{"id":4061,"date":"2003-03-03T16:41:00","date_gmt":"2003-03-03T15:41:00","guid":{"rendered":"http:\/\/incident.net\/v9\/?post_type=portfolio&#038;p=4061"},"modified":"2020-03-09T15:12:23","modified_gmt":"2020-03-09T14:12:23","slug":"fictions-variables-2003","status":"publish","type":"portfolio","link":"https:\/\/incident.net\/?portfolio=fictions-variables-2003","title":{"rendered":"Fictions variables (2003)"},"content":{"rendered":"\n<p>Ligeia N\u00b0 45-48, JUILLET-DECEMBRE 2003<br>\nhttp:\/\/www.revue-ligeia.com\/contenu.php?id=18<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0La premi\u00e8re sc\u00e8ne se d\u00e9roule tr\u00e8s vite. On sent qu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9e plusieurs fois: chacun conna\u00eet son r\u00f4le par c\u0153ur. Les mots, les gestes se succ\u00e8dent \u00e0 pr\u00e9sent d\u2019une mani\u00e8re souple, continue, s\u2019encha\u00eenent sans \u00e0-coup les uns autres autres, comme les \u00e9l\u00e9ments n\u00e9cessaires d\u2019une machinerie bien huill\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis il y a un blanc, un espace vide, un temps mort de longueur ind\u00e9termin\u00e9e pendant lequel il ne se passe rien pas m\u00eame l\u2019attente de ce qui viendrait ensuite.<\/p>\n\n\n\n<p>Et brusquement l\u2019action reprend, sans pr\u00e9venir, et c\u2019est de nouveau la m\u00eame sc\u00e8ne qui se d\u00e9roule, une fois de plus\u2026 \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>(Alain Robbe-Grillet, Projet pour une r\u00e9volution \u00e0 New York)<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 chaque conf\u00e9rence je bute devant la m\u00eame insatisfaction \u00e0 pr\u00e9senter mon travail \u00e0 un auditoire. Passer de la manipulation intime, le one2one du domicile, qui est l\u2019espace pour lequel et dans lequel mon travail a \u00e9t\u00e9 produit (le homestudio) \u00e0 celui de sa repr\u00e9sentation spectaculaire devant une communaut\u00e9 d\u2019individus, donne souvent des r\u00e9sultats d\u00e9sastreux. C\u2019est peut-\u00eatre la preuve qu\u2019inachev\u00e9es, lacunaires, \u00e9chou\u00e9es mes fictions ont aujourd\u2019hui bel et bien un lieu et qu\u2019il n\u2019est pas celui o\u00f9 nous sommes. J\u2019ai donc pris la d\u00e9cision de ne pas montrer mes travaux ici, mais de m\u2019y r\u00e9f\u00e9rer comme \u00e0 des bookmarks. Ils existent ailleurs, dans le flux du r\u00e9seau et chacun pourra ais\u00e9ment les trouver \u00e0 d\u00e9faut d\u2019autre chose sur le site incident.net. Ce que je dirais sera donc prononc\u00e9 en leur absence et par leur absence.<\/p>\n\n\n\n<p>Il sera question de fictions sur Internet et, puisque c\u2019est mon activit\u00e9 principale depuis plusieurs mois1, d\u2019\u00e9criture, de sc\u00e9narisation, mais je pr\u00e9f\u00e9rerais parler de tempo au sens d\u2019une \u00ab notation d\u2019un mouvement qui n\u2019est pas d\u00e9fini d\u2019une mani\u00e8re absolue \u00bb parce que parfois la narration fait corps avec la programmation informatique. Beaucoup ce sont d\u00e9j\u00e0 confront\u00e9s \u00e0 cette probl\u00e9matique de la fiction dite \u00ab interactive \u00bb. Des labyrinthes de David Blair en passant par les jeux de Brenda Laurel et les dialogues de Luc Courchesnes, les pastiches policiers de Jean-Pierre Balpe et les bases de donn\u00e9es s\u00e9quentielles de Lev Manovich, chacun a tent\u00e9 \u00e0 sa mani\u00e8re de questionner cette forme qui s\u2019adresse \u00e0 la communaut\u00e9, \u00e0 vous donc, \u00e0 votre absence. Il y a dans la fiction programmatique2 quelque chose qui rel\u00e8ve du fantasme d\u00e9ceptif, ultime forme de l\u2019interactivit\u00e9, spectacle total et populaire qui rejouerait sur la sc\u00e8ne informatique ce que le cin\u00e9ma avait r\u00eav\u00e9 de faire \u00e0 ses d\u00e9buts.