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	<title>Gregory Chatonsky &#187; archive</title>
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		<title>Pour une archéologie du numérique</title>
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		<pubDate>Fri, 22 May 2009 11:52:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Technologies]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
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		<category><![CDATA[histoire]]></category>
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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La production artistique est un ensemble de traces laissées à l&#8217;histoire. Tel fut, paradoxalement, le passé de l&#8217;art. Depuis nous jouons avec cette idée, inscrivant et effaçant, rendant duplices et ambigues toutes ces traces, notre passé comme votre avenir. Le jeu a peut être pris fin. Il est devenu autoréférentiel et ennuyeux.</p>
<p>D&#8217;autres traces s&#8217;accumulent, ne cessent de s&#8217;accumuler chaque fois que mes doigts pianotent sur un clavier, ordinateur ou distributeur automatique, chaque fois que ma voix se dépose, s&#8217;entend et s&#8217;écoute, sur un répondeur ou dans un service à la clientèle. Les entreprises ont une folie de la mémoire, elles peuvent tout enregistrer. Dans quel lieu toutes ces données s&#8217;accumulent? Est-ce un trésor de guerre? Pour qui? Et pour quand?</p>
<p>Il n&#8217;y a pas à revenir sur la révolution historiographique qu&#8217;une telle accumulation produira sans doute puisque l&#8217;histoire des anonymes (les anonymes qui devaient justement être oubliés pour que l&#8217;histoire soit construite) est une nouvelle façon de configurer l&#8217;histoire. On pourra bien sûr dénoncer cette vaine collection, ce chaos de données, mais ce serait encore là un jugement fait au nom dont ne sait quel tribunal, dont ne sait quelle autorité. Il faut savoir entendre ce qui arrive dans cette archéologie avenir, même si, parce que nous ne savons pas comment la penser dans la mesure ou les conditions même de rétention et de mémorisation changent, dans le mesure ou le savoir est bouleversé quant à sa possibilité même, quant à son langage. Nous sommes à un tournant.</p>
<p>Il n&#8217;y a donc pas lieu de revenir sur cela. Il est question ici simplement de voir si ce qu&#8217;une époque (passée) a nommée l&#8217;art survivra à cette transformation historique des traces. Chaque époque fait bien sûr le coup de la fin de l&#8217;art comme manière de mettre en scène sa propre fin, son propre avenir. Ne nous laissons pas piéger par ce fantasme, mais essayons, puisque c&#8217;est déjà notre temps, de penser les conditions de cette archéologie. Pensons au chiffonnier de Benjamin, à cette attention que l&#8217;historien peut accorder non seulement aux grands événements mais aussi à l&#8217;infime et à l&#8217;oublié. Pensons aussi à ce montage méthodologique que Didi-Huberman tente d&#8217;élaborer avec succès je crois depuis des années. Montage de l&#8217;hétérogène qui pourrait fort bien s&#8217;adapter librement à cette foule d&#8217;informations mémorisées. Et je ne peux m&#8217;empêcher de voir le réseau, ou plus exactement les extractions faites en lui, comme des possibilités pour d&#8217;immenses atlas d&#8217;une sensibilité qui n&#8217;existe pas encore.</p>
<p>Essayons de penser l&#8217;avenir de la mémoire comme notre passé dont les conditions sont inextricablement technologiques et anthropologiques.</p>
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		<title>Docam: Présentation de Grégory Chatonsky (Montréal, CA)</title>
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		<pubDate>Sat, 18 Apr 2009 12:16:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférence]]></category>
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		<description><![CDATA[Production, diffusion et conservation des mémoires numériques]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>NOTRE MÉMOIRE<br />
(Production, diffusion et conservation des mémoires numériques)<br />
</strong></p>
<p><strong>INTRODUCTION : L’INEXTRICABLE MEMOIRE</strong><br />
&laquo;&nbsp;Le fait d&#8217;appartenir à ce moment ou s&#8217;accomplit un changement d&#8217;époque (s&#8217;il y en a), s&#8217;empare aussi du savoir certain qui voudrait le déterminer, rendant inappropriée la certitude comme l&#8217;incertitude. Nous en pouvons jamais moins nous contourner qu&#8217;en un tel moment: c&#8217;est cela d&#8217;abord, la force discrète du tournant.&nbsp;&raquo; Maurice Blanchot</p>
<p>La difficulté de notre sujet, la mémoire comme inscription matérielle, tient à son  intrication. En effet, la mémoire est tout autant à son origine qu’a sa fin. Elle boucle sur elle-même : les artistes sont des mémoires, extériorisent celle-ci dans des supports, ceux-ci sont conservés ou oubliés, etc. Existe-t-il une extériorité à la mémoire ?<br />
Nous vivons sans doute une époque majeure de la mémoire, dans le domaine artistique la répartition entre production, diffusion et conservation est bouleversée entraînant une redéfinition du rôle de chacun.</p>

<p><strong>LE FANTASME D’UNE MEMOIRE ABSOLUE<br />
</strong>Le numérique est apparu comme la promesse d’une mémoire exhaustive. Une idéologie s’est dévelopée autour du numérique comme mémoire absolue et sans faille.<br />
1.    L’immatérialité<br />
Une mémoire partout et nulle part.<br />
2.    La duplication<br />
Une mémoire sans origine, cad sans originarité. Il suffit d’acheter du support pour augmenter sa mémoire : augmentation de la densité des supports, course en avant. Mais la question de savoir ce que nous déléguons finalement comme mémoire à l’informatique, reste impensé. Quel type de mémoire extériorisons-nous ?<br />
