Archives par auteur: Julie Morel

Étudiante à l’École des Beaux-Arts de Lyon puis de Paris en section multimédia (atelier de C. Boltansky puis Tony Brown), elle participe ensuite au Master “Atelier de recherches interactives" aux Arts-Décoratifs. Son mémoire de DEA portait sur la poésie liée aux échecs du transcodage, à la lisibilité possible du code informatique dans les projets numériques ayant pour espace l’écran d’ordinateur. ("Coding/Transcoding/Decoding", sous la direction de JL Boissier).Julie Morel a présenté son travail dans de nombreux festivals et espaces d’art internationaux. Elle est membre du collectif incident.net depuis 1998. Chargée de cours Internet à l’école Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris de 2003 à 2005, elle est aujourd’hui enseignante multimédia à l’Ecole des Beaux-Arts de Lorient et artiste invitée à l’école des Beaux-Arts de Rennes (France). Artiste travaillant à partir des pratiques numériques, de la vidéo et du dessin, Julie Morel s’intéresse particulièrement au caractère sensible des technologies, couplage mémoire informatique/mémoire humaine, manques et accidents créés par le transcodage. Ses recherches sont souvent dirigées vers le texte, qu’elle envisage comme une image temporelle et dont elle se sert pour produire des vidéos linéaires et des générateurs de textes dyslexiques, bègue, transformant ainsi le regardeur en lecteur. Elle travaille aussi autour du concept de gen-narration (génération + narration), Dans ce cadre, elle fait souvent appel à des techniques de programmation simples (boucle, aléatoire, variation pour mettre à jour les diverses façons dont le programme et le message généré se connectent sur l’espace de projection qu’est l’écran, qu’elle considère comme un miroir déformant.

Revue Reliefs

Après le numéro « Prairie » que j’avais trouvé très pointu (pleins de questions ET réponses sur l’environnement dans lequel je vis quotidiennement dans le Brionnais en Saône et Loire), notamment avec quelques articles dédiés à l’agropastoralisme, j’ai reçu pour Noël le dernier numéro « forêts », tout aussi intéressant et éclairant sur les vies des fôrets : 600 000 milles sur Terre soit 1/3 des terres émergées (dont seulement 140 en Europe – il serait temps de se pencher sur la question !) et de leurs habitants : champignons et mycorhizes en premier lieu.

Je profite de ce petit article pour faire de la publicité pour le groupement forestier Chat sauvage, dont je fais parti depuis 2016 et qui fait un travail passionant. Pour le prix d’un abonnement à Netflix, on peut aider à acquérir et donc contribuer à sauver (de la coupe rase puis plantation de résineux) et à entretenir de magnifiques parcelles de fôrets – c’est quand même mieux que Netflix non ? ; )
Soutenons-les !

> CHAT SAUVAGE
> RELIEFS


Quelques images des deux éditions…


Et pour rester encore un peu dans la vie des bois, la prochaine carte de ⌘+P a été confiée à Sylvie Bonnot, avec cette carte sera bientôt envoyée à une centaine de chanceux… ;)

La dernière avant 2022, à partir du 10 décembre 2021 à la galerie Ségolène Brossette !

J’ai le grand plaisir de faire partie de l’exposition « La dernière avant 2022 », qui aura lieu à la galerie Ségolène Brossette à partir du 10 décembre, avec un vernissage le jeudi 9 décembre à partir de 18h. Venez nombreux voir la sélection d’œuvres faite par Ségolène Brossette ! J’y présenterai deux « petits » programmes informatiques qui encryptent l’un le livre « Œdipe » (Sénèque), et l’autre « Étoile filante », une partition de musique populaire du 19e siècle, et transcodés vers vidéos.

Des vues de l’exposition et du vernissage de « La dernière avant 2022 » (photos Christophe Beauregard)!

Salon des éditions d’art, FRAC Besançon, 23-24 octobre 2021

Je serai le 23 et 24 octobre au Salon des éditions d’art au Frac Franche-Comté, pour présenter et représenter ⌘+P !

