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	<title>Gregory Chatonsky &#187; affect</title>
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	<description>Notes et fragments</description>
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		<title>La base humaine</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Nov 2009 23:43:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[affect]]></category>
		<category><![CDATA[base de données]]></category>
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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Que l&#8217;existence ne se réduise pas aux enregistrements fait dans des bases de données, cela semble aller de soi. On pourrait dire que le flux de nos existences ne saurait s&#8217;y réduire, qu&#8217;il y a en lui de la résistance envers le monde du calcul et de ce qui laisse des traces. Nos existences restent intactes.</p>
<p>Mais peut être ne faudrait-il pas se laisser aller à cette évidence. Peut-être que la simplicité idiote des bases de données, simples tableaux constitués de lignes et de colonnes, peut bel et bien transformer nos existences. A cette fin il faudrait les penser non comme quelque chose de naturel qui subsiste tel un réservoir, mais comme une structure plastique en contact avec le monde extérieur, les phénomènes tant naturels qu&#8217;artificiels.</p>
<p>Notre époque voit une situation nouvelle apparaître: les anonymes, les oubliés de l&#8217;histoire sont à présent mémorisés dans des bases de données. Ce sont des traces réduites, simples, mais dont la densité est telle qu&#8217;un recoupement entre elles peut permettre une interprétation subtile.</p>
<p>Plus important même que le résultat enregistré est la méthode d&#8217;enregistrement qui consiste à concevoir le monde comme quelque chose de découpable et dont le résultat discret peut être assemblé selon des catégories. Cette catégorisation n&#8217;est pas sans rappeler le transcendantal kantien mais en poussant celui-ci dans une multiplicité de catégories. Concevoir les êtres humains selon  des catégories interfèrent grandement avec leurs agissements. Ainsi les sites de rencontres nous donnent accès à des profils que nous parcourons. Pour discriminer ceux que nous retiendrons de ceux que nous laisserons, nous nous adaptons à la catégorisation en l&#8217;intégrant pour en faire notre mode de lecture. Nous concevons dès lors les êtres humains au premier abord comme un conglomérat de qualités. Ceci entraîne inexorablement la formulation dans le sujet que nous sommes de besoins résumables à ces catégories. Par une boucle étrange ce qui devait être la conséquence devient une cause, comme c&#8217;est souvent le cas avec l&#8217;informatique. Notre affectivité est hantée par l&#8217;enregistrement dans les bases de données et par la facon dont le capital maîtrise les désirs par un cercle entre les besoins et les réponses à ces besoins. Les bases de données deviennent dès lors la base humaine, un a priori.</p>
<p>L&#8217;un des premiers usages sociaux des machines calculantes fut dans les camps de concentration et d&#8217;extermination. Les déportés étaient mémorisés sur des cartes, leurs vêtements enregistrés, ils étaient perforés.</p>
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		<title>L&#8217;invention du récit</title>
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		<pubDate>Wed, 06 May 2009 14:48:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[affect]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[fiction]]></category>
		<category><![CDATA[récit]]></category>
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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/06-linvention-du-recit/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>Chacun se racontait des histoires. Il y avait des séparations, des drames, des trahisons, des serments rompus, des désillusions, le désir à nouveau d&#8217;y croire, tous les ressorts de la narration la plus classique. C&#8217;était une manière de faire passer la douleur, l&#8217;influx nerveux qui dévastait le corps, de lui donner une raison, lui qui n&#8217;en avait aucune. On se répétait ces histoires, essayant sans doute de personne en personne d&#8217;inventer un fil conducteur, des répétitions et des dissemblances, des récurrences. Parfois on en parlait à d&#8217;autres, à ses amis, à sa famille, quand le corps faisait encore mal et que le langage devait s&#8217;incarner en lui. Souvent on en parlait seul, comme si cette parole ne concernait que nous. On laissait passer le temps du corps en se murmurant ces mots, en faisant usage du langage pour se rassurer, présence étrangère de la voix prononcée, et le trouble du corps passait, la secousse s&#8217;émoussait sans jamais s&#8217;arrêter, elle diminuait jusqu&#8217;à devenir notre mémoire. C&#8217;était peut être la première forme de récit: l&#8217;histoire des séparations et des sentiments amoureux. La rencontre de deux corps étaient simplement moléculaires. L&#8217;entrechoc de particules dans une configuration passagère. Il n&#8217;y avait aucune raison lui donnant un sens. Mais nous avions besoin d&#8217;un sens, alors nous répétions tout ce qui s&#8217;était passé, nous le vivions par le langage une seconde fois en le reconstruisant avec des événements, des enchaînements, des causes logiques, d&nbsp;&raquo;autres illogiques, des énervements et des sursauts. La conquête du sens était une invention, l&#8217;invention même du récit.</p>
