L’association Trame-Ouest présente le deuxi?me volet de Terminal X-périenZ au centre Noroit. Cette manifestation a pour but de promouvoir les expériences littéraires reliées aux nouvelles technologies. En effet, comme nous l’avions souligné lors de la premi?re édition, la littérature depuis 30 ans s’est ouverte aux potentialités offertes par l’informatique. Littérature_S et poésie_S hybrides, de nouveaux horizons s’ouvrent aussi bien au niveau de la matérialité verbale (sons, mouvements, programmation) que de la présence des oeuvres. Pour cette seconde édition, nous présentons plus largement les expériences d’e-criture (littérature programmée), de videopoésie et d’oeuvres verbi-visuelles. De m?me les performances proposées seront davantage reliées au traitement informatique en temps réel. Par ces nouvelles potentialités ouvertes, la littérature ne trouve pas seulement des prétextes ˆ créer, ˆ savoir un usage seulement de nouveaux matériaux, mais elle s’affronte surtout ˆ la nécessité de former de nouveaux paradigmes aussi bien esthétiques que politiques. Ceci l’amenant ˆ forger de nouvelles modalités d’écriture.
Sauver / se sauver
décembre 5th, 2004 § 0
Il y a cette étrange structure de la langue française « Sauver, se sauver ». Sauver quelqu’un c’est porter secours. « Se sauver » c’est s’enfuir pour échapper au danger. Il y a d’un côté la main tendue vers et de l’autre côté le retrait de la fuite. Lorsqu’on se sauve seul, c’est pour partir. Lorsqu’on sauve quelqu’un c’est pour réduire le danger qui le guettait en le rassurant tout simplement. Il y a dans « sauver, se sauver » tout le jeu de la solitude et de la relation à l’autre.
Using cellphones to locate survivors
décembre 4th, 2004 § 0
A private initiative is monitoring mobile phones with international roaming to trace the location of any stranded survivors of the Tsunami disaster: “There were 10,252 international roaming phones working on Sri Lankan networks at the time of the tragedy,??? Chris Dharmakirti, who is heading the Tidal Wave Rescue Centre said. “We sent everyone an sms and got responses from 2,321. He said 5,983 roaming phones had gone dead since the disaster while 4,269 phones had been used to make at least one call after the tragedy. “Whenever anyone used the phone, we could track where the person was and restrict our search to affected areas of the country.??? “Last night we had a response from a British tourist and based on tracking his call we were able to locate a total of 36 stranded Britons,??? Dharmakirti said. “Four of them were critically wounded, but we managed to get to them to safety.???
La séparation comme possibilité
décembre 3rd, 2004 § 0
La séparation précède la rencontre comme l’ouverture même de sa possibilité. Une séparation d’avant la rencontre, une séparation qui ne sépare de rien, pas même d’elle-même, qui est le possible comme tel.
La séparation précède la rencontre comme l’ouverture même de sa possibilité. Une séparation d’avant la rencontre, une séparation qui ne sépare de rien, pas même d’elle-même, qui est le possible comme tel.
Quatorze installations numériques interactives (France 3)
décembre 2nd, 2004 § 0
Quatorze installations numériques interactives déployées dans plusiquers lieux publics de l’aghglomération de Montbéliard marquent l’implantation d’Ars Numérica. Baptisée Intrusions O – 1 (zéro moins un), cette manifestation qui dure jusqu’au 22 décembre donne lieu à l’éclairage de lieux publics et de passage comme des boutiques, la mairie, un site de location automobile ou un cinéma dans le but de faciliter l’accès du plus grand nombre aux arts numériques.
Entre autres œuvres des plus pointues et actuelles, la mer éclairera Montbéliard avec La Vague de Thierry Kuntzel, des plantes et des fleurs virtuelles pousseront dans le hall de la Communauté d’Agglomération avec Sur nature de Miguel Chevalier, la ville d’Audincourt sera reliée à celle de Montbéliard grâce aux interactions de l’œuvre Se toucher toi de Gregory Chatonsky. L’inauguration de Intrusions O – 1 aura lieu le 6 décembre à 18 h dans le hall de la CAPM.