Pour cette édition, le réseau SEIZE MILLE invite les éditions Tombolo Presses, Nevers, avec la programmation d’artistes et et de commissaires (performances de Camille Bondon, Gwendal Coulon, Zoé Couppé, lecture de Léna Araguas). Et avec :
. Les Ateliers Vortex, Dijon
. Les éditions horsd’oeuvres, Dijon
. Les éditions Untitled, Dijon
. One+One, Dijon
. Christophe Vaubourg, Besançon
. Le Frac Franche-Comté, Besançon
. Les éditions Gasoline, Besançon
. Les éditions Juste Ici, Besançon
. Tank Atelier, Besançon
. Superseñor, Besançon
. La Fraternelle – Saint-Claude
. Les éditions Hyphe – Dole
. Ravisius Textor – Tombolo Presses, Nevers
. Ctrl+P (⌘+P), Briant
. Les commissaires anonymes, Cluny-Bruxelles
. Hors Cadre, Auxerre
. Bibliobuste / Salon de lecture, Belfort
. La Houle éditions, Bruxelles

Le salon est organisé et proposé par SEIZE MILLE, réseau art contemporain Bourgogne– Franche-Comté.

See you there! :)

École thématique, MAMC+ Saint Etienne

Je serai mercredi au Musée d’art moderne de Saint Etienne pour présenter une conférence durant l’École thématique « Performance et archives » (que j’ai aidé à construire avec les membres du comité scientifique chargé de l’organisation : Anolga Rodionoff, Vincent Ciciliato, Catherine Dessinges, Ross Louis). Ces deux jours de conférences et ateliers sont organisés par les laboratoires MARGE (Lyon 3) et ECLLA (Université St. Etienne).
Pour cette matinée du 6 octobre 2021 seront également invités Alexandre Quoi et Laura Luise Schultz. Durant ces deux jours seront aussi présents : Kahena Sanaâ, Ross Louis, Simone Felhinger, Carole Nosella, Vincent Ciciliato, Pascaline Morincôme, Nicolas Fourgeaud, John Greyson & Ryan Conrad.
Ma présentation reviendra sur différents travaux que j’ai effectués, au fil des ans, autour des archives et leur changement face au flux du réseau. Je mentionnerai par ailleurs les travaux de Caroline Delieutraz, Tyler Coburn, Claire Malrieux, artistes que j’aime particulièrement !

See you there! »

Quelques nouvelles de ⌘+P

Depuis son lancement en novembre dernier, la maison de micro-édition ⌘+P A envoyé une quinzaine de cartes postales et quelques timbres crées par des artistes à une centaine de destinataires…
Les informations sur le site internet de ⌘+P, et quelques images dans le désordre.

⌘+P sera présente au salon des éditions d’art au FRAC Besançon qui aura lieu en octobre 2021. Vous pourrez notamment y découvrir les éphéméras d’artistes produits cet été !
Tous les renseignements sur le salon 2021 sur le site de Seize Mille d’ici quelques jours.

Asleep on the Raft, exposition à Esox Lucius

J’ai le plaisir de m’être vue confier le commissariat de la prochaine exposition à Esox Lucius, un petit centre d’art extraordinaire situé dans l’ancienne gare de Saint-Maurice-les-Châteauneufs en Saône et Loire, et re-designée par Philippe Million.. Pour cette exposition, j’ai décidé de travailler avec deux artistes (qui ne se connaissent pas) dont j’aime la pratique et la manière de procéder : Guillaume Constantin et Roxane Jean. J’ai également invité les Lectures électriques à proposer une lecture performée le jour du vernissage, qui aura lieu de 15 mai à partir de 14h30.

Ci-dessous, le texte qui présente l’exposition, et quelques photos !

Asleep on the Raft
Éloge de la douceur.