3.    L’indépendance du support<br />
Les prologues platoniciens (Protagoras) : comment garantir à une mémoire une indépendance par rapport au support d’inscription pour assurer son caractère absolu ? Le numérique réitère la stratégie platonicienne en l’inversant : l’origine se perd dans la fin avec le numérique, parce que ce n’est plus au début que tout se joue mais dans la diffusion.<br />
Cette indépendance créé l’idée d’une mémoire en réseau ou partagée qui peut circuler dans des fils : l’inscription est secondaire, elle est temporaire. Transformation de la notion d’inscription qui n’est plus un phénomène durable, ce qui paradoxalement garantie une meilleure survie de la mémoire.</p>
<p><strong>L’INTEGRITE TECHNOLOGIQUE DES MEMOIRES</strong><br />
Toutefois notre expérience de la mémoire numérique est toute autre et est contradictoire à cette idéologie. Récit de la perte de fichier WORD et de la destruction d’un ordinateur : dépression qui signale une intimité.<br />
La mémoire numérique est périssable pour plusieurs raisons.<br />
1.    Les limites du binaire<br />
Le binaire doit être exhaustif. Si un seul signe manque, tout manque, alors que les anciens supports supportaient bien les erreurs, les repentirs, les effacements. Ceci est lié à la nature mathématique de l’informatique dans laquelle les éléments discrets sont en flux.<br />
Position<br />
2.    La matérialité<br />
La mauvaise qualité des supports d’inscription entraîne un effacement précipité. C’est un phénomène qui est structurellement lié à l’industrialisation : peintures impressionnistes. Quelle relation entre l’externalisation de la mémoire et l’industrialisation ?<br />
My hard drive…<br />
3.    La séparation entre le dur et le mou : le flux liquide<br />
Avec l’informatique la relation lecture/inscription entre dans une nouvelle période : une partie de la lecture est déléguée au support, le support lui-même s’interprète, se traduit de lui-même. Un même message peut être sur plusieurs supports. Récit : on trouve un cd-rom dans 500 ans mais on a pas l’ordinateur, pas le logiciel pour le décrypter. Est-ce une situation analogue aux hiéroglyphes ?<br />
Reconnaissance<br />
</p>
<p><strong>LA MEMOIRE DES SUJETS ANONYMES</strong></p>
<p>Mort et technologie.<br />
Cette transformation dans la mémoire est fondée sur un phénomène plus large dont la dimension est sociologique. C’est l’ensemble de la mémoire de la société qui est bouleversé, et ceci en un sens très concret que chacun, les anonymes, peut inscrire et sauvegarder des signes. Ceci transforme jusqu’à la structure même de l’historialité, cad le critère d’évaluation de la mémoire. Désorientation.<br />
On ne peut comprendre la mémoire des arts que dans ce contexte élargi.<br />
1.    La base de données<br />
La base de données est la structure technologique majeure qui structure la logique des mémoires. Elle est un tableau. Rien de plus. Lev Manovich : narration versus index.<br />
Sous Terre (lagune)<br />
Last life (paradoxe)<br />
My life… (contrat) : video ensuite dont la mémoire est l’œuvre<br />
2.    L’inscription de tous<br />
Le fait que chacun puisse inscrire quelque chose est un phénomème très important. C’est la première fois dans l’histoire que cela arrive. Comment les historiens feront-ils le tri dans quelques années. (cf la passion des anonymes)<br />
Listening Post<br />
3.    Le détournement des mashups<br />
La notion de mashups est très intéressante pour définir la mutation de la mémoire comme copier/coller, non-originaire, replicable. Est-ce encore une inscription ? Peut-il y avoir inscription sans désir de préserver son origine ? Question du droit d’auteur (droit de mémoire comme droit de celui qui a créé la mémoire et comme droit aussi de celui qui reçoit et s’approprie la mémoire).<br />
Le mashup permet de comprendre que la production artistique est de part en part liée à la mémoire. En effet, flux et mémoire : couper le flux, traduire ce qui est coupé (décontextualiser) et le mémoriser pour en faire un nouvel objet.<br />
Hans Haacke, News (1969)<br />
Le mashup met en avant la circulation dans la mémoire : caractère insaisissable de la mémoire numérique que des services comme archives.org essayent de stabiliser.<br />
Le registre<br />
</p>
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<p><strong>LA DIFFUSION DE LA MEMOIRE</strong></p>
<p>Je prendrais appui sur l’exposition à Oboro pour questionner les difficultés propres à la diffusion des mémoires numériques.<br />
1.    L’instabilité des processus connectés<br />
Alors que l’œuvre d’art est fondé sur un désir de stabilité dépassant la finitude humaine, l’œuvre numérique connecté est instable. C’est vrai d’une grande partie de l’art contemporain, mais avec le numérique cela devient une condition sociale.<br />
Quel est le temps et l’espace d’une œuvre en réseau ? Que nous montre-t-elle au juste ? De quoi est-elle la présentation ?<br />
Cette impossibilité à saisir de façon stable les phénomènes est courant dans l’art contemporain :<br />
Dan Graham, Past/Present Split<br />
Par un dispositif technologique on répète selon une hétéroisomorphie les conditions transcendantales de la perception. Cf Peter Campus, Interface.<br />
Raconter quand le flux RSS World State a changé : l’artiste devient observateur de la relation entre son œuvre et le monde des flux. Il faut vérifier, monitering, adapter le code. Question de la durée de vie de l’œuvre et de la relation vivante entre l’artiste et l’œuvre.<br />
Peut-on accepter la finitude de l’œuvre sans renoncer à l’art ?<br />
2.    Le mode d’emploi<br />
