-culturelle.</p>
<p>Il y a donc à ménager des espaces très particuliers qui ne sont ni intérieur ni extérieur aux structures réifiées, mais à leur lisière qui questionnent donc leur identité en perturbant leurs propres limites. C&#8217;est par exemple le cas du netart sur Internet qui bien que n&#8217;étant pas hébergé sur les grosses autoroutes peut croiser le chemin d&#8217;un internaute quelque peu perdu. C&#8217;est l&#8217;anti-monumentalité d&#8217;événements dans l&#8217;espace publique. Non une grande perturbation, dont la grandeur même serait un moyen de la réintégrer dans le flux quotidien, mais dont l&#8217;insignifiance, la quasi-invisibilité interroge le seuil de notre perception et donc l&#8217;usage que nous faisons quotidiennement de celle-ci. Qu&#8217;est-ce qui nous rend attentif?</p>
<p>Il n&#8217;y a à demander à aucun pouvoir politique, administratif, économique de ménager ces espaces. Il s&#8217;agit de les obtenir.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;espace intérieur</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/29-lespace-interieur/</link>
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		<pubDate>Sun, 29 Jan 2006 17:28:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[A droite une porte donnant sur un cagibi avec des étagères. A gauche une petite bibliothèque incrustée dans le mur avec de vieux livres de poches (L&#8217;école des femmes, Sweig, etc.). En face un escalier qui descend. En bas, à droite, sur lemur de droite la porte des WC. A droite en face, la porte [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image491" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/01/vals_day_30.jpg" /></p>
<p>A droite une porte donnant sur un cagibi avec des étagères. A gauche une petite bibliothèque incrustée dans le mur avec de vieux livres de poches (L&#8217;école des femmes, Sweig, etc.). En face un escalier qui descend.</p>
<p>En bas, à droite, sur lemur de droite la porte des WC. A droite en face, la porte de la cuisine. La cuisine est en longueur. Une porte à droite avec une réserve d&#8217;aliments. Sur le mur de droite de la cuisine, le frigidaire, l&#8217;évier, le lave-vaiselle, le vide ordure. Sur le mur de gauche, les assiettes et couverts. Au fond, la table à manger et une fenêtre qui donne sur la rue. La cuisine est étroite. A gauche, en bas de l&#8217;escalier, un renfoncement avec un petit bureau blanc et des papiers entassés. La porte de la salle de bains. A gauche, le bain, à droite le miroir avec l&#8217;évier, un bidet juste à côté. En bas de l&#8217;escalier, en face, le salon avec une grande fenêtre coulissante, un balcon. Il y a là le canapé, divers meubles, une table basse en métal, une table à manger. Séparée par une bibliothèque de verre et de métal, la chambre des parents. Un grand lit, la télévision noir et blanc. Il y a un second escalier qui descend.</p>
<p><img id="image492" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/01/vals_day_20.jpg" /></p>
<p>En face des portes où on range des vêtements. A gauche, deux portes sous l&#8217;escalier, l&#8217;une avec les vêtements de mon père, l&#8217;autre avec des outils. En continuant à gauche, la seconde salle de bains, munie d&#8217;une douche jamais utilisée. Des WC, un miroir. A droite la chambre de son frère, le lit sur le mur de droite, un bureau sur le mur de gauche, une sphère-lampe représentant la terre. Entre cette chambre et la salle de bains, sa chambre: le lit 1930 en métal sur le mur en face de l&#8217;entrée, à côté une grande armoire ancienne avec un grand miroir. A côté de la fenêtre son bureau. La fenêtre coulissante et le balcon.</p>
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		<title>Evénement et flux</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2006 01:12:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il s’agit de produire des événements réagissant, par exemple, à un influx extérieur traduit grâce à un senseur quelconque. Ces événements produisent une rupture, une variable change brutalement et entraîne, par exemple, le chargement d’un fichier. Il s’agit ensuite de produire de la continuité, de l’afflux, en créant des variables selon des timers donnés, variables [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il s’agit de produire des événements réagissant, par exemple, à un influx extérieur traduit grâce à un senseur quelconque. Ces événements produisent une rupture, une variable change brutalement et entraîne, par exemple, le chargement d’un fichier. Il s’agit ensuite de produire de la continuité, de l’afflux, en créant des variables selon des timers donnés, variables qui elles changent de façon progressive par incrémentation prise entre un minima et un maxima. La simple relation entre ces ruptures événementielles et ce continum incrémental permet, par ajustement subtil, la prise d’un comportement dans une installation.</p>
<p>Toute la question est alors de ne pas céder à l’esthétique interne au coding. En effet, passant des heures derrière la machine à pianoter du code on a une forte tendance quasi-corporelle à créer des boucles qui ne sont pas esthétiquement sensibles mais simplement logiquement pensable (pour celui qui code). Il s’adresse alors à lui-même plutôt qu’à un public. C’est par exemple le cas des variables cumulatives qui, selon certains, donnent vie à l’oeuvre en accumulant les expériences réactives. Les variables changeront à la mesure de leur changement, telle interaction modifiera certaines variables du calcul et ainsi de suite. Mais cette vie n’est fonction que de l’entendement de celui qui produit le code, pas de percepts chez les regardeurs/acteurs.</p>
<p>Ce réflexe du codeur, qui est ensuite expliqué à grands renforts de théories néo-platoniciennes sur l’art du code (entendez des Formes Idéales) est une forme de réalisme du code. Celui-ci aurait une réalité in se et per se, réalité impliquant une certaine logique: l’algorithme aurait sa logique propre de développement qu’il faudrait suivre. L’oeuvre devient alors un produit de la raison mathématique qui laisse la sensibilité loin derrière elle. Mais il faut revenir, encore et encore, au simulacre de l’art et dire que nous faisons semblant, que peu importe la prétendue réalité algorithmique (une équation qui fait vraiment ceci ou cela) dans la mesure où il s’agit de répéter, pour le déconstruire, la performativité mathématique.</p>
<p>Il n’y a pas de convergence entre la beauté programmatique (simplicité mathématique) et la beauté artistique (différance des percepts).</p>
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		<title>L&#8217;art du démontage</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Jan 2006 17:18:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
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		<description><![CDATA[Georges Didi-Huberman en problématisant la question du montage dialectique des images dans la revue Documents (La ressemblance informe ou le gai savoir visuel selon Georges Bataille), met en scène un concept de dialectique non-synthétisable, qui ne tend pas fut-ce idéalement vers sa résolution et sa synthèse. L&#8217;esthétique dialectique devient une puissance mettant en jeu des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a target="_blank" href="http://incident.net/works/struggle/"><img id="image386" alt="documents19302.jpg" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/01/documents19302.jpg" /></a></p>
<p>Georges Didi-Huberman en problématisant la question du montage dialectique des images dans la revue Documents (<font size="-1"><a target="_blank" href="http://www.bief.org/index.cfm?fuseaction=C.Titre&#038;Tid=9662&#038;E=245"><em>La ressemblance informe ou le gai savoir visuel selon Georges Bataille</em></a>)</font>, met en scène un concept de dialectique non-synthétisable, qui ne tend pas fut-ce idéalement vers sa résolution et sa synthèse. L&#8217;esthétique dialectique devient une puissance mettant en jeu des tensions entre des images. Les insularités visuelles sont montées à la mesure de leur dialectique propre qui s&#8217;entrechoque à d&#8217;autres dialectiques, et ainsi de suite.</p>
<p>Mettant en relation l&#8217;art du montage bataillien et <a target="_blank" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Eisenstein">eisensteinien</a>, Didi-Huberman montre combien l&#8217;entrelac des images, par jeux subtils de différenciation, de tension et de vacuité, peut faire surgir une dynamique visuelle singulière. Mais que devient cet art du montage dans le contexte du réseau et des flux électroniques? Les flux prennent la place des insularités visuelles. Une image est déjà en réseau, produit qu&#8217;elle est d&#8217;une recherche (sur Google par exemple), c&#8217;est-à-dire d&#8217;une action qui met en relation. Ce que nous voulons dire par là, à titre de simple proposition plutôt que d&#8217;affirmation, c&#8217;est qu&#8217;une image sur Internet n&#8217;existe pas en dehors du mouvement du corps de l&#8217;internaute qui de ses mains la fait surgir. Elle est bien sûr là physiquement sur le disque dur d&#8217;un serveur distant, mais son apparition est son ontologie même, et l&#8217;acte d&#8217;apparaître est dépendant d&#8217;une motion pour la faire surgir. Cette motion est une visée, une intentionnalité, et le fait que l&#8217;image ne subsiste pas en elle, mais dans l&#8217;acte de cliquer, de pianoter au clavier, modifie la présence de l&#8217;image.</p>