Dans le même temps et jusqu’ au 10 décembre, au Centre de développement multimédia, 40 artistes et techniciens seront réunis autour d’ateliers de création numérique. Après appel à projet, en 15 jours, 110 sollicitations sont parvenues, révélant fortement l’intérêt suscité par cette initiative auprès de diverses disciplines artistiques : plasticiens, musiciens, chorégraphes, scénographes, vidéastes.
La fin de l’email
novembre 29th, 2004 § 0
New Forms of Online Communication Spell End of Email Era in Korea
The email era is coming to an end because replacement communication means such as Internet messengers, mini-homepages (dubbed « one-man media »), and SMS are wielding their power. As a consequence, the stronghold of email, once the favorite of the Internet, is being shaken from its roots. The ebbing of email is a phenomenon peculiar to Korea, an IT power. Leading the big change, unprecedented in the world, are our teens and those in their 20’s. The perception that « email is an old and formal communication means » is rapidly spreading among them. « I use email when I send messages to elders, » said a college student by the name of Park. For 22-year-old office worker Kim, « I use email only for receiving cellphone and credit card invoices. » A poll conducted by Chungbuk University computer education professor Lee Ok-hwa on over 2,000 middle, high school and college students in Gyeonggi and Chungcheong provinces in October revealed that more than two-thirds of the respondents said, « I rarely use or don’t use e-mail at all. » The reasons given for shunning email are that it’s impossible to tell whether an addressee has received a message right away and replies are not immediately forthcoming. Still another reason is that you send messages through SMS or messenger as if you were playing a game, while doing so through email makes you feel as if you are doing homework or performing a task. « The new generation hate agonizing and waiting and tend to express their feelings immediately, » said Professor Lee. « The decline of email is a natural outcome reflecting such characteristics of the new generation. » The ebb of email is confirmed by a diminishing trend in pageviews, a tabulation of frequency in service used by email users. Daum Communication, the top email business in the country, saw its email service pageviews fall over 20 percent from 3.9 billion in October last year to 3 billion in October this year. By contrast, with SK Telecom, the nation’s No. 1 communication firm, monthly SMS transmissions skyrocketed over 40 percent in October from 2.7 billion instances last October. Cyworld, a representative mini-homepage firm, witnessed its pageviews multiply over 26-fold from 650 million instances in October last year to 17 billion in October this year. « Email’s efficiency falls in terms of promptness, convenience and credibility, » observed Yoo Hyon-ok, president, SK Communications. « With the continuous emergence of new communication means, communication formats will develop further in the future. »
« Interactivité » ou « variabilité » (Beaux Arts)
novembre 28th, 2004 § 0
Hier au soir, se tenait une session publique à la Sorbonne consacrée à l’interactivité et création dans l’art numérique contemporaine. Parmi les intervenants, deux sortirent du lot comme nous nous y attendions, Grégory Chatonsky (Incident.net) & Madga Danysz (Madga-Gallery.com). Il est intéressant de se pencher sur le terme d’« interactivité » et de l’interprêter plutôt par « variabilité » dont le concept se rapproche plus de l’idée générale de l’œuvre qui « varie » en fonction de la perception d’autrui. Une approche globale du domaine de l’art numérique fut à mettre au profit de David-Olivier Lartigaud (Centre de Recherches d’Esthétique du Cinéma et des Arts audiovisuels ou CRECA), devant un auditoire attentif, dans l’amphithéâtre Turgot, rempli comme à chaque fois en début d’année… Parmi, les personnes du public, notons la présence de Florent Aziosmanoff (Le site du Cube), qui s’occupe de la direction de la création au Cube, dont nous avons déjà parlé dans le passé. Comme toujours quelques questions demeurent en suspens notamment comment le grand public perçoit cet art et ce concept d’interactivité ? ou bien encore Quel rôle joue le (spec)acteur et pourquoi tend-il à devenir consommateur ? Néanmoins, une chose est sûre, Grégory Chatonsky demeure une valeur sure dans ce domaine et finalise actuellement son prochain film/œuvre (Sur-Terre.net) qui devrait paraître dans le courant du mois de mars. Une petite apparté, en même temps, le festival 1er contact (festival d’art numérique) revient dans la ville (en l’occurence Issy-les-moulineaux) d’ici les mois d’avril-mai 2005, et l’une des forces de ce festival est de proposer au sein du milieu urbain une intégration ludique de l’art numérique.