La question du mode d’emploi se pose de façon accrue avec les œuvres numériques. Ce n’est pas une question nouvelle que celle de l’immanence de l’œuvre d’art. Quelles sont les conditions de ce mode d’emploi ? Un cartel ? Une documentation transportable ? Un guide ? Il va de soi que ce mode d’emploi constitue la première externalisation forte de la mémoire de l’œuvre et doit servir de modèle à la conservation parce qu’elle intègre une instrumentalité, une valeur d’usage.<br />
Double contrainte : médiation public et découverte.<br />
3.    Le projet Art Farm<br />
L’artiste doit de plus en plus intervenir dans le cours de l’exposition. Alors que les réparations étaient auparavant déléguées aux institutions, la spécificité des logiciels fait que l’artiste doit souvent être derrière son œuvre. Réaction des organismes face à cette place de plus en plus importante et difficulté pour les artistes de tout suivre.<br />
Il faut donc inventer un MONITERING des œuvres d’art. C’est l’objet d’Art Farm.<br />
ZRON, APPMONITOR,WMWARE, etc. Virtualisation des machines, pb de compatibilité.<br />
Bref il devient de plus en plus difficile de distinguer les pôles de production et de monstration. Les artistes doivent intervenir sur les conditions technologiques du commissariat et les commissaires sur certaines conditions de la production. Beaucoup d’organismes réagissent mal à cette interdépendance et estiment que l’instabilité est liée au non-professionalisme des artistes alors que c’est la situation de notre époque.</p>

<p><strong>LA CONSERVATION DES ARCHIVES LOGICIELLE ET MATERIELLE</strong><br />
Instabilité structurelle des mémoires numériques qui sont en réseau : comment concevoir une conservation qui par définition est une stabilisation ?<br />
Indiana Jones<br />
S. LeWitt<br />
Boltanski<br />
Jochen Gerz<br />
1.    Quel avenir pour les musées ?<br />
Les musées sont soumis à des difficultés croissantes de conservation. De plus en plus d’objets à conserver avec des espaces d’exposition restreints. Les œuvres numériques accentuent les difficultés de la conservation car leur fonctionnement (le passage du lieu de conservation au lieu de monstration) exige des connaissances interdisciplinaires dont les musées ne sont pas actuellement dôtés.<br />
Paradoxe : le centre Pompidou a par exemple perdu sa fonction de laboratoire pour devenir un sarcophage. Question de la période laboratoire des musées (The Power of Display: A History of Exhibition Installations at the Museum of Modern Art, by Mary Anne Staniszewski).<br />
Le choix se fera-t-il pas défaut ?<br />
Les musées vont-ils conserver les logiciels, les machines, les compétences ? Qui va faire les mises à jour ? Est-ce qu’il s’agira seulement de capture audio-visuelle à la manière du land art ? La situation est-elle comparable avec le land art, l’art numérique étant des médias dès le début ?<br />
2.    La difficulté de conserver des objets technologiques non-conformes<br />
Le risque consiste à imposer une normalisation des mémoires numériques aux artistes, sans prendre en compte qu’ils produisent des objets non-conformes, qu’ils sont incompétents et doivent le rester. Ainsi, l’imperfection de la production influe sur les conditions de conservation. Risque de faire des expositions très sages avec des œuvres numériques très stables : repenser l’exposition et la production, le laboratoire, l’expérimentation.<br />
On peut rêver de documentation exhaustive des œuvres, de faire des recommendations en tout genre, mais on peut douter de l’efficacité de celles-ci dans le contexte artistique qui est singulier. Le singulier de l’art numérique est différent parce qu’il touche à des opérations langagières définissant des fonctionnements. Ce sont des causalités complexes, cad des comportements.<br />
Le dysfonctionnement fait partie du fonctionnement.<br />
3.    La conservation des processus connectés<br />
Projet catalogue Capture : faire des captures de très longues durées pour simuler l’œuvre complète.<br />
Replay, reactement : conserver les interactions et les générations (Peoples) pour les rejouer.<br />
Cette conservation suppose que les artistes mémorisent dans des bases de données des flux externes à leurs œuvres (Internet et interactions ou autres).<br />
Difficulté de définir l’objet même à conserver : œuvre-monde, œuvre-endogène.</p>

<p><strong>LE RESEAU CULTUREL PERTURBE</strong><br />
Les mémoires sont des typologies (Nietzsche), ce ne sont jamais des données abstraites mais des volontés et des devenirs. Il va de soi que la transformation de la répartition des mémoires implique une redéfinition du rôle de chacun. Qui fait quoi ? Quelle limite d’agir pour chacun ? Comment séparer les tâches des artistes, commissaires, conservateurs, tout en prenant en compte leurs interactions ? Comment le faire dans un contexte pauvre dans lequel la simple documentation d’une exposition pose problème ?<br />
Trouble de l’intérieur et de l’extérieur :<br />
David Rokeby, Daemon<br />
Legrady, Memory full<br />
La mémorisation est prédiction : in my pocket<br />
1.    L’auto-archivage et l’auto-diffusion de l’artiste<br />
Le rôle de l’artiste dans le domaine de l’archivage et de la diffusion s’accroît. Les musées acheteront-ils nos disques durs ? On passe d’une période très institutionnelle à une période auto-gérée. Qui valide ? Comment l’art circule ? Quelle relation entre cette circulation et la conservation ? Les musées deviennent-ils des lieux de passage ?<br />
2.    Que conserve le conservateur ?<br />
On peut bien sûr rêver d’interopérabilité, d’une machine commune à toutes les œuvres, mais ce serait s’introduire dans l’art même de l’artiste et exiger de lui ce qu’il ne peut offrir dans son expérimentation, une norme. A quoi vont ressembler les musées numériques : des musées de machines vintages non-fonctionnelles, de hiéroglyphes illisibles, etc. ? Pour répondre à cette question il faudrait comprendre de façôn profonde l’instabilité structurelle du numérique.<br />
