
Tokyo a changé depuis mon dernier séjour, il y a 12 ans. Bien sur, le contexte dans lequel je voyage aussi est très différent.
À l’époque, mon quartier préféré était Jiyugaoka. Un quartier excentré, au sud, simple et tranquille, avec ses voies de trains omniprésentes, ses petits magasins sombres… Aujourd’hui, Jiyugaoka a fermé son magasin de céramique et a vu des dizaines de magasins européens s’ouvrir dans ses rues étroites.
Le design graphique et le packaging japonais courent après ces belles années, car on emballe désormais les achats dans d’innombrables calques de sacs plastiques… À l’ouverture d’un paquet, l’effeuillage est toujours présent, mais moins riche visuellement - les sacs plastiques blancs ont gagné la bataille: plus zen? Dans les distributeurs de boissons, les bouteilles en plastiques ont remplacées les canettes en allu de thé.
Ce qui ne change pas, et à même surement augmenté, c’est l’effevescence de Tokyo… Les flux. Toujours, sans arrêt, à tout moment, des flots d’informations, d’images, de gens, de bruits. Je dois avouer que je reste sans inspirations façe à tant de sollicitations, devant lesquels je ne sais pas prendre de la distance. Les images que j’ai produites ces dernieres semaines sont fades et me paraissent sans points de vues, et cela me semble normal.
Je choisis donc de ne rien montrer, ça se décantera à mon retour.
Demain je pars à Kyoto, pour plus de chaleur, et plus de calme.