<p>Il y a sans doute un art du démontage émergent. Prenant appui sur des montages déjà existants, des flux qui sont autant de contextes complexes impossibles à réduire à des atomes simples, cet art les met en relation et change ainsi leurs contextes respectifs. C&#8217;est un montage de situation(s), qui en montant démonte le contexte donné et produit un <em>in situ</em> autoperformatif. Le croisement de Flickr et de Google, par exemple, offre la possibilité d&#8217;un démontage inoui, illustrant littéralement les mots. Et cette automatisme machinique de la traduction, faisant passer d&#8217;un média à un autre, est un élément nouveau par rapport à l&#8217;art du montage que la photographie et le cinéma avaient élaborés.</p>
<p>C&#8217;est ce nouvel art du démontage, le dé- comme puissance positive qui performe la sédimentation des flux, que <a target="_blank" href="http://incident.net/works/revolution_new_york/">La révolution a eu lieu à New York </a>met en jeu.</p>
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		<title>Puissances et pouvoir de la variabilité</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Dec 2005 16:18:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Juridique]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Un pouvoir politique a pour objet de se stabiliser et de garantir son identité grâce à la réification qui le fait passer du statut de moyen à celui de fin s&#8217;autoconservant. La variabilité pourrait être un concept politique utile pour opposer au pouvoir, des puissances, c&#8217;est-à-dire des états métastables et incertains ne garantissant pas d&#8217;avance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img id="image387" alt="capt.nyet27501091906.one_eyed_cat__nyet275.jpg" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/01/capt.nyet27501091906.one_eyed_cat__nyet275.jpg" /></p>
<p>Un pouvoir politique a pour objet de se stabiliser et de garantir son identité grâce à la réification qui le fait passer du statut de moyen à celui de fin s&#8217;autoconservant. La variabilité pourrait être un concept politique utile pour opposer au pouvoir, des puissances, c&#8217;est-à-dire des états métastables et incertains ne garantissant pas d&#8217;avance le principe d&#8217;identité.</p>
<p>Ainsi, la mise à disposition de plus en plus de médias encodés selon un langage commun (numérique) pourrait donner lieu à deux résultats. Le premier consiste en un pouvoir qui garanti l&#8217;identité (supposée) du média, par exemple un film téléchargé ne saurait être modifié pour garantir l&#8217;unité de l&#8217;oeuvre et de l&#8217;auteur (supposé), ou les modifications apportées à ce film pourrait être (re)tracées, traquées. On voit bien en quoi cette garantie est contradictoire avec le statut contemporain de la création qui ne laisse pas indemme les notions d&#8217;oeuvre, d&#8217;auteur et de public.</p>
<p>Le second réside en une puissance qui pourrait singulariser le média en le décomposant et en le recomposant selon une logique variable donnant ainsi un résultat unique et inanticipable, par exemple un logiciel de type <em>sniffer</em>. L&#8217;identité ne serait alors plus garantie et pourtant, c&#8217;est là un paradoxe, c&#8217;est cette variabilité qui permettrait la singularisation. La singularisation doit être alors entendue non comme le résultat d&#8217;un processus produisant une singularité localisable mais comme le devenir même de ce processus.</p>
<p>Une politique des singularités ne serait donc pas une politique des identités, elle s&#8217;y opposerait même et ne poserait pas le commun du politique (être-ensemble) comme un préalable incontestable à sa démarche. L&#8217;un des symptômes majeurs de cette dialectique entre puissances et pouvoir est la dialectique entre la production artistique et le droit. Le juridique a une vision bien précise de notions esthétiques telles que l&#8217;oeuvre, l&#8217;auteur ou le public, et peu importe que cette vision soit contradictoire avec la phénoménologie même de la production, elle règne sur le pouvoir social et impose sa conception. Il serait dès lors intéressant d&#8217;analyser le juridique pour le détruire phénoménologiquement, dans la mesure où il serait le signe le plus précieux du sens commun sur l&#8217;art.</p>
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		<title>Un art de la maison</title>
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		<pubDate>Thu, 01 Dec 2005 09:44:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;La fonction originelle de la maison ne consiste pas à orienter l&#8217;être par l&#8217;architecture du bâtiment et à découvrir un lieu &#8211; mais à rompre le plein de l&#8217;élément, à y ouvrir l&#8217;utopie où le &#171;&#160;je&#160;&#187; se recueille en demeurant chez soi.&#160;&#187;[1] Notes: Emmanuel Lévinas, Totalité et infini &#8617;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;La fonction originelle de la maison ne consiste pas à orienter l&#8217;être par l&#8217;architecture du bâtiment et à découvrir un lieu &#8211; mais à rompre le plein de l&#8217;élément, à y ouvrir l&#8217;utopie où le &laquo;&nbsp;je&nbsp;&raquo; se recueille en demeurant chez soi.&nbsp;&raquo;<sup><a href="" onclick="this.target='_self';this.href='#linknote-8-1';" id="noted-8-1" title="Emmanuel Lévinas, Totalité et infini">[1]</a></sup>
<div class="alt">Notes:
<ol>
<li id="linknote-8-1"><a href=""></a> Emmanuel Lévinas, Totalité et infini <a href="#noted-8-1"><strong>&#8617;</strong></a></ol>
</div>
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		<title>Topologies de la rencontre amoureuse</title>
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		<pubDate>Sat, 11 Jun 2005 10:31:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Il fut un temps où la rencontre amoureuse se faisait de proche en proche et cette modalité sociale (quelqu&#8217;un connaissant quelqu&#8217;un d&#8217;autre et ainsi de suite) construisait une certaine topologie. La rencontre amoureuse s&#8217;inscrivait dans un espace en réseau avec ses lignes et ses bifurcations, ses hubs et ses concentrations. Je dis: &#171;&#160;Noémie était là, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img alt="49774422_l.jpg" id="image363" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2006/01/49774422_l.jpg" /></p>
<p>Il fut un temps où la rencontre amoureuse se faisait de proche en proche et cette modalité sociale (quelqu&#8217;un connaissant quelqu&#8217;un d&#8217;autre et ainsi de suite) construisait une certaine topologie. La rencontre amoureuse s&#8217;inscrivait dans un espace en réseau avec ses lignes et ses bifurcations, ses hubs et ses concentrations.</p>
<p>Je dis: &laquo;&nbsp;Noémie était là, à cette adresse et moi à cette autre adresse, peut-être vivions-nous dans la même ville, peu importe&nbsp;&raquo;, les corps amoureux n&#8217;étaient pas à la même place et cette différence d&#8217;espace permettait la distance, l&#8217;éloignement donc le rapprochement et la rencontre qui conservait en elle une trace de cette distance dans l&#8217;impossibilité qu&#8217;a un corps d&#8217;être à la place d&#8217;un autre corps.&nbsp;&raquo;Ceci est mon corps&nbsp;&raquo; et voilà énoncé en creux tout ce que n&#8217;est pas mon corps, c&#8217;est-à-dire tout le reste. On pourrait faire la cartographie d&#8217;une rencontre entre deux corps. Quels espaces ils ont traversés pour se croiser, quels autres corps ont joué le rôle de médiateur. De proche en proche.</p>
<p>Mais une autre cartographie voit le jour actuellement par le biais d&#8217;Internet et des sites de rencontres. On pourrait n&#8217;y voir qu&#8217;un phénomène déjà ancien, la formalisation de la petite annonce dans le journal, au minitel ou ailleurs. Mais avec Internet il y a massification du phénomène (et ce changement de grandeur devient un changement de nature) et modification du statut du célibat qui se généralisant devient un horizon plus qu&#8217;un état passager. Internet est sans doute le plus grand moteur des rencontres amoureuses. Quel est dès lors la cartographie de cette rencontre, car on peut bien rencontrer quelqu&#8217;un qui est ailleurs, sans intermédiaire, sans ce proche en proche dont nous parlions. La cartographie amoureuse change de nature car on a accès à l&#8217;autre par l&#8217;intermédiaire de photos et des mots-clés. Ces deux éléments définissent un espace de rencontre radicalement différent de ce que nous connaissions auparavant car il induit dès le départ du langage et celui là même de l&#8217;autre, au sens où c&#8217;est l&#8217;autre qui se définit en donnant ses caractéristiques et attributs (hauteur, couleur des cheveux et des yeux, statut marital, etc.)</p>