3.    L’émergence d’espaces autonomes<br />
Pour répondre à ces défis, les artistes ont élaborés ces dernières années des espaces autonomes qui ne répondent plus aux normes de l’art classique. Ces espaces intègrent des fonctions qui étaient auparavant séparées : production et monstration.<br />
Cratère de James Turell<br />
Atelier VanLiesout<br />
Makrolab<br />
<a href="http://www.transfert.net/Le-Makrolab-ne-veut-pas-etre-une">http://www.transfert.net/Le-Makrolab-ne-veut-pas-etre-une</a><br />
L’université tangente<br />
<a href="http://utangente.free.fr/">http://utangente.free.fr/</a><br />
Hans Ulrich Obrist, Labotarium à la Serpentine Gallery<br />
Waterpod<br />
4.    Les industries de l’accès et l’obsolescence de la modernité<br />
Les mémoirs numériques sont pris dans un paradoxe : fixer la mémoire et la rendre instable. Mais ce paradoxe est lié au passage d’une l’économie de la propriété à une économie de l’accès. La première est la source de ce que nous connaissons aujourd’hui dans la répartition entre production, diffusion, conservation en art. Comment penser l’art à l’âge de l’accès ? Comment penser le projet originaire de l’art comme stabilité alors que nous sommes dans une obscolence immédiate (vaporware ?). Faut-il espérer stabiliser tout cela (position idéologique) ou s’enfoncer plus encore dans cette incertitude (position expérimentale) ? Il faudra sans doute un équilibre entre les deux.</p>

<p><strong>CONCLUSION : QUEL AVENIR POUR L’HISTOIRE ?</strong><br />
Notre époque est celle de la mémoire : la mémoire ne sépare plus l’inscription du processus.<br />
La mémoire est une question technologique et anthropologique. Hétéroisomorphie entre les deux.<br />
La mémoire est un sujet de l’art, un objet et un projet, ainsi qu’une condition<br />
Third Memory (2000) de Pierre Huyghe : la conservation ne sera-t-elle pas cette 3eme memoire pour le spectateur ?<br />
Jim Campbell</p>

<p><a href="http://www.docam.ca/fr/?p=1439">http://www.docam.ca/fr/?p=1439</a></p>
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		</item>
		<item>
		<title>Notre mémoire (Production, diffusion et conservation des mémoires numériques)</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/02-notre-memoire-production-diffusion-et-conservation-des-memoires-numeriques/</link>
		<comments>http://incident.net/users/gregory/wordpress/02-notre-memoire-production-diffusion-et-conservation-des-memoires-numeriques/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 02 Apr 2009 20:17:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Conférence]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/02-notre-memoire-production-diffusion-et-conservation-des-memoires-numeriques/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p><strong>Notes de la conférence donnée au séminaire DOCAM, Fondation Daniel Langlois (Montréal)<br />
</strong></p>
<p><strong>INTRODUCTION : L’INEXTRICABLE MEMOIRE</strong></p>
<p>&laquo;&nbsp;Le fait d&#8217;appartenir à ce moment ou s&#8217;accomplit un changement d&#8217;époque (s&#8217;il y en a), s&#8217;empare aussi du savoir certain qui voudrait le déterminer, rendant inappropriée la certitude comme l&#8217;incertitude. Nous ne pouvons jamais moins nous contourner qu&#8217;en un tel moment: c&#8217;est cela d&#8217;abord, la force discrète du tournant.&nbsp;&raquo; Maurice Blanchot</p>
<p>La difficulté de notre sujet, la mémoire comme inscription matérielle, tient à son  intrication. En effet, la mémoire est tout autant à son origine qu’a sa fin. Elle boucle sur elle-même : les artistes sont des mémoires, extériorisent celle-ci dans des supports, ceux-ci sont conservés ou oubliés, etc. Existe-t-il une extériorité à la mémoire ?<br />
Nous vivons sans doute une époque majeure de la mémoire. Dans le domaine artistique la répartition entre production, diffusion et conservation est bouleversée entraînant une redéfinition du rôle de chacun.</p>
<p><strong>LE FANTASME D’UNE MEMOIRE ABSOLUE</strong></p>
<p>Le numérique est apparu comme la promesse d’une mémoire exhaustive. Une idéologie s’est dévelopée autour du numérique comme mémoire absolue et sans faille.</p>
<p>1.    L’immatérialité<br />
Une mémoire partout et nulle part.</p>
<p>2.    La duplication<br />
Une mémoire sans origine, cad sans originarité. Il suffit d’acheter du support pour augmenter sa mémoire : augmentation de la densité des supports, course en avant. Mais la question de savoir ce que nous déléguons finalement comme mémoire à l’informatique, reste impensé. Quel type de mémoire extériorisons-nous ?</p>
<p>3.    L’indépendance du support<br />
Les prologues platoniciens (Protagoras) : comment garantir à une mémoire une indépendance par rapport au support d’inscription pour assurer son caractère absolu ? Le numérique réitère la stratégie platonicienne en l’inversant : l’origine se perd dans la fin avec le numérique, parce que ce n’est plus au début que tout se joue mais dans la diffusion.<br />
Cette indépendance créé l’idée d’une mémoire en réseau ou partagée qui peut circuler dans des fils : l’inscription est secondaire, elle est temporaire. Transformation de la notion d’inscription qui n’est plus un phénomène durable, ce qui paradoxalement garantie une meilleure survie de la mémoire.</p>
<p><strong>L’INTEGRITE TECHNOLOGIQUE DES MEMOIRES</strong></p>
<p>Toutefois notre expérience de la mémoire numérique est toute autre et est contradictoire à cette idéologie. Récit de la perte de fichier WORD et de la destruction d’un ordinateur : dépression qui signale une intimité.<br />
La mémoire numérique est périssable pour plusieurs raisons.</p>
<p>1.    Les limites du binaire<br />