Dialectiques de la singularité de l’art numérique
novembre 20th, 2004 § 0
Dans la dialectique qui oppose ceux qui estiment que l’art numérique est singulier et ceux qui croient au contraire que l’art numérique s’intègre sans difficulté dans l’art contemporain et s’y réduit, il y a des erreurs faites des deux côtés. Et malgré l’opposition apparente c’est la même conception de la technique qui prévaut dans les deux cas. En effet, pour les seconds l’art numérique ne viendrait rien changer à l’affaire, et en ce sens la technique ne serait que le moyen de certaines fins, déterminées par l’artiste. Les finalités artistiques ne changeant pas plus qu’ailleurs, l’art numérique serait sans singularité. C’est aussi l’idée que chacun utilise d’une façon ou d’une autre l’ordinateur et qu’il serait donc absurde d’en tirer, de part cette généralisation, quelque singularité que ce soit. Pour les premiers, l’usage de technologies viendraient bouleverser le champ de l’art. Mais c’est aussi là une conception instrumentale de la technique qui prévaut, la volonté étant modifiée par les technologies, les pôles instrumentaux sont préservés même si inversés. Il faudrait pour bien concevoir les choses penser l’individuation technique, c’est-à-dire non pas un état (singulier ou pas) de l’art numérique mais un devenir, une métastabilité prise entre l’intégration dans le champ classique de l’art et un devenir-singulier. On prendrait ainsi mieux en compte les deux composantes. Mais il faudrait encore, ce qui est bien plus difficile, penser hors de la technique conçue selon l’instrumentalité anthropologique léguée par la tradition aristotélicienne. Penser l’art numérique hors de la dialectique matière, forme, intention, artiste. Car que l’on prenne ce schéma dans un sens ou dans l’autre, que l’on soumette la technique à l’intention artistique ou l’inverse, c’est finalement toujours la même polarité qui s’impose. Cette polarité qui ne correspond plus aux événements auxquels nous avons affaire.
Incident et « l’art officiel »
novembre 16th, 2004 § 0
Hier soir lors d’une conférence donnéee à la Sorbonne, une jeune netartiste m’a expliqué que selon elle Incident.net absorbait l’ensemble des subventions du netart en France.
Je lui ai donc expliqué:
1- que comme structure Incident.net n’avait jamais été subventionné.
2- que nous ne financions que nos travaux et à ma connaissance nous n’avons jamais reçu que deux subventions directes du DICREAM, l’une pour Sur Terre, l’autre pour Random Access Memory de Julie Morel.
Elle semblait étonnée puis m’a expliqué que nous représentions l’art officiel en matière de netart. Il est très amusant de se retrouver dans cette situation, quelque peu absurde, d’être devenu un officiel fut-ce fantasmatiquement. Il y a inévitablement le passage du temps, plus de 10 ans maintenant que nous avons commencé, le travail accumulé, 300 oeuvres hébergées, le fait d’avoir continué coûte que coûte, sans faire de bruit. Il y a aussi le souhaitable passage d’une génération à une autre. Mais tout cela me semble absurde, je suis encore un étudiant, un chercheur, un artiste en devenir. Je viens tout juste de commencer, à peine. Il y a toujours ce décalage de la perception. Ce qui est intéressant ce n’est pas ce que nous voulons qu’Incident soit, ou ce que les gens pensent d’Incident, mais le seuil différentiel entre les deux, seuil qui défini une certaine sensibilité sociale. Plus cette différence est importante plus l’implication sociale d’une structure artistique est importante.