<p>Cette auto-présentation est toute différente du coup d&#8217;oeil prometteur au coin d&#8217;une rue, de la re-connaissance impromptue de celle, de celui qu&#8217;on ne connait pas encore. On a encore du mal à analyser cette cartographie amoureuse: en quoi un mot-clé pourrait-il produire un espace? Mais on pressent déjà combien le temps même de l&#8217;amour s&#8217;en trouve bouleversé, de cette personne que je ne connais pas encore et qui est né, celle, celui que je vais aimer. Cet autre se présente toujours déjà lui-même, et dans cette égocentrisme de la rencontre se joue peut-être tout autre chose que l&#8217;idée de sujet, car il faut bien remarquer que les auto-présentations sont incertaines et décrivent, entre les mots prévus par les sites de rencontres, dans leurs failles même, quelque chose de l&#8217;incertitude brisée de l&#8217;autre. De ce rapport à soi à jamais difficile, complexe, et dont le désir de rencontre ne saurait pas même nous délivrer mais plutôt l&#8217;intensifier. Il faudrait donc repenser l&#8217;espace-temps de la rencontre amoureuse selon l&#8217;impact majeur du réseau Internet sur sa réalisation et éviter les jugements moraux nostalgiques d&#8217;un temps qui n&#8217;a pas existé.</p>
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		<title>Le concept de variation appliqué à la matière et au langage</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Mar 2005 10:56:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[Par variation langagière je n&#8217;entend pas une variation symbolique, le langage n&#8217;étant pas symbolique, ne représentant rien, n&#8217;indiquant que dans la démesure et le décalage de l&#8217;indication. Le concept de variable appliqué à la fiction numérique peut voir son domaine s&#8217;étendre à d&#8217;autres domaines. La variable, en tant qu&#8217;elle reste variable c&#8217;est-à-dire espace lisse, doit [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Par variation langagière je n&#8217;entend pas une variation symbolique, le langage n&#8217;étant pas symbolique, ne représentant rien, n&#8217;indiquant que dans la démesure et le décalage de l&#8217;indication. Le concept de variable appliqué à la fiction numérique peut voir son domaine s&#8217;étendre à d&#8217;autres domaines. La variable, en tant qu&#8217;elle reste variable c&#8217;est-à-dire espace lisse, doit aussi s&#8217;entendre sur les évolutions langagières actuelles dont la fiction numérique n&#8217;est que la partie émergée de l&#8217;iceberg. Mais aussi de variables matérielles, on pourra ainsi analyser la plasticité variable des institutions politiques ou culturelles. De quelles façons ces institutions parviennent à s&#8217;adapter au dehors, à l&#8217;étrangeté, à l&#8217;imprévisible? Quel est leur niveau de réification où elles se prennent elles-mêmes pour objet et ainsi ont pour seul objectif de s&#8217;auto-conserver? Du fait de l&#8217;extension de la notion de variables, il faudrait être à même de penser des structures sociales variables. Il y a un indéterminé qui peut être rigoureux, non pas le chaos, mais une modalité de pensée non-axiomatique, c&#8217;est-à-dire non-autoritaire. En ce sens l&#8217;enseignement même des arts devrait être repensé à l&#8217;aune de cette variabilité et proposer aux étudiants de bricoler et de se déplacer de champ en champ sans être identifiés, par eux-mêmes ou par l&#8217;institution scolaire. La relation entre ces variables langagières et matérielles n&#8217;est pas d&#8217;ordre symbolique ou métaphorique, mais immanente.</p>
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		<title>Agencement et flux</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Mar 2005 10:59:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Citations]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;On appellera agencement tout ensemble de singularités et de traits prélevés sur le flux &#8211; sélectionnés, organisés, stratifiés &#8211; de manière à converger (consistance) artificiellement et naturellement : un agencement, en ce sens, est une véritable invention&#160;&#187; (Gilles Deleuze et Félix Guattari, Mille Plateaux, p.506)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;On appellera agencement tout ensemble de singularités et de traits prélevés sur le flux &#8211; <a target="_blank" href="http://www.incident.net/users/reynald/wordpress/?p=121">sélectionnés</a>, organisés, stratifiés &#8211; de manière à converger (consistance) artificiellement et naturellement : un agencement, en ce sens, est une véritable invention&nbsp;&raquo;</p>
<p>(Gilles Deleuze et Félix Guattari, <em>Mille Plateaux</em>, p.506)</p>
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		<title>Variables et standardisation industrielle</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/02-variables-et-standardisation-industrielle/</link>
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		<pubDate>Wed, 02 Mar 2005 11:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le concept de variable remet en cause le développement sous sa forme industrielle et la standardisation qui lui est associée. En effet l&#8217;industrie est fondée sur un modèle hylémorphique déjà critiqué par Simondon, modèle qui distingue la forme (fixe) et la matière (homogène). L&#8217;hylémorphisme, dont la source est aristotélienne, fonde l&#8217;instrumentalité technique dans ses conséquences [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le concept de variable remet en cause le développement sous sa forme industrielle et la standardisation qui lui est associée. En effet l&#8217;industrie est fondée sur un modèle hylémorphique déjà critiqué par Simondon, modèle qui distingue la forme (fixe) et la matière (homogène). L&#8217;hylémorphisme, dont la source est aristotélienne, fonde l&#8217;instrumentalité technique dans ses conséquences (d&#8217;utilisation) comme dans ses causes (de production). Or avec le numérique, la variable ne cesse de varier selon une matérialité énergétique en mouvement, « porteuses de singularités et d&#8217;heccéités » (Deleuze et Guattari, Mille Plateaux), des processus de déformation et des affects variables et intenstifs. La standardisation industrielle consiste alors à arracher les variables à leur état de variation continue, pour en extraire des points fixes et des relations constantes. On fait donc basculer les variables, on change même la nature des équations qui cessent d&#8217;être immanentes à la matière mouvement (inadéquations,adéquations). On peut donc penser que les projets qui tentent de standardiser la monstration de l&#8217;art numérique, tels que Eve de Jeffrey Shaw ou le Panoscope de Luc Courchesnes, sont oublieux du phylum technologique qui est certes une matérialité mais en mouvement, en flux, en variation, porteuse de singualrités et de traits d&#8217;expression. Et qui ne sauraient aucunement être standardisé, au sens d&#8217;une stabilisation matérielle. La variable est une matière-flux qui ne peut être que suivie, selon des itinéraires et des déambulations. Un autre mode de standardisation doit alors être développé, non du côté matériel mais langagier, programmatique. Une structure modulaire et variable de plugins librement associable.</p>
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		<title>Sur terre, démo</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Feb 2005 15:28:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Performance]]></category>
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		<description><![CDATA[Sur terre, projet multi-supports, existe sous forme de performance. Sa configuration est variable et consiste habituellement en trois ordinateurs reliés entre eux. Deux gèrent l&#8217;image, offline et online, l&#8217;autre le son. Un switch permet de passer d&#8217;une image à une autre et le son est généré en temps réel. Cette performance se présente comme une [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sur terre, projet multi-supports, existe sous forme de performance. Sa configuration est variable et consiste habituellement en trois ordinateurs reliés entre eux. Deux gèrent l&#8217;image, offline et online, l&#8217;autre le son. Un switch permet de passer d&#8217;une image à une autre et le son est généré en temps réel. Cette performance se présente comme une projection vidéographique classique, toutefois sa variablité devient sensible suivant la durée de l&#8217;exercice. De surcroît si le public suit plusieurs performances d&#8217;affilées, certaines différences apparaissent. Ces différences ne sont pas des chemins multiples à la manière du &laquo;&nbsp;livre dont vous êtes le héros&nbsp;&raquo;, mais plutôt d&#8217;infimes variations qui signalent que la fiction se construit autour d&#8217;un stock disponible d&#8217;images, de sons et de textes et que son montage n&#8217;est pas prédéfini mais suit le cours d&#8217;une improvisation structurée. De la sorte un thème émerge progressivement: l&#8217;histoire n&#8217;est pas racontée, au sens où elle n&#8217;a pas un lieu d&#8217;énonciation localisé, mais elle se laisse imaginer par le public, de performance en performance, car un thème, comme on parle de thème musical, apparaît de façon progressive dans les interstices des représentations. Ainsi &laquo;&nbsp;Sur terre demo&nbsp;&raquo; n&#8217;est pas à proprement parler une fiction, au sens d&#8217;un récit, mais la bande annonce à chaque fois renouvellé d&#8217;un récit possible qui n&#8217;aura pas de lieu d&#8217;inscription défini une bonne fois pour toute.</p>
