{"id":4031,"date":"1994-03-03T15:51:00","date_gmt":"1994-03-03T14:51:00","guid":{"rendered":"http:\/\/incident.net\/v9\/?post_type=portfolio&#038;p=4031"},"modified":"2020-03-09T15:12:37","modified_gmt":"2020-03-09T14:12:37","slug":"incident-v-0","status":"publish","type":"portfolio","link":"https:\/\/incident.net\/?portfolio=incident-v-0","title":{"rendered":"Incident v.0 (1994)"},"content":{"rendered":"<p>Voici le premier texte \u00e9crit \u00e0 propos d\u2019Incident qui en 1994 fut un projet de revue papier et Web.<\/p>\n<p>I. Les enjeux technologiques<\/p>\n<p>La situation actuelle<br \/>\n1.1 Les technologies dans la culture<\/p>\n<p>Une dynamique appara\u00eet aujourd\u2019hui autour des technologies dites \u00ab nouvelles \u00bb (CD-Rom, Internet, environnements interactifs, r\u00e9alit\u00e9 virtuelle, etc.). Mais qu\u2019entendons-nous ici par \u00ab dynamique \u00bb? Quelque chose de durable? Une mode passag\u00e8re? Superficielle ou significative? Un int\u00e9r\u00eat v\u00e9ritable? On ne compte plus les articles traitant de la techno-culture, c\u2019est-\u00e0-dire des implications des technologies sur nos modes de vie et sur les repr\u00e9sentations de nos soci\u00e9t\u00e9s. Il existe m\u00eame des publications sp\u00e9cifiquement d\u00e9di\u00e9es \u00e0 ces questions, publications qui re\u00e7oivent un accueil tr\u00e8s favorable de la part du public et dont les principes et les modalit\u00e9s sont directement inspir\u00e9s par le succ\u00e8s des revues am\u00e9ricaines: Boing-Boing, Mondo 2000 et Wired. En France, Univers Interactif, CD-Media, Internet Reporter, Pixel, Branch\u00e9, sont autant d\u2019exemples qui d\u00e9montrent que ce domaine n\u2019est plus r\u00e9serv\u00e9 aux seuls ing\u00e9nieurs, et que le langage \u00e9sot\u00e9rique de l\u2019informatique, qui rendait souvent difficile l\u2019acc\u00e8s \u00e0 ces interrogations, s\u2019\u00e9pure progressivement pour intervenir dans les d\u00e9bats de nos soci\u00e9t\u00e9s. Entre les technologies et ce qu\u2019il est convenu de nommer la culture, une intrigante correspondance s\u2019ouvre et montre combien chacun de nous, touch\u00e9 dans son existence quotidienne par les technologies, doit adopter une position critique et r\u00e9fl\u00e9chie \u00e0 leur \u00e9gard.<br \/>\nOr il faut souligner que la culture et la technique ont longtemps \u00e9t\u00e9 oppos\u00e9es. D\u2019ailleurs ne distingue-t-on pas, sans trop savoir pourquoi, l\u2019art d\u2019un artiste de sa technique? Le contenu de la forme? La modification que nous voyons actuellement \u00e9merger est extr\u00eamement profonde et signale une c\u00e9sure dont les cons\u00e9quences et l\u2019\u00e9tendue sont encore \u00e0 interroger.<br \/>\n1.2 Une d\u00e9ficience<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9claircissement des enjeux technologiques devient aujourd\u2019hui une n\u00e9cessit\u00e9. Mais si beaucoup sont en accord avec ce constat et pressentent que les technologies seront appel\u00e9es \u00e0 jouer un r\u00f4le de plus en plus important, tant au niveau \u00e9conomique qu\u2019au niveau symbolique, les revues qui existent sont pour le moment bien en-de\u00e7\u00e0 d\u2019une r\u00e9flexion rigoureuse. Elles restent au niveau d\u2019un traitement \u00ab branch\u00e9 \u00bb et journalistique, et tout en se laissant pi\u00e9ger par l\u2019illusion d\u2019une incessante actualit\u00e9, ces revues ne poursuivent plus qu\u2019un fant\u00f4me, les \u00e9loignant des enjeux concrets des technologies. Elles transforment ainsi une v\u00e9ritable mati\u00e8re de r\u00e9flexion en un objet rassurant de consommation m\u00e9diatique ayant perdu toute probl\u00e9maticit\u00e9, toute intensit\u00e9 et tout questionnement.<br \/>\nIl existe une d\u00e9ficience symptomatique, et particuli\u00e8rement pr\u00e9gnante en France: la distance qui s\u00e9pare l\u2019ampleur des enjeux de la qualit\u00e9 du traitement qui leur est r\u00e9serv\u00e9, s\u2019accro\u00eet de jour en jour. La \u00ab techno-mode \u00bb laisse une large place aux derni\u00e8res innovations technologiques, mais r\u00e9inscrit ce qui pourrait donner lieu \u00e0 un bouleversement dans la r\u00e9gularit\u00e9 du monde de l\u2019information, o\u00f9 rien ne doit se passer car tout s\u2019y passe.<br \/>\nUne approche th\u00e9orique<br \/>\n2.1 La n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une nouvelle approche<\/p>\n<p>L\u2019objet de \u00ab INCIDENT \u00bb consiste \u00e0 palier les manques du traitement m\u00e9diatique qui est trop souvent superficiel, m\u00e9fiant ou tout simplement ignorant. Nous adopterons une d\u00e9marche rigoureuse et articul\u00e9e qui ne c\u00e9dera pas \u00e0 l\u2019attente d\u2019une r\u00e9ponse toute faite, en cherchant les vecteurs probl\u00e9matiques, les catalyseurs et les signaux. Il s\u2019agira d\u2019instituer un moment de pause dans le d\u00e9ferlement des nouveaut\u00e9s, car on ne saurait r\u00e9sumer et restreindre les technologies \u00e0 un simple effet de mode passager. Pour le moment, dans le domaine technologique, on nous pr\u00e9sente les choses selon le seul point de vue de l\u2019\u00e9v\u00e9nementialit\u00e9, du dernier ordinateur en date, du dernier processeur. Ce qui manque est l\u2019analyse r\u00e9fl\u00e9chie, c\u2019est-\u00e0-dire la th\u00e9orisation qui rend possible la compr\u00e9hension des ph\u00e9nom\u00e8nes.<br \/>\nL\u2019interruption est un concept-cl\u00e9, car il s\u2019agit bien de suspendre et de d\u00e9ranger cette logique acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e du d\u00e9veloppement technique qui veut aller vite, oublier vite, ne retenir que l\u2019information utile pour la suite, en somme gagner du temps \u00e0 tout prix, m\u00eame si ce prix \u00e0 payer est celui infiniment secret de la pens\u00e9e. Il y a en tout cela le sentiment d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9, on ne saurait continuer de cette mani\u00e8re; c\u2019est pourquoi il faut proposer des alternatives, d\u2019autres approches, non pour les imposer mais afin de permettre la diversit\u00e9 et combattre ainsi le silence de l\u2019h\u00e9g\u00e9monie &#8211; une situation qui s\u2019installe sans que pourtant personne ne semble en avoir d\u00e9cid\u00e9 ainsi.