Pour l’exposition Asleep on the Raft, Esox Lucius convie deux artistes adeptes de matériaux détournés et de displays, coutumiers de typologies et combinaisons formelles audacieuses. Roxane Jean y déploie des territoires sensibles ayant trait au jardin et Guillaume Constantin explore des matériaux plus techniques choisis pour leurs qualités plastiques. La sophistication de ces deux points de vue s’additionne et joue avec humour du challenge que constitue l’espace de l’ancienne gare (re)créée par le designer Philippe Million. En assumant cet espace éminemment non neutre, les deux artistes font bugger la binarité d’une exposition à quatre mains dans deux espaces contigus.
Dessins, papiers peints sérigraphiés, sweat-shirts, matériaux trouvés, impressions 3D et céramiques se glissent parmi les nombreux interstices de la galerie. La stratification, l’agencement des travaux et des références évoquent le passage d’un état à l’autre, un curieux « entre deux eaux ». L’ancienne salle d’attente redevient un lieu de départ vers de multiples destinations. La gare se peuple d’objets et productions virtuels et matériels, fabriqués et trouvés, où le corps se trouve convoqué quasi continuellement : incarné littéralement par les fragments de mains et visages polychromes imprimés numériquement, suggéré par la présence de sweat-shirts drapés de motifs marins ou coquillages combinés par Guillaume Constantin. Ceux-ci tantôt se téléscopent, tantôt dialoguent au plus près du corpus coloré et des empreintes gestuelles de Roxane Jean qui prend en charge le monde terrestre : aplats chlorophyllés, motifs floraux, jungles de traits. En bordure de champs, quelques carottes sauvages, infra-ordinaire botanique, nuages de pétales sur lesquelles se pose une toute petite fleur colorée, trompe l’œil d’un insecte imaginaire venant les butiner…
Corps et corpus jouent ici à cache-cache. Matérialisations, typologies et détournements via fichiers open source se superposent à un répertoire végétal proliférant et rythmé, tracé sur les supports plans. Roxane Jean propose une herborisation sentimentale ou ironique : ses plantes pratiquent des stratégies de séduction, prennent plus ou moins de place, s’affirment ou restent en retrait. Et les mains en impression 3D de Guillaume Constantin de cueillir ou recueillir, de se tendre vers le vide et de ponctuer l’espace comme des virgules anatomiques.
L’impression générale dégage en deuxième lecture une (inquiétante) étrangeté qui trouve écho dans le titre de l’exposition. En-tête de chapitre d’un roman de Mark Twain*, cette phrase énigmatique évoque une personne assoupie sur un radeau, dérivant dans la brume.
Mais qui dort  – ou bien est-ce un rêve éveillé ? Quel est ce radeau sans pilote conscient ? Ce vaisseau qui nous transporte, n’est-ce pas notre corps même ?
Morbide ? Seulement de cette morbidité à l’italienne qui signifie harmonieuse et délicate, que l’on emploie pour parler d’un biscuit, l’Amaretti morbidi … Morbide ? Non pas, quand on se réfère à la racine latine de ce mot pour qualifier ce qui est moelleux. Tendre. Doux.

Julie Morel, commissaire de l’exposition

*Asleep on the Raft, Chapitre 15 de Huckleberry Finn (1884).

L’exposition est visible jusqu’au 20 juillet 2021.
Esox Lucius,
La gare – le quai (294M9)
71740 Saint-Maurice-lès-Chateauneuf

Dans le cadre de l’exposition proposée par Julie Morel « Asleep on the Raft » les lectures électriques rassembleront les textes d’Emanuele Coccia, Donna Harraway, Diane Scott, Anne Dufourmantelle, Starhawk, Marielle Macé, Gilles Clément ou encore Alain Damasio. Le corpus traversé pour cette édition des lectures électriques mettra en avant les sensibilités troublées et troublantes des métamorphoses du vivant et des cohabitations disparates que nous vivons ou pourrions vivre. 
Science-fiction, poésie et essais seront mis en résonance faisant apparaitre un monde entre deux eaux où l’homme, son environnement et la possibilité de rêverie qui les traversent viennent se mêler de manière critique et émancipatrice.

⌘+P, maison de micro-éditions d’artistes

Carte © Roxane Jean.