<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons bri\u00e8vement les termes historiques du d\u00e9bat : la narration est fond\u00e9e sur le mod\u00e8le d\u00e9fini par Aristote dans la Po\u00e9tique. Son objectif consistait \u00e0 r\u00e9pliquer \u00e0 Platon qui estimait que le processus po\u00e9tique \u00e9tait fondamentalement incoh\u00e9rent et d\u00e9fiait toute explication rationnelle et donc ontologique3. Selon Aristote il est possible de d\u00e9crire ce processus selon des termes logiques. Le mod\u00e8le arist\u00e9tolicien est bas\u00e9 sur un sch\u00e9ma temporel qui part de possibles pour les r\u00e9duire en une n\u00e9cessit\u00e9 en passant par des probables. En effet chez Aristote le nombre de nouvelles possibilit\u00e9s introduites chute avec la progression de la pi\u00e8ce. Plus on avance, moins il y a de possibles. \u00c0 la fin toutes les lignes de probabilit\u00e9s en comp\u00e9tition sont \u00e9limin\u00e9es sauf une. Quand cette probabilit\u00e9 devient une n\u00e9cessit\u00e9, c\u2019est le d\u00e9nouement. Ainsi la narration passe d\u2019une situation floue o\u00f9 le conflit peut \u00eatre r\u00e9solu de plusieurs fa\u00e7ons vers une r\u00e9solution qui semble \u00eatre la seule possible, r\u00e9conciliant ainsi le spectateur avec ce \u00e0 quoi il assiste.<\/p>\n\n\n\n<p>La r\u00e9flexivit\u00e9 fictionnelle est de part en part temporelle. C\u2019est pour cette raison qu\u2019en lisant un livre, en voyant un film, on se dit: \u00ab J\u2019y \u00e9tais! \u00bb et \u00e0 cet instant m\u00eame on y est plus, la preuve de la copr\u00e9sence \u00e9tant \u00e0 jamais diff\u00e9r\u00e9e. Mon existence ind\u00e9termin\u00e9e ne peut \u00eatre d\u00e9termin\u00e9e que dans le temps, comme l\u2019existence d\u2019un sujet passif ou r\u00e9ceptif apparaissant dans le temps. La spontan\u00e9it\u00e9 dont j\u2019ai conscience dans le \u00ab J\u2019y \u00e9tais \u00bb ne peut \u00eatre comprise que comme l\u2019affection d\u2019un moi passif qui sent que sa propre pens\u00e9e, sa propre perception ce par quoi il dit \u00ab Je \u00bb s\u2019exerce en lui et sur lui, non par lui. C\u2019est le paradoxe du sens intime4, celui-l\u00e0 m\u00eame qui est en jeu dans la fiction et que nous suivrons tel un fil d\u2019Ariane.<\/p>\n\n\n\n<p>Or il faut bien l\u2019avouer les objets num\u00e9riques auxquels nous avons affaire aujourd\u2019hui sont difficilement descriptibles par le temps. Nos supports de m\u00e9moire ne sont plus des objets temporels: combien de temps dure un site Internet ou un DVD? Il serait hasardeux de r\u00e9pondre \u00e0 cette question si ce n\u2019est \u00e0 quantifier la singularit\u00e9 irr\u00e9ductible de chaque navigation. Nous pouvons par contre d\u00e9crire ses niveaux, sa navigation, sa cartographie et sa topologie, bref sa configuration spatiale. Et lorsque nous tentons de penser la temporalit\u00e9 d\u2019un support de m\u00e9moire num\u00e9rique, nous le visualisons encore comme un espace \u00e0 parcourir, \u00e0 d\u00e9couvrir, rejouant les \u00e9carts du jardin aux sentiers qui bifurquent5. Il y a parall\u00e8lement une obsession du temps qui mus\u00e8le les usages esth\u00e9tiques du r\u00e9seau, car il faut gagner du temps \u00e0 tout prix, surfer \u00e0 toute vitesse, cliquer aussi vite que son ombre pour que les informations aillent \u00e0 la vitesse du cerveau. Tout se passe comme si apr\u00e8s l\u2019apog\u00e9e temporelle du cin\u00e9ma au si\u00e8cle dernier, l\u2019espace si rarement pens\u00e9 dans sa singularit\u00e9 par la tradition occidentale6, s\u2019\u00e9tait autonomis\u00e9. On peut penser que la Gr\u00e8ce antique avait structur\u00e9 l\u2019espace (comme d\u00e9marcation entre la cit\u00e9 et les barbares, entre l\u2019humain et le divin) en le temporalisant. Le probl\u00e8me de la cit\u00e9 \u00e9tait de produire un temps commun et partag\u00e9. Ceci permet de comprendre pourquoi jusqu\u2019\u00e0 Heidegger, pour lequel la question de la spatialit\u00e9 du Dasein n\u2019est jamais que sa temporalit\u00e97, nous ne concevons l\u2019espace que comme distance \u00e0 parcourir entre un point A et un point B, c\u2019est-\u00e0-dire en le temporalisant encore une fois. Il faut d\u2019ailleurs remarquer que ce n\u2019est que tardivement que l\u2019espace est devenu une cat\u00e9gorie importante avec les travaux de Michel Foucault, Henri Lefebvre, Frederic Jameson et David Harvey ou Edward Soja.<\/p>\n\n\n\n<p>Les cat\u00e9gories a priori de l\u2019espace et du temps, ainsi que les conditions de r\u00e9tention et de m\u00e9morisation sont donc en crise8. Nous appr\u00e9hendons des ph\u00e9nom\u00e8nes par des cat\u00e9gories p\u00e9rim\u00e9es parce que l\u2019image (num\u00e9rique) et son processus de production peuvent changer le sch\u00e8me lui-m\u00eame9. Ils sont co\u00e9mergents.