<br \/>\n2.2 L\u2019art technologique<\/p>\n<p>Divers savoirs et diff\u00e9rentes pratiques seront convoqu\u00e9s, aussi bien dans les domaines de la litt\u00e9rature, de la po\u00e9sie, de la philosophie que dans les sciences dures (sciences cognitives, neuro- et biosciences, cybern\u00e9tique, informatique). Ces disciplines s\u2019articuleront autour de ce qui lie aujourd\u2019hui les arts aux technologies, car cette relation t\u00e9moigne au plus haut point de la nouveaut\u00e9 du champ technologique. Le calcul, la logique math\u00e9matique, le concept scientifique p\u00e9n\u00e8trent l\u2019image optique; le plus proche de l\u2019Id\u00e9e va ainsi \u00e0 la rencontre de ce qui constituait, selon Platon, sa plus grande d\u00e9gradation. Cette m\u00e9tamorphose des rapports entre l\u2019ordre logique et visuel t\u00e9moigne de la multiplicit\u00e9 des arts technologiques: installations interactives, r\u00e9alit\u00e9 virtuelle &#8211; plus ou moins immersive -, art g\u00e9n\u00e9tique, art en r\u00e9seau, etc&#8230; qui sont autant d\u2019expressions de ce foisonnement singulier encore difficilement appr\u00e9hendable par la pens\u00e9e. De \u00ab nouvelles \u00bb \u0153uvres apparaissent dont la diffusion reste tr\u00e8s insuffisante par rapport aux enjeux concrets dont elles t\u00e9moignent. Ce sont des \u0153uvres qui composent des dispositifs singuliers qu\u2019on ne saurait saisir par le seul biais de l\u2019esth\u00e9tique pass\u00e9e, et qui ouvrent, \u00e0 notre sens, la voie \u00e0 une autre esth\u00e9tique: non seulement dans les arts, mais aussi dans son sens large, c\u2019est-\u00e0-dire comme sensibilit\u00e9, comme facult\u00e9 de percevoir.<br \/>\nIl est grand temps de proposer des esth\u00e9tiques de ces arts, et donc du monde technologique. Ceci devra \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 avec une rigueur capable de reconna\u00eetre les filiations de ces \u0153uvres, conscientes et inconscientes dans le processus cr\u00e9ateur, reconstruites ou construites par le th\u00e9oricien. Car il faut bien reconna\u00eetre que ces objets induisent du nouveau tout autant qu\u2019ils entretiennent de multiples rapports avec la tradition de l\u2019invention technologique, tels que ces automates du XVI\u00e8me si\u00e8cle, avec les arts plastiques et les arts contemporains (futurisme, Bauhaus, Duchamp, etc.). C\u2019est l\u2019arch\u00e9ologie toujours vivante d\u2019un futur qui vient \u00e0 nous depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, mais qui n\u2019est pas encore advenu, qui ne se r\u00e9alisera s\u00fbrement jamais en personne. C\u2019est l\u2019arch\u00e9ologie \u00e0 rebours qui permet aussi de pister dans le pass\u00e9, \u00e0 partir des d\u00e9couvertes du pr\u00e9sent, ce qui a \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9 ou m\u00eame refoul\u00e9: la place active du spectateur et de l\u2019exposition de l\u2019\u0153uvre, le caract\u00e8re charnel de l\u2019exp\u00e9rience technologique, ou l\u2019instrumentalit\u00e9 probl\u00e9matique de la machine. En d\u2019autres termes, l\u2019\u00e9tude esth\u00e9tique permet de reconstituer le fil probl\u00e9matique de la temporalit\u00e9 technologique et de comprendre combien les dimensions classiques du temps y sont entrecrois\u00e9es.<br \/>\nCes \u0153uvres sont \u00e0 comprendre et \u00e0 \u00e9couter comme les premi\u00e8res exp\u00e9riences radicales des technologies: des exp\u00e9riences qui permettent, si on les prend en compte, de ne pas projeter dans ce champ des fantasmes insouciants d\u2019eux-m\u00eames, mais de tenter une approche constitutive des technologies, c\u2019est-\u00e0-dire une approche qui s\u2019interroge non seulement sur la constitution de son objet, mais qui sait aussi que le regard port\u00e9 n\u2019est pas innocent et qu\u2019approcher quelque chose c\u2019est d\u00e9j\u00e0 le modifier. Par la pratique, elles t\u00e9moignent de la \u00ab r\u00e9alit\u00e9 technologique \u00bb tout comme elles construisent leur propre \u00ab r\u00e9alit\u00e9 \u00bb. C\u2019est par l\u2019art que la liaison inextricable entre l\u2019affectivit\u00e9 et les technologies peut se r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 elle-m\u00eame. Les \u0153uvres technologiques nous prennent de cours, nous ne savons pas de quelle mani\u00e8re proc\u00e9der pour les approcher, pour les comprendre. Dans l\u2019urgence, les mots nous manquent, nous balbutions \u00e0 nouveau: faut-il encore parler d\u2019\u0153uvres? D\u2019art? D\u2019artistes ou de spectateurs? De quelles mani\u00e8res les exposer? Comment les d\u00e9crire? Et les penser? Ces mots ont-ils chang\u00e9 de signification? Et si cette situation peut perturber certains qui pr\u00e9f\u00e9reraient retourner en terrain connu, elle est selon nous le signal critique qui annonce un bouleversement. Les mots n\u2019ont plus le m\u00eame sens, il faut les d\u00e9couvrir \u00e0 nouveau, comme \u00e0 chaque fois. Les fondements vacillent, la n\u00e9cessit\u00e9 des questions revient, elle ne nous avait d\u2019ailleurs jamais quitt\u00e9e.<br \/>\nDe ce fait, la question de l\u2019art n\u2019est pas une difficult\u00e9 ext\u00e9rieure aux technologies, elle en est une demande int\u00e9rieure, comme si, et pour des raisons encore inexpliqu\u00e9es, l\u2019art et les technologies entretenaient d\u2019\u00e9troits rapports qui n\u2019auraient pas encore \u00e9t\u00e9 pleinement pens\u00e9s.<br \/>\n2.3 L\u2019interdisciplinarit\u00e9<\/p>\n<p>C\u2019est en vue de cette discontinuit\u00e9 que \u00ab INCIDENT \u00bb voudrait se situer \u00e0 la convergence de diff\u00e9rentes disciplines et de champs multiples dans le cadre desquels pourront librement se d\u00e9ployer les recherches les plus divergentes. Le titre donn\u00e9 \u00e0 la revue traduit cette attention port\u00e9e aux divers mouvements de transposition, de transfert, de conversions analogiques, de superpositions et de surimpressions entre les r\u00e9gions du savoir et \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de chacune d\u2019entre elles. Il t\u00e9moigne ainsi d\u2019une recherche, d\u2019une invention de n\u0153uds et d\u2019interconnexions parfois inapparentes: il s\u2019agit en effet d\u2019esquisser des zones de liaison et d\u2019articulation entre des domaines h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, tout en g\u00e9n\u00e9rant ce qui ne se rattache plus \u00e0 un cadre disciplinaire donn\u00e9. Dans ce sens, \u00ab INCIDENT \u00bb indique aussi bien une travers\u00e9e r\u00e9fl\u00e9chie de diff\u00e9rentes aires culturelles qu\u2019une tentative d\u2019\u00e9pouser ce qui leur \u00e9chappe.<br \/>\nSi l\u2019interdisciplinarit\u00e9 est n\u00e9cessaire c\u2019est que notre projet est port\u00e9 par l\u2019esp\u00e9rance d\u2019un espace de travail et de recherche \u00e0 la jonction de plusieurs int\u00e9r\u00eats de d\u00e9part, eux-m\u00eames non-unifi\u00e9s, qui permettront d\u2019inscrire les traces de l\u2019\u00e9preuve o\u00f9 l\u2019identit\u00e9 pr\u00e9sum\u00e9e d\u2019une discipline vacille. Avec les technologies il s\u2019agit justement de ce vacillement, de cette h\u00e9sitation g\u00e9n\u00e9ratrice entre diff\u00e9rentes m\u00e9thodes que l\u2019on opposait auparavant, de cette ouverture des technologies sur d\u2019autres domaines de connaissance tels que la philosophie, l\u2019esth\u00e9tique, l\u2019anthropologie, les sciences, l\u2019histoire, etc. Il ne s\u2019agira pas pour autant de d\u00e9placer les champs respectifs de comp\u00e9tences, en croyant ou en faisant croire, par exemple, qu\u2019un philosophe peut faire de la recherche en biologie, mais seulement de montrer qu\u2019il existe des plans communs de d\u00e9placement, des lignes sur lesquelles se meuvent des concepts d\u00e9pendant des probl\u00e8mes pos\u00e9s.<br \/>\n2.4 La rigueur critique<\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019adopter une attitude et une position critiques \u00e0 l\u2019\u00e9gard des clich\u00e9s qui aujourd\u2019hui circulent autour des technologies, et dont les m\u00e9dias se font les bienheureux porte-paroles. Car ces clich\u00e9s ne sont pas seulement inexacts, d\u2019un point de vue scientifique, ils inventent aussi une atmosph\u00e8re fantasmatique qui fascine autant qu\u2019elle effraye, et qui finalement d\u00e9livre l\u2019individu de sa capacit\u00e9 \u00e0 penser et de sa responsabilit\u00e9.<br \/>\nNous ne revendiquons pas quelque notion d\u2019avant-garde, aussi peu d\u00e9terminable soit-elle. Pr\u00e9tendre faire table rase du pass\u00e9, ce serait vouloir oublier la tradition qui travaille et surd\u00e9termine, de fa\u00e7on implicite ou non, les tentatives (et les technologies) qui se disent nouvelles. Car il faut bien comprendre qu\u2019on nous pr\u00e9sente comme nouveau ce qui la plupart du temps provient du pass\u00e9, et que par une telle pr\u00e9sentation on oublie la m\u00e9moire du temps et l\u2019histoire. On subit alors plus qu\u2019on ne pense. Certains clament la nouveaut\u00e9 de l\u2019interactivit\u00e9, sans m\u00eame se demander si une telle notion n\u2019aurait pas d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 visit\u00e9e par les auteurs de la tradition. D\u2019autres tombent en extase devant la pr\u00e9tendue communion sur Internet et veulent y apercevoir la fusion d\u2019un \u00ab cerveau global \u00bb, sans m\u00eame s\u2019apercevoir que le langage et la logique ainsi utilis\u00e9s rel\u00e8vent d\u2019autres domaines, d\u2019autres \u00e9poques. Si les technologies provoquent une situation nouvelle, une situation de crise, le bouleversement touche aussi le langage. On ne sait plus quel mot utiliser pour indiquer tel ou tel objet &#8211; l\u2019a-t-on d\u2019ailleurs jamais su avec certitude? Il faut donc, si l\u2019on veut rester rigoureux, r\u00e9explorer les concepts, en d\u00e9finir de nouveaux ou red\u00e9finir ceux qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9s \u00e0 force d\u2019impr\u00e9cision et de lieux communs. \u00c9tablir et questionner le lexique des technologies, c\u2019est amener leur langage \u00e0 un niveau n\u00e9cessaire de consistance. Il ne faut surtout pas n\u00e9gliger la connaissance historique qui permettra de formaliser les \u00ab programmes \u00bb d\u00e9j\u00e0 disponibles, ici ou l\u00e0: ces mots dont nous croyons conna\u00eetre le sens mais dont nous avons perdu la d\u00e9finition, ces concepts que nous ne pouvons pas nous approprier parce que nous ne sommes pas conscients de leur provenance. Il ne faut pas reproduire en croyant innover, \u00e9crire sans savoir en se laissant dicter des programmes d\u00e9j\u00e0 lanc\u00e9s ailleurs, voire d\u00e9j\u00e0 \u00e9puis\u00e9s ou satur\u00e9s.<br \/>\nNous refusons \u00e9galement l\u2019enlisement st\u00e9rile dans la tradition. Il s\u2019agit en effet d\u2019entretenir un rapport \u00e0 la tradition qui ne soit pas exclusivement mim\u00e9tique, en refusant d\u2019identifier l\u2019approche r\u00e9solument exp\u00e9rimentale \u00e0 la r\u00e9\u00e9valuation simplement savante des pratiques et des th\u00e9ories recens\u00e9es, en suspendant la sym\u00e9trie entre un parcours transversal et l\u2019exploitation gestionnaire du d\u00e9j\u00e0-l\u00e0 d\u2019un corpus traditionnel. C\u2019est en esquissant des projets configurateurs, \u00e0 partir et avec des \u00e9l\u00e9ments de la tradition, que l\u2019on peut tenter d\u2019ouvrir des interstices entre une structure pass\u00e9e et une autre \u00e0 venir, pour affecter avec du nouveau un syst\u00e8me culturel constitu\u00e9. C\u2019est donc entre le respect et l\u2019irrespect de la tradition qu\u2019il sera possible d\u2019esquisser une voie qui ne s\u2019engouffre pas d\u2019avance dans les interpr\u00e9tations autoris\u00e9es et orthodoxes: aux conditions d\u2019une r\u00e9ouverture du possible r\u00e9pondrait ainsi une orientation sans directives.<br \/>\nIl s\u2019agira de dessiner la topologie incertaine et mouvante de ce qui aujourd\u2019hui se donne \u00e0 nous \u00e0 travers les technologies, aussi diversifi\u00e9s que soient ses modes de manifestation. Mais \u00e9laborer des dispositifs th\u00e9oriques et pratiques pour \u00ab capter \u00bb les \u00e9v\u00e9nements qui viennent de l\u2019avenir, c\u2019est voir que l\u2019avenir est aussi donn\u00e9 depuis le fond disloqu\u00e9 du pass\u00e9, d\u2019o\u00f9 une exigence d\u2019intempestivit\u00e9 et de distance critique. Traquer les traces de ce qui s\u2019annonce ou non \u00e0 travers notre \u00e9poque, c\u2019est donc aussi explorer toutes les s\u00e9dimentations historiques qu\u2019elle recouvre et d\u00e9manteler les discours enthousiastes et conjuratoires provoqu\u00e9s par les technologies.<br \/>\nUne approche exp\u00e9rimentale<br \/>\n3.1 De la th\u00e9orie \u00e0 la pratique<\/p>\n<p>Il ne faut pas oublier que les technologies, tout comme les \u0153uvres d\u2019art, sont des objets concrets. Elles se rattachent bien \u00e9videmment \u00e0 des id\u00e9es et ce rattachement est assur\u00e9ment et en tout point probl\u00e9matique car on ne saurait le r\u00e9sumer aux mouvements de l\u2019abstraction ou de la r\u00e9alisation. Ceci est d\u2019autant plus vrai pour les technologies qui, quant \u00e0 leur production m\u00eame, exigent simultan\u00e9ment une d\u00e9marche intellectuelle et une activit\u00e9 pratique. Elles supposent toujours certaines conceptions &#8211; de ce qu\u2019est l\u2019\u00eatre humain, le langage, la r\u00e9alit\u00e9, etc. -, qui s\u2019embo\u00eetent avec des objets concrets. En somme, si d\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale concept et intuition sont d\u00e9pendants l\u2019un de l\u2019autre, avec les technologies, les domaines de la r\u00e9flexion et de l\u2019exp\u00e9rimentation deviennent ins\u00e9parables. C\u2019est pour cette raison que \u00ab INCIDENT \u00bb voudrait \u00eatre un champ d\u2019exp\u00e9riences et de pratiques technologiques.<br \/>\nDe ce point de vue, cette publication voudrait ne pas r\u00e9p\u00e9ter ce qui a lieu ailleurs, car elle est charg\u00e9e d\u2019une diff\u00e9rence. En effet, elle tentera d\u2019aborder la question de l\u2019art, non seulement en pensant les \u0153uvres, mais aussi en \u00ab \u0153uvrant \u00bb elle-m\u00eame. Le nouveau type de revue que nous visons se situe aux limites probl\u00e9matiques entre l\u2019approche th\u00e9orique de l\u2019art et sa r\u00e9alisation pratique. On sait bien que la premi\u00e8re ne va pas sans une certaine inventivit\u00e9 et que l\u2019autre est fr\u00e9quemment accompagn\u00e9e par le d\u00e9sir de savoir, de conna\u00eetre, d\u2019explorer, d\u2019organiser. Entre l\u2019\u00e9criture th\u00e9orique et celle qui rel\u00e8ve de la fiction, il n\u2019y a pas d\u2019identit\u00e9 mais des plans communs de d\u00e9placement entre construction et imagination, rigueur du syst\u00e8me et plaisir d\u2019\u00e9crire. L\u2019une n\u2019exclut pas l\u2019autre sans pourchasser ce qui la hante elle-m\u00eame.<br \/>\nDe la m\u00eame mani\u00e8re, les dimensions (icono)graphiques ne seront pas r\u00e9duites \u00e0 un r\u00f4le essentiellement illustratif, \u00e0 un r\u00e9gime unilat\u00e9ral de soumission au texte, comme c\u2019est souvent le cas dans les revues d\u2019art et\/ou th\u00e9oriques. Elles obtiendront une place autonome,  ind\u00e9pendance qui permettra de r\u00e9server des passages et des \u00e9carts entre le texte et elles.<br \/>\n3.2 La maquette<\/p>\n<p>En ce sens, la maquette et le graphisme auront un r\u00f4le particuli\u00e8rement important \u00e0 jouer. Ils ne seront pas subordonn\u00e9s au \u00ab contenu \u00bb. Le minimum, l\u00e0 encore, consiste \u00e0 \u00e9couter les technologies et les \u0153uvres qui, depuis toujours, questionnent la clart\u00e9 de la d\u00e9limitation entre la forme et le contenu, l\u2019ext\u00e9rieur et l\u2019int\u00e9rieur. Il ne s\u2019agit pas d\u2019imposer une attitude classique, mais plut\u00f4t de mettre en \u0153uvre l\u2019entrelacement que nous voyons d\u00e9j\u00e0 appara\u00eetre entre le texte et l\u2019image, dans ce que l\u2019on nomme habituellement le \u00ab multim\u00e9dia \u00bb, et dont nous voudrions saisir ici le processus m\u00eame. C\u2019est ainsi que la mise en page, qui sera bien plus que ce que cette formule peut laisser entendre, permettra d\u2019interroger le statut de l\u2019image et du texte dans les technologies. Il n\u2019y aura pas de hi\u00e9rarchie entre la lettre et l\u2019image: tant\u00f4t un dispositif prendra l\u2019ascendant sur l\u2019autre, tant\u00f4t l\u2019autre fera pr\u00e9valoir ses droits, et \u00e0 d\u2019autres moments ils s\u2019enchev\u00eatreront.<br \/>\n3.3 Work in progress<\/p>\n<p>Nous ne pouvons pas formuler ici plus pr\u00e9cis\u00e9ment la diff\u00e9rence qui l\u00e9gitime la revue: son d\u00e9ploiement ne pourra se faire qu\u2019\u00ab en acte \u00bb. Contentons-nous de l\u2019indication forc\u00e9ment g\u00e9n\u00e9rale d\u2019un certain sentiment d\u2019urgence, qui va de pair avec une rigueur de traitement et du privil\u00e8ge d\u2019une proc\u00e9dure: celle de d\u00e9sadh\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9gard des proc\u00e9dures conventionnelles. Dans cette dimension exp\u00e9rimentale, il y va d\u2019un \u00ab work in progress \u00bb qui, s\u2019articulant autour des ph\u00e9nom\u00e8nes technologiques, pr\u00e9serve une dimension intempestive.<br \/>\nOn convoquera ainsi toutes celles et tous ceux qui, dans leurs activit\u00e9s de production plastique, de savoir, de recherche sur ou avec les technologies, rencontrent \u00e9galement ce qui contamine d\u2019ind\u00e9termination toutes les proc\u00e9dures de ma\u00eetrise technique. Il ne s\u2019agit certainement pas d\u2019accepter une pr\u00e9tendue \u00ab cyberculture \u00bb, globale et globalisante, en r\u00e9p\u00e9tant ses affabulations fantasmatiques et m\u00e9diatiques qui se greffent sur l\u2019\u00e9mergence de ce qui n\u2019a pas encore de nom; il s\u2019agit plut\u00f4t de pr\u00e9senter et de penser ce qui, dans le domaine concret des technologies, met en cause les r\u00e9f\u00e9rences commun\u00e9ment accept\u00e9es.<br \/>\n\u00ab Work in progress \u00bb signifie qu\u2019en d\u00e9ployant diff\u00e9rents types de cr\u00e9ativit\u00e9 sur plusieurs registres, nous tenterons de \u00ab mettre \u00e0 l\u2019essai \u00bb ou \u00ab \u00e0 l\u2019\u00e9preuve \u00bb des notions probl\u00e9matiques issues des technologies. Or cette probl\u00e9maticit\u00e9 ne sera jamais r\u00e9solue par quelque r\u00e9ponse que ce soit. Elle persistera au-del\u00e0 de la limite m\u00eame de la revue, elle continuera ind\u00e9finiment. Le parti-pris de l\u2019exp\u00e9rimentation qui tente de voir o\u00f9 tout cela peut mener, ce que cela peut (re)g\u00e9n\u00e9rer comme structures nouvelles, comme structures anciennes, ne doit pas s\u2019aveugler sur sa propre position. Il s\u2019agit d\u2019intervenir tout en sachant que l\u2019objet de l\u2019intervention s\u2019invente aussi par les discours et les pratiques qui l\u2019investissent: le traitement des technologies s\u2019op\u00e8re aussi \u00e0 partir d\u2019une performativit\u00e9 monstrative o\u00f9 le technologique est toujours d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u0153uvre, ne serait-ce que dans sa plus ancienne forme: le langage. Pour le dire autrement, il faut admettre que la technicit\u00e9 et la reproductibilit\u00e9 sont, d\u2019une certaine fa\u00e7on, originaires.