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	<title>Gregory Chatonsky &#187; corps</title>
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		<title>Dancing machine : effets d&#8217;optique et sound systèmes (Arte)</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Apr 2010 12:53:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p> L&#8217;exposition d&#8217;œuvres insolites qui inaugurait les festivals Via à Maubeuge le 4 mars et celui d&#8217;Exit à Créteil le 18 mars, est une invitation à faire danser l&#8217;enfance qui reste en nous, autant qu&#8217;elle interroge l&#8217;interaction homme-machine dans son rapport au mouvement,&#8230; le son pour moteur.<br />
&laquo;&nbsp;Slow dance marathon&nbsp;&raquo; de Christodoulos Panayotou<br />
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<p>&laquo;&nbsp;Slow dance marathon&nbsp;&raquo; de Christodoulos Panayotou</p>
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Le terme même de Dancing machine a quelque chose d&#8217;anachronique: certes on connaît l&#8217;hymne à la transe de James Brown, intemporel ! Mais les chorégraphes du siècle dernier (le XXIème) ne nous ont-ils pas montré déjà combien la danse émanait davantage d&#8217;une l&#8217;alchimie des humeurs que de la mécanique d&#8217;un corps performant et bien huilé ?</p>
<p>La pièce la plus énigmatique est sans doute celle de Thierry De Mey (Rémanences) : lui qui dans ses films a su si bien capter la puissance et la vitesse des chorégraphies de Forsyth restitue ici par le biais d&#8217;une caméra thermique, le spectre de la chaleur des corps : alors que les zones chaudes impressionnent l&#8217;image les zones froides semblent s&#8217;évanouir, dans une lente calligraphie de mouvements évanescents. Une relecture du temps &laquo;&nbsp;dansé&nbsp;&raquo;, un travail de mémoire, s&#8217;opère.</p>
<p>Nostalgique<br />
Mais quelle histoire racontent les automates de Peter William Holden ? Son manège de souliers à claquettes vernis (Solenoid B), ou sa chorégraphie de parapluies articulés sur l&#8217;air obsédant de &laquo;&nbsp;Singin&#8217; in the rain&nbsp;&raquo;(Autogene). Et cette Arabesque de cuisses en plastiques montées sur vérins câblés ? Grotesque à l&#8217;arrêt, désopilante en mouvement. Ces pièces de musée savantes ne seraient-elles rien d&#8217;autre qu&#8217;un clin d&#8217;œil nostalgique à la magie de Gene kelly, à ces chorégraphies inouïes, mises en scène dans les comédies musicales de Busby Berkeley ? Quand dans les années trente, ces kaléidoscopes insensés de danseuses en maillot tentaient d&#8217;imiter les mouvements et inventions des machines modernes de l&#8217;époque.</p>
<p>16e édition du festival international EXIT<br />
Créteil &#8211; Maison des Arts de<br />
Du 18 au 28 mars<br />
Le site du festival<br />
Parfois, il suffit d&#8217;un sceau, d&#8217;une bille, d&#8217;un manche à balai, d&#8217;une brosse, de câbles électriques, bref, tout ce qu&#8217;il y a de plus ordinaire pour créer le chaos nécessaire à engendrer la poésie d&#8217;un mouvement : dans cet équilibre précaire, l&#8217;installation très contemporaine du japonais Kanta Horio incarne ici l&#8217;esprit de la danse.</p>
<p>Commissaire de l&#8217;exposition &laquo;&nbsp;en saison 3&#8243; Charles Carcopino a su conserver le ton d&#8217;EXIT, mais ne tient pas à s&#8217;enfermer dans une chapelle High Tech. &laquo;&nbsp;J&#8217;assume très bien ces choix esthétiques et revendique autant les œuvres expérimentales que ludiques, voire populaires, ou complètement décalées comme ce &laquo;&nbsp;Slow dance marathon&nbsp;&raquo; ou cette vidéo trash d&#8217;avant et après la party de Christodoulos Panayiotou. Pour le commun des mortels la danse c&#8217;est aussi la boum, la fête.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Expérimental<br />
C&#8217;est aussi la machine à frisson (Nemo Observatorium) du designer des arts de la scène, Lawrence Malstaff qui place l&#8217;observateur au cœur de la tempête dans d&#8217;une centrifugeuse de polystyrène. Ou bien dans une performance très troublante (Shrink), ce jeune créateur singulier -à qui La ferme du buisson offrait une exposition monographique en Juillet-, place ses acteurs dans une poche de plastique transparent, privés d&#8217;air jusqu&#8217;aux limites de l&#8217;étouffement.</p>