<\/p>\n\n\n\n<p>Passer d\u2019un r\u00e9gime temporel \u00e0 un r\u00e9gime spatial de la narration est la difficult\u00e9, pour ne pas dire l\u2019impossibilit\u00e9, autour de laquelle des artistes tels que Jeffrey Shaw, Luc Courchesnes, Maurice Benayoun, Jean-Louis Boissier, Michael Naimark, George Legrady, Bill Seaman et d\u2019autres encore, semblent converger. Et si la production de l\u2019image change nos cat\u00e9gories de perception, c\u2019est aussi parce que sans doute pour la premi\u00e8re fois dans l\u2019histoire des supports de m\u00e9moire, la machine de production (l\u2019ordinateur) est aussi celle de diffusion et de lecture, changeant radicalement la relation entre processus et perception. Pour recevoir une \u0153uvre interactive je dois disposer du m\u00eame mat\u00e9riel que celui qui a servi \u00e0 produire l\u2019\u0153uvre. Production et lecture sont devenues elles aussi des ph\u00e9nom\u00e8nes co\u00e9mergents.<\/p>\n\n\n\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, les fictions programmatiques n\u2019ont pas trouv\u00e9 leur rythme parce qu\u2019ils leur manquent peut-\u00eatre un tempo qui est le nom que je donne au processus complet d\u2019\u00e9criture comprenant la narration et la programmation. Soit elles sont discontinues (arborescence, les choix ne s\u2019effectuent qu\u2019\u00e0 certains embranchements, \u00ab livre dont vous \u00eates le h\u00e9ros \u00bb) soit continues (g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 laquelle on reste ext\u00e9rieur ou qui ne peut se servir que du stratag\u00e8me du dialogue10) soit excessivement formelles (esth\u00e9tique informationnelle, mise en ab\u00eeme de la boucle, etc.). La question pourrait s\u2019envisager de cette mani\u00e8re: de quelle fa\u00e7on produire le sens intime sans avoir recours au temps? Je proposerais ici cinq pistes exploratoires dont l\u2019objet est de permettre un d\u00e9bat plut\u00f4t qu\u2019offrir des recettes pr\u00eates \u00e0 l\u2019emploi : l\u2019\u00e9criture intercompatible, la base de donn\u00e9es et l\u2019espace narratif, le flux comme d\u00e9j\u00e0-l\u00e0, la double traductabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intercompatibilit\u00e9 des samples:<\/p>\n\n\n\n<p>Il ne faut aucun lien de causalit\u00e9, faute de quoi la narration deviendrait inexorablement temporelle. Nous nommons cette acausalit\u00e9, l\u2019intercompatibilit\u00e9 des fragments (ou samples), chacun d\u2019entre eux doit pouvoir indiff\u00e9remment s\u2019agencer avec n\u2019importe quel autre comme avec un coup de d\u00e8s11. Chaque \u00e9l\u00e9ment influe sur l\u2019autre sans que cette influence soit \u00e0 son tour quantifiable, les relations ne font retour sur elles qu\u2019apr\u00e8s-coup, et interdise donc les fantasmes de type laplacien o\u00f9 l\u2019artiste transform\u00e9 en divinit\u00e9 pourrait anticiper tous les \u00e9tats du monde qu\u2019il imagine parce qu\u2019ils en conna\u00eetrait toutes les lois12. La question n\u2019est pas \u00ab quand? \u00bb mais \u00ab o\u00f9? \u00bb 13. Il est important de remarquer que cette intercompatibilit\u00e9 est toute diff\u00e9rente d\u2019une fonction al\u00e9atoire, elle a plut\u00f4t pour cons\u00e9quence une tonalit\u00e9 (Stimmung) car les fragments sont \u00e9crits \u00e0 la mesure de leur devenir-fragmentation. Ces fragments sont des possibles et doivent le rester parce qu\u2019ils ne sont pas le produit de la fragmentation d\u2019un r\u00e9cit pr\u00e9alable, mais des singularit\u00e9s insulaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceci a pour cons\u00e9quence, la dislocation de la psychologie, de la motivation et de l\u2019identification cartharsisique. Ainsi, la m\u00e9thodologie d\u00e9velopp\u00e9e par le Nouveau Roman est particuli\u00e8rement adapt\u00e9e \u00e0 cette probl\u00e9matique. Est-ce un hasard si les romans de Robbe-Grillet sont essentiellement spatiaux et que l\u2019Ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 Marienbad met en place des relations tr\u00e8s singuli\u00e8res entre l\u2019espace et le temps? Sampling; 14 est une s\u00e9rie constitu\u00e9e de 5 exp\u00e9rimentations en ligne autour des questions de la g\u00e9n\u00e9ration, de la traduction et du Nouveau Roman. Dans la premi\u00e8re \u00e9tape, pour tester l\u2019indiff\u00e9rence causale de l\u2019\u00e9criture d\u2019Alain Robbe-Grillet j\u2019ai effectu\u00e9 une num\u00e9risation d\u2019un livre, Topologie