J’enseigne depuis cette année les « pratiques éditoriales et cultures numériques » à l’Ecole supérieure d’art et de design de Tours !
En novembre, quelques jours après mon arrivée à l’ESAD, nous avons été reconfiné ; mes expositions à venir en 2021 ont été soit repoussée (Galerie de l’UQAM, Montréal) soit annulée (Hilliard Museum, Lafayette, USA) et ma présence à l’école a été divisée par deux. Bref, la circulation, qu’elle soit humaine ou de pièces artistiques est à nouveau limitée, ralentie ou interdite. Les artistes plasticiens, les espaces d’expositions et institutions liés aux arts plastiques sont à nouveau touchés par les conséquences du Covid, lui-même conséquence d’une crise écologique mondiale toujours plus présente…

Ma pratique artistique a souvent été à la marge de l’exposition, (internet, éditions, ateliers, performances) et les moyens de mettre en relation un public et les arts visuels sont pluriels. Ainsi, dans le cadre de ce nouveau cours, j’ai décidé de créer une petite maison de micro-éditions : ⌘+P (prononcer « Control P »).
L’idée est de développer un dispositif simple dans un contexte de pandémie pour continuer à faire circuler la création d’artistes et mettre en présence une œuvre et un public : un réseau de diffusion, un « écosystème des simples ».
⌘+P s’attache à des formes artistiques légères et rapides : la carte postale et le timbre. Dessins, collages, impressions en sérigraphie, gravure ou riso, fabrication numérique ou encore cartes postales graphiques ou conceptuelles ne sont que quelques exemples des possibles sur un support de 10,5 x 15 cm ou de 2,35 x 3,35 cm.
Côté fonctionnement, ⌘+P invite tous les quinze jours une ou un artiste à créer une carte ou un timbre en cohérence avec son travail. Le tirage est limité à 100 exemplaires, l’artiste reçoit 50 cartes et ⌘+P envoie une carte à 50 personnes.
Le projet a été inauguré la semaine dernière avec une première carte de Guillaume Constantin associée à un timbre de Roxane Jean, deux artistes avec qui je travaille (commissariat) à une exposition pour avril 2021. D’autres créations d’artistes sont déjà prévues, parmi eux Julie C. Fortier, Manon Bellet, Eric Tabuchi & Nelly Monnier… mais encore quelques autres artistes et/ou graphistes à venir !

Vous trouverez les informations sur le projet et images des premières cartes postales et timbres sur le site internet : 
http://incident.net/ctrlp/

Si vous souhaitez soutenir cette initiative et recevoir chez vous des réalisations d’artistes invités chez vous pendant un an, il y a plusieurs moyens !
> Un financement participatif a lieu jusqu’à la fin janvier :
Visitez l’espace Kisskissbankbank !
> Vous pouvez également soutenir le projet à long terme (un an ou plus) en devenant mécène :
Visitez l’espace dédié sur Patreon !

Timbre et carte © Guillaume Constantin et Roxane Jean.

A bientôt en ligne ou dans votre boite aux lettres ! :)

Edition, éditions !

Ce matin, dans ma boite aux lettres, j’ai trouvé deux raisons de me réjouir :

Après un peu de retard, j’ai reçu La reconnaissance des motifs, monographie consacrée à Guillaume Constantin, que j’avais commandée à Manuella éditions. Très contente de pouvoir lire les entretiens qui parsèment le livre et de regarder les très belles photos de son travail. C’est une opportunité de me pencher plus en avant sur la pratique de Guillaume, que j’ai invité à collaborer avec une autre artiste, Roxane Jean, pour une exposition à Esox Lucius en 2021. Titre provisoire : Asleep on the Raft. À suivre….
Et puis comme une bonne chose n’arrive jamais seule, j’y ai également trouvé un catalogue d’exposition de la collection de livres d’artistes de Jean-Paul Guy, édité par Tombolo presses. C’est Jean-Paul qui m’a envoyé cette surprise, suite à sa visite à mon atelier la semaine dernière, et l’acquisition de Ghost, une de mes éditions en risographie.