<p>Le spectacle de ces viandes humaines sous cellophane est impressionnant et confère au bal moderne des allures de foire d&#8217;antan où se mêlent effets d&#8217;optique et démonstrations scientifiques : à partir d&#8217;un dispositif électro acoustique, les deux plasticiens et chercheurs russes Dmitry Gelfand et Evelina Domnitch déclenchent dans une solennellité, ad hoc, un ballet de feuilles d’or en suspension, dont l&#8217; effet scintillant se répercute sur le son ambiant et enclenche de nouvelles séquences de mouvements à l’infini (Sonolevitation).</p>
<p>Immersif<br />
Mais il est temps de se mettre en scène et de rejoindre le cours de danse inspiré par Blanca li (Ven A Baillar conmigo) : posez vos vêtements sur la barre et suivez le mouvement ! Nul ne s&#8217;émeut de la vision retro projetée (quasi holographique) du prof de hip hop dans la transparence de l’écran : tous, face au miroir écoutent et interprètent ses conseils avec bonne humeur, et enchaînent les poses comme dans un show télévisé.</p>
<p>Plus loin, une autre chorégraphie se joue : celle de Natacha Paganelli, qui comme des poupées russes sorties de leurs boîtes fait apparaître sur la musique exaltée de Matthieu Chauvin, une puis deux, puis des dizaines de danseuses identiques, échappées du Bolchoï, ou d&#8217;un défilé à la gloire d&#8217;un Staline sous trip. Réactivées dans une clairière par la magie du montage, elles renvoient à l&#8217;utopie d&#8217;une identité nationale et ses traditions folkloriques.</p>
<p>Autrement déconcertante, la pièce Dance with me, conçue en 2007 par Grégory Chatonsky, nous ramène à d&#8217;autres réalités, -comment dire ?- plus&#8230; globalisantes : sur l&#8217;écran des jeunes filles filmées devant leur web cam executent dans leurs chambres des mouvements empruntés aux queens du Rn&#8217;B. Or à partir de ces séquences récupérées sur la toile par l&#8217; aficionados du net art, vous pouvez faire danser les adolescentes sur n&#8217;importe quelle musique de votre &laquo;&nbsp;Play List&nbsp;&raquo;, qu&#8217;il suffit d&#8217;activer en &laquo;&nbsp;plugant&nbsp;&raquo; votre lecteur MP3 dans l&#8217;installation. Et ça marche : un brun retord mais bluffant, les filles bougent leurs fesses au rythme des nouveaux BPM. Alors qu&#8217;un peu plus loin, du même auteur, c&#8217;est Fred Astaire qui s&#8217;exécute en fonction des cours de la bourses américaine : dans Dance with u.s, plus les valeurs fluctuent plus les mouvements sont fluides !</p>
<p>D&#8217;autres interactions avec le public sont ainsi mises en scène, jouant sur le son ou la lumière, comme cette vision nocturne fluorescente de Shanghaï mise en scène par le collectif Visual System : Valère Terrier et Olivier Pasquet ont conçu une architecture générative dont les capteurs déclenchent des événements musicaux et visuels synchrones, comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un circuit imprimé géant. Un univers &laquo;&nbsp;déco-actif&nbsp;&raquo; idéal pour improviser une boîte de nuit dans son salon ou mieux, un Chill-out pour l&#8217;entreprise! (<a href="http://www.adigitalexperience.com">www.adigitalexperience.com</a>)</p>
<p>Ludique<br />
Et si vous n&#8217;avez qu&#8217;une chambre de bonne, ou une petite salle de réunion, prenez l&#8217;igloo d&#8217;Alexis O&#8217;Hara : à partir de hauts parleurs récupérés par tous les moyens du bord, cette artiste canadienne qui se produit aussi sur la scène électronique musicale, nous a construit un squeeeeque, une cabane stéréophonique. Hommage à la tradition orale des peuples du nord autant qu&#8217;à l&#8217;enfance universelle ce cocoon sonique, où l&#8217;on entre seul ou accompagné permet de chanter, rapper, respirer, brailler, hurler ou chuchoter, dans des microphones en toute intimité !<br />
Le son est omniprésent dans ce parcours : moteur, obsédant ou difficilement perceptible, il est muet, prisonnier du Skininstrument2, et se révèle au contact de la peau : quand deux personnes se touchent d&#8217;une main, l&#8217;autre posée sur l&#8217;une des 4 bornes métalliques de Daan Brinkmann, elles forment un circuit dont l&#8217;intensité du toucher module la fréquence sonore. Les chorégraphies contorsionnistes qui en résultent sont assez drôles !</p>