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		<title>Seule avec la passion</title>
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		<pubDate>Sun, 31 Aug 2008 23:28:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
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		<description><![CDATA[La séparation entre la passion et l'amour.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans les derniers jours, une distinction est apparue au premier abord anodine puis étonnante parce qu&#8217;elle rejouait sur la scène de ma vie quelque chose qui structure de part en part le discours théorique. C&#8217;est<strong> la séparation entre la passion et l&#8217;amour.</strong> On prend souvent l&#8217;un (la passion) pour l&#8217;autre (l&#8217;amour). On attend de ce dernier un bouleversement de soi, une exaltation, un trouble indécidable entre la joie et la peur, joie de la trouvaille et peur de l&#8217;abandon, degré d&#8217;intensité qui serait autant d&#8217;échelles amoureuses. On attend finalement de l&#8217;amour, l&#8217;intensif de la passion. On prend l&#8217;un pour l&#8217;autre dans un marché de dupe.</p>
<p>Mais le paradoxe va plus loin, car par ce tour de passe-passe ou on nomme amour la passion, on obtient bien sûr cette dernière, mais avec les attentes de la première. Quand on parle d&#8217;une histoire d&#8217;amour, on s&#8217;imagine quelque chose qui se réalise dans la durée, on pense à une relation fondée sur une certaine sérénité et compréhension, quelque chose se construit. Quand on parle d&#8217;une histoire passionnelle, on se représente plutôt quelque chose de bref, dont l&#8217;instantanéité de l&#8217;apparition est proportionnelle à la brutalité de sa disparition. Tant et si bien qu&#8217;on peut même entendre dans une histoire passionnelle, comme le veut le sens commun, quelque chose qui mène au meurtre. C&#8217;est dire qu&#8217;en échangeant les rôles de la passion et de l&#8217;amour tout se passe comme si on croyait avoir la durée pour en fin de compte se retrouver, avec beaucoup de déception, dans la brièveté.</p>
<p>Quand j&#8217;ai entendu dire que « le quotidien tue l&#8217;amour », j&#8217;ai immédiatement eu un doute, aimant la quotidienneté comme l&#8217;espace même ou se déploie le sentiment amoureux. Mais ce qu&#8217;il fallait entendre c&#8217;était plutôt « le quotidien tue la passion prise pour de l&#8217;amour », car face aux mouvements agités et perturbants des passions le quotidien nivelle ces changements d&#8217;intensités, il relativise tout, transforme le mouvement d&#8217;humeur qui serait sublime dans un autre contexte en ridicule petite agitation égocentrique. « Le quotidien tue la passion », au bout de 2 ans, au bout de 3 ans, c&#8217;est fini, les hormones ont sécrété ce qu&#8217;elles devaient sécréter, la passion s&#8217;effondre, les couples se séparent parce qu&#8217;ils ne leur restent pas d&#8217;amour. Ils n&#8217;avaient que de la passion. Autre stratégie: mener en bateau une personne, jouer de ses affects en la retenant et en la laissant, pendant une certaine durée, pour maintenir en attente le désir et sauvegarder ainsi une certaine durée de la passion.</p>
<p>Pourquoi privilégie-t-on donc la passion contre l&#8217;amour ? Pourquoi remplace-t-on l&#8217;un par l&#8217;autre ? Ceci peut s&#8217;expliquer par la fragilité apparente de l&#8217;amour, c&#8217;est un sentiment vague et infime, qui ne fait pas beaucoup de bruit, simplement une certaine relation à l&#8217;autre qui semble fondée sur la nécessité, peut-être est-ce plus encore l&#8217;humaine solidarité qui trouve dans le sentiment amoureux une place pour se développer dans sa singularité. L&#8217;amour semble même un peu indécidable comme si le mot excédait sa possible définition. On préfère à ce petit sentiment, la grandiloquence de la passion, parce qu&#8217;on veut traiter le début de l&#8217;amour comme une maladie avec des symptômes. Si on a les symptômes (battements de coeur, attachement, sentiment fusionnel, palpitations en tout genre), c&#8217;est qu&#8217;on est amoureux. Mais la difficulté c&#8217;est que le médecin est aussi le malade, il cherche finalement une emphase, c&#8217;est une affaire de style, de discours.</p>
