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	<title>Gregory Chatonsky &#187; numérique</title>
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		<title>Entre l&#8217;indifférence et la démonstration de force</title>
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		<pubDate>Wed, 11 Aug 2010 19:30:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/23.jpg" rel="lightbox[3416]"><img class="alignleft size-full wp-image-3417" title="23" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2010/08/23.jpg" alt="" width="396" height="550" /></a></p>
<p>La relation qu&#8217;entretient l&#8217;art contemporain aux technologies a quelque chose d&#8217;impensée et de ridicule qui confine au symptôme. Elle varie entre l&#8217;indifférence fondée sur un a priori négatif parce que, comme on dit, c&#8217;est simplement de la technique (selon la vieille séparation des arts libéraux et mécaniques) et l&#8217;exigence de la démonstration de force. Le numérique doit étonner, il doit permettre l&#8217;immersion, l&#8217;oeuvre totale, l&#8217;innovation esthétique et industrielle dans des festivals, dans des foires, dans des conférences. Que sais-je encore? Les artistes s&#8217;intéressant au numérique sont cernés d&#8217;alibis de toutes sortes. On leur demande de rendre des comptes, de parler à la place d&#8217;autres, d&#8217;adopter le langage du conservateur, de l&#8217;ingénieur, de l&#8217;entrepreneur. Ils doivent toujours se justifier: et l&#8217;art? Et la technique%? Et pourquoi? Et comment ça marche? Il n&#8217;est pas étonnant dans ces conditions biaisées d&#8217;avance, que la plus grande part des productions soient naives et comme déconnectées de certains soucis contemporains.</p>
<p>Cette relation maniaco-dépressive teintée de froideur place les arts numériques dans une impasse. Le jeu a été joué d&#8217;avance, avant les oeuvres, avant les expositions, avant les tentatives et les expérimentations. Les gens ont déjà un avis sur toutes ces questions parce qu&#8217;il y a une surdétermination qui régie l&#8217;ensemble de la société.</p>
<p>Les arts numériques sont en général placés dans une petite case, pour faire jeune, parce qu&#8217;il en faut bien ici ou là, parce qu&#8217;il faut aussi tenter, essayer. Ils ne sont pas intégrés dans un ensemble. Ce soupçon rend leurs approches difficiles. L&#8217;anticipation est trop grande, l&#8217;idéologie règne alors que l&#8217;expérience esthétique devrait s&#8217;ouvrir. Il y a les pro-techniques, les anti-techniques et ce sont finalement les mêmes. Ils s&#8217;entretiennent les uns des autres. Ils ont finalement la même conception instrumentale et anthropologique de la technique.</p>
<p>Pendant que certains commissaires regardent cela avec un certain mépris et préfèrent les formes de créations plus classiques parce qu&#8217;elles semblent plus artistiques et qu&#8217;il faut bien préserver le grand art, à ce moment précis, dans l&#8217;instant de cette décision indifférente, ils pianotent sur leurs claviers, vont sur Internet, prennent des rendez-vous sur leurs iphones, passent d&#8217;une application à une autre, s&#8217;inquiètent d&#8217;un appel manqué. Ils sont parfois seuls dans leur bureau, ferment la porte, vont sur un site porno, regardent des petites annonces, jouissent, ouvrent un courriel d&#8217;un artiste qui tente de rentrer en contact avec eux, consultent un catalogue et le referment incapable de penser à quoi que ce soit. Bref, ils vivent dans ce monde, de part en part, ce monde tissé par le numérique. Et c&#8217;est justement parce que celui-ci n&#8217;est pas localisé (comme pouvait l&#8217;être la télévision et la vidéo qui correspondaient à un espace-temps délimité), c&#8217;est parce qu&#8217;il s&#8217;introduit dans toutes les fissures du monde, dans tous nos temps laissés, que les commissaires ne voient rien, ne veulent rien voir. Ils se déconnectent du monde, de ce monde parce que l&#8217;art doit, selon certains, être justement ce moment de suspension face à l&#8217;instrumentalisation de toutes choses. Que le numérique ait modifié de part en part notre relation au monde et notre sensibilité, notre manière de percevoir importe peu. La seule chose qui compte est de maintenir à tout prix, fut-ce au prix du monde dans lequel nous vivons, une certaine conception de l&#8217;art, une certaine idée de la culture. Le changement du monde est le moins perceptible parce qu&#8217;il faudrait changer de corps, d&#8217;yeux, d&#8217;oreilles et de doigts pour enfin l&#8217;apercevoir. Il faudrait de nouvelles expériences du sensible pour ouvrir à la réflexion ce qui déjà a cours quotidiennement.</p>
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		<title>Angles Arts numériques [Elektra10 Essais] (Montreal, CA)</title>
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		<pubDate>Fri, 15 May 2009 20:49:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Grégory</dc:creator>
				<category><![CDATA[Publications]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/05/elektra-cov-fake-rgb21.jpg" rel="lightbox[3020]"><img class="alignnone size-medium wp-image-3022" title="elektra-cov-fake-rgb21" src="http://incident.net/users/gregory/wordpress/wp-content/uploads/2009/05/elektra-cov-fake-rgb21-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a></p>
<p>Angles Arts numériques [Elektra10 Essais] est une première publication réunissant les textes de trois auteurs [Daniel Canty + Vincent Bonin + Grégory Chatonsky] gravitant dans le milieu des arts médiatiques et des nouveaux médias.</p>
<blockquote><p>&laquo;&nbsp;Notre époque est friande d’INTERDISCIPLINARITÉ. Frayer avec plusieurs disciplines est devenu un lieu commun enseigné dans les écoles et exigé par les festivals, comme si par un tel croisement on rêvait d’un autre art n’adoptant aucune forme particulière, mais les prenant toutes. Le numérique semble, dans ce domaine, riche en promesses. Sa capacité à traiter des informations permet en effet la traduction d’un média à un autre, non par quelque métaphore, mais selon des fonctions fixant les règles du possible. On se met à rêver d’une machine réalisant enfin le programme d’une certaine modernité, plongeant ses racines dans Bayreuth, une fusion entre les arts, le passage d’une forme à une autre, comme si une autre forme, invisible celle-là, ne cessait de couler le long d’un flux ininterrompu.<br />
Derrière la scène, il y a un ordinateur qui est l’objet de toutes les attentions, on craint le bogue à tout instant. Il fait tourner un logiciel traitant une floculation de chiffres en provenance d’un capteur, lissant cette variation et en régurgitant une vibration sonore. Un VJ manipule peut-être des fragments d’images. Mais la rencontre semble vaine, car le mot d’ordre de l’interdisciplinarité a précédé le projet artistique, sa ligne de fuite et son désir, il ne reste plus qu’un effet. Or, la question de la TRADUCTION est ancienne dans le champ des arts. Les images ont été longtemps considérées comme la traduction d’un texte sous-jacent . Traduire, c’est aller d’une chose à une autre en rendant celle-ci redevable de la première, c’est donc faire passer quelque chose pour autre chose, une logique de la représentation et de la substitution par laquelle il s’agit de passer outre l’hétérogénéité des langues . La traduction n’est pas une activité spécifique, c’est une structure dont le modèle peut s’étendre à de nombreux domaines. Traduisez une phrase et retournez à cette origine en retraduisant la copie, opérez plusieurs fois de la sorte et observez le résultat. L’équivalence produit des écarts, tout comme l’accent écarte une langue d’elle-même .<br />
Cette intelligence de la traduction est troublée par le NUMÉRIQUE. La dépendance du résultat de la traduction par rapport à ce qui est traduit semble assurée quand il s’agit de langues naturelles. Mais que devient cette traduction quand elle procède à partir de symboles mathématiques, comme c’est le cas avec l’ordinateur, et que ceux-ci sont destinés à des médias  à interpréter comme l’image et le son? Comment une traduction peut-elle avoir lieu sans se fixer comme objectif de sauvegarder le sens du message d’origine? Les arts numériques ne devraient-ils pas être compris comme un nouvel agencement de la traduction, qui serait découpée en strates successives, rendant étrangement compatibles le sens et le non-sens, le programme et l’imprévisible, les technologies et les existences?(&#8230;)&nbsp;&raquo;<br />
(Grégory Chatonsky)</p></blockquote>
<p>Pour souligner les dix ans d&#8217;Elektra, événements international d&#8217;arts numériques, Angles Arts numériques propose la rencontre entre un point de vue théorique portant sur le concept de &laquo;&nbsp;tra(ns)duction&nbsp;&raquo;, lequel, au surplus, est &laquo;&nbsp;informé&nbsp;&raquo; par la pratique (Chatonsky), une perspective historique qui aborde différents événements d&#8217;arts médiatiques (Bonin) et l&#8217;essai littéraire, où le principe métaphorique de la machine est l&#8217;élément moteur de la réflexion (Canty).<br />
Aussi, le livre marque les 10 ans du festival à travers une sélection photographique qui retracent des moments forts d&#8217;Elektra depuis 1999.</p>
<p>Conception graphique &gt; Studio Feed</p>
<p>Prix de vente &gt; 25$ / 20$ durant le festival [jusqu'au 10 mai]</p>
<p>Disponible @ Montréal &gt;<br />
Centre des arts actuels Skol<br />
Gallimard<br />
Librairie du CCA<br />
L&#8217;Écume des jours<br />
Le Port de Tête<br />
Monet<br />
Olivieri<br />
Olivieri du MACM<br />
Zone Libre<br />
[Félix P. merci]</p>
<p>et @ Elektra</p>
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