<p>Unique<br />
En 2008 Exit et le label d&#8217;art visuel Dalbin nous ont fait découvrir en avant première une pièce nommée Kill the ego (1), de Stephan Crasneanscki et Dug Winningham, réunis sous l&#8217;enseigne Soundwalk. Cette vidéo, conçue à partir d&#8217;un mixe incroyablement riche de particules sonores collectées depuis plus de dix ans dans les rues de New york, met en scène le peintre Rostarr exécutant une œuvre prolifique, picturale et graphique puissante, portée par l&#8217;énergie cinétique, de la bande son qui nous propulse du jazz au funk au détours d&#8217;un carrefour, ou d&#8217;une conversation.</p>
<p>Cette année Eric Dalbin, nous amène l&#8217;équipe newyorkaise sur le grand plateau: deux jours de répétitions à peine pour deux expériences live, deux soirées uniques, originales et ambitieuses, sur la genèse du son : musiciens bruitistes sur scène et plasticiens sonores aux commandes, Philippe Starck dans le rôle inédit du MC. Trouvera t-il ce son originel, le son universel, que tous nous cherchons, celui qu&#8217;on appelle, le son du nous ? A vivre &#8230;</p>
<p>(1) Récemment présentée dans sa totalité au centre Pompidou (lors du festival Hors piste) Kill the ego fait l&#8217;objet à partir du 21 mars 2010 d&#8217;une vente en ligne de 300 exemplaires numérotés téléchargeables par une application iphone.</p>
<p>Toujours est-il que Via_Exit indescriptible mixe entre arts plastiques et spectacles vivants créée depuis plus de vingt ans des alliances et initie des rencontres dont les productions parfois conçues à Créteil, au cœur même de la Mac (Maison des Arts et de la Culture) circulent et rebondissent au sein de parcours internationaux.<br />
Budget de l&#8217;exposition cette année : 70 000 euros. A peine le prix d&#8217;un moyen métrage subventionné ! Un spot publicitaire ? Pas assez ! L&#8217;année dernière plus de 120 000 spectateurs ont vu l&#8217;exposition Nouveaux monstres, initiée par Charles Carcopino et Didier Fusiller à Maubeuge, à Créteil, puis à Lille. Des classes entières d&#8217;enfants épaulés par des étudiants-médiateurs la découvriront à Saint Nazaire du 17 Juin au 17 Aout puis à Toulouse en 2011. Mais pour le moment : Let&#8217;s dance ! Jusqu&#8217;au 28 mars. Pour en savoir plus : <a href="http://www.maccreteil.com">www.maccreteil.com</a></p>
<p>Véronique Godé</p>
<p><a href="http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/cultures-electroniques/3112882.html">http://www.arte.tv/fr/Echappees-culturelles/cultures-electroniques/3112882.html</a></p>
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		<title>Espèce</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Jun 2009 10:43:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Il marchait dans la rue d&#8217;un pas rapide et léger, le monde était à distance, sa distance. Il traverse au feu rouge, brusquement une stupeur le surprend, son corps semble parcouru d&#8217;un frisson venant du dehors, tel un moment d&#8217;arrêt dans le déséquilibre de sa marche.</p>
<p>Quelque chose le freine et pourtant il n&#8217;y a nul obstacle. Il a croisé un regard. Non, le regard lui-même ne s&#8217;adressait pas à lui. Il y a là un groupe de 3 adolescents. A sa gauche,  l&#8217;un d&#8217;entre eux présente une tumeur de grande taille qui déforme son visage. On dirait la surface d&#8217;une lépiote, irrégulière, tâchée de matière sombre, telle des écailles écornées. Comme si la peau n&#8217;était pas humaine. Comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;un autre organisme. Il se resaisit, il se dit que c&#8217;est absurde, il se demande à présent pourquoi il a été touché, pourquoi son corps, je ne parle pas de son esprit, a été arrêté si brutalement, par quoi son corps a été saisi dans cette fraction de seconde.</p>