Le binaire doit être exhaustif. Si un seul signe manque, tout manque, alors que les anciens supports supportaient bien les erreurs, les repentirs, les effacements. Ceci est lié à la nature mathématique de l’informatique dans laquelle les éléments discrets sont en flux.<br />
<a href="http://incident.net/users/gregory/chatonsky/works/position/">Position</a></p>
<p>2.    La matérialité<br />
La mauvaise qualité des supports d’inscription entraîne un effacement précipité. C’est un phénomène qui est structurellement lié à l’industrialisation : peintures impressionnistes. Quelle relation entre l’externalisation de la mémoire et l’industrialisation ?<br />
<a href="http://incident.net/users/gregory/chatonsky/works/myHardDrive/">My hard drive…</a></p>
<p>3.    La séparation entre le dur et le mou : le flux liquide<br />
Avec l’informatique la relation lecture/inscription entre dans une nouvelle période : une partie de la lecture est déléguée au support, le support lui-même s’interprète, se traduit de lui-même. Un même message peut être sur plusieurs supports. Récit : on trouve un cd-rom dans 500 ans mais on a pas l’ordinateur, pas le logiciel pour le décrypter. Est-ce une situation analogue aux hiéroglyphes ?<br />
<a href="http://incident.net/users/gregory/chatonsky/works/reconnaissance/">Reconnaissance</a></p>
<p><strong>LA MEMOIRE DES SUJETS ANONYMES</strong></p>
<p>Mort et technologie (Bernard Stiegler).<br />
Cette transformation dans la mémoire est fondée sur un phénomène plus large dont la dimension est sociologique. C’est l’ensemble de la mémoire de la société qui est bouleversé, et ceci en un sens très concret que chacun, les anonymes, peut inscrire et sauvegarder des signes. Ceci transforme jusqu’à la structure même de l’historialité, cad le critère d’évaluation de la mémoire. Désorientation.<br />
On ne peut comprendre la mémoire des arts que dans ce contexte élargi.</p>
<p>1.    La base de données<br />
La base de données est la structure technologique majeure qui structure la logique des mémoires. Elle est un tableau. Rien de plus. Lev Manovich : narration versus index.<br />
<a href="http://incident.net/users/gregory/chatonsky/works/sous-terre/">Sous Terre</a> (lagune)<br />
<a href="http://incident.net/users/gregory/chatonsky/works/lastLife/">Last life</a> (paradoxe)<br />
<a href="http://incident.net/users/gregory/chatonsky/works/mylifeII/">My life… </a>(contrat) : video ensuite dont la mémoire est l’œuvre</p>
<p>2.    L’inscription de tous<br />
Le fait que chacun puisse inscrire quelque chose est un phénomème très important. C’est la première fois dans l’histoire que cela arrive. Comment les historiens feront-ils le tri dans quelques années. (cf la passion des anonymes)<br />
Listening Post</p>
<p>3.    Le détournement des mashups<br />
La notion de mashups est très intéressante pour définir la mutation de la mémoire comme copier/coller, non-originaire, replicable. Est-ce encore une inscription ? Peut-il y avoir inscription sans désir de préserver son origine ? Question du droit d’auteur (droit de mémoire comme droit de celui qui a créé la mémoire et comme droit aussi de celui qui reçoit et s’approprie la mémoire).<br />
Le mashup permet de comprendre que la production artistique est de part en part liée à la mémoire. En effet, flux et mémoire : couper le flux, traduire ce qui est coupé (décontextualiser) et le mémoriser pour en faire un nouvel objet.<br />
Hans Haacke, News (1969)<br />
Le mashup met en avant la circulation dans la mémoire : caractère insaisissable de la mémoire numérique que des services comme archives.org essayent de stabiliser.<br />
Le registre</p>
<p><strong>LA DIFFUSION DE LA MEMOIRE</strong></p>
<p>Je prendrais appui sur l’exposition à Oboro pour questionner les difficultés propres à la diffusion des mémoires numériques.</p>
<p>1.    L’instabilité des processus connectés<br />
Alors que l’œuvre d’art est fondé sur un désir de stabilité dépassant la finitude humaine, l’œuvre numérique connecté est instable. C’est vrai d’une grande partie de l’art contemporain, mais avec le numérique cela devient une condition sociale.<br />
Quel est le temps et l’espace d’une œuvre en réseau ? Que nous montre-t-elle au juste ? De quoi est-elle la présentation ?<br />
Cette impossibilité à saisir de façon stable les phénomènes est courant dans l’art contemporain :<br />
Dan Graham, Past/Present Split<br />
Par un dispositif technologique on répète selon une hétéroisomorphie les conditions transcendantales de la perception. Cf Peter Campus, Interface.<br />
Raconter quand le flux RSS World State a changé : l’artiste devient observateur de la relation entre son œuvre et le monde des flux. Il faut vérifier, monitering, adapter le code. Question de la durée de vie de l’œuvre et de la relation vivante entre l’artiste et l’œuvre.<br />
Peut-on accepter la finitude de l’œuvre sans renoncer à l’art ?</p>
<p>2.    Le mode d’emploi<br />
La question du mode d’emploi se pose de façon accrue avec les œuvres numériques. Ce n’est pas une question nouvelle que celle de l’immanence de l’œuvre d’art. Quelles sont les conditions de ce mode d’emploi ? Un cartel ? Une documentation transportable ? Un guide ? Il va de soi que ce mode d’emploi constitue la première externalisation forte de la mémoire de l’œuvre et doit servir de modèle à la conservation parce qu’elle intègre une instrumentalité, une valeur d’usage.<br />
Double contrainte : médiation public et découverte.</p>
<p>3.    Le projet Art Farm<br />
L’artiste doit de plus en plus intervenir dans le cours de l’exposition. Alors que les réparations étaient auparavant déléguées aux institutions, la spécificité des logiciels fait que l’artiste doit souvent être derrière son œuvre. Réaction des organismes face à cette place de plus en plus importante et difficulté pour les artistes de tout suivre.<br />