d\u2019une cit\u00e9 fant\u00f4me, et j\u2019ai lanc\u00e9 les d\u00e8s, phrase apr\u00e8s phrase: le r\u00e9sultat est dans la plupart des cas coh\u00e9rent dans la mesure o\u00f9 la tonalit\u00e9 de l\u2019\u00e9criture d\u00e9fie la causalit\u00e9. En ce sens toute tentative d\u2019adaptation de r\u00e9cits classiques au format programmatique, sans traduction structurelle ou sans que la fiction d\u2019origine ne comporte en elle les germes de sa programmation, nous semblent vou\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9chec. On peut se souvenir les contradictions de Brenda Laurel dans son ouvrage Computers as Theater qui tentait de programmer un moteur narratif \u00e0 partir du mod\u00e8le temporel d\u2019Aristote.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre concept permet d\u2019entendre cette compatibilit\u00e9 c\u2019est la lagune. On sait en effet que l\u2019information manquante, l\u2019ellipse, le raccourci sont indispensables \u00e0 l\u2019imaginaire de l\u2019interacteur. Cette lagune est l\u2019espace qu\u2019on lui laisse, un lieu qui ne sera pas d\u2019avance ma\u00eetris\u00e9, qui restera ouvert \u00e0 l\u2019incertitude. La lagune ne se con\u00e7oit pas comme une lacune, comme un manque o\u00f9 le vide est un creux \u00e0 combler, mais comme une insularit\u00e9 de possibles. Chaque fragment possibilise des fragments non encore imagin\u00e9s: \u00ab Je voudrais que mon imagin\u00e9 soi une occasion pour le non-imagin\u00e9-par-moi de pouvoir \u00eatre-l\u00e0 \u00bb15. Cette approche du fragment comme \u00e0-venir de l\u2019interacteur est une constante dans mon travail depuis Incident of the Last Century 1999 Sampling Sarajevo. Il faut remarquer que l\u2019intercompatibilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9e d\u2019une fa\u00e7on privil\u00e9gi\u00e9e aux voix16, c\u2019est-\u00e0-dire justement au m\u00e9dia qui se r\u00e9pand physiquement dans l\u2019espace de l\u2019interacteur. Elle m\u00e8ne \u00e9galement \u00e0 une tonalit\u00e9 de l\u2019indiff\u00e9rence \u00e0 la lisi\u00e8re de la sensibilit\u00e9. Jonathan Crary17 montre combien l\u2019invention au XIX\u00e8me si\u00e8cle de diff\u00e9rentes pratiques perceptives telles que la physiologie, le noctambulisme provoqu\u00e9, les machines de vision, bref tous ces m\u00e9canismes qui structurent l\u2019attention ne vont pas sans une suspension de la perception. L\u2019attention qu\u2019on exige de l\u2019interacteur, absorb\u00e9, en tension, qui attend et qui se fixe, sujet attentif et immobile est aussi une suspension o\u00f9 il y a de l\u2019interruption, un accident, peut-\u00eatre une n\u00e9gation de la perception elle-m\u00eame qui possibilise et redouble technologiquement le paradoxe du sens intime.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019espace des donn\u00e9es:<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis .io-n.net, projet sur les noms de domaine dans lequel nommer l\u2019espace c\u2019est le cr\u00e9er, j\u2019entre ces fragments dans une base de donn\u00e9es MYSQL. Lorsqu\u2019on ach\u00e8te un nom de domaine tout ce qui le pr\u00e9c\u00e8de s\u00e9par\u00e9 par un point vous appartient, ce sont des sous-domaines. On conna\u00eet bien cette folie de la nomination sur Internet, une partie du site Ebay \u00e9tant sp\u00e9cifiquement d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la vente des noms de domaine, des personnes passant des jours entiers \u00e0 acheter des milliers de noms dans l\u2019espoir de les revendre, comme si un tel achat permettait de s\u2019emparer symboliquement d\u2019une partie du territoire du cyberespace. On voit bien comment avec l\u2019informatique structures spatiales et structures langagi\u00e8res entrent dans des relations complexes.