À chaque fois la première fois

avril 1st, 2009 § 1

http://www.vimeo.com/3956098

C’était chaque fois la même histoire. Tout recommençait comme une première fois dans l’étonnement d’une découverte des générations. Les forces extérieures étaient trop grandes et les destins individuels trop fragiles. Alors que chacun avait vécu en essayant de créer un environnement protégé et le monde s’écroulait à nouveau. Etais-ce simplement un discours ? Une mise en scène ? Mais les mots déjà résonnaient dans les faits. On l’annonçait jour après jour. Les individus étaient à présent soumis à un monde qui les dépassaient et qui les submergeaient. Ce n’était pas nouveau pour certains d’entre eux qui avaient déjà subis cet insensé, mais ce qui était neuf (à nouveau) c’était les masses, les groupes, les foules soumis à cette violence. Chacun n’était plus qu’une unité prise dans un torrent d’événements. La crise ? La guerre ? La pauvreté ? La terreur ? À chaque fois, l’histoire reprenait, suivant des détours, pendant quelques décennies, mais inexorablement revenait à cette puissance insoupçonnée du destin commun dans lequel plus rien n’était à partager. Comment pouvait-on distinguer le discours de ses effets ? Discriminer l’ordre réel de l’ordre des idées ? La raison de l’histoire, puisque nulle raison, si ce n’est un cycle et une puissance, ne venait structurer l’ensemble ? Chacun avait donc tenté d’aménager sa vie, de se procurer certains plaisirs, en coexistant à côté de ses semblables, nous ne faisions alors que les croiser, et le bruit d’un éclat retentissait comme un mauvais souvenir qui revenait à notre mémoire et qui avait mis un long moment à nous parvenir. Non pas un discours des ruines fasciné par ces miettes, mais le mouvement même des corps passant d’une protection illusoire à la soumission involontaire. Ces corps vont rentrer en mouvement, des foules aux frontières, des files d’attente interminables, des états se disloquant et tentant de répondre à des demandes inappropriées, nos habitudes décalées face aux événements, nos vieux réflexes, nos croyances. Il faudra apprendre et puis à nouveau oublier.

Dislocation III

décembre 12th, 2007 § 0

 Dislocation III - 003, 2007, edition of 5 + 2 AP, archival ultrachrome ink jet, 70 x 120 cm / 27.5\

La ville, les rues, un trottoir sur lequel les passants marchaient. Des millions de flâneurs au fil des décennies. L’asphalt est à présent défoncé, arraché, décollé comme des fragments d’un iceberg à la dérive.

Was it an earthquake or explosives which destroyed this road or sidewalk. What did restructure it in a more abstract order than being again a useful ground? The artist is questioning our sense and perception of a destructive process and what it has to do with esthetics.
For Gregory Chatonsky it is not only the disruption and traumatic aspect of it but as well the genesis of something new. His transformation into an art work even lends to the destroyed material the momentum of an invention of a thoughtful fabrication.

Where Am I?

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