Le netart et la galerie
novembre 15th, 2004 § 0

La galerie est apparue dans l’économie bourgeoise et industrielle du XIXème siècle et la figure du collectionneur privée appartient à cette époque. Pour beaucoup d’artistes numériques et du netart, l’économie de la galerie semblent constituer un idéal à atteindre. Vendre en galerie serait enfin trouver une économie pour cette forme de création et sa place dans la société. Parallèlement on rêve, autre figure du même principe mais plus idéalisé encore, au mécène, figure mythique et imaginaire d’une économie sans économie, d’une part maudite de l’investissement (à perte).
Or cette introduction de la création numérique pose de très nombreux problèmes. Je ne veux pas dire là qu’aucune oeuvre numérique ne saurait se présenter en galerie, Charles Sandison a démontré le contraire, mais simplement qu’à force de vouloir faire entrer toutes les oeuvres dans cette petite boîte sacrée, reliquat anachronique du religieux, on fini par:
1- Produire un kitch au niveau des oeuvres. Combien d’artistes pensent à des modes de présentation adaptées au collectionneur privé sans même questionner ce contexte de monstration? C’est ainsi qu’on voit fleurir des encadrements les plus classiques (bois et dorure) pour des ordinateurs cachés derrière des images. Ou encore toute une esthétique hypnotique de l’économiseur d’écran: « Tiens ça bouge! Incroyable! ».
2- On risque par une telle adaptation de normaliser la production numérique en voulant atteindre un public cible et par ces principes économiques de se soumettre au sens commun de l’échange de biens, plutôt que d’interroger ces principes comme l’a fait Buren par ses contrats restrictifs de vente.
3- De ne pas interroger le changement pour ainsi dire historial des relations entre l’espace public et privé. La galerie n’est pas un espace neutre, c’est un lieu qui a une certaine conception de la spatialité politique en générale (tout du moins de façon implicite).
Si entre l’artiste et le public il y avait un net partage spatial, l’atelier privé et le musée public, avec l’art en réseau il y a une parenté étrange entre le homestudio dans lequel l’oeuvre est produite et la demeure intime où celle-ci est reçu. Une règle de production informatique veut qu’on ait une machine équivalente pour lire et produire un programme. Cette parenté des deux domiciles entraîne sans doute un changement radical dans les modalités de réception esthétique de l’oeuvre. Cette parenté provient d’une autre ressemblance car la machine qui a produit l’oeuvre ressemble fort à celle qui servira à la recevoir. Et cette ressemblance machinique, véritable révolution par rapport au cinéma par exemple où il y a une nette différence entre machine à mémoriser et machine à diffuser, induit une esthétique de la proximité anonyme. « Je ne sais pas où cela a été produit, mais c’est un peu comme ici, comme chez moi ».
4- Par ce fantasme de la galerie de ne pas penser que celle-ci peut entrer dans un jeu complexe de relation avec d’autres lieux de diffusion, production et d’autres modèles économiques, tels que le droit de diffusion par exemple. Bref de croire que la galerie va nous offrir un modèle unifié, un retour au fondement même de l’art. Mais derrière ce désir de galerie, et derrière toutes les demandes économiques des artistes (numériques) se cachent finalement un incroyable désir de validation et de reconnaissance. Entrer dans ces églises de l’art c’est être enfin reconnu par ses pairs, c’est faire parti des siens. Tant que nous hésiterons sur notre statut (individuel autant que social), tant que nous garderons une métastabilité troublante nous continuerons à nous individuer c’est-à-dire à produire des singularités et des improbabilités.