<p>Certaines personnes ne ressentent pas au moment de la rencontre, dans les semaines qui suivent, ces symptômes de la passion. Ils estiment alors, n&#8217;étant pas agités, troublés, captés, absorbés totalement, qu&#8217;ils n&#8217;éprouvent finalement pas de sentiment amoureux. Et quand ces mêmes personnes vont enfin trouver l&#8217;amour, c&#8217;est-à-dire la passion, ils seront fort étonnés que ce sentiment si fort, si puissant qui submerge tout, disparaisse si aisément dans la vie amoureuse d&#8217;un couple. C&#8217;est que la puissance induit un épuisement rapide et la fragilité implique un développement plus progressif. La passion délivre une certitude ambivalente (on se sent un peu perdu). L&#8217;amour un doux attachement sans doute plus conscient, moins viscéral.</p>
<p>Attendre du début de l&#8217;amour, l&#8217;intensité de la passion c&#8217;est finalement convoquer la fin de l&#8217;amour parce qu&#8217;il n&#8217;aura jamais eu lieu, on l&#8217;aura pris pour autre chose. La passion quant à elle agite, elle disparaît et elle est indépendante de son objet. Elle peut donc se déplacer d&#8217;une personne à une autre. L&#8217;amour quant à lui garde sans doute la singularité de la rencontre. On oublie jamais ceux, celles qu&#8217;on a aimées parce qu&#8217;ils ne sont pas interchangeables, ils sont d&#8217;une rareté inépuisable. C&#8217;est ce sentiment si diffus et intime du réveil matinal, lorsque le rideau de la fenêtre s&#8217;agite un peu et qu&#8217;on reste là avec tous ses fantômes, toutes ces personnes pour lesquelles on a éprouvé de l&#8217;amour. L&#8217;urgence passionnelle est factice tandis que l&#8217;amoureuse, parce qu&#8217;elle est fondée sur la singularité irréductible, permet de trouver une relation nécessaire entre le sentiment et l&#8217;objet de ce sentiment. Cette relation est si intriquée qu&#8217;on ne peut même pas dire qu&#8217;on aime telle personne puis telle autre. Ce n&#8217;est pas le même amour parce que ce n&#8217;est pas la même personne. On ne devrait peut-être pas utiliser le même mot.</p>
<p>Sans doute, en attendant de l&#8217;amour les symptômes de la passion, se prépare-t-on de grandes et répétitives désillusions. Il y a là quelque chose de dépressif, la forme de l&#8217;amour rentre en dépression parce qu&#8217;au départ on l&#8217;a échangé avec de la passion et elle retrouve progressivement la mémoire de cette forme. Ainsi, on s&#8217;emporte, on idéalise, c&#8217;est un ravissement, le commencement est brutal, il a de la superbe, mais quelques années plus tard, tout s&#8217;éteint dans une médiocrité qu&#8217;on ne pouvait prévoir et qui est celle de la passion. On est alors étonné, blessé, mortifié parce qu&#8217;on ne comprend comment l&#8217;amour, qui devrait être du singulier et de la rareté, se transforme en quelque chose d&#8217;indifférent et de commun. On est vite remplacé. La passion a rempli son rôle, elle s&#8217;est déplacée d&#8217;un corps à un autre corps, selon la figure du vampire.</p>
<p>Cette distinction entre amour et passion dont les champs bien sûr ne cessent de s&#8217;entrecroiser, est fonction d&#8217;une certaine maturité affective qui nous rend plus sensible et attentif aux petits sentiments, même médiocres, qu&#8217;au roulement de tambour passionnel.</p>
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		<title>The register / Le registre</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Nov 2007 15:21:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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A software is seeking feelings on webblogs. Books are automatically printed taking those feelings as a starting point. Then the books are put together in &#8230;]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2008/03/4.jpg" rel="lightbox[2356]"><img class="alignnone size-full wp-image-2354" title="4" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2008/03/4.jpg" alt="" width="500" height="379" /></a></p>
<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2008/03/13.jpg" rel="lightbox[2356]"><img class="alignnone size-full wp-image-2355" title="13" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2008/03/13.jpg" alt="" width="500" height="375" /></a></p>
<p>A software is seeking feelings on webblogs. Books are automatically printed taking those feelings as a starting point. Then the books are put together in a bookshelf that can be potentially infinite .</p>
<p>Un logiciel va chercher sur des blogs des sentiments. Des livres sont imprimés automatiquement à partir de ces sentiments. Ils sont ensuite réunis dans des bibliothèques potentiellement infinies.</p>
<p>Programmation / Software: Claude Le Berre</p>
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