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		<title>Quelles narrations?</title>
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		<pubDate>Wed, 26 Jan 2005 12:50:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Narratologie]]></category>
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		<description><![CDATA[La question n&#8217;est pas de savoir si la narration numérique existe ou pas, mais de savoir quelles narrations voulons-nous. Car que l&#8217;ordinateur, phénomène socialement massif par excellence, affecte en profondeur l&#8217;imaginaire des invidus et la manière de communiquer, de narrer, cela ne fait aucun doute, le processus est déjà à l&#8217;oeuvre. Toutefois ce phénomène n&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La question n&#8217;est pas de savoir si la narration numérique existe ou pas, mais de savoir quelles narrations voulons-nous. Car que l&#8217;ordinateur, phénomène socialement massif par excellence, affecte en profondeur l&#8217;imaginaire des invidus et la manière de communiquer, de narrer, cela ne fait aucun doute, le processus est déjà à l&#8217;oeuvre. Toutefois ce phénomène n&#8217;est pas conscient, ni au niveau des fournisseurs de contenu ni au niveau du public. De ce fait ce sont des narrations non-réfléxives qui ne prennent pas en compte leurs effets performatifs. La question est à présent, non de façon théorique d&#8217;hypostasier la narration numérique en s&#8217;interrogeant sur son existence ou son inexistence, mais de mettre en place des phénomènes narratifs écrits, c&#8217;est-à-dire activement construits, dont la construction elle-même, le processus peut faire objet de partage.</p>
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		<title>Le concept de variable</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Jan 2005 12:58:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[Le concept de variable me semble particulièrement fructueux dans le contexte contemporain. D&#8217;un part ce concept permet d&#8217;éviter le choix idéologique d&#8217;une école (génération versus interactivité par exemple) et se concentre non sur un mode d&#8217;apparition du numérique mais sur une opération qui possibilise l&#8217;apparition. On utilise des variables dans la production, ces variables pouvant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le concept de variable me semble particulièrement fructueux dans le contexte contemporain. D&#8217;un part ce concept permet d&#8217;éviter le choix idéologique d&#8217;une école (génération versus interactivité par exemple) et se concentre non sur un mode d&#8217;apparition du numérique mais sur une opération qui possibilise l&#8217;apparition. On utilise des variables dans la production, ces variables pouvant être actualisées par des données internes ou externes. Comme je l&#8217;ai déjà dit ailleurs la variable est non seulement un concept courant (marquant quelque chose qui change, dont l&#8217;état est en devenir) mais aussi un concept à usage technique (1+n). Ce double horizon permet de mêler un rapport existentiel à la variable (l&#8217;existence comme ce qui varie) à un rapport technologique (l&#8217;usage de certaines formules logico-mathématiques). En définissant la fiction contemporaine comme variable, nous insistont sur une phénomène simple: la fiction de destin tragique devient une variable, elle varie au sens où elle n&#8217;est pas identique à elle-même, ce qui suppose que la fiction se répète et que cette répétition est un jeu de différence non d&#8217;identité. Au sens également où elle change petit à petit, selon des rythmes différenciés (varier c&#8217;est se modifier progressivement). Il s&#8217;agit de relire la Poétique d&#8217;Aristote en la confrontant à ce concept de variable, et en particulier quand il défend le tout au détriment des parties (ou des épisodes), dans la relation également qu&#8217;il fait émerger entre l&#8217;action et les personnages. On découvrira alors combien est fructueux l&#8217;apport de ce concept et combien il vient bouleverser la relation si problématique entre le possible et le virtuel. On devra également insister sur la transformation des relations de causalité. Comment enchaîner des causes et des effets si ils varient encore et encore? Mais pourquoi vouloir à tout prix qu&#8217;une fiction soit déterministe? Ne pourrait-on pas imaginer une fiction qui soit quantique, c&#8217;est-à-dire avec des variations dont le principe même est inquantifiable donc inanticipable et non-réintégrable dans la continuité déterminée du récit? Penser une histoire hors de la causalité c&#8217;est bie sûr rejoindre toute une tradition littéraire, mais c&#8217;est l&#8217;intensifier car cet a-déterminisme variable n&#8217;est pas seulement le fruit d&#8217;une métaphore, il opère à même un langage, celui de la programmation logico-mathématique.</p>
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		<title>Sauver / se sauver</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Dec 2004 13:44:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a cette étrange structure de la langue française &#171;&#160;Sauver, se sauver&#160;&#187;. Sauver quelqu&#8217;un c&#8217;est porter secours. &#171;&#160;Se sauver&#160;&#187; c&#8217;est s&#8217;enfuir pour échapper au danger. Il y a d&#8217;un côté la main tendue vers et de l&#8217;autre côté le retrait de la fuite. Lorsqu&#8217;on se sauve seul, c&#8217;est pour partir. Lorsqu&#8217;on sauve quelqu&#8217;un c&#8217;est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a cette étrange structure de la langue française &laquo;&nbsp;Sauver, se sauver&nbsp;&raquo;. Sauver quelqu&#8217;un c&#8217;est porter secours. &laquo;&nbsp;Se sauver&nbsp;&raquo; c&#8217;est s&#8217;enfuir pour échapper au danger. Il y a d&#8217;un côté la main tendue vers et de l&#8217;autre côté le retrait de la fuite. Lorsqu&#8217;on se sauve seul, c&#8217;est pour partir. Lorsqu&#8217;on sauve quelqu&#8217;un c&#8217;est pour réduire le danger qui le guettait en le rassurant tout simplement. Il y a dans &laquo;&nbsp;sauver, se sauver&nbsp;&raquo; tout le jeu de la solitude et de la relation à l&#8217;autre.</p>
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		<title>La séparation comme possibilité</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Dec 2004 13:45:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La séparation précède la rencontre comme l&#8217;ouverture même de sa possibilité. Une séparation d&#8217;avant la rencontre, une séparation qui ne sépare de rien, pas même d&#8217;elle-même, qui est le possible comme tel. La séparation précède la rencontre comme l&#8217;ouverture même de sa possibilité. Une séparation d&#8217;avant la rencontre, une séparation qui ne sépare de rien, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La séparation précède la rencontre comme l&#8217;ouverture même de sa possibilité. Une séparation d&#8217;avant la rencontre, une séparation qui ne sépare de rien, pas même d&#8217;elle-même, qui est le possible comme tel.</p>
<p>La séparation précède la rencontre comme l&#8217;ouverture même de sa possibilité. Une séparation d&#8217;avant la rencontre, une séparation qui ne sépare de rien, pas même d&#8217;elle-même, qui est le possible comme tel.</p>
