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	<title>Gregory Chatonsky &#187; discours</title>
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		<title>Du dehors</title>
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		<pubDate>Sat, 09 May 2009 14:28:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/09-du-dehors/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p>Il regardait avec une indifférence amusée ceux qui croyaient que leurs expérimentations esthétiques étaient au coeur du monde, n&#8217;apercevant pas celles-ci comme des questions typologiques et locales. Ils évaluaient le monde d&#8217;après le filtre de leurs questions, n&#8217;observant les (autres) créations artistiques que selon ces critères, se transformant comme norme discriminant ce qu&#8217;il y a à faire et ce qu&#8217;il n&#8217;y a pas à faire. Il n&#8217;avait nul mépris pour cette orientation, mais il s&#8217;en sentait profondément étranger &#8211; il s&#8217;imaginait sans doute d&#8217;une autre époque &#8211; parce qu&#8217;il était quotidiennement saisi par le doute de son inimportance. Les machines technologiques qu&#8217;il utilisait étaient un rappel permanent à cette étrangeté au coeur même de la création: il héritait de ces machines, il ne les avait pas faites, c&#8217;était des objets indifférents. Tout comme le monde était autour de lui, il ne le contenait pas. Il y avait des questions dont il n&#8217;avait nulle idée et les oeuvres, pour lui, étaient des occasions pour ces questions de se poser, les technologies étaient aussi une occasion de nous rappeler à cette altérité en notre coeur même. Il savait pourquoi en Occident l&#8217;ego artistique avait été renforcé de telle façon que nous arrivions à ce surplus absurde et pour ainsi dire comique auquel personne, pas même les gens de l&#8217;art, ne croyait plus. Il y avait selon lui cet échange permanent des places vers le dehors, et c&#8217;est pourquoi, non pas quelque scrupule adolescent, mais par choix déterminé, il n&#8217;incluait pas son travail dans sa parole, ou simplement à la demande expresse de son interlocuteur. Son activité était en surplus du monde, une chance certes d&#8217;être en plus, mais un ajout. Ceci expliquait son apathie, même s&#8217;il gardait, il le savait, un peu d&#8217;attachement encore à ces objets d&#8217;enfance. La plus grande part de la production artistique était un soupçon du passé, un académisme dont la forme avait changé depuis le 19ème mais dont le principe structurel était resté le même: s&#8217;habituer à nos questions.</p>
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		<title>Le nom de la parole</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Aug 2008 21:19:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Quotidien]]></category>
		<category><![CDATA[discours]]></category>
		<category><![CDATA[justification]]></category>
		<category><![CDATA[langage]]></category>

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		<description><![CDATA[ ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Chacun travaillait et croyait oeuvrer au nom d&#8217;un concept. Mais c&#8217;était celui-ci pourtant qui était utilisé la plupart du temps pour apporter une justification à un désir individuel. Lui qui doutait de ses actes comme de ses paroles, n&#8217;aurait jamais voulu dire que ceci, l&#8217;oeuvre, fut la simple expression d&#8217;une personnalité, pire encore d&#8217;une intériorité. Cette logique lui était étrangère. Chacun donc parlait, dans les dîners, dans les rencontres impromptues,  de ce qu&#8217;il faisait. C&#8217;est d&#8217;ailleurs une question qu&#8217;il aimait poser, et les réponses variaient entre le détachement et le monologue, mais c&#8217;était toujours la même chose, la même solitude. Une personne s&#8217;énervait contre les autres, les expositions, le milieu de l&#8217;art, d&#8217;autres abstractions encore, il pestait, défendait une autre idée, une autre sensibilité. Il écoutait cette tragédie et savait que finalement derrière il n&#8217;y avait qu&#8217;un seul et même écho: cette personne parlait de ce qu&#8217;il faisait, de ce qu&#8217;il voulait faire. Il utilisait la puissance de l&#8217;idée pour justifier son petit monde, monde qui était à l&#8217;image du silence qui règnait autour de lui, surtout quand il parlait.</p>
<p>Il se demandait: comment avoir une parole juste, puisqu&#8217;il faut parler, non pour défendre son propre travail, sa peau, mais pour penser? Étions-nous donc contraint à ce monologue, à cette parole creuse, ajoutant à nos images des concepts prétextes? Devions-nous nous démontrer? Étais-ce seulement de l&#8217;auto-justification? Il posait ces questions aussi à cet espace dans lequel il écrivait, jour à après jour, ses pensées fugitives. Fallait-il utiliser le langage contre la pensée, conter sa pensée, détruire avec des mots les images, les sons, les données? Fallait-il se livrer à soi-même bataille? Et cette dialectique n&#8217;était-elle pas une posture?</p>
<p>Il s&#8217;arrêta un moment et compris qu&#8217;il fallait &laquo;&nbsp;tenir le pas gagné&nbsp;&raquo;, maintenir l&#8217;exigence que celle-ci entraîne la position ou la négation, peu importe.</p>
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