<\/p>\n\n\n\n<p>En achetant io-n, qui signifie un atome qui a perdu ou gagn\u00e9 un \u00e9lectron et la racine indo-europ\u00e9enne pou agir, plus de 1500 mots m\u2019appartiennent comme interact.io-n, g\u00e9n\u00e9rat.io-n, animat.io-n, introduct.io-n, explicat.io-n, r\u00e9percuss.io-n, dislocat.io-n, indexat.io-n, abr\u00e9viat.io-n, mondialisat.io-n, d\u00e9finit.io-n, conjurat.io-n, frustrat.io-n, posit.io-n, discr\u00e9.io-n, populat.io-n, etc. Tous les mots en fran\u00e7ais terminant par ion sont entr\u00e9s dans une base de donn\u00e9es h\u00e9berg\u00e9e par le CICV et lorsque je r\u00e9alise un projet, qui est souvent comme une esquisse ou un brouillon, une note en devenir, je s\u00e9lectionne dans cette base le mot qui convient et le sous-domaine est alors automatiquement cr\u00e9\u00e9. Une base de donn\u00e9es repr\u00e9sente le monde comme une liste d\u2019\u00e9l\u00e9ments alors que la narration cr\u00e9e un parcours de cause \u00e0 effet entre ces \u00e9l\u00e9ments. Base de donn\u00e9es et narration, encylcop\u00e9die et roman sont des ennemis naturels, comme l\u2019explique Lev Manovich18, dont nous nous inspirons ici tout en marquant quelques diff\u00e9rences.<\/p>\n\n\n\n<p>Comment les nouvelles capacit\u00e9s d\u2019emmagasiner de large quantit\u00e9 d\u2019informations, de les classifier, de les indexer, de les lier, de chercher et d\u2019imm\u00e9diatement les afficher, peuvent produire de nouvelles narrations ? La seule fa\u00e7on d\u2019allier base de donn\u00e9es et narration c\u2019est de spatialiser la base de donn\u00e9es19. Par exemple, la non-correspondance entre l\u2019\u00e9cran et l\u2019image (principe du multi-fen\u00eatrage) ne rel\u00e8ve pas d\u2019une limitation technique, mais d\u2019une structure. Plus encore la mosa\u00efque dans la mosa\u00efque de Reynald Drouhin20 est une \u0153uvre embl\u00e9matique de l\u2019image en r\u00e9seau, car cette spatialisation est redoubl\u00e9e et dans le m\u00eame mouvement d\u00e9doubl\u00e9e, l\u2019image et dans l\u2019image sans que la somme et les parties ne se correspondent jamais. Si le cin\u00e9ma a une logique du remplacement (une image chasse l\u2019autre 24 fois par seconde), l\u2019ordinateur additionne et fait coexister. Le temps est spatialis\u00e9 plut\u00f4t que l\u2019inverse, distribu\u00e9 \u00e0 la surface de l\u2019\u00e9cran.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais on risque fort alors de tomber dans l\u2019exc\u00e8s d\u2019une spatialisation du temps et non plus d\u2019une temporalisation de l\u2019espace. Il faut revenir \u00e0 la question: quelle est l\u2019esth\u00e9tique du temps sur Internet? Il s\u2019agit de la perte de temps, car l\u2019internaute n\u2019a rien \u00e0 gagner \u00e0 venir sur ces sites. Cette perte suppose un contrat \u00e9thique21, un l\u00e2cher-prise ou une passibilit\u00e9 comme dirait Jean-Fran\u00e7ois Lyotard. Le fait que le monde technologique ne soit plus essentiellement celui de la ratio mais un espace o\u00f9 il devient possible de perdre du temps, c\u2019est-\u00e0-dire de jouer de notre finitude, d\u2019exc\u00e9der ou d\u2019ind\u00e9terminer une part quantifiable, est un renversement majeur par rapport au monde industriel. Dans Ce que peut un corps22 une sc\u00e8ne de Shall We Dance (1937) o\u00f9 Fred Astaire se bat contre une machine \u00e0 vapeur en dansant. Chaque mouvement est d\u00e9coup\u00e9 en un fragment, chacun de ces 97 samples correspond \u00e0 la touche d\u2019un clavier qui s\u2019affiche dans un triptyque. Le simple fait de cette d\u00e9coupe transforme radicalement la tonalit\u00e9 de la sc\u00e8ne qui de joyeuse et \u00e9l\u00e9gante, devient indiff\u00e9rente car la causalit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 externalis\u00e9e. Elle n\u2019est plus dans le temps de la projection \u00e9cranique, mais dans l\u2019injonction interactive.<\/p>\n\n\n\n<p>Habituellement la base de donn\u00e9es des choix \u00e0 partir de laquelle une narration est construite (le paradigme) est implicite tandis que la narration actuelle (syntagme) est explicite. Avec le num\u00e9rique cette relation est invers\u00e9e. Le paradigme (base de donn\u00e9es) a une existence mat\u00e9rielle, tandis que la narration est d\u00e9mat\u00e9rialis\u00e9e. Il y a \u00e9galement une opposition entre la description et la narration. \u00c9trangement cette opposition est mise en cause dans des \u0153uvres, comme celles de Tarkovski, o\u00f9 justement la spatialit\u00e9 est centrale. La narration est action, elle est devenue une exploration spatiale23. Raconter c\u2019est se d\u00e9placer dans un monde comme dans les jeux vid\u00e9o qui sont vous l\u2019aurez compris le mod\u00e8le de la fiction programmatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous comprenons que l\u2019espace constitue une fa\u00e7on de naviguer dans une base de donn\u00e9es. Ceci n\u2019est pas nouveau, l\u2019architecture et les