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		<title>La variabilité</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Nov 2004 13:58:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[La variabilité me semble être un concept plus efficace que celui d&#8217;interactivité, car ce dernier contient des présupposés dont il est difficile de se séparer si ce n&#8217;est à développer une longue argumentation. Certains mots à force d&#8217;être répétés deviennent indissociables d&#8217;une doxa et semblent perdre leur force d&#8217;irritation et de déconstruction qu&#8217;ils avaient au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La variabilité me semble être un concept plus efficace que celui d&#8217;interactivité, car ce dernier contient des présupposés dont il est difficile de se séparer si ce n&#8217;est à développer une longue argumentation. Certains mots à force d&#8217;être répétés deviennent indissociables d&#8217;une doxa et semblent perdre leur force d&#8217;irritation et de déconstruction qu&#8217;ils avaient au début. S&#8217;il y a dix ans la notion d&#8217;interactivité permettait de faire trembler les définitions communes de l&#8217;art, aujourd&#8217;hui elle est devenue un lieu commun sur l&#8217;art. Les mots n&#8217;ont pas une valeur en eux ou dans leurs relations aux phénomènes, mais dans un contexte socio-culturel où certains mots sont révolutionnaires et d&#8217;autres réactionnairs (pour être très dialectique). Il faut intégrer à cela un devenir puisque la première catégorie peut se transformer en la seconde au cours du temps. Avec l&#8217;interactivité tout un régime de la participation et de la liberté intervient, avec les problématiques classiques du libre-arbitre et du déterminisme. Bref l&#8217;arrière-plan idéologique de l&#8217;interactivité rend complexe son usage. La variabilité quant à elle peut être reliée à tout un arrière-plan culturel et historique tel que la déconstruction du récit, l&#8217;absence de causalité dans nos existences, la complexification, etc. Bref la variabilité permet d&#8217;entrelacer une composante existentielle et facticielle de la possibilité (nos vies étant de moins en moins soumisses à un ordre supérieur et supra-sensible) et une composante technologique, la programmabilité permettant de produire de l&#8217;imprévisible et de la complexité.</p>
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		<title>Imaginaire de l&#8217;exil et technologies en réseau</title>
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		<pubDate>Sun, 22 Aug 2004 14:14:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[Les grands moyens de transport qui ont vu le jour à la croisée du XIXème et XXème siècle ne sont pas sans rapport avec l&#8217;émergence d&#8217;un imaginaire du déplacement, que certains nommeront exil ou entre-eux. Auparavant les individus restaient leur existence entière au même endroit, les vacances n&#8217;existaient pour ainsi pas et aller d&#8217;une contrée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les grands moyens de transport qui ont vu le jour à la croisée du XIXème et XXème siècle ne sont pas sans rapport avec l&#8217;émergence d&#8217;un imaginaire du déplacement, que certains nommeront exil ou entre-eux.</p>
<p>Auparavant les individus restaient leur existence entière au même endroit, les vacances n&#8217;existaient pour ainsi pas et aller d&#8217;une contrée à une autre se révélait une véritable expédition. Les récits de déplacement antérieurs au XIXème le démontrent. Avec le train, la voiture, l&#8217;aviation d&#8217;immenses flux humains ont traversé la planète faisant de beaucoup d&#8217;entre nous des exilés, modifiant tout du moins radicalement notre relation à l&#8217;espace et à sa approriation. Jamais en un laps de temps si bref, la terre n&#8217;avait été traversé par tant d&#8217;individus.</p>
<p>Or cet imaginaire de l&#8217;exil n&#8217;est peut-être pas sans relation avec les réseaux informatiques et Internet, cette autre affectivité de l&#8217;entre-deux, cet autre espace traversant la terre, menant les individus d&#8217;un point à un autre, ou plus exactement rapatriant au domicile de chacun des informations géographiquement distantes. Alors quand nous parlons de mondialisation, il s&#8217;agit peut-être en fait de flux, de flux financiers, économiques que nous ne comprenons mal ou pas et que jugeons avant même d&#8217;avoir établi le diagnostic.</p>
<p>Et ne se pourrait-il pas que la problématique générale du flux, qui a émergé il y a deux siècles avec les moyens de transport, ne puisse être entendu que par un réexamen attentif de cet héritage, de cette affectivité de l&#8217;exil qui met en cause le principe d&#8217;identité appropriative, de cet imaginaire des transports.</p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/01-sur-terrenet/">http://incident.net/users/gregory/wordpress/01-sur-terrenet/  </a></p>
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		<title>Force et fragilité des flux cinématographique et numérique</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Jul 2004 14:22:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>

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		<description><![CDATA[La force du cinéma: un flux machinique se déployant dans le temps entrelacé au flux de la conscience intime. Le spectateur détourne un instant le visage vers l&#8217;obscurité, le film continu sans lui, il en reprendra le flux un instant perdu. La peinture n&#8217;était pas un flux mais une durée subjective (sauf dans quelques rares [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La force du cinéma: un flux machinique se déployant dans le temps entrelacé au flux de la conscience intime. Le spectateur détourne un instant le visage vers l&#8217;obscurité, le film continu sans lui, il en reprendra le flux un instant perdu. La peinture n&#8217;était pas un flux mais une durée subjective (sauf dans quelques rares cas comme les Ambassadeurs). Le spectateur dit: &laquo;&nbsp;J&#8217;y étais l&#8217;instant d&#8217;avant, immergé et m&#8217;oubliant dans l&#8217;image animée, il y a à peine un instant&nbsp;&raquo;. Instant oublié, la perception et la réflexion sur cette perception n&#8217;étant jamais synchrone. Une esthétique de l&#8217;après-coup car percevoir n&#8217;est jamais immédiat, toujours différé, l&#8217;immédiateté n&#8217;étant jamais qu&#8217;un effet de stupeur. La fragilité du numérique: dans la chambre, dans le bureau, dans le salon le moniteur a été allumé et diffuse une lumière comme la télévision. Il s&#8217;agit encore d&#8217;un flux mais d&#8217;une autre sorte. Plus de salle à partager, de temps déterminé, le flux habite notre domicile telle une lumière persistante que nous fixons. Ce flux d&#8217;Internet ne s&#8217;entrelace pas à celui de notre conscience, il provoque de simples soubresauts au fil d&#8217;une navigation instrumentale. Une oeuvre ne peut alors que suspendre un instant, à peine un instant, ce flux des données. Ce suspend, une manière de faire clignoter cette lumière dans la maison. Un détournement, une déception. Ou encore: un clignement d&#8217;oeil à peine perceptible pour le spectacteur. Et par cette interruption au flot généralisé, une esthétique de l&#8217;après-coup, encore. Nous sommes beaucoup moins ambitieux et puissants que les cinéastes. Nos objectifs sont fragiles, nos oeuvres défaillantes. Nous ne sommes pas les flux machinique et subjectif enlacés. Nous ne prétendons pas à la foi désespérée dans le monde (on n&#8217;ose dire le réel), simplement faire cligner les flux, suspendre les flux la palpitation d&#8217;un instant, sans croire que nous pourrons l&#8217;interrompre à tout jamais. Nous ne désirons pas le progrès, nous n&#8217;avons plus aucune croyance, aucun espoir ni désespoir, nous refusons toute foi fut-elle (par la) négative. Nous ne créons pas notre flux à la manière d&#8217;un film, le flux nous précède, il est déjà-là, ce sont toutes les données enchevêtrées du monde. Nous pouvons en saisir des brides, changer le contexte du flux, détourner les habitudes afin de proposer un instant, un simple instant, d&#8217;intelligence. Le cinéma n&#8217;est-il pas une religion avec ses croyants (les cinéphiles), ses lieux sacrés (les salles de cinéma), ses écrits révélés (les 10 meilleurs films de l&#8217;histoire de l&#8217;humanité)? Le cinéma est une foi, pour être cinéaste il faut croire absolument.</p>
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		<title>Tournage et industrie culturelle</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/22-tournage-et-industrie-culturelle/</link>
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		<pubDate>Tue, 22 Jun 2004 14:32:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esthétique]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Les industries culturelles produisant des images inscrites sur des supports de mémoire structurent leur méthode de production autour de la division du travail (industriel). Ceci peut particulièrement se voir lors d&#8217;un tournage de fiction où chacun a sa place. Dès que l&#8217;on tente de perturber un peu ces règles de tournage chaque technicien et acteur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les industries culturelles produisant des images inscrites sur des supports de mémoire structurent leur méthode de production autour de la division du travail (industriel). Ceci peut particulièrement se voir lors d&#8217;un tournage de fiction où chacun a sa place. Dès que l&#8217;on tente de perturber un peu ces règles de tournage chaque technicien et acteur est troublé et semble perdre ses repères. Il dénonce en général un manque de professionnalisme&#8230; un autre mot pour désigner l&#8217;extrême standardisation des tournages. De sorte qu&#8217;en ayant les mêmes méthodes de tournage appliquées à des histoires différentes, il n&#8217;est pas très étonnant d&#8217;avoir une standardisation des résultats: les images se ressemblent de plus en plus parce que la manière de les produire est standardisée&#8230; D&#8217;ailleurs dans l&#8217;histoire du cinéma les grandes révolutions visuelles ont souvent été induites par des changements dans la manière de produire concrètement les images. Il s&#8217;agit pour nous d&#8217;inventer une nouvelle manière de produire des images (en quantité) pour les supports de mémoire numérique.</p>
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		<title>Sans interactivité</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Jun 2004 14:35:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Technologies]]></category>
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		<description><![CDATA[La notion d&#8217;interactivité ne m&#8217;a jamais intéressé, car elle présuppose une certaine esthétique fondée sur la cybernétique et sur un monde causaliste. On aura beau tenter de détourner ces fondements, ils auront surdéterminés déjà nos raisonnements. Il n&#8217;y a qu&#8217;à voir les tentatives furieuses de J.L. Boissier pour le voir finalement retomber sur cette bonne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La notion d&#8217;interactivité ne m&#8217;a jamais intéressé, car elle présuppose une certaine esthétique fondée sur la cybernétique et sur un monde causaliste. On aura beau tenter de détourner ces fondements, ils auront surdéterminés déjà nos raisonnements. Il n&#8217;y a qu&#8217;à voir les tentatives furieuses de J.L. Boissier pour le voir finalement retomber sur cette bonne vieille &laquo;&nbsp;réalité&nbsp;&raquo;. Une autre notion m&#8217;intéresse beaucoup plus, c&#8217;est celle de possible(s) ou si vous voulez de monde(s), cette contestation frontale et sans compromis par rapport à tous ces artistes et tous ces théoriciens qui parlent de &laquo;&nbsp;réel&nbsp;&raquo;, de &laquo;&nbsp;réalité&nbsp;&raquo; et de &laquo;&nbsp;vérité&nbsp;&raquo;, là où la terreur n&#8217;est jamais loin, où les arguments d&#8217;autorité s&#8217;enchaîne à d&#8217;autres arguments d&#8217;autorité, où bien sûr la vision esthétique défendue théoriquement par l&#8217;artiste est comme par hasard celle-là même qu&#8217;il pratique (incroyable naïveté des artistes!). Décidément il faut revenir encore à Nietzsche, comprendre le perspectivisme dans sa radicalité, contester la fusion du réel et de la vérité car je ne sais pas, je n&#8217;ai jamais eu d&#8217;expérience d&#8217;une telle fusion, mot vide donc. Les possibles, irréductiblement pluriel, mettent en cause la narration classique, celle laissée par Aristote nous racontant un monde de la nécessité et du destin. Habituellement quand on écrit une histoire on réduit le nombre de possibles. Là il faudrait les multiplier infiniment et les connecter entre eux selon des rapports non-intentionnellement sémantiques mais produisant du sens dans cette lacune même, dans l&#8217;information manquante, bref priviligier l&#8217;inconsistance (au sens d&#8217;un univers de langage non-cohérent) à la consistance, car cette multiplication des possibles n&#8217;est-elle pas ce que nous expérimentons existentiellement? Pouvons-nous encore nous rassurer de nos récits de la nécessité dans des mondes disloqués? Que partageons-nous encore si ce n&#8217;est le doute? Je regarde autour de moi et j&#8217;entend de plus en plus régulièrement ce discours esthétique:</p>
<p>1/ &laquo;&nbsp;je me demande si c&#8217;est politique, si cela fait objet de partage&nbsp;&raquo;.</p>
<p>2/ &laquo;&nbsp;je vois si la forme me plaît&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Propos symptomatique tenus par un ami&#8230; Si en art, et ailleurs, les choses étaient aussi simples, s&#8217;il ne fallait pas penser, dès le départ, la confusion, l&#8217;hésitation, non pas comme quelque chose empêchant la pensée, mais la permettant et avec elle la sensation. Notre époque passe à côté d&#8217;elle-même.</p>
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		<title>Sans fin</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Apr 2004 14:37:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Comment produire, et penser, des fragments qui aient entre eux des rapports de différence en tant que telle, qui aient pour rapports entre eux leur propre différence, sans référence à une totalité originelle même perdue, ni à une totalité résultante même à venir?&#160;&#187; (Maurice Blanchot, L&#8217;Entretien infini, Gallimard, 1969, pp.451-452)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&laquo;&nbsp;Comment produire, et penser, des fragments qui aient entre eux des rapports de différence en tant que telle, qui aient pour rapports entre eux leur propre différence, sans référence à une totalité originelle même perdue, ni à une totalité résultante même à venir?&nbsp;&raquo;</p>
<p>(Maurice Blanchot, <em>L&#8217;Entretien infini</em>, Gallimard, 1969, pp.451-452)</p>
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		<title>La négocation des possibles</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2004 14:42:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Chacun de nous négocie. Nous ne parvenons pas toujours à réaliser ce que nous désirons, alors nous négocions avec ces échecs en nous disant: &#8211; tout cela a un sens. &#8211; finalement je tirerais beaucoup plus de l&#8217;échec que de la réussite. &#8211; qu&#8217;elle parte de toute façon cela n&#8217;aurait pas continué encore longtemps. &#8211; [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chacun de nous négocie.</p>
<p>Nous ne parvenons pas toujours à réaliser ce que nous désirons, alors nous négocions avec ces échecs en nous disant: &#8211; tout cela a un sens. &#8211; finalement je tirerais beaucoup plus de l&#8217;échec que de la réussite. &#8211; qu&#8217;elle parte de toute façon cela n&#8217;aurait pas continué encore longtemps. &#8211; si elle n&#8217;était pas partie, cela aurait été moi. &#8211; l&#8217;important c&#8217;est d&#8217;esssayer. &#8211; j&#8217;ai fait ce que j&#8217;ai pu. &#8211; le monde n&#8217;est pas soumis à ma volonté. &#8211; tout le monde doit mourir. &#8211; il faut se faire une raison. &#8211; tout cela prendra un sens plus tard, quand j&#8217;aurais oublié, cela prendre un sens, cela aura une influence sur ma vie. &#8211; je vais continuer à vivre. &#8211; j&#8217;ai envie de pleurer. &#8211; si elle tente de revenir&#8230; &#8211; maintenant je me fais face. &#8211; où en suis-je? Il faut que je fasse le point. Quand il nous arrive un malheur nous avons l&#8217;étrange faculté de lui donner un sens, de le faire entrer dans notre mythologie personnelle. Parfois cette insertion déraille un peu parce qu&#8217;elle est absurde, mais en nous y tenant coûte que coûte, elle est finalement intégrée, parfois au prix de médicaments ou d&#8217;une psycho-thérapie. Avons-nous tant de difficulté à vivre dans l&#8217;hétérogène et l&#8217;insensé? Nous faisons comme si tout faisait sens, comme si nous pouvions rattraper tout par le sens: elle me quitte! très bien j&#8217;en tirerais quelque chose! Il y a dans cette économie du négociable une manière du pondérable, de peser tout et de faire en sorte que cette pesée soit tolérable. Face à cette sempiternelle négociation qui a produit une forme de récit qu&#8217;on appelle la tragédie (la condensation du sens d&#8217;un destin et l&#8217;intégration de l&#8217;insensé des passions, la tragédie comme lieu de rencontre du censé et de l&#8217;insensé, lieu du centaure Chiron par excellence), imaginons&#8230; Des personnages qui ne négocient pas et ceci sans aucun pathos, sans &laquo;&nbsp;oh&nbsp;&raquo; effaré qui ferait de leurs existences des monuments, pas même comme une résistance au destin, mais plutôt comme s&#8217;ils n&#8217;avaient pas intégrés le négociable, comme une immaturité qui dure, comme si leurs existences ne s&#8217;échangaient contre aucune autre même en pensée. Imaginons&#8230; La douleur d&#8217;une femme qui n&#8217;aura pas d&#8217;enfant, sans doute, même cela est incertain, même l&#8217;impossible est incertain. Elle ne se dira pas: je ferais donc une grande carrière! Je vais mettre toutes les billes de ce côté là! Elle sait que là aussi c&#8217;est trop tard, qu&#8217;elle n&#8217;a pas l&#8217;énergie et que ce n&#8217;est pas ce qu&#8217;elle veut. Elle voulait un enfant, sans doute depuis sa propre enfance. C&#8217;était la certitude de son horizon, mais voilà, les années ont passé. Faire le deuil d&#8217;un avenir qui n&#8217;aura pas lieu, un deuil qu&#8217;elle ne négociera pas. Le hors-corps d&#8217;une adolescente, ce décalage quand on se regarde dans le miroir et où en scrutant ce reflet on ne se trouve pas du fond du regard. En général ça passe, on se fait une raison. Mais pas elle, elle ne négocie pas, ce hors-corps, cette lisière imprécise de la peau, elle la maintiendra