Narration au GPS
novembre 14th, 2004 § 0
http://34n118w.net/
« 34 North 118 West » is a live computer based interactive narrative situated in downtown Los Angeles’ warehouse district. It’s a marriage of high-tech and story telling that uses a GPS device, Tablet PC, headphones and custom software to determine the viewers whereabouts and deliver story components based on the users’ location. In this work, participants walk the streets of Los Angeles with a GPS device attached to a tablet computer. The user sees a map of downtown Los Angeles on the screen. Faintly visible on the map are « hot spots » – the trigger points for the story segments performed by voice actors. The triggers for ambient sounds are hidden, left to be discoverd. The data triggers or « hot spots » are set along points in the physical city by latitude and longitude As the viewer navigates the city streets she hears the voices and activities of people who lived and worked in the area: a cook on 3rd street, a railroad worker on Sante Fe or a child at the corner of Stephenson and Hewitt. The terrain becomes interface, and the participant’s movement acts as input.
L’image peut-elle tuer ? (Marie José Mondzain)
novembre 13th, 2004 § 5
La double interprétation de la dernière Cène produit, en tant que rituel d’incorporation, du corps instutionnel, alors que, en tant que mémorial d’incarnation, l’image distribue des substituts symboliques en écart infranchissable de l’invisible. Le pain et le vin ne ressemblent en rien à la divinité. La parole est performative, c’est elle qui instaure un double régime pour la communauté, celui de l’iconicité d’une absence et celui de la communion dans la présence. Dans le cas iconique, la personne du fils s’incarne dans l’image indépendemment de sa substance, donc de sa personne réelle. Son corps a été sacrifié pour inaugurer le règne de l’image immortelle. La personne dans ce cas ne peut être l’objet d’une personnification, mais le sujet d’une incarnation qui se fonde sur le sacrifice du corps, sur sa disparition. Inversement, la situation du corps dans l’eucharistie permet à l’incorporation institutionnelle de revendiquer la personnification du Christ dans le corps de l’église. L’eucharistie impose au sujet une identification qui le coupe de toute altérité et engloutit dans la substance d’un corps imaginaire dont il est à la fois tout et partie. C’est là la base de tout traitements de l’image sur un mode fusionnel. Dans le cas de l’icône, les espèces matérielles de sa manifestation ne sont pas promises à la transsubstantiation mais à la transfiguration du regard. Dans la cas de la communion, le visible produit un contrat d’appartenance qui génère de l’inclusion et de l’exlusion. Peut-on produire de la communauté sans fusionner ? Vivre en commun n’est pas vivre comme un.
p.35-36
Cependant [les productions artisiques] peuvent aussi bien être proposées à la consommation passive dans les lieux cultuels et culturels où la consommation de leurs cadavres embaumés les voue à la gloutonnerie collective. Les images comme toutes les oeuvres peuvent être violentées, privées de leur force. Toutes les forces institutionnelles de l’académisme auront tué plus d’un chef-d’oeuvre. Beaucoup de libertés sont massacrées dans les rendez-vous manqués de la scolarité avec les plus grands objets. Ainsi en va-t-il des images. Ne pas savoir initier un regard à sa propre passion de voir, ne pas pouvoir construire une culture du regard, voilà où commence la vraie violence à l’égard de ceux qu’on livre désarmés à la voracité des visibilités. Il revient donc à ceux qui font des images de construire la place de celui qui voit et à ceux qui font voir les images des premiers de connaître les voix de cette construction. L’image exige une gestion nouvelle et singulière de la parole entre ceux qui croisent leurs regards dans le partage des images… La propagande et la publicité qui s’offrent à la consommation sans écart sont des machines à produire de la violence même lorsqu’elles vendent du bonheur ou de la vertu. La violence du visible n’a d’autre fondement que l’abolition intentionnelle ou non de la pensée et du jugement. Voilà pourquoi, face à l’émotion provoquée par les images, c’est-à-dire face au mouvement qu’elles provoquent, il est impératif d’analyser le régime passionnel qu’elles instaurent et la place qu’elles font à ceux à qui elles s’adressent. La critique de l’image est fondée sur une gestion politique des passions par la communauté. Elle ne devrait jamais être un tribunal d’épuration morale des contenus, qui mettrait fin à tout exercice de la liberté du regard.