<br \/>\nII. Construction de la publication<\/p>\n<p>Une revue th\u00e9matique L\u2019exigence de cette approche critique, qui est aussi la singularit\u00e9 de notre revue, ne saurait se r\u00e9aliser au travers d\u2019une structure classique partag\u00e9e en articles divers et parcellaires qui, portant chacun sur un sujet diff\u00e9rent, s\u2019arr\u00eate avant m\u00eame d\u2019avoir commenc\u00e9. Le b\u00e9n\u00e9fice que l\u2019on peut attendre d\u2019une revue est tout \u00e0 fait diff\u00e9rent de celui d\u2019un livre, car la notion d\u2019auteur y est autre. La revue permet d\u2019aborder la complexit\u00e9 d\u2019un sujet par une \u00ab communaut\u00e9 \u00bb d\u2019articles. Il ne s\u2019agit pas de pr\u00f4ner une coh\u00e9rence id\u00e9ologique mais seulement de souligner le fait que plusieurs articles portant sur un m\u00eame th\u00e8me et tentant de se r\u00e9pondre peuvent g\u00e9n\u00e9rer des probl\u00e9matiques inattendues et ouvrir des champs que nul r\u00e9dacteur n\u2019aurait pu d\u00e9couvrir seul. Les rencontres sont parfois cr\u00e9atrices.<br \/>\n1.1 Le dossier<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 la raison pour laquelle nous avons opt\u00e9 pour organiser la publication autour d\u2019un pivot: le dossier th\u00e9matique. Ce dernier n\u2019aura bien s\u00fbr pas la pr\u00e9tention de clore une question et d\u2019apporter des r\u00e9ponses d\u00e9finitives, mais par le croisement des champs et des rep\u00e8res, d\u2019ouvrir une question probl\u00e9matique d\u2019une mani\u00e8re beaucoup plus syst\u00e9matique, rigoureuse et raisonn\u00e9e. L\u00e0 encore nous comblerons un manque, celui qui consiste en l\u2019\u00e9clatement des informations, en la difficult\u00e9 de se rep\u00e9rer dans le flot incessant des donn\u00e9es. Discuter du m\u00eame sujet en adoptant des points de fuite diff\u00e9rents, c\u2019est inscrire un espace de dialogue qui aujourd\u2019hui encore fait cruellement d\u00e9faut.<br \/>\nLa rubrique th\u00e9matique sera constitu\u00e9e de plusieurs articles qui se r\u00e9pondront et dialogueront directement ou indirectement, selon des modes de translations graphiques et textuelles qui permettront de structurer la revue sur plusieurs niveaux. Car si notre objectif est de diffuser des articles qui expriment des r\u00e9flexions singuli\u00e8res, notre travail r\u00e9sidera aussi dans le fait de construire, \u00e0 proprement parler, une revue, c\u2019est-\u00e0-dire de faire en sorte que les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui la constituent se r\u00e9pondent et puissent former un \u00ab ensemble h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne \u00bb. L\u2019\u00e9criture ne sera qu\u2019un moment de la r\u00e9alisation de la revue, un autre consistera \u00e0 lire et \u00e0 relire les articles pour imaginer et cr\u00e9er ces d\u00e9placements, pour structurer l\u2019information et non pas seulement la faire passer, la transporter, la diffuser. La revue aura ainsi plusieurs sens et niveaux de lecture: de mani\u00e8re lin\u00e9aire d\u2019une part, c\u2019est-\u00e0-dire en suivant la pagination classique; selon un axe transversal d\u2019autre part: en connectant \u00e0 travers les pages tel fragment d\u2019article \u00e0 tel autre ou telle information \u00e0 telle d\u00e9finition, et enfin par association et rapprochement d\u2019\u00e9l\u00e9ments h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes. C\u2019est donc toujours dans l\u2019esprit d\u2019une coordination transversale et transf\u00e9rante que le dossier th\u00e9matique enveloppera des contributions th\u00e9oriques, des fictions litt\u00e9raires, des analyses historiques, des critiques d\u2019\u0153uvres technologiques, des monographies d\u2019artistes, etc.<br \/>\nUne formulation d\u00e9taill\u00e9e des perspectives th\u00e9matiques ne peut se faire ici. Esquissons grossi\u00e8rement les quelques traits d\u2019un vaste champ de travail possible. Il s\u2019agira de s\u2019int\u00e9resser (pratiquement, th\u00e9oriquement) aux conditions de possibilit\u00e9 des technologies, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 ce qui produit du virtuel (du synth\u00e9tique, proph\u00e9tique, artefactuel, fantasmatique, fantastique, fantomatique, etc.), au mouvement g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 de dislocation (de d\u00e9localisation, d\u00e9logement, d\u00e9propriation, etc.) op\u00e9r\u00e9 par les technologies, mouvement qui va de pair avec la virtualisation de l\u2019espace et du temps, et par voie de cons\u00e9quence aux diff\u00e9rents mouvements et vitesses qui bouleversent les rapports pr\u00e9sence\/repr\u00e9sentation, vivant\/mort\u2026 en rep\u00e9rant leurs conjonctions: vie technique, autonomie automatique, etc.<br \/>\n1.2 Quelques th\u00e8mes<\/p>\n<p>A partir de cette ruche de probl\u00e8mes, il est possible de suivre quelques propositions th\u00e9matiques qui pourraient s\u2019\u00e9noncer comme suit:<br \/>\nPathos technologique<br \/>\nMod\u00e8le, reproduction et simulacre<br \/>\nPsych\u00e9 et ordinateur<br \/>\nM\u00e9moire \/ effacement \/ oubli<br \/>\nHabiter, demeurer dans le cyberespace<br \/>\nHeidegger, penseur de la technique<br \/>\n\u00c9criture \/ lecture: strat\u00e9gies hypertextuelles et technologies litt\u00e9raires<br \/>\nL\u2019interface et l\u2019interactivit\u00e9<br \/>\nL\u2019\u0153uvre technologique<br \/>\nLe spectateur, le passeur et la contemplation<br \/>\nL\u2019accident \/ la panne<br \/>\nLes anciens m\u00e9dias<br \/>\nLa transmission<br \/>\nL\u2019automatique<br \/>\nProth\u00e8ses virtuelles<br \/>\nTemps diff\u00e9r\u00e9, temps r\u00e9el et temps fini<br \/>\nChair et machine<br \/>\nLa communaut\u00e9 virtuelle<br \/>\nG\u00e9n\u00e9rations analogiques et r\u00e9p\u00e9titions num\u00e9riques<br \/>\nL\u2019imagination technologique: \u00e9cran, projection et computation<br \/>\nDu chaos<br \/>\nPenser le r\u00e9seau<\/p>\n<p>1.3 Dans les marges<\/p>\n<p>Pour clore le dossier th\u00e9matique, le lecteur aura acc\u00e8s \u00e0 certains outils suppl\u00e9mentaires de r\u00e9flexion. Ceux-ci lui permettront, si le d\u00e9sir s\u2019en fait sentir, de continuer une recherche amorc\u00e9e par la revue. Tout d\u2019abord, une bibliographie critique regroupera non seulement l\u2019ensemble des ouvrages et articles cit\u00e9s, mais int\u00e9grera \u00e9galement d\u2019autres r\u00e9f\u00e9rences, permettant ainsi au lecteur d\u2019enrichir son travail. Par \u00ab bibliographie critique \u00bb, nous entendons une classification th\u00e9matique des ouvrages, qui seront accompagn\u00e9s d\u2019une notice explicative. Dans un second temps, un glossaire tentera de donner quand cela est possible une d\u00e9finition synth\u00e9tique de chaque notion importante travers\u00e9e, et un index des noms propres viendra mettre fin \u00e0 cet ensemble.<br \/>\nCe dossier sera suivi par divers articles \u00ab inclassables \u00bb qui auront comme particularit\u00e9 de proposer une approche originale d\u2019un sujet qui n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre introduit; car l\u2019effort de th\u00e9matisation ne doit pas \u00eatre pour autant une r\u00e9duction des singularit\u00e9s. Suite \u00e0 cela, nous pourrons encore envisager la possibilit\u00e9 d\u2019offrir quelques pages \u00e0 des (info)graphistes ou \u00e0 des plasticiens. Enfin, un agenda des manifestations, des expositions, des colloques et des nouvelles parutions ayant trait aux technologies cl\u00f4turera la revue.<br \/>\nPour finir, il nous semble important de pr\u00e9ciser que cet agencement ordonn\u00e9 d\u2019\u00e9l\u00e9ments sera occasionnellement troubl\u00e9 par des informations t\u00e9l\u00e9graphiques et parcellaires sur les derni\u00e8res nouveaut\u00e9s en termes de soft et de hardware, qui viendront traverser, se greffer et parasiter la revue. Car il ne faut pas oublier que cette autre temporalit\u00e9, celle de l\u2019actualit\u00e9, appartient aussi aux technologies.<br \/>\nMise en page et hypertexte-papier<br \/>\n2.1 \u00ab L\u2019esth\u00e9tique technologique \u00bb<\/p>\n<p>Comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9, notre propos n\u2019est pas de confiner la mise en page \u00e0 un r\u00f4le purement illustratif, comme c\u2019est habituellement le cas. Une tr\u00e8s grande importance sera d\u00e9volue \u00e0 ce poste, et ceci pour la simple raison qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque avanc\u00e9e des technologies, on ne saurait clairement distinguer le fond de la forme; la mani\u00e8re d\u2019organiser l\u2019information est d\u00e9j\u00e0 une cat\u00e9gorie de sens. La probl\u00e9matique n\u2019est pas nouvelle, mais la mani\u00e8re dont elle s\u2019impose aujourd\u2019hui est in\u00e9dite.<br \/>\nDe plus, l\u2019informatisation de la mise en page, la PAO, a boulevers\u00e9 cette activit\u00e9. Il ne s\u2019agit pas seulement d\u2019utiliser cette \u00e9volution comme un simple outil, mais aussi de l\u2019\u00e9couter, de lui laisser une place autonome qui est aussi celle d\u2019une v\u00e9ritable r\u00e9flexion. Nous ne savons pas encore ce que sont les technologies, voil\u00e0 le constat de l\u2019\u00e0-venir. Elles sont encore \u00e0 mettre en \u0153uvre et \u00e0 inventer, tout comme un nouveau mode d\u2019organisation des informations textuelles et graphiques reste \u00e0 \u00eatre propos\u00e9. Il serait pour le moins absurde de parler des technologies sans leur laisser une part concr\u00e8te et mat\u00e9rielle, sans s\u2019inspirer de leur esth\u00e9tique propre. L\u00e0 encore, un certain rapport entre la forme et le fond. Mais il ne faut pas pour autant accepter le \u00ab kitsch \u00bb technologique, les mises en page si confuses de certaines revues o\u00f9 le texte n\u2019est plus lisible et o\u00f9 il s\u2019agit finalement plus d\u2019effets superficiels que d\u2019une recherche v\u00e9ritable sur le rapport entre le texte et l\u2019image. Nous tenterons donc de sugg\u00e9rer une nouvelle esth\u00e9tique en \u00e9vitant le pire, c\u2019est-\u00e0-dire le superflu.<br \/>\nC\u2019est en pr\u00eatant toute notre attention aux structures technologiques, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la mani\u00e8re dont les technologies actuelles pr\u00e9sentent et organisent l\u2019information, que nous pourrons inventer cette esth\u00e9tique \u00e0-venir. Jeux de transformations, de mutations et de morphing multiples aux facettes dispers\u00e9es, l\u2019esth\u00e9tique technologique adopte une diversit\u00e9 de points de vue, car elle tente de sauvegarder une part improbable de possibles dans l\u2019acte. Internet, les CD-Rom, les jeux, la simulation scientifique sont autant de points d\u2019inspiration graphique qui ne doivent pas pour autant \u00eatre m\u00e9caniquement r\u00e9p\u00e9t\u00e9s sur le papier, mais plut\u00f4t servir d\u2019influence stimulante \u00e0 l\u2019invention d\u2019une structure technologique propre au papier.<br \/>\n2.2 L\u2019hypertexte-papier<\/p>\n<p>Il est bien \u00e9vident qu\u2019on ne saurait trouver une source d\u2019inspiration dans les images produites par les technologies, car ces images se modifient au cours du temps. Elles sont toutes relatives \u00e0 une \u00e9poque et \u00e0 un certain go\u00fbt, elles ne concernent donc pas ce que sont les technologies, cette partie qui en elles nous int\u00e9resse et que nous cherchons \u00e0 poursuivre de quelque mani\u00e8re. C\u2019est \u00e0 la structure m\u00eame des technologies qu\u2019il faut maintenant s\u2019attacher afin d\u2019imaginer ce que serait la mise en page de cette revue: la mani\u00e8re dont on passe d\u2019une information \u00e0 une autre, passage que l\u2019on nomme \u00ab hypertexte \u00bb. Ce dernier a \u00e9t\u00e9 maintes fois \u00e9tudi\u00e9, ses caract\u00e9ristiques sont bien connues, et ce qui le distingue de l\u2019\u00e9criture et de la lecture classiques peut \u00eatre d\u00e9fini.<br \/>\nIl ne s\u2019agit pas de faire de l\u2019hypertexte \u00e9lectronique sur le papier de la revue, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019exporter purement et simplement, sans autre forme de proc\u00e8s que le d\u00e9placement lui-m\u00eame, le syst\u00e8me d\u2019organisation et de renvoi hypertextuels sur un support qui ne lui est pas adapt\u00e9; il s\u2019agit seulement de prendre en compte l\u2019influence des structures technologiques sur les modalit\u00e9s de lecture et les m\u00e9thodes d\u2019\u00e9criture, sur ce qui travaille la litt\u00e9rature avant m\u00eame l\u2019apparition historique de l\u2019hypertextualit\u00e9 informatis\u00e9e. Le fait que la revue soit sur papier ne l\u2019emp\u00eache aucunement de se fixer des objectifs hypertextuels en inventant des formulations originales de ces structures. On peut d\u00e9finir ces objectifs selon quatre structures: la non-lin\u00e9arit\u00e9, qui s\u2019oppose au processus s\u00e9quentiel impliqu\u00e9 par le texte conventionnel, o\u00f9 la lecture devient un processus discontinu &#8211; qui, comme la pens\u00e9e, est de nature associative -. La non-hi\u00e9rarchie qui, tout en juxtaposant diff\u00e9rentes informations, a pour effet de ne plus privil\u00e9gier certaines informations n\u00e9cessaires au d\u00e9triment d\u2019autres superflues. La connectivit\u00e9, qui relie entre eux diff\u00e9rents blocs pour former des tissus d\u2019informations, et qui permet ainsi au lecteur de suivre diff\u00e9rents chemins \u00e0 travers ces tissus. Et enfin la variabilit\u00e9, car si dans l\u2019ouvrage imprim\u00e9 la connectivit\u00e9 reste prisonni\u00e8re de l\u2019encha\u00eenement s\u00e9quentiel et de l\u2019ordre hi\u00e9rarchique &#8211; les liens transversaux restant g\u00e9n\u00e9ralement implicites et devant \u00eatre reconstruits par le lecteur -, dans l\u2019hypertexte, au contraire, il est possible d\u2019expliquer, de d\u00e9voiler et de multiplier ces liens.<br \/>\n3 L\u2019int\u00e9gration du lecteur \u00ab INCIDENT \u00bb voudrait offrir une plus grande prise \u00e0 l\u2019appropriation dynamique du savoir par le lecteur que celle propos\u00e9e dans des publications plus classiques. Il faut bien comprendre que le caract\u00e8re explicite des liens \u00e0 travers les pages, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019hypertexte-papier, ouvrira au lecteur des voies possibles d\u2019interpr\u00e9tation. Ces voies restent habituellement implicites m\u00eame si elles peuvent \u00eatre balis\u00e9es au sein m\u00eame d\u2019un texte ou d\u2019un plan. Il s\u2019agit d\u2019indiquer dans le corps m\u00eame de la revue certains des liens que l\u2019on effectue habituellement lors de la lecture, et ainsi de brouiller les limites qui s\u00e9parent traditionnellement la lecture de l\u2019\u00e9criture; lorsqu\u2019on lit, on relie des fragments \u00e9pars qui ne se suivent pas selon l\u2019ordre de la pagination, et on annote souvent le texte de formules personnelles, de remarques, de questions et de r\u00e9actions. Ici, non seulement les r\u00e9dacteurs effectueront la premi\u00e8re lecture, mais ils inscriront cette lecture dans la revue; une lecture qui modifiera donc la forme, la pr\u00e9sentation et l\u2019organisation des articles.<br \/>\nNous offrirons \u00e9galement au lecteur la possibilit\u00e9 d\u2019un usage non standardis\u00e9 de la lecture en lui laissant des espaces vierges d\u2019annotations libres. Ainsi, chaque exemplaire appartiendra \u00e0 un lecteur particulier, et la lecture ne sera plus, de ce point de vue, un processus indiff\u00e9rent \u00e0 celui de l\u2019\u00e9criture. Il s\u2019agira d\u2019ouvrir plus directement et explicitement des horizons de composition et de recomposition, et de proposer des \u00e9critures qui se savent devoir \u00eatre lues et qui pensent \u00e0 cette lecture, qui se d\u00e9placent \u00e0 travers le lecteur imaginaire, tout comme l\u2019imagination d\u2019un lecteur s\u2019invente un auteur.<br \/>\nSi on dissocie habituellement l\u2019\u00e9criture de la lecture dans une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 le livre devient un produit de consommation comme les autres, c\u2019est que ce consum\u00e9risme est directement li\u00e9 \u00e0 une image de passivit\u00e9 attach\u00e9e au lecteur. Or il est clair que l\u2019hypertextuel, dans son principe plut\u00f4t que dans ses formes, constitue une chance de r\u00e9v\u00e9ler au lecteur le statut actif qu\u2019il a toujours eu. Par ce souci hypertextuel, qui trouve sa prolongation dans l\u2019annotation du lecteur, il y a aussi le d\u00e9sir de m\u00ealer diff\u00e9rentes temporalit\u00e9s et vitesses: celle de la pens\u00e9e, celle de l\u2019information, celle de la lecture et de l\u2019analyse, celle de l\u2019\u00e9criture et de la relecture.<br \/>\nArticulation avec Internet<br \/>\n3.1 Appel \u00e0 contributions<\/p>\n<p>Nous donnerons aux lecteurs la possibilit\u00e9 de participer \u00ab activement \u00bb \u00e0 la revue, en r\u00e9agissant aux th\u00e8mes abord\u00e9s et aux questions pos\u00e9es via le r\u00e9seau Internet. Il nous para\u00eet important de nous servir de ce puissant support de dialogue qu\u2019est le r\u00e9seau, afin de faire conna\u00eetre \u00ab INCIDENT \u00bb et de pouvoir ouvrir le comit\u00e9 de r\u00e9daction \u00e0 la communaut\u00e9 internationale. C\u2019est dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la revue d\u2019interroger la structure d\u2019un pareil tissu technologique, qui gr\u00e2ce \u00e0 de nombreuses ramifications et interconnexions, permet peut-\u00eatre d\u2019ouvrir les id\u00e9es et les int\u00e9r\u00eats les uns aux autres.<br \/>\nMais il ne s\u2019agit pas pour autant de diffuser la revue \u00ab online \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019exporter purement et simplement le contenu de la revue papier sur le r\u00e9seau, ou d\u2019\u00e9liminer la revue papier au profit du seul r\u00e9seau, et ceci pour trois raisons principales. Premi\u00e8rement, ce mode de diffusion ne permet pas \u00e0 court terme un contr\u00f4le suffisant sur le mode de r\u00e9ception, ce qui a pour cons\u00e9quence de ne pas pouvoir r\u00e9aliser la mise en page pr\u00e9cise dont nous avons n\u00e9cessairement besoin. Deuxi\u00e8mement, les services sur Internet ne sont que tr\u00e8s rarement et difficilement r\u00e9tribu\u00e9s. Il est de la logique m\u00eame du r\u00e9seau de relever d\u2019une certaine forme de gratuit\u00e9, or notre projet ne saurait \u00eatre viable \u00e9conomiquement dans ces conditions. Troisi\u00e8mement, et d\u2019une mani\u00e8re plus fondamentale, il nous semble que les technologies ne s\u2019opposent pas au livre imprim\u00e9 et ne le mettent pas \u00e0 mort du jour au lendemain. En d\u2019autres termes, utiliser Internet pour des fonctions telles qu\u2019une revue, que d\u2019autres supports ont d\u00e9j\u00e0 int\u00e9gr\u00e9, comme le papier par exemple, c\u2019est risquer de ne pas mettre \u00e0 profit le r\u00e9seau pour ce pour quoi il est le plus adapt\u00e9. C\u2019est aussi oublier les singularit\u00e9s des technologies et croire que les informations colport\u00e9es sur Internet et sur le papier sont semblables parce que neutres. En d\u2019autres termes, c\u2019est perdre de vue notre propos, qui consiste \u00e0 comprendre et \u00e0 activer ce qui distingue les technologies des autres supports.