coûte que coûte non parce qu&#8217;elle lui accorde une valeur, non parce que morbidement elle est attirée par ce qui lu fait mal, mais simplement parce que c&#8217;est son corps. Ce que certains pourraient prendre pour une maladie, l&#8217;anorexie, c&#8217;est elle. Il y a dans les récits d&#8217;anorexiques repenties quelque chose de la négociation: elles se souviennent de ce temps maudit et magnifique où elles avaient ce corps étrange entre elle et elle, mais puisqu&#8217;il faut vivre elles l&#8217;ont abandonné et on sent comme une nostalgie étrange dans leur propros. Il leur a fallu vivre, soit! et elles valorisent cette guérison, mais qu&#8217;était donc ce corps qu&#8217;elles avaient et qu&#8217;aucun d&#8217;entre nous a l&#8217;idée? Elle, elle se tient dans son trouble, fut-ce à mort, fut-ce contre l&#8217;autorité sociale, coûte que coûte, elle se dépense et se consume. Un homme quitté par une femme, privé de son amour et de l&#8217;amour en général dans le silence de la séparation, dans le silence complet, aucune explication ne lui a été donné autre que la fin du sentiment amoureux. Il ne négociera pas face à cette séparation, négociation à laquelle nous sommes nous si habitués, il persistera dans le silence. Il respectera la décision de la femme et pensera que cette décision la concerne elle pas lui. Que lui il peut continuer même sans elle, s&#8217;il ne la dérange pas. C&#8217;est ce sentiment de révolte qui nous saisit l&#8217;espace d&#8217;un bref instant, souvenez-vous: elle (il) vous quitte, vous n&#8217;êtes pas d&#8217;accord. Pourquoi sa décision primerait-elle sur votre amour? Pourquoi le négatif prendrait le dessus sur le positif? Et puis vous abandonner la bataille parce qu&#8217;on ne peut pas aimer sans l&#8217;autre, pensez-vous. Lui il invente une nouvelle relation amoureuse à la mesure du chamngement qu&#8217;il a subi: ce sera sans son accord, dans une nouvelle distance des corps et des esprits. Il lui faut le courage de vivre cela intensément jusqu&#8217;au bout. Mais il n&#8217;a pas peur et il n&#8217;est pas malade non plus, simplement ces négociations secrètes que nous entâmons avec nous-mêmes dans la lâcheté du soliloque, il n&#8217;en veut pas, il n&#8217;en a pas même l&#8217;idée. Dans ces négociations il y a le désir d&#8217;une réparation existentielle comme si la vie, le mouvement (anima) de la vie pouvait être autre chose qu&#8217;une blessure sans plaie. Il y a aussi le refoulement, occultation, oblitération de ce qui forme l&#8217;intensité de la vie: mort, séparation, activités diverses, etc. Tout se passe comme si nous taisions dans le secret de l&#8217;intimité que nous entretenons notre vie durant avec nous-mêmes, le coeur de ce que nous vivons. L&#8217;art a pour objet de faire revenir le symptôme dans sa singularité, de ramener à la mémoire et à la sensibilité ce que nous ne cessons de taire.</p>
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		<title>Une fiction sans action</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Apr 2004 14:42:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le moteur de la fiction interactive n&#8217;est pas l&#8217;action, que ce soit l&#8217;action sur l&#8217;écran ou l&#8217;action de l&#8217;utilisateur. Il serait naïf de penser que celui-ci devient &#171;&#160;le héros de l&#8217;histoire&#160;&#187;, que le principe d&#8217;action se reporte sur lui. En effet il est très difficile, comme auteur, initiateur, programmeur du projet, d&#8217;incorporer les événements sous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le moteur de la fiction interactive n&#8217;est pas l&#8217;action, que ce soit l&#8217;action sur l&#8217;écran ou l&#8217;action de l&#8217;utilisateur. Il serait naïf de penser que celui-ci devient &laquo;&nbsp;le héros de l&#8217;histoire&nbsp;&raquo;, que le principe d&#8217;action se reporte sur lui. En effet il est très difficile, comme auteur, initiateur, programmeur du projet, d&#8217;incorporer les événements sous la forme d&#8217;actions car alors on réduit les possibles, on les limite à ce qui est inscrit. Tout ce passe comme si cela, ce qui se passe, ne peut s&#8217;inscrire. Et il y a là un paradoxe profond: les nouveaux supports de mémoire non-linéaire raconte des histoires par ce qui est dans le défaut même de l&#8217;inscription. On ne nommera pas cela l&#8217;ininscriptible, car cela sonnera comme un nouvel innefable, mais le défaut même de la mémoire. Tout se passe alors comme si les différents plans de la fiction interactive, actions, événements, motivaions, etc. ne pouvaient jamais se rejoindre, se confondre dans une forme définie. C&#8217;est peut-être pour cette raison que la fiction numérique est en formation continuée, toujours et encore. Elle ne résoud pas le flux existentiel dans une prise de forme (une histoire cohérent et structurée) mais dans une formation (des histoires à peine commencées et structurables, en structuration). Continuer dans ce doute infini, dans ce trouble ontologique, c&#8217;est tenir le pas gagné.</p>
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		<title>Sur Terre (RGB V.1:  Vladislav Delay &#8211; Pure &#8211; Scanner)</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Jan 2004 12:52:30 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[(RGB) V.1.0 &#8211; 08.10.2004 &#8211; 23:00 &#8211; La Ferme du Buisson. Invités : SCANNER &#8211; PURE &#8211; VLADISLAV DELAY. Lieu : La Ferme du Buisson &#038; Temps d&#8217;Images. Noisiel, Allée de La Ferme, 77437 Marne-la-Vallée. (RGB) est une série de concerts organisée à partir de Sur-Terre, fiction variable produite par Arte. Ces concerts réunissent jusqu&#8217;à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a target="_blank" href="http://www.arte-tv.com/sur-terre/index/ost/index.html">(RGB) V.1.0</a> &#8211; 08.10.2004 &#8211; 23:00 &#8211; La Ferme du Buisson.<br />
Invités : SCANNER &#8211; PURE &#8211; VLADISLAV DELAY.<br />
Lieu : La Ferme du Buisson &#038; Temps d&#8217;Images. Noisiel, Allée de La Ferme, 77437 Marne-la-Vallée.</p>
<p>(RGB) est une série de concerts organisée à partir de Sur-Terre, fiction variable produite par Arte. Ces concerts réunissent jusqu&#8217;à 3 musiciens simultanément, musiciens qui ont participé à la création de bande originale de la fiction. Le protocole de départ est simple : chaque musicien improvise avec les autres en utilisant des samples issus de plus de 50 heures d&#8217;archives sonores de la SNCF. Une image vidéo lui est associée et évolue en direct selon sa composition. Un triptyque visuel se compose et se recompose ainsi au fil du concert, donnant une traduction de cette fiction en devenir.</p>
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		<title>Sur Terre, bande annonce (2)</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Jan 2004 14:22:26 +0000</pubDate>
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		<title>Sur Terre, bande annonce (1)</title>
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		<pubDate>Thu, 15 Jan 2004 14:21:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Video]]></category>

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		<description><![CDATA[Un premier test de bande annonce pour le projet SUR TERRE produit par Arte avec l aide du Fresnoy et du DICREAM. De quelles facons ce projet variable et programmatique peut-il passer sur d autres supports, par exemple une video chronologique. Il s agit de comprendre comment un projet peut contaminer d autres surfaces et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un premier test de bande annonce pour le projet SUR TERRE produit par Arte avec l aide du Fresnoy et du DICREAM. De quelles facons ce projet variable et programmatique peut-il passer sur d autres supports, par exemple une video chronologique. Il s agit de comprendre comment un projet peut contaminer d autres surfaces et d autres modes d&#8217;inscription. Comment le réseau n est pas affaire de technologies mais vient contaminer le langage lui-même.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Une image n&#8217;est pas un écran</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Jul 2003 15:06:48 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Il faut thématiser et développer la non-identité entre image et écran: plusieurs images dans un écran ou une image qui laisse du noir dans l&#8217;écran. Quelques exemples: Hulk, l&#8217;Affaire Thomas C., Time Code, le système Macintosh, les avant-gardes russes, la publicité dans l&#8217;espace urbain, etc. Cela fait longtemps que je tourne autour de cette question, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il faut thématiser et développer la non-identité entre image et écran: plusieurs images dans un écran ou une image qui laisse du noir dans l&#8217;écran.</p>
<p>Quelques exemples: Hulk, l&#8217;Affaire Thomas C., Time Code, le système Macintosh, les avant-gardes russes, la publicité dans l&#8217;espace urbain, etc.</p>