Coincidences éditoriales d’autant plus agréables que j’ai décidé de consacrer cette année mon « Atelier de recherches et créations » à l’EESAB (où j’enseigne) aux dispositifs éditoriaux :)

From Translation to Transcoding, exposition à la Société d’électricité, Bruxelles

Je présente une des pièces en céramique de la série « Sans titre (Boucle, A.F.K.) lors de l’exposition From Translation to Transcoding, à la Société d’électricité à Bruxelles.
Cette exposition, un peu écourtée pour cause de COVID, est néanmoins visible du 03 septembre au 1er novembre et regroupe : Cory Arcangel, Gert Aertsen, Carl Andre, Matthew Biederman, Otto Berchem, Jane Benson, Alec De Busschère, Detanico & Lain, Lars Fredrikson, Pierre-Philippe Hofmann, Farah Khelil, Takahiro Kudo, LAb[au], Le Corbusier & Iannis Xenakis, Matan Mittwoch, Julie Morel, Joachim Olender, Jacob Riddle, Thomas Ruff, Karin Sander, Yann Sérandour, Venetian Snares, VOID, Hannah Weiner, Wennig & Daubach.
Le dossier complet de l’expo est téléchargeable ici.

From Translation to Transcoding
The term « transcoding » originates from the field of computers and more precisely from the conversion of one digital format to another. However, this terminology appears more and more in the cultural context as a new paradigm beyond common media theories. It addresses the issue of correspondence of signs which one medium operates within another.

We now draw with algorithm, copy/paste in paintings, think resolution in photography or sculpt in 3D… All illustrate transcoding of these two spheres – the cultural and the technological one. This isologic approach has been addressed in Fluxus and concept art by the term of intermedia and now emerges in form of transmedia. The exhibition explores the trans-lation/coding of signs in between different forms of expression as a possible reading of actual artistic production.

– 485,4 ± 1,9

Je présente cet été le projet – 485,4 ± 1,9 durant la biennale de l’Art en chapelles. Quelques photos du montage et de l’installation que vous pouvez découvrir jusqu’en septembre à Chaffois (près de Pontarlier, Franche-Comté) !
Toutes les infos sur le site internet de la biennale. Bonne balade :)

« L’idée d’exposition comme traduction est tirée du Moyen-Âge, époque à laquelle le mot « translatio » désignait une coutume consistant à transporter des reliques religieuses d’une église à l’autre. Ce mot latin signifiant « déplacer » ou « transférer » est à l’origine du mot « traduction », mais aussi du terme « translate » qui, en anglais, veut dire « traduire ». Si un lieu de culte se trouvait délaissé par ses paroissiens et désirait rehausser sa popularité, on cherchait à acquérir le corps ou les os d’un saint. Une procession était organisée lors de laquelle les reliques étaient transportées à travers la campagne en grande pompe, passant devant une foule de curieux qui se pressaient alors à l’église pour voir de plus près ces nouvelles acquisitions. Un parallèle peut être établi avec nos expositions contemporaines  puisque la personne chargée de ce transport ou « translatio » était appelée le « curé », à l’origine du mot « curator ». »
Extrait de
Le curateur comme traducteur, Zoë Gray

 Les points de départ de cette installation à Chaffois, pour la biennale Art en chapelles, ont été les reliques présentes dans l’église ainsi les pierres de la carrière contenant des fossiles. J’avais envie de se faire télescoper, avec humour, les lieux que sont l’église et la carrière qui, voisines, présentent deux discours très différents sur l’origine de la vie. 
Suite à la lecture du texte Le curateur comme traducteur de Zoë Gray et du roman The Drowned World (Le monde englouti) de J.G. Ballard (dystopie écologique où la faune et la flore sont revenues à ce qu’elles étaient à l’époque de l’apparition de l’homme sur terre), j’ai décidé de jouer avec le double sens du mot « relique ». De l’acceptation religieuse j’ai retenu le côté formel tandis que pour le contenu de la proposition je me suis servie du sens admis en biologie : une espèce éteinte d’origine très ancienne qui ne se rencontre dans une aire limitée. 

Le résultat prend la forme d’une série représentant une faune proche de la période du Cambrien (-485,4 à 1,9 millions d’années) réalisée en tissage de cheveux humains figés dans des plaques de verre. Les cadres sont installés pour que l’on puisse voir une « strate » après l’autre, ou l’une à travers l’autre, et en dialogue avec la lumière et les couleurs de l’église de Chaffois.

Woman Reading Book, livre d’artiste

Depuis quelques années, je collecte des images de peