{"id":1099,"date":"2008-11-06T23:54:31","date_gmt":"2008-11-06T22:54:31","guid":{"rendered":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/?p=1099"},"modified":"2012-05-11T20:57:48","modified_gmt":"2012-05-11T19:57:48","slug":"i-scream","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/?p=1099","title":{"rendered":"I scream"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"480\" height=\"384\" class=\"alignleft size-full wp-image-1097\" title=\"iscream\" src=\"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/iscream.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Avant hier, Jocelyn et moi avons travaill\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 un nouveau projet qui porte le nom de \u00ab\u00a0I scream\u00a0\u00bb, une abr\u00c3\u00a9viation du titre \u00ab\u00a0I scream, you scream, we all scream for an ice-cream\u00a0\u00bb (un titre qui, bien s\u00c3\u00bbr, entre en r\u00c3\u00a9sonance avec les <a title=\"d\u00c3\u00a9truire\" href=\"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/archives\/detruire-dit-elle\/\" target=\"_self\">titres longs<\/a>).<\/p>\n<p>Le projet est une relecture du film \u00ab\u00a0The Night of the Living Dead\u00a0\u00bb et est cr\u00c3\u00a9\u00c3\u00a9 pour une soir\u00c3\u00a9e de projection qui aura lieu \u00c3\u00a0 l&rsquo;ancienne base des sous-marins \u00c3\u00a0 Lorient en d\u00c3\u00a9cembre.<\/p>\n<p>\u00c2\u00ab I scream You scream we all scream for an ice-cream \u00c2\u00bb est un film d\u00e2\u20ac\u2122horreur sans image, sans h\u00c3\u00a9moglobine, sans t\u00c3\u00aate qui tombe, un g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rateur de textes qui explore un genre cin\u00c3\u00a9matographique (le film d\u00e2\u20ac\u2122horreur) et en souligne ses clich\u00c3\u00a9s, ses r\u00c3\u00a9p\u00c3\u00a9titions et ses sch\u00c3\u00a9mas.<br \/>\nLes images propres au film d\u00e2\u20ac\u2122horreur, tr\u00c3\u00a8s souvent surcod\u00c3\u00a9es, y sont d\u00c3\u00a9laiss\u00c3\u00a9es au profit d\u00e2\u20ac\u2122un type d\u00e2\u20ac\u2122images diff\u00c3\u00a9rent : la typographie, dont la fonction est similaire \u00c3\u00a0 savoir celle de d\u00c3\u00a9signer un style et permettre la lecture d\u00e2\u20ac\u2122une histoire.<br \/>\nEn associant texte et musique (r\u00c3\u00a9sultat du mixage de la BO du film \u00c2\u00ab The Night of the Living Dead \u00c2\u00bb), le flux du g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rateur nous entra\u00c3\u00aene au c\u00c5\u201cur d\u00e2\u20ac\u2122intrigues gores et inqui\u00c3\u00a9tantes, en jouant avec le second degr\u00c3\u00a9 n\u00c3\u00a9cessaire \u00c3\u00a0 la lecture de ces dialogues refroidissants.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"480\" height=\"384\" class=\"alignleft size-full wp-image-1096\" title=\"iscream2\" src=\"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/iscream2.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"480\" height=\"384\" class=\"alignnone size-medium wp-image-1095\" title=\"iscream3\" src=\"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2008\/11\/iscream3.jpg\" alt=\"\" \/><\/p>\n<p>Les principales questions abord\u00c3\u00a9es lors de cette s\u00c3\u00a9ance de travail ont \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 celles de la n\u00c3\u00a9cessit\u00c3\u00a9 de l&rsquo;al\u00c3\u00a9atoire dans une telle entreprise, et ce que la g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ration apportait de plus qu&rsquo;une simple traduction lin\u00c3\u00a9aire, visuelle et typographique du film.<br \/>\nPour ma part, je reste persuad\u00c3\u00a9e qu&rsquo;un g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9rateur constitu\u00c3\u00a9 d&rsquo;apr\u00c3\u00a8s un texte-matrice aide \u00c3\u00a0 une relecture \u00ab\u00a0\u00c3\u00a9clair\u00c3\u00a9e\u00a0\u00bb de celui-ci. Il en souligne la grammaire, les r\u00c3\u00a9p\u00c3\u00a9titions, la ponctuation, les sch\u00c3\u00a9mas. Ce n&rsquo;est pas simplement un non-choix narratif laiss\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 l&rsquo;ordinateur, mais bien un d\u00c3\u00a9codeur, un traducteur de la structure du texte.<br \/>\nPour moi, le travail consiste en un va-et-vient entre lecture du texte matrice, lecture du texte g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9r\u00c3\u00a9, r\u00c3\u00a9daction et retouche du sc\u00c3\u00a9nario. Par exemple d\u00c3\u00a9finir  le nombre de mots par ligne, le nombre de lignes par \u00c3\u00a9cran, la taille typographie, la cadence et le mode d&rsquo;apparition et disparition du texte. C&rsquo;est \u00c3\u00a0 ce niveau-l\u00c3\u00a0 que se trouve l&rsquo;essentiel du travail de mise en image par la typographie (d&rsquo;autant plus quand on utilise une typographie comme la BF15 dont l&rsquo;impact visuel est important).<\/p>\n<p>Pour finir, l&rsquo;article \u00ab\u00a0Quand les zombies lisent Guy Debord\u00a0\u00bb, de Bruno ICHER, publi\u00c3\u00a9 sur le site de Lib\u00c3\u00a9ration lors de la sortie du nouveau film de Romero.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le pessimisme est sans aucun doute la principale qualit\u00c3\u00a9 de George A. Romero. C&rsquo;est gr\u00c3\u00a2ce \u00c3\u00a0 cette misanthropie sans faille que, depuis 1968 et sa fondatrice Nuit des morts vivants, il revient r\u00c3\u00a9guli\u00c3\u00a8rement nous dire que le monde est un cadavre en putr\u00c3\u00a9faction qui bouge encore. Trois ans apr\u00c3\u00a8s le post-apocalyptique et tr\u00c3\u00a8s r\u00c3\u00a9ussi Land of the Dead, dans lequel les zombies s&rsquo;organisaient en soci\u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 toujours aussi vorace mais intelligente, Romero a donc d\u00c3\u00a9cid\u00c3\u00a9 un retour aux origines, quand le monde n&rsquo;\u00c3\u00a9tait pas encore parsem\u00c3\u00a9 de cr\u00c3\u00a9atures de l&rsquo;enfer. Il a aussi retrouv\u00c3\u00a9 l&rsquo;ambiance fauch\u00c3\u00a9e de ses d\u00c3\u00a9buts, probablement bien aid\u00c3\u00a9 par les studios qui lui ont accord\u00c3\u00a9 un budget fam\u00c3\u00a9lique. Le costaud am\u00c3\u00a9ricain a en tout cas fait de n\u00c3\u00a9cessit\u00c3\u00a9 vertu en livrant un nouvel opus dont l&rsquo;esprit, mais pas la r\u00c3\u00a9alisation, ressemble comme un petit fr\u00c3\u00a8re \u00c3\u00a0 son \u00c5\u201cuvre originale.<\/p>\n<p>L&rsquo;affaire est ici concentr\u00c3\u00a9e dans l&rsquo;intimit\u00c3\u00a9 f\u00c3\u00a9brile d&rsquo;un groupe d&rsquo;\u00c3\u00a9tudiants en cin\u00c3\u00a9ma qui tournent un naveton de fin d&rsquo;\u00c3\u00a9tudes en pleine for\u00c3\u00aat. Ils commencent \u00c3\u00a0 peine \u00c3\u00a0 s&rsquo;engueuler \u00c3\u00a0 propos d&rsquo;une mauvaise prise que les infos t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9 font \u00c3\u00a9tat de cas \u00c3\u00a9tranges de r\u00c3\u00a9surrections aboutissant \u00c3\u00a0 des actes de cannibalisme. Jusque-l\u00c3\u00a0 tout va bien, on sait o\u00c3\u00b9 on est. Mais la cible de Romero est cette fois ailleurs. Son d\u00c3\u00a9go\u00c3\u00bbt vise l&rsquo;image. Celle avec laquelle il s&rsquo;amuse depuis quarante ans et qui, depuis, est pass\u00c3\u00a9e dans les mains du reste du monde. Ces milliards d&rsquo;images qui nous encerclent et nous tombent dessus \u00c3\u00a0 haut d\u00c3\u00a9bit, comme ces cadavres mal foutus dont il est impossible de se d\u00c3\u00a9barrasser. Le film brocarde le d\u00c3\u00a9ferlement ininterrompu d&rsquo;informations et l&rsquo;hyst\u00c3\u00a9rie collective avec laquelle l&rsquo;humanit\u00c3\u00a9 balance sur le Net le moindre film capt\u00c3\u00a9 au t\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9phone portable.<\/p>\n<p>Si Romero a une tendance \u00c3\u00a0 un l\u00c3\u00a9ger radotage, recyclant parfois les id\u00c3\u00a9es de ses pr\u00c3\u00a9c\u00c3\u00a9dents films, il a encore de la ressource. Une sc\u00c3\u00a8ne clouante d&rsquo;enfant qui veut d\u00c3\u00a9vorer sa s\u00c5\u201cur, l&rsquo;hallucinant tableau des poissons rouges humains ou la brillante m\u00c3\u00a9taphore finale laissent penser de Romero qu&rsquo;\u00c3\u00a0 l&rsquo;instar de ses cr\u00c3\u00a9atures, il faudra sans doute lui tirer dans la t\u00c3\u00aate pour qu&rsquo;il arr\u00c3\u00aate.\u00a0\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant hier, Jocelyn et moi avons travaill\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 un nouveau projet qui porte le nom de \u00ab\u00a0I scream\u00a0\u00bb, une abr\u00c3\u00a9viation du titre \u00ab\u00a0I scream, you scream, we all scream for an ice-cream\u00a0\u00bb (un titre qui, bien s\u00c3\u00bbr, entre en r\u00c3\u00a9sonance&#8230; <a class=\"read-more-button\" href=\"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/?p=1099\">(SAVOIR PLUS)<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[30,38,119,175,127],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1099"}],"collection":[{"href":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1099"}],"version-history":[{"count":5,"href":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1099\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4975,"href":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1099\/revisions\/4975"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1099"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1099"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1099"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}