p.45-48
Une esthétique de la vitesse de la saisie
novembre 13th, 2004 § 0
Images de téléfilm ou de cinéma prises sur le vif. Caméra tremblante et défaut de mise au point. Simple stylistique publicitaire? Faux documentaire? Peut-être s’agit d’une autre vitesse qui questionne la rapidité de la saisie. Finies les longues mise en place machinique du cinéma, il faut aller vite, capturer les événements quand il se déroule. Ne serait-ce pas là une stylistique de la base de données, un nouveau rapport à l’enregistrement et donc à la mémoire. Ne rien perdre c’est se perdre dans une quantité d’archives, d’images et de sons. C’est peut-être ne pas vouloir conserver pour accumuler une connaissance mais être dans l’instant même de la saisie qui conserve, capturer sans pour autant maîtriser ce qui advient.
Crossword SMS
novembre 11th, 2004 § 0
A Swedish newspaper group has come up with the « SMS crossword. » This is a newspaper crossword contest in which a successful solution produces a code that is sent by the reader via SMS (cell-phone text message) to the newspaper, where the results are then sorted into a database and a winner is selected. [via E-Media Tidbits]. « Speaking at last week’s international digital media conference in Prague, Morris Packer and Josefine Granding Larsson of the Bonnier Group, emphasized that SMS is a brilliant return channel for print, radio, and TV. Both Packer and Larsson expanded on another innovation which involves an SMS code inserted into stories that can’t be resolved before print deadline — for example: court cases that will be held later in the day after going to press. Readers who therefore want to know the outcome can SMS the paper and receive the story update on their phones.
A propos du romantisme
novembre 10th, 2004 § 0
Selon Benjamin, « l’infinité de la réflexion n’est pas une infinité de la progression mais une infinité de la connexion » dans le Romantisme. Aucun média ne se suffit à lui-même, la réduction est impossible, la variablité et la connexion rythme le passage d’une association de médias à une autre.
Database Imaginary
novembre 10th, 2004 § 0
1:1 Interface: Every Lisa Jevbratt/C5 (1999) Agonistics: A Language Game Warren Sack (2004) Data Diaries Cory Arcangel (2003) Databank of the Everyday Natalie Bookchin (1996) Datamining the Amazon Angie Waller (2002) Encyclopædia Alan Currall (2000) Faculty of Taxonomy University of Ope… (2004) How I Learned Jennifer and Kevi… (2002) Lungs-London.pl Harwood/Mongrel (2004) Memory Theater Pablo Helguera (2004) Mobile Scout: A Field Guide Julian Bleecker, … (2004) Shelf Life / Drawing Conclusions Edward Poitras (2004) Slippery Traces George Legrady (1995) Soft Cinema: Mission to Earth Lev Manovich (2004) Swipe Beatriz da Costa,… (2002) Template Cinema: Short Films About Flying Thomson & Craighe… (2002) The File Room Muntadas (1994-2004) The Giver of Names David Rokeby 1990 – (in progress) The Status Project Heath Bunting and… (2004) Things Spoken Agnes Hegedus (1999) Treaty Card Cheryl L’Hirondel… (2002-2004) Unmovie Philip Pocock, on… (2002) Visitors’ Profile, Directions 3: Eight Artists, Milwaukee Art Centre, June 19 through August 8, 1971 Hans Haacke (1971)
Databases drive culture. 33 artists take us on an imaginative and subversive ride. The artists presented in Database Imaginary use databases to comment on there uses and to imagine unknown uses. The term database was only coined in the 1970s with the rise of automated office procedures, but the 23 projects in this exhibition – which includes wooden sculptures, movies and telephone user-generated guides to the local area – deploy databases in imaginative ways to comment on everyday life in the 21st century. Using newly inflected forms of visual display arising from computerized databases, the works seem to raise questions about authorship, agency, audience participation, control and identity.