<br \/>\nOn aurait bien tort de croire que pour penser et pour pratiquer les technologies, il suffit de p\u00e9n\u00e9trer t\u00eate baiss\u00e9e dans le nouveau monde en n\u00e9gligeant l\u2019ancien, car ce serait oublier qu\u2019un fil, dont d\u00e9pend la compr\u00e9hension elle-m\u00eame, retient ces nouveaut\u00e9s \u00e0 la tradition et qu\u2019elles constituent, l\u2019une vis-\u00e0-vis de l\u2019autre, le recul n\u00e9cessaire qui permet de poser un regard sur l\u2019ensemble de ces ph\u00e9nom\u00e8nes. Il n\u2019y a aucune contradiction \u00e0 penser les technologies dans une revue papier, \u00e0 partir du moment o\u00f9 on utilise les diff\u00e9rents m\u00e9dias selon leur singularit\u00e9. Si Internet est un moyen de diffusion extr\u00eamement large, il ne faut pas pourtant y voir une solution de facilit\u00e9 et d\u2019\u00e9conomie, o\u00f9 pour un co\u00fbt tr\u00e8s bas il serait possible, et comme par magie, de toucher l\u2019humanit\u00e9 enti\u00e8re (occidentale s\u2019entend!). Il s\u2019agit donc d\u2019articuler la revue avec d\u2019autres m\u00e9dias, et non de donner \u00e0 ces derniers un r\u00f4le qui n\u2019est pas le leur, qui ne correspond pas \u00e0 leurs caract\u00e9ristiques et aux d\u00e9finitions que nous recherchons. De surcro\u00eet, il faut faire attention \u00e0 ne pas suivre les modes technologiques derri\u00e8re lesquelles se cachent le march\u00e9 \u00e9conomique, \u00e0 ne pas changer de support selon la publicit\u00e9 qu\u2019on en fait: CD-Rom, puis Internet, puis r\u00e9alit\u00e9 virtuelle\u2026, sans jamais pouvoir se d\u00e9cider, et finalement sans jamais comprendre ce que repr\u00e9sente chacune de ces technologies, prise singuli\u00e8rement.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi nous r\u00e9aliserons un service distinct et en m\u00eame temps coupl\u00e9 \u00e0 la revue papier, car l\u2019importante audience de ce r\u00e9seau nous permettra d\u2019enrichir consid\u00e9rablement les contributions th\u00e9matiques, et aussi de suivre cette topologie sp\u00e9cifique des technologies qui met en cause les g\u00e9ographies classiques. Le r\u00e9seau est encore une fa\u00e7on de mettre en \u0153uvre cet espace interdisciplinaire que nous recherchons, car \u00e0 la perspective de l\u2019hypersp\u00e9cialisation ou \u00e0 celle d\u2019une approche g\u00e9n\u00e9raliste qui ne peut rendre compte que de mani\u00e8re superficielle sinon partisane de l\u2019\u00e9tat d\u2019une question dans un espace restreint, nous voudrions opposer l\u2019id\u00e9e d\u2019un espace de r\u00e9flexion \u00e9largi. Cet espace implique une autre logique et une autre logistique que celle d\u2019un comit\u00e9 de r\u00e9daction statique doubl\u00e9 d\u2019une \u00e9quipe op\u00e9rationnelle. Il ne s\u2019agit pas de survoler une question trait\u00e9e par ses meilleurs sp\u00e9cialistes suppos\u00e9s, mais de proposer un espace de lecture enrichi et ouvert sur des territoires insoup\u00e7onn\u00e9s, m\u00eame par ceux qui l\u2019ont con\u00e7u. Un espace de lecture qui met en sc\u00e8ne une tr\u00e8s grande quantit\u00e9 de points de vue et d\u2019approches sur un th\u00e8me donn\u00e9, et qui additionne sur ce th\u00e8me des comp\u00e9tences tr\u00e8s diverses plus qu\u2019il ne cherche \u00e0 argumenter en faveur d\u2019une vision panoptique. L\u00e0 encore, il s\u2019agit de capter ce qui se passe \u00e0 un niveau technologique, captation qui n\u2019est pas un recyclage m\u00e9canique et superficiel mais une compr\u00e9hension de la structure et de la logique du r\u00e9seau.<br \/>\nInternet, c\u2019est la possibilit\u00e9 d\u2019une \u00e9quipe \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable en fonction des th\u00e8mes abord\u00e9s. A partir d\u2019un th\u00e8me propos\u00e9 sur le r\u00e9seau, le sommaire sera enrichi par des propositions nouvelles; les perspectives de d\u00e9part seront modifi\u00e9es par un appel \u00e0 contributions international. Un appel qui peut d\u00e8s lors \u00eatre entendu bien au-del\u00e0 des fronti\u00e8res trac\u00e9es par les comp\u00e9tences et les connaissances de tel ou tel sp\u00e9cialiste recrut\u00e9 pour la circonstance. Donner la possibilit\u00e9 \u00e0 celles et \u00e0 ceux qui n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 entendus de se faire entendre, voil\u00e0 peut-\u00eatre une r\u00e9ponse \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 m\u00e9diatique de contr\u00f4le.<br \/>\nL\u2019utilisation d\u2019Internet permettra \u00e9galement de rester en contact permanent avec les diff\u00e9rents r\u00e9dacteurs, de les mettre en contact les uns avec les autres, et ainsi de mettre en \u0153uvre un dialogue constant, dont nous pourrons saisir des fragments pour ensuite les placer dans la revue. Ce contact se fera concr\u00e8tement selon le syst\u00e8me que propose le r\u00e9seau, c\u2019est-\u00e0-dire par courrier \u00e9lectronique &#8211; ou e-mail -, et permettra ais\u00e9ment de dialoguer, sans jamais subir les d\u00e9sagr\u00e9ments des \u00e9changes postaux ou des encombrements t\u00e9l\u00e9phoniques.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici le premier texte \u00e9crit \u00e0 propos d\u2019Incident qui en 1994 fut un projet de revue papier et Web. I. Les enjeux technologiques La situation actuelle 1.1 Les technologies dans la culture Une dynamique appara\u00eet aujourd\u2019hui autour des technologies dites \u00ab nouvelles \u00bb (CD-Rom, Internet, environnements interactifs, r\u00e9alit\u00e9 virtuelle, etc.). 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