jardins de m\u00e9moire24, la topologie et la g\u00e9om\u00e9trie ont aussi organis\u00e9 le symbolique, sauf qu\u2019avec les nouveaux m\u00e9dias et pour la premi\u00e8re fois l\u2019espace est devenu un m\u00e9dia, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du son, de l\u2019image, des vid\u00e9os ou des textes. Ceci permet tous les jeux de d\u00e9calage, de dissemblance, de traduction et de translation.25 \u00ab Nous sommes \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la simultan\u00e9it\u00e9: nous sommes \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la juxtaposition, l\u2019\u00e9poque ou le proche et le lointain disparaissent (\u2026) notre exp\u00e9rience du monde est moins une vie qui se d\u00e9veloppe au cours du temps qu\u2019un r\u00e9seau qui connecte des points \u00bb26<\/p>\n\n\n\n<p>Le flux comme d\u00e9j\u00e0-l\u00e0:<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire de revenir sur la distinction entre les narrations offline et online. D\u2019une part, Internet impose une \u00e9quivalence standardis\u00e9e entre machine de production, de diffusion et de lecture. D\u2019autre part, le r\u00e9seau n\u2019est pas un moyen neutre de transporter de l\u2019information, mais un environnement \u00e0 part enti\u00e8re. L\u2019internaute passe d\u2019un site \u00e0 un autre, de ce fait un site n\u2019est jamais seul, ils sont en meute. Une fiction online s\u2019inscrit dans un milieu que je nomme le flux et qui comprend un \u00e0-venir et un d\u00e9j\u00e0-l\u00e027. L\u2019\u00e0-venir du flux concerne tous les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u2019un \u00e9change d\u2019informations sur Internet (m\u00e9moire vive et morte, processeur, \u00eatres humains, temps, g\u00e9ographie, bande passante, etc.). Le d\u00e9j\u00e0-l\u00e0 ce sont les informations stock\u00e9es sur des machines connect\u00e9es. En effet, le Web est une collection d\u2019\u00e9l\u00e9ments ajout\u00e9s au cours du temps. G\u00e9n\u00e9rer, organiser, manipuler et distribuer les donn\u00e9es est-ce raconter? L\u2019information n\u2019est pas seulement une fonctionnalit\u00e9 instrumentale (un util) c\u2019est aussi une nouvelle cat\u00e9gorie de la culture.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi pour l\u2019\u00e0-venir du flux, Posit.io-n.net produit un espace 3D en VRML \u00e0 partir des I.P. de chaque visiteur qui sont traduites en coordonn\u00e9es spatiales (X, Y, Z), de ce fait l\u2019espace est le produit de la navigation elle-m\u00eame. Sans visitation l\u2019espace est vide. Plus il y a eu de visites, plus le nombre de donn\u00e9es pour d\u00e9crire cet espace s\u2019accro\u00eet. La relation du plein et du vide qui structure en Occident l\u2019espace comme conqu\u00eate est mise en cause.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le d\u00e9j\u00e0-l\u00e0, \u00c0 l\u2019image du texte28 est un g\u00e9n\u00e9rateur de texte dont certains mots sont envoy\u00e9s en requ\u00eate au moteur de recherches d\u2019images GOOGLE. Ainsi, la narration textuelle est traduite automatiquement en narration visuelle retournant contre elle-m\u00eame la domination de l\u2019alpha-num\u00e9rique sur le r\u00e9gime iconographique. Celles-ci sont-elles la traduction exacte des mots? Existe-t-il un passage narratif entre le texte g\u00e9n\u00e9r\u00e9 et ces images qui proviennent du flux cybern\u00e9tique? Quelle histoire est racont\u00e9e par cette traduction automatique et anormale? Le probl\u00e8me n\u2019est pas de cr\u00e9er une nouvelle image, mais de trouver une image d\u00e9j\u00e0 existante.<\/p>\n\n\n\n<p>Le flux rel\u00e8ve d\u2019une esth\u00e9tique de l\u2019incident29 et de l\u2019impr\u00e9visible, car une fiction s\u2019ouvrant au monde du flux n\u2019est pas anticipable. Il ne s\u2019agit plus seulement de modifier un signal d\u00e9j\u00e0 existant (le d\u00e9j\u00e0-l\u00e0) mais de modifier les conditions de lecture par ce qui est \u00e0 lire.