Il faut donc inventer un MONITERING des œuvres d’art. C’est l’objet d’Art Farm.<br />
ZRON, APPMONITOR,WMWARE, etc. Virtualisation des machines, pb de compatibilité.</p>
<p>Bref il devient de plus en plus difficile de distinguer les pôles de production et de monstration. Les artistes doivent intervenir sur les conditions technologiques du commissariat et les commissaires sur certaines conditions de la production. Beaucoup d’organismes réagissent mal à cette interdépendance et estiment que l’instabilité est liée au non-professionalisme des artistes alors que c’est la situation de notre époque.</p>
<p><strong>LA CONSERVATION DES ARCHIVES LOGICIELLE ET MATERIELLE</strong></p>
<p>Instabilité structurelle des mémoires numériques qui sont en réseau : comment concevoir une conservation qui par définition est une stabilisation ?<br />
Indiana Jones<br />
S. LeWitt<br />
Boltanski<br />
Jochen Gerz</p>
<p>1.    Quel avenir pour les musées ?<br />
Les musées sont soumis à des difficultés croissantes de conservation. De plus en plus d’objets à conserver avec des espaces d’exposition restreints. Les œuvres numériques accentuent les difficultés de la conservation car leur fonctionnement (le passage du lieu de conservation au lieu de monstration) exige des connaissances interdisciplinaires dont les musées ne sont pas actuellement dôtés.<br />
Paradoxe : le centre Pompidou a par exemple perdu sa fonction de laboratoire pour devenir un sarcophage. Question de la période laboratoire des musées (The Power of Display: A History of Exhibition Installations at the Museum of Modern Art, by Mary Anne Staniszewski).<br />
Le choix se fera-t-il pas défaut ?<br />
Les musées vont-ils conserver les logiciels, les machines, les compétences ? Qui va faire les mises à jour ? Est-ce qu’il s’agira seulement de capture audio-visuelle à la manière du land art ? La situation est-elle comparable avec le land art, l’art numérique étant des médias dès le début ?</p>
<p>2.    La difficulté de conserver des objets technologiques non-conformes<br />
Le risque consiste à imposer une normalisation des mémoires numériques aux artistes, sans prendre en compte qu’ils produisent des objets non-conformes, qu’ils sont incompétents et doivent le rester. Ainsi, l’imperfection de la production influe sur les conditions de conservation. Risque de faire des expositions très sages avec des œuvres numériques très stables : repenser l’exposition et la production, le laboratoire, l’expérimentation.<br />
On peut rêver de documentation exhaustive des œuvres, de faire des recommendations en tout genre, mais on peut douter de l’efficacité de celles-ci dans le contexte artistique qui est singulier. Le singulier de l’art numérique est différent parce qu’il touche à des opérations langagières définissant des fonctionnements. Ce sont des causalités complexes, cad des comportements.<br />
Le dyfonctionnement fait partie du fonctionnement.</p>
<p>3.    La conservation des processus connectés<br />
Projet catalogue Capture : faire des captures de très longues durées pour simuler l’œuvre complète.<br />
Replay, reactement : conserver les interactions et les générations (Peoples) pour les rejouer.<br />
Cette conservation suppose que les artistes mémorisent dans des bases de données des flux externes à leurs œuvres (Internet et interactions ou autres).<br />
Difficulté de définir l’objet même à conserver : œuvre-monde, œuvre-endogène.</p>
<p><strong>LE RESEAU CULTUREL PERTURBE</strong></p>
<p>Les mémoires sont des typologies (Nietzsche), ce ne sont jamais des données abstraites mais des volontés et des devenirs. Il va de soi que la transformation de la répartition des mémoires implique une redéfinition du rôle de chacun. Qui fait quoi ? Quelle limite d’agir pour chacun ? Comment séparer les tâches des artistes, commissaires, conservateurs, tout en prenant en compte leurs interactions ? Comment le faire dans un contexte pauvre dans lequel la simple documentation d’une exposition pose problème ?<br />
Trouble de l’intérieur et de l’extérieur :<br />
David Rokeby, Daemon<br />
Legrady, Memory full<br />
La mémorisation est prédiction : in my pocket</p>
<p>1.    L’auto-archivage et l’auto-diffusion de l’artiste<br />
Le rôle de l’artiste dans le domaine de l’archivage et de la diffusion s’accroît. Les musées acheteront-ils nos disques durs ? On passe d’une période très institutionnelle à une période auto-gérée. Qui valide ? Comment l’art circule ? Quelle relation entre cette circulation et la conservation ? Les musées deviennent-ils des lieux de passage ?</p>
<p>2.    Que conserve le conservateur ?<br />
On peut bien sûr rêver d’interopérabilité, d’une machine commune à toutes les œuvres, mais ce serait s’introduire dans l’art même de l’artiste et exiger de lui ce qu’il ne peut offrir dans son expérimentation, une norme. A quoi vont ressembler les musées numériques : des musées de machines vintages non-fonctionnelles, de hiéroglyphes illisibles, etc. ? Pour répondre à cette question il faudrait comprendre de façôn profonde l’instabilité structurelle du numérique.</p>
<p>3.    L’émergence d’espaces autonomes<br />
Pour répondre à ces défis, les artistes ont élaborés ces dernières années des espaces autonomes qui ne répondent plus aux normes de l’art classique. Ces espaces intègrent des fonctions qui étaient auparavant séparées : production et monstration.<br />
Cratère de James Turell<br />
Atelier VanLiesout<br />
Makrolab<br />
<a href="http://www.transfert.net/Le-Makrolab-ne-veut-pas-etre-une">http://www.transfert.net/Le-Makrolab-ne-veut-pas-etre-une</a><br />
L’université tangente<br />
<a href="http://utangente.free.fr/">http://utangente.free.fr/</a><br />