Le retour du Computer Art ou l’utopie de l’art programmé
novembre 9th, 2004 § 0
Le succès actuel du computer art (visualisation en générale abstraite d’algorythmes) et des questions liées aux relations entre art et code informatique, véritable retour d’une forme disparue depuis quelques années est lié:
1/ A une nostalgie pour les 80’s (electro-clash).
2/ A la dimension didactique de ce travail qui explique à ceux n’ayant pas encore intégré la dimension sociale de l’informatique, le platonicisme de ces formes idéales (ce que vous voyez ne correspond pas à ce qui est écrit en dessous).
3/ Au fait qu’une forme de création ne trouve son inscription sociale qu’après-coup (cf R. Krauss sur la question de l’anachronisme du médium) et que ce phénomène donne lieu à des retours, à des réactivations, etc.
La variabilité
novembre 9th, 2004 § 0
La variabilité me semble être un concept plus efficace que celui d’interactivité, car ce dernier contient des présupposés dont il est difficile de se séparer si ce n’est à développer une longue argumentation. Certains mots à force d’être répétés deviennent indissociables d’une doxa et semblent perdre leur force d’irritation et de déconstruction qu’ils avaient au début. S’il y a dix ans la notion d’interactivité permettait de faire trembler les définitions communes de l’art, aujourd’hui elle est devenue un lieu commun sur l’art. Les mots n’ont pas une valeur en eux ou dans leurs relations aux phénomènes, mais dans un contexte socio-culturel où certains mots sont révolutionnaires et d’autres réactionnairs (pour être très dialectique). Il faut intégrer à cela un devenir puisque la première catégorie peut se transformer en la seconde au cours du temps. Avec l’interactivité tout un régime de la participation et de la liberté intervient, avec les problématiques classiques du libre-arbitre et du déterminisme. Bref l’arrière-plan idéologique de l’interactivité rend complexe son usage. La variabilité quant à elle peut être reliée à tout un arrière-plan culturel et historique tel que la déconstruction du récit, l’absence de causalité dans nos existences, la complexification, etc. Bref la variabilité permet d’entrelacer une composante existentielle et facticielle de la possibilité (nos vies étant de moins en moins soumisses à un ordre supérieur et supra-sensible) et une composante technologique, la programmabilité permettant de produire de l’imprévisible et de la complexité.
Quand les philosophes meurt
novembre 9th, 2004 § 0
Une petite perle trouvée au « hasard » sur le web: « The philosopher Jacques Derrida is dead. I’m thinking mostly about his love of life. » C’est étrange, quand les philosophes meurts il y a toujours une reprise en main de la doxa où on leur applique ses propres « pensées ». Quelqu’un meurt on pense à l’amour qu’il avait de la vie! Un grand moment d’émotion! Définir Derrida selon l’axe de l’amour de la vie est tout de même très amusant quand on l’a un peu lu et qu’on connaît sa réflexion sur la mort et sur l’impossibilité d’apprendre à vivre. On pourra toujours dire que la réflexion sur la mort est une façon de la vie, mais cela est insuffisant. Il y avait eu le même phénomène lors de la mort de Deleuze. Amusant tout au plus les symptômes de l’ignorance et de la relation entre philosophie et mortalité. Chacun a son rôle, les philosophes comme les artistes en ont un. Chacun investissant dans ces figures ce qu’il désire bien projeter. Chacun pense quelque chose de la philosophie ou de l’art, même si « personne » ne connaît.