<\/p>\n\n\n\n<p>La double traductabilit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019av\u00e8nement du num\u00e9rique est celui d\u2019une traductabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. L\u2019ensemble des donn\u00e9es est m\u00e9moris\u00e9 sous une forme binaire et de ce fait une image peut devenir un son, un texte une vid\u00e9o, etc. L\u2019algorithmique qui permet de traduire, litt\u00e9ralement ou avec un d\u00e9placement, les donn\u00e9es d\u2019un m\u00e9dia \u00e0 un autre constitue une fa\u00e7on de la narration. Ce principe est utilis\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 son terme absurde dans My last tape30. Un livre de Samuel Beckett est num\u00e9ris\u00e9, il devient un fichier .TXT qui est renomm\u00e9 en fichier .PRG, fichier qui est lu par un logiciel qui produit un son sous la forme de fichier .WAV qui a son tour est enregistr\u00e9 sur une bande magn\u00e9tique et lue par un ordinateur Commodore 64.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette traductibilit\u00e9, avec toutes les questions classiques ayant trait \u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de la traduction31, concerne aussi l\u2019interacteur et la production d\u2019un sens intime car il tente de construire \u00e0 son tour un mod\u00e8le mental du mod\u00e8le informatique: c\u2019est le hors-champ programmatique (structures des donn\u00e9es et algorithmes) qui est une forme de r\u00e9flexivit\u00e9 paradoxale. Cette double traductibilit\u00e9 n\u2019est pas fond\u00e9e sur un principe de v\u00e9rit\u00e9 externe, ce n\u2019est pas une mathesis universalis. Elle est un jeu conflictuel qui permet le transport d\u2019un m\u00e9dia \u00e0 un autre, d\u2019un projet \u00e0 un autre: voir l\u2019image de sa webcam et entendre le son que cette image peut produire, visualiser le flux sous une forme graphique condens\u00e9e, entendre le bruit des autres internautes selon les distances et les proximit\u00e9s de la topologie d\u2019un site, parler pour pouvoir lire un texte32 ou l\u2019inverse, c\u2019est persister dans le possible. De quelle fa\u00e7on cette traductabilit\u00e9 est devenue une condition de possibilit\u00e9 de l\u2019individuation33 et de la communaut\u00e9 reste une question \u00e0 penser.<\/p>\n\n\n\n<p>On aura compris que la valorisation de la spatialit\u00e9 n\u2019a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e que pour r\u00e9ajuster la temporalit\u00e9 et que la programmation informatique n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 la pr\u00e9gnance de l\u2019horizon temporel. Il s\u2019agirait d\u00e8s lors de structurer le temps comme une s\u00e9rie p\u00e9riodique de changements, bref de penser l\u2019\u00e9criture de la fiction comme une oscillation temporelle ou si l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re sous la forme d\u2019une notation musicale. On alternera des vitesses diff\u00e9rentes, des rythmes h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, des traductions formelles, des lagunes et des oublis.<\/p>\n\n\n\n<p>Par exemple, la boucle permet une variabilit\u00e9 qui non seulement a donn\u00e9 naissance au cin\u00e9ma, mais aussi \u00e0 la programmation informatique sous la forme de l\u2019it\u00e9ration et d\u2019op\u00e9rations du type if\/then, repeat\/while. Il est surprenant de voir que la boucle loin d\u2019\u00eatre une r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019identique permet une diff\u00e9renciation et un v\u00e9ritable tempo des possibles. On peut penser que si la narration (cin\u00e9ma)tographique fixe le pass\u00e9 (ce qui a \u00e9t\u00e9, la n\u00e9cessit\u00e9) par l\u2019inscription sur une surface sensible d\u2019une lumi\u00e8re, la narration num\u00e9rique pointe le futur, c\u2019est \u00e0-dire une possibilit\u00e9. De ce fait, la fiction programmatique reste radicalement incertaine, elle est un principe d\u2019incertitude, car on n\u2019est jamais s\u00fbr de ce qui est racont\u00e9. \u00c9teignant l\u2019ordinateur on aura bien la certitude que quelque chose a \u00e9t\u00e9 racont\u00e9, mais seulement le vague souvenir, d\u00e9j\u00e0 lointain et effac\u00e9 de ce qui a \u00e9t\u00e9 racont\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La notion de programme s\u2019\u00e9tend de jour en jour comme si le contr\u00f4le et la ma\u00eetrise technologique augmentaient son emprise. Toutefois, il est \u00e9tonnant de remarquer qu\u2019\u00e0 partir d\u2019un langage machinique logico-analytique dont les pr\u00e9suppos\u00e9s sont th\u00e9oriquement critiquable, il est possible de produire de l\u2019inanticipable, de l\u2019incalculable et de l\u2019impr\u00e9visible, c\u2019est-\u00e0-dire du perceptible. Le fait que la programmation informatique puisse ainsi entrer en relation avec l\u2019esth\u00e9tique et le Logos met en question l\u2019id\u00e9ologie dominante de l\u2019instrumentalit\u00e9 anthropologique des technologies et permet peut-\u00eatre d\u2019esquisser un nouveau projet esth\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<p>1 Dans le cadre du programme de la Villa M\u00e9dicis hors-les-murs, les Inclassables de l\u2019AFAA \u00e0 Montr\u00e9al, Canada.