<p>Cela fait longtemps que je tourne autour de cette question, depuis mes premières video-art. La nature de l&#8217;image change radicalement quand elle n&#8217;est pas l&#8217;écran, quand on voit ses bords, ses limites, ses contours. Elle perd le charme de la représentation et gagne le charme de la réflexivité qui se présente à elle-même. Cette réflexivité esthétique ne signifie pas la prise totale de la perception sur elle-même, mais un processus de différenciation toujours différé. Un peu comme avec la marche où chaque pas (chaque perception de perception) est un déséquilibre repris par le pas suivant (une autre perception de perceptions au pluriel cette fois-ci, puisqu&#8217;elle inclut les réfléxivités précédentes).</p>
<p>Ce non-conformité de l&#8217;image à l&#8217;écran ne répond-t-il pas à la non-conformité de la conscience?</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Des passages immobiles</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Jun 2003 15:11:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Sur terre]]></category>
		<category><![CDATA[Travaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Tout d&#8217;abord il faut que je relise &#171;&#160;Passages, magasins de nouveautés, calicots&#160;&#187; de Walter Benjamin. Ensuite penser simplement à la structure physique du passage parisien: une entrée et une sortie, un couloir, donc entre les deux un certain temps. Il faudrait calculer le temps de marche entre ces deux points, le temps que mettrait le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Tout d&#8217;abord il faut que je relise &laquo;&nbsp;Passages, magasins de nouveautés, calicots&nbsp;&raquo; de Walter Benjamin.<br />
Ensuite penser simplement à la structure physique du passage parisien: une entrée et une sortie, un couloir, donc entre les deux un certain temps.<br />
Il faudrait calculer le temps de marche entre ces deux points, le temps que mettrait le son ou la lumière à parcourir aussi cette distance. Et puis aussi dresser la liste complète de tous les passages existants encore à Paris. Filmer d&#8217;un côté et de l&#8217;autre, puis aller de A à B avec deux caméras (utiliser le pied en métal fabriqué à Montréal) puis aller de B à A avec le même dispositif. Cela ferait donc 6 points de vue. Finalement c&#8217;est juste une tentative pour comprendre un espace singulier. Un peu comme ce projet laissé (pour l&#8217;instant) en plan sur le portrait d&#8217;une rue. Une rue comme personnage et comme récit, avec ses détails, ses fêlures sur le goudron, ses pavés, ses fenêtres, etc.</p>
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		<title>Le trauma amoureux: un présent impossible</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Jun 2003 15:12:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Sur terre]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous sommes passés du trauma familial au trauma amoureux. En effet le trauma familial si il peut exister est souvent un alibi, un cliché. La structure sociale où la différence les phénomènes et leur représentation est la plus grande, est sans doute moins la famille que la relation amoureuse. La famille a été mise en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous sommes passés du trauma familial au trauma amoureux.</p>
<p>En effet le trauma familial si il peut exister est souvent un alibi, un cliché. La structure sociale où la différence les phénomènes et leur représentation est la plus grande, est sans doute moins la famille que la relation amoureuse. La famille a été mise en cause depuis le XIXe siècle, depuis la psychanalyse. Le divorce a remis entièrement en cause ce que nous pensions de la structure familiale. Par contre aujourd&#8217;hui encore la relation amoureuse profite d&#8217;une idéologie qui ne lui correspond plus. Si la famille semble quelque chose d&#8217;un tant soit peu définissable, les gens font souvent référence à l&#8217;ineffable pour parler d&#8217;amour, comme s&#8217;il s&#8217;agissait là de notre dernière religion, de notre dernière transcendance.</p>
<p>L&#8217;indéfinissable de l&#8217;amour doit moins nous faire penser à quelque chose de concret qu&#8217;à l&#8217;abstraction idéologique. Cet indéfinissable doit en quelque sorte nous mettre la puce à l&#8217;oreille. Quand les gens tentent d&#8217;expliquer leur comportement parfois absurde en s&#8217;appuyant sur le thème familial, c&#8217;est comme s&#8217;il cherchait en l&#8217;autre, en symbolique, une manière de différer leurs responsabilités. Je ne veux pas dire là que le trauma familial n&#8217;existe pas, mais seulement qu&#8217;il n&#8217;existe pas systématiquement. Or chacun y va de sa petite histoire, le répétant souvent le peu qu&#8217;il sait de la psychanalyse. Par contre l&#8217;amour apparaît comme un simple symptome, l&#8217;effet de la cause cachée que serait la famille : on fait du mal à quelqu&#8217;un, on dit que ce n&#8217;est pas de sa faute mais de celle ses parents. On a tel ou tel comportement est le seul élément d&#8217;explication est le passé de l&#8217;enfance, c&#8217;est souvent une manière de différer sa responsabilité. Et ce qui dans la vie de tous les jours semble le plus étrange, ce sont souvent les comportements amoureux. Comme si en entrant dans cette sphère intime, privé, celle du contact, de la peau, de la parole, nombre de personnes changeaient de personnalités.</p>
<p>La causalité amoureuse n&#8217;est pas seulement endogène, elle ne relève pas seulement d&#8217;un déterminisme familial (même si c&#8217;est vrai pour une part), on devra aussi analyser son caractère endogène. Nous nous sommes réveillés tôt, encore dans le lit nous rêvassons. Nous nous replongeons dans toutes ces histoires d&#8217;amour que nous avons vécu depuis l&#8217;adolescence. Certaines histoires manquées comme si nous avions croisé trop tôt ou trop tard la bonne personne, un visage, une culture. Et d&#8217;autres histoires encore, nous pleurons, chaudes larmes parfois de ressentiment, parfois d&#8217;avoir compris, parfois de joie. Nous gardons proximité intense et infime vis-à-vis de celle que nous avons aimée, ni fantôme ni individu, quelque chose qui n&#8217;est pas du fantasme et qui n&#8217;est pas pourtant une relation concrète à l&#8217;autre. Comme rien qu&#8217;on ne serait brisé à force de l&#8217;avoir brisé, comme une possibilité qu&#8217;on ne saurait réduire au silence, comme si cela, qu&#8217;on nomme amour, toujours encore là, présent dans sa destruction, silencieuse quand c&#8217;est son tour.</p>
<p>Il ne faut pas oublier l&#8217;analyse de la famille, mais ne pas limiter la souffrance de l&#8217;individu à cette antériorité. Il faut commencer l&#8217;analyse des traumatismes amoureux, correspondant aux différents âges de la vie, aux différentes topologies sociales, l&#8217;école, les vacances et le travail. Se plonger dans ce tissu de souvenirs, dans l&#8217;odeur de ce temps proustien, bifurcation et contradiction, désir et ambivalence, il faudra donner un nom à chacune de ces sensations. Parler de la famille facile parler d&#8217;amour c&#8217;est beaucoup plus difficile, même si chacun dans son auto-fiction ne cesse de répéter le récit de ces amours qui ont eu lieu sans avoir lieu.</p>
<p>Deleuze et Guattari avait proposé de déplacer le champ du trauma au désir enfantin. Il s&#8217;agit d&#8217;ajouter à cela un déplacement temporal, c&#8217;est-à-dire un déplacement de structure du temps, une analyse de l&#8217;actualité des affects et plus seulement la grand-messe de la mémoire des affects.</p>
<p>Réduire l&#8217;amour à n&#8217;être que le symptôme du passé, c&#8217;est une certaine manière forcer des individus à neutraliser le présent par le passé, dire que le passé ne passe pas c&#8217;est préférer la réflexion à l&#8217;action. Mais ajouter à cela la simple possibilité que l&#8217;amour, les histoires d&#8217;amour irréconciliables peuvent marquer et que cette marque est parfois si difficile à prendre en charge, à vivre dans le deuxième temps de la réflexion qui permet d&#8217;intégrer dans l&#8217;expérience et de faire quelque chose de cela, c&#8217;est changer radicalement le caractère temporal de la psyché. Il nous reste encore beaucoup de chemin pour comprendre le tissu invétéré de ces rencontres si particulières, des sentiments partagés parfois oubliés, oubliés, que sont les rencontres amoureuses. Penchons-nous encore un instant dans cette odeur, tentons de sentir l&#8217;espace de cette femme, de cette autre femme, et cette autre. Avons-nous des regrets ? Et si oui pourquoi sont-ils sans nostalgie ? Pourquoi regretter si on ne veut revenir en arrière ? Et si le regret n&#8217;était pas une structure du passé. Et si l&#8217;objet du regret était pourtant passé. Pensons encore à toutes les bonnes raisons que nous nous donnons a posteriori pour dire je n&#8217;aime plus alors que nous n&#8217;avons plus été aimés.</p>
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