<p>Il n&#8217;a pas reconnu l&#8217;être humain, dans le face à face quotidien d&#8217;une parité que nous oublions &#8211; ton regard et mon regard, ton visage et mon visage, selon une ressemblance inapparente, voilà qu&#8217;il a été rappelé à ce qu&#8217;un visage veut dire par cet incident. Comme si une directionnalité lui échappait: la destination même d&#8217;un visage livré aux regards. C&#8217;était bien sûr humain, il n&#8217;en avait justement jamais douté, mais cela ne lui ressemblait pas, il y avait comme une marge de différence. Il n&#8217;était pas saisi de cet effroi face à une autre espèce, un chien ou un animal sauvage, mais face à ce qu&#8217;il ne reconnaissait pas. L&#8217;effroi de ce qu&#8217;on ne reconnaît pas n&#8217;est pas ce qui est absolument inconnu mais un phénomène qui désaccorde l&#8217;accord des facultés: il y a bien une perception mais elle reste au stade d&#8217;une schématisation, elle se bloque à cet endroit précis comme si elle cognait sur un mur. Et il faut  pour cela que ce soit et reconnaissable et non-reconnaissable, il faut que ce soit l&#8217;un et l&#8217;autre pour que le mouvement de schématisation ait lieu mais qu&#8217;il ne s&#8217;arrête pas, qu&#8217;il continu son processus de réalisation, et que jamais il ne finisse dans la conceptualisation de la raison. Il faut donc un incident dans la figure humaine.</p>
<p>Cette réciprocité des visages, et pourtant chaque visage est différent mais d&#8217;une différence qui permet justement de l&#8217;identifier au regard d&#8217;une moyenne des visages, reste inapparente dans la quotidienneté parce qu&#8217;elle structure dans l&#8217;histoire de chacun jusqu&#8217;à son origine. Le visage que je reconnais comme familier, le  visage que je reconnais comme étranger seront source de communication, de plaisir et de déplaisir.</p>
<p>Ce visage était bien humain mais déformé par une maladie qui semblait s&#8217;intégrer dans sa structure même, une maladie qui inventait un autre visage comme si le visage humain, son visage et mon visage, sortait d&#8217;une fusion avec une autre matière, avec une autre origine, une autre espèce. Ce visage qui s&#8217;exprime, qui parle et voit, ce visage porté par un corps, se déplacant le long des rues, offert aux anonymes que nous ne cessons de croiser et qui nous oublient parce qu&#8217;ils voient dans notre visage l&#8217;invisibilité de leurs visages. La reconnaissance est immédiate, mécanique, elle permet l&#8217;indifférence.</p>
<p>La lisière de l&#8217;espace humaine, sa forme même fait évoluer ses tropismes, c&#8217;est-à-dire l&#8217;ensemble des directionnalités non-intentionelles. Ces directionnalités sont pourtant décodées comme intentionelles, au sens ou c&#8217;est à partir d&#8217;elles que nous allons tisser l&#8217;ensemble des relations autour du monde, des autres et de nous-mêmes. Qu&#8217;est-ce que seraient des humains à la lisière de notre espèce? Qu&#8217;est-ce que serait le basculement d&#8217;une mutation dans l&#8217;humanité, cet instant précis qui est un tournant, ni conservation du passé ni anticipation du futur, mais jointure infime entre les deux? Coexistence donc de deux individuations, de deux principes d&#8217;inviduation dans la même espèce. Que reconnaitrions-nous en eux, et eux en nous, et chacun de nous en nous-mêmes dans l&#8217;échange de ce regard, dans ces visages déformés et monstrueux?</p>
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		<title>Portable</title>
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		<pubDate>Fri, 31 Oct 2008 11:59:38 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://community.livejournal.com/techsupport/1872496.html"><img class="alignnone size-medium wp-image-2677" title="382b2e6b3ff2" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2008/10/382b2e6b3ff2-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
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		<title>Visualisation faciale</title>
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		<pubDate>Sat, 25 Oct 2008 13:19:19 +0000</pubDate>
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		<title>Le nom des personnes</title>