<\/p>\n\n\n\n<p>2 Nous pr\u00e9f\u00e9rons utiliser la notion de fiction programmatique plut\u00f4t que de fiction interactive, l\u2019interactivit\u00e9 n\u2019\u00e9tant qu\u2019un genre possible de la programmation. De surcro\u00eet la mani\u00e8re dont nous abordons cette question associe l\u2019interactivit\u00e9, l\u2019interactif et la g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n\n\n\n<p>3 La distinction entre art de la copie et de l\u2019illusion dans La R\u00e9publique et le Sophiste.<\/p>\n\n\n\n<p>4 G. Deleuze, Diff\u00e9rence et R\u00e9p\u00e9tition, p.116, Puf<\/p>\n\n\n\n<p>5 Borges, Fictions, Gallimard<\/p>\n\n\n\n<p>6 voir le d\u00e9bat entre Descartes et Spinoza sur la substance pensante et la substance \u00e9tendue et les inventions spatiales entre 1840 et 1870.<\/p>\n\n\n\n<p>7 M. Heidegger, Etre et temps, p77, Gallimard<\/p>\n\n\n\n<p>8 B. Stiegler, La Technique et le temps t. 1, 2, 3, Galil\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>9 Afin de prendre toute la mesure de cette crise il serait n\u00e9cessaire, ce qui n\u2019est pas notre enjeu ici, de questionner les nouvelles conditions technologiques de l\u2019imagination transcendantale et tout particuli\u00e8rement la notion kantienne de diagramme. Bernard Stiegler dans le t.3 de La technique et le temps a commenc\u00e9 cette importante r\u00e9flexion.<\/p>\n\n\n\n<p>10 Les dialogues avec un BOT de type Alice dans http:\/\/www.center-of-the-world.com\/<\/p>\n\n\n\n<p>11 St\u00e9phane Mallarm\u00e9, Un coup de des jamais n\u2019abolira le hasard, Gallimard, 1993<\/p>\n\n\n\n<p>12 A. Koj\u00e8ve, L\u2019idee du determinisme dans la physique, Le livre de proche, 1990<\/p>\n\n\n\n<p>13 http:\/\/incident.net\/works\/possibles_bodies\/<\/p>\n\n\n\n<p>14 http:\/\/incident.net\/works\/sampling\/<\/p>\n\n\n\n<p>15 Jean-Fran\u00e7ois Lyotard, L\u2019inhumain, p. 145, Galil\u00e9e<\/p>\n\n\n\n<p>16 http;\/\/www.sous-terre.net\/soundtrack.html<\/p>\n\n\n\n<p>17 Jonathan Crary, Suspension of Perception, Mit press, 1999<\/p>\n\n\n\n<p>18 http;\/\/www.manovich.net<\/p>\n\n\n\n<p>19 Utilisation des coordonn\u00e9es GPS dans http:\/\/dislocat.io-n.net<\/p>\n\n\n\n<p>20 http:\/\/desfrags.cicv.fr<\/p>\n\n\n\n<p>21 Serge Daney, La le\u00e7on a \u00e9t\u00e9 profitable, monsieur, Pol<\/p>\n\n\n\n<p>22 http:\/\/incident.net\/works\/possibles_bodies\/<\/p>\n\n\n\n<p>23 Il y aurait l\u00e0 \u00e0 penser la rupture entre la position classique du sujet allant jusqu\u2019au panorama et la position du joueur dont l\u2019\u00e9gocentrisme est d\u00e9plac\u00e9, c\u2019est le monde qui se d\u00e9place autour de lui non l\u2019inverse.<\/p>\n\n\n\n<p>24 Se reporter au travail men\u00e9 par C. Beaugrand \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019architecture de Normandie. http:\/\/www.rouen.archi.fr\/theatredememoire\/<\/p>\n\n\n\n<p>25 http:\/\/incident.net\/works\/last_image_of_space\/<\/p>\n\n\n\n<p>26 Michel Foucault, Dits et ecrits, vol.1<\/p>\n\n\n\n<p>27Avec Duchamp l\u2019espace de la Mari\u00e9e est organis\u00e9 selon le \u00ab pas encore \u00bb et celui d\u2019\u00c9tant donn\u00e9s selon le \u00ab d\u00e9j\u00e0 plus \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>28 http:\/\/incident.net\/works\/in_the_image_of_the_text\/<\/p>\n\n\n\n<p>29 http:\/\/incident.net\/users\/gregory\/docz.php?id=34<\/p>\n\n\n\n<p>30 http:\/\/incident.net\/works\/my_last_tape\/<\/p>\n\n\n\n<p>31 Jacques Derrida, Donner du temps (de la traduction)<\/p>\n\n\n\n<p>32 http:\/\/incident.net\/works\/myvoice\/<\/p>\n\n\n\n<p>33 Gilbert Simondon, L\u2019individu et sa gen\u00e8se physico biologique, J\u00e9r\u00f4me millon<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ligeia N\u00b0 45-48, JUILLET-DECEMBRE 2003 http:\/\/www.revue-ligeia.com\/contenu.php?id=18 \u00ab\u00a0La premi\u00e8re sc\u00e8ne se d\u00e9roule tr\u00e8s vite. 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