Hans Ulrich Obrist, Labotarium à la Serpentine Gallery<br />
Waterpod</p>
<p>4.    Les industries de l’accès et l’obsolescence de la modernité<br />
Les mémoirs numériques sont pris dans un paradoxe : fixer la mémoire et la rendre instable. Mais ce paradoxe est lié au passage d’une l’économie de la propriété à une économie de l’accès. La première est la source de ce que nous connaissons aujourd’hui dans la répartition entre production, diffusion, conservation en art. Comment penser l’art à l’âge de l’accès ? Comment penser le projet originaire de l’art comme stabilité alors que nous sommes dans une obscolence immédiate (vaporware ?). Faut-il espérer stabiliser tout cela (position idéologique) ou s’enfoncer plus encore dans cette incertitude (position expérimentale) ? Il faudra sans doute un équilibre entre les deux.</p>
<p><strong>CONCLUSION : QUEL AVENIR POUR L’HISTOIRE ?</strong></p>
<p>Notre époque est celle de la mémoire : la mémoire ne sépare plus l’inscription du processus.<br />
La mémoire est une question technologique et anthropologique. Hétéroisomorphie entre les deux.<br />
La mémoire est un sujet de l’art, un objet et un projet, ainsi qu’une condition<br />
Third Memory (2000) de Pierre Huyghe : la conservation ne sera-t-elle pas cette 3eme memoire pour le spectateur ?<br />
Jim Campbell</p>
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		<title>La conservation du Web (Dominique Boileau)</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Mar 2009 15:53:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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		<category><![CDATA[archive]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/03/waiting-medium.jpg" rel="lightbox[2883]"><img class="alignnone size-medium wp-image-2884" title="waiting-medium" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/03/waiting-medium-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a></p>
<p>Les communautés artistiques et muséales s&#8217;intéressent aux problématiques reliées à la conservation de l&#8217;art Internet. Les recherches entamées au sujet de sa préservation sont appuyées sur celles concernant la sauvegarde des documents Internet et du Web réalisées en archivistique et en informatique. (Bien qu’il soit utilisé comme équivalent dans le langage, le Web correspond à une composante du réseau Internet: le Web, le courrier électronique, etc. sont des composantes diverses.) Des chercheurs envisageant les robots d&#8217;indexation et autres techniques comme de possibles éléments de solution au problème de la conservation des oeuvres d&#8217;art en ligne. Cependant, peut-on vraiment espérer que ces stratégies soient valables pour cette nouvelle forme d&#8217;art? La nature même de l&#8217;oeuvre permet-elle de songer à de telles solutions? Dans cet essai, je questionne les possibles applications des méthodes de collecte, d&#8217;archivage et de conservation des ressources Internet en usage en archivistique à la sauvegarde de l&#8217;art Internet.</p>
<p>Contemporary artistic and curatorial communities are concerned with the problem of saving and archiving internet art. There is currently a lot of research being conducted on the subject of preservation, and particularly on saving Internet and web documents in archives. (Although they are often used interchangeably, the web is only one part of various Internet components.) Researchers foresee cataloguing robots and other techniques as possible elements of the solution to the problem of conserving online art. However, are these new strategies really the best way to archive this new art form? This essay examines the possible applications of collecting and archiving Internet resources with the goal of creating an Internet art archive.</p>
<p><a href="http://dpi.studioxx.org/demo/?q=fr">http://dpi.studioxx.org/demo/?q=fr</a>/no/14/conservation-web-archivistique-applications-art-internet-dominique-boileau</p>
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		<title>Capture (HYX éditions)</title>
		<link>http://incident.net/users/gregory/wordpress/06-capture-hyx-editions/</link>
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		<pubDate>Wed, 06 Aug 2008 16:09:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Esquisse]]></category>
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		<description><![CDATA[Un catalogue monographique bilingue à paraître en février 2009 aux éditions HYX.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2008/08/54_2407846071b565e5f5e5.jpg" rel="lightbox[2582]"><img class="alignnone size-full wp-image-2584" title="54_2407846071b565e5f5e5" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2008/08/54_2407846071b565e5f5e5.jpg" alt="" width="332" height="500" /></a></p>
<p>Depuis plusieurs semaines, je travaille sur mon projet de catalogue monographique édité par HYX. Les bonnes nouvelles s&#8217;accumulent, les subventions arrivent à bon port, les participations se multiplient. Ce contexte est bien sûr enthousiasmant.</p>
<p>Sans vouloir faire un livre-objet, un livre d&#8217;artiste au sens d&#8217;un objet proprement artistique, ce qui me semblerait quelque peu précieux, ce projet me permet de faire retour sur ma pratique au cours des 10 années écoulées et de réfléchir au statut de l&#8217;archive, de la mémoire, de l&#8217;explication. Il y a bien sûr au coeur d&#8217;un tel ouvrage un conflit, celui de la représentation prise entre les images et les textes. Que signifie documenter un travail? Et cette question est bien moins scolaire qu&#8217;on ne pourrait le penser, elle agite profondément mon activité créatrice, toujours sur le fil tendu des concepts et des percepts (c&#8217;est une articulation qu&#8217;on m&#8217;a suffisamment reproché d&#8217;ailleurs). Elle est encore plus active dans le champ d&#8217;une pratique utilisant activement les médias numériques ou la question du mode d&#8217;emploi et de l&#8217;explication, de la non-immanence de l&#8217;oeuvre, est particulièrement pregnante.</p>
<p>Mais ce catalogue ne sera pas oeuvre car, son titre même l&#8217;indique, il ne représente pas des oeuvres, il capture de états passagers de flux que j&#8217;essaye de configurer. Capturer au sens de la capture d&#8217;écran mais aussi au sens zoologique de la capture animale, activité taxidermique et de conservation qui met à mort. Il y a toujours du deuil dans un catalogue, deuil de choses qui jamais n&#8217;ont été vivantes (les travaux) mais qui étaient en tension vers la vie. Désir vivant d&#8217;une production, excitation de la réalisation, désir de la monstration, excitation de l&#8217;exposition. La rencontre est toujours différée, toujours reportée au-delà d&#8217;elle-même et c&#8217;est justement cette tension qui permet aux flux de persister, d&#8217;excéder les limites de leur territorialité.</p>
<p>J&#8217;ai donc voulu documenter, trier les travaux, les regrouper, pousser à bout la logique de la capture comme dans ces cabinets du XIXe. Les travaux sont donc organisés en partie et en sous-parties. Chaque partie est introduite par un texte critique qui porte sur mon travail mais dont l&#8217;objet est finalement d&#8217;expliciter un concept, une tension, une idée (mon travail n&#8217;étant qu&#8217;un élément à disposition car on peut mieux parler d&#8217;un travail en ne le citant pas directement qu&#8217;en en faisant la simple exposition). Les travaux sont également classés par date et associés à des mots-clés de plusieurs ordres: non seulement les techniques utilisées, et j&#8217;ai souhaité être précis sur cette question du médium sans pour autant être technologiste, mais aussi les dimensions, les types de travaux, et les concepts, parfois vague, parfois précis, qui traversent mon activité artistique. L&#8217;indexation par concepts a été longue, fastidieuse mais éclairante pour moi afin de comprendre ce qui sous-tendait mon travail de façon plus ou moins consciente. Il y a bien sûr des récurrences, des thèmes qui se dessinent, des liens auxquels je n&#8217;avais pas pensé.</p>
<p>Un second ouvrage, qui sera sans doute au format de poche, comportera des textes choisis de ce blog qui au fil du temps éclairent mon travail. Mettons-nous bien d&#8217;accord, ces textes ne sont pas là pour justifier mes images qui je crois tiennent ou s&#8217;effondrent en elles-mêmes. Ces textes donnent un autre éclairage, un autre contexte. Chaque texte a été réécrit pour transformer ces notes simplement jetées en textes lisibles. Il est également associé à des travaux et à des mots-clés. On peut ainsi faire une lecture transversale selon ses intérêts et ses objectifs. Ces lectures croisées entre texte et image me plaisent car elles expriment sans doute l&#8217;une des caractéristiques de mon travail. La théorie ne vient pas justifier mon activité esthétique, elle ne la structure même pas, je produis les images de façon plus impulsive, intuitive et désirante que cela. La théorie est en parallèle, elle suit son propre rythme parfois avec des intérêts divergents parfois convergents, des échos se font jour. C&#8217;est pourquoi certains travaux n&#8217;ont aucun texte, car rien ne vient de la pensée ainsi inscrite. Parfois la rencontre se fait et c&#8217;est un hasard de la matière que je suis. Il faudra bien comprendre ce parallélisme pour entendre ce qui se joue dans ce catalogue et dans son titre même. La capture est capture aussi d&#8217;une pensée fugitive, à jamais reportée au-delà d&#8217;elle-même car si la pensée ne s&#8217;orientait pas radicalement vers cet avenir inanticipable elle ne serait que répétition et justification de l&#8217;ayant été.</p>
<p>Voici une idée du plan:</p>
<p><strong>DISLOCATION</strong><br />
L&#8217;incident<br />
La mémoire des corps<br />
L&#8217;espace fragmenté</p>
<p><strong>FLUßGEIST</strong><br />
La localisation<br />
Hors de l&#8217;écran<br />
La fiction des flots</p>
<p><strong>VARIATION ET VARIABLES</strong><br />
Le mouvement des corps<br />
Tra(ns)duction<br />
Délais</p>
<p><strong>UNE FICTION SANS NARRATION</strong><br />
Le cinéma anachronique<br />
Le labyrinthe<br />
Sans narrateur</p>
<p>Et quelques mots-clés à la lettre P:</p>
<p>panorama, 33, 75<br />
parallélisme, 181, 187<br />
pardon, 130<br />
Paris, 153<br />
partage, 195<br />
participation, 124, 201<br />
passible, 183<br />
paysage, 196<br />
peau, 15, 52, 56, 77, 173, 220, 227<br />
peinture, 114<br />
perception, 115, 116, 117, 119, 145, 153, 166, 180, 201, 211<br />
perte, 130, 140<br />
peuple, 124, 178, 195, 202<br />
peur, 188<br />
photographie, 228<br />
physis, 138<br />
pionnier, 148<br />
pixel, 37, 59<br />
plagiat, 158<br />
plate-forme, 162<br />
plugin, 220<br />
poésie, 118<br />
point de vue, 19, 77, 79<br />
politique, 122, 135, 137, 140, 141, 152, 161, 200, 219, 224<br />
pop, 37, 58, 108, 111, 112, 129, 133, 136, 140, 154, 163, 183, 184, 192, 193, 198, 210<br />
porno, 55<br />
portable, 21, 213, 216<br />
portrait, 12, 13, 14, 15, 31, 37, 40, 56, 62, 79, 80, 82, 84<br />
possible, 115, 119, 138, 156, 160, 164, 175, 183, 199, 225, 230<br />
post-production, 138<br />
poussière, 153<br />
pouvoir, 198, 216<br />
privatisation, 35, 40, 125, 173<br />
privé, 165<br />
production, 112, 117, 123, 129, 151, 168, 176, 195<br />
profil, 140<br />
programmation, 108, 118, 127, 174, 190, 229<br />
projection, 144, 203<br />
protocole, 216<br />
public, 125, 165, 205, 218, 224<br />
publicité, 184, 210</p>
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