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		<pubDate>Sun, 28 Sep 2008 15:22:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Ils avaient disparu avec leurs noms. Chaque fois qu&#8217;ils avaient été prononcé, il ne restait plus que leurs noms. Le corps, la présence, les gestes, toutes ces choses qui font un être humain avec son tissu de singularités, avaient disparus. Il suffisait de prononcer un nom pour que son porteur devienne invisible. Il s&#8217;était longtemps demandé les raisons de cet effacement et avait échafaudé des théories plus ou moins complexes sur la relation entre le mot et son référent. Il s&#8217;était demandé pendant de longs moments, quel avait été le premier et qui déclenchait l&#8217;autre. Il s&#8217;était aussi dit que pour prononcer cette différence entre les deux, il utilisait des mots et qu&#8217;il s&#8217;enfermait ainsi d&#8217;avance dans ce problème irrésolu. Il avait essayé une autre méthode et encore une autre. Moins il y avait de corps dans la rue, plus les noms étaient audibles. On ne savait même plus qui les prononçait, c&#8217;était comme des voix sans support qui affleuraient dans les allées urbaines. La ville était désertée. Les rues n&#8217;étaient plus de passage, la maigre vie qui continuait, se cachait dans les immeubles détruits, dans les sous-sols, dans les trous. Il y avait les prénoms bien sûr, mais aussi simplement les désignations relationnelles, comme par exemple: père, mère, fils, fille, mari, femme, ami, amie, amant, amante, amour, amour. En les prononçant, ils disparaissaient aussi, effaçant dans le langage ce qui pourtant lui avait résisté.</p>
<p>Souffrait-il de cette situation? Son insensibilité ne lui permettait pas de trancher la question. Il restait impartial et il savait simplement qu&#8217;il suffisait à une chose d&#8217;être prononcée, pour ne plus être. Peut-être restait-elle dans le monde, cette chose nommée, mais en tout cas elle devenait inaccessible, constituant sans doute au fil des années, des résidus formant à force d&#8217;entassement des plaques géologiques. Il s&#8217;interrogeait: vais-je disparaître aux yeux des autres et continuer à être conscient de ma présence, ou simplement vais-je être absorbé par le mot et ne plus être, ni pour les autres, ni pour moi? Pour l&#8217;instant, il était, en tout cas il aimait à penser que ce qu&#8217;il percevait du monde était encore la garantie de son existence partagée entre lui-même et ces gens connus et inconnus qu&#8217;il croisait. Personne n&#8217;avait-il donc prononcé son nom? Personne ne pensait-il à lui? Il restait présent parce qu&#8217;il était absent du langage.</p>
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		<title>Dans cette chambre</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Jul 2008 16:14:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Masse opaque se rapprochant de moi. La fenêtre est ouverte. Le rideau vrille par le vent. Il y a une souffle, une densité. Je n&#8217;espère rien de plus que sa peau, lisse et froide. Son souffle est proche. Je l&#8217;entend à peine, pourtant je le sens suffoqué comme en trop de lui-même. Elle passe ses mains sur mon torse, ses jambes légèrement ouvertes, muscles tendus juste à la jointure. Sa bouche se rapproche, elle ne me touche pas, elle me frôle. Il y a une tension. Ses doigts se crispent un peu plus sur ma peau, mes épaules. Son regard est noir, ses paupières sont simplement ouvertes. Mouvements de hanches se frottant au bas de mon ventre, tentant d&#8217;entrer et de sentir, et de glisser. Peau et lèvres, doucement repliées, détendues, changeant de pression, s&#8217;écartant un peu plus, se refermant, palpitant dans cette part là, cherchant quelque chose qui n&#8217;est pas là, qui ne peut pas être là, s&#8217;abstrait de lui-même comme un mouvement sans but. Elle est l&#8217;obscur, présence qui décèle le reste de l&#8217;espace. Je sens ce qui m&#8217;entoure. Il y a une attention décentrée qui ne dit pas son nom. Ses lèvres se rapprochent, je ne cherche pas le contact. Je ne veux rien. Simplement me laisser faire et sentir comment elle touche, comment elle prend, comment elle me prend au premier contact, quand je serais en elle et que tout s&#8217;ouvrira.</p>
<p>Je ne sais pas qui elle est.</p>
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		<title>La trace de nos corps</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Apr 2008 11:39:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[Théorie]]></category>
		<category><![CDATA[anecdote]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>

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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La trace des corps était de son époque et chaque temps se succédait. Les années 30, 40, 50, 60, 70. On pourrait continuer. À peine 10 ans entre ces périodes. Il y avait les vêtements, les manières de parler, les produits, toutes les habitudes. Difficile d&#8217;en faire le décompte exact, d&#8217;en tirer des figures typiques de tel ou tel temps. Entre ces décennies comme un léger morphing et en même temps une inclinaison incroyable passant d&#8217;une image à une autre. Regardez les <em>Bas fonds</em>, comparez-le à un film 10 ans plus tard, <em>La Nuit du chasseur</em> par exemple et continuez ainsi votre parcours jusqu&#8217;à la lisière de votre présent. Passez d&#8217;un film à l&#8217;autre, de 10 ans en 10 ans, puisque ce sont eux qui nous servent de symptôme, tentez de vous mettre à la place non d&#8217;une représentation mais du signe des individus, de chaque individu à ces époques. Qu&#8217;est-ce qu&#8217;une vie ainsi empreinte de tant d&#8217;habitudes, de tant de choses partagées par d&#8217;autres? Par exemple les vêtements. Par exemple les mots. Par exemple la manière de se mouvoir.</p>
<p>Il y a une émotion particulière à voir ces présents, à les imaginer. Sans doute est-ce un affect historique. Peut-être faut-il aussi penser que le cinéma, qui nous permet de revoir encore et encore quelque chose qui dès son présent c&#8217;est-à-dire son enregistrement fut passé, a été l&#8217;invention de ce sentiment. Il y a cette émotion à voir, par exemple, la manière de s&#8217;habiller évoluer en un temps si rapide, à peine quelques années. Comparez les années 40 et 70. Reportez cette conscience sur nos propres années, enfance et adolescence, âge adulte, nous ne nous en rendions pas réellement compte, de toutes ces différences dans ce que nous sommes devenus. Difficile de cerner ce sentiment du présent qui est du passé.</p>
<p>L&#8217;enregistrement de la lumière produit le sentiment de notre propre archéologie. En nous permettant d&#8217;avoir accès à l&#8217;apparence du passé, nous cotoyons <em>la Belle Équipe </em>du Front Populaire et jusqu&#8217;à l&#8217;imaginaire passé des époques passées. Prenez <em>Casque d&#8217;Or</em> par exemple et les quartiers mal famés de Belleville. Ce présent renouvellé est fonction d&#8217;un enregistrement qui fait revenir ce qui a été, enfouissant le présent dans le passé.</p>
<p>Les flux se multiplient. L&#8217;esprit du cinéma est derrière nous. Ce fut le XXème siècle. À présent de multiples fils, des informations fragmentées, un monde disloqué qui entraîne une certaine façon d&#8217;agir. Quel sera alors notre  fantasme du temps? L&#8217;esprit de notre temps? Et dans notre manière d&#8217;agir, que ressentirons-nous en lisant dans 10 ans, 20 ans, 30 ans les blogs du passé? Que verrons-nous d&#8217;eux, de ceux qui ne sont plus? A quoi le numérique ainsi tissé d&#8217;existences nous donne-t-il accès?</p>
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		<title>Enemy II</title>
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		<pubDate>Mon, 17 Mar 2008 13:38:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Image]]></category>
		<category><![CDATA[3D]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[déformation]]></category>
		<category><![CDATA[hystérie]]></category>

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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/chatonsky/works/enemyII/"><img src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2008/03/12-200x300.jpg" alt="" /></a></p>
<p>Enemy II est un ensemble de simulations numériques reproduisant les postures des hystériques photographiées par <a href="http://www.editionsmacula.com/travail/fiches_ouvrages/fiche_invention_hysterie.html" target="_blank">Charcot</a> qui avaient également inspirée Louise Bourgeois. Les corps sont tordus, arc-boutés, tendus. Ils sont étrangement déformés, comme en fusion, formes géologiques semblant s&#8217;échapper des organes, circonvolutions, entrailles ouvertes. Ce sont les images originales de Charcot qui selon leurs luminosités creusent les simulations et déforment les volumes. Ces images redoublent l&#8217;anomalie des corps hystériques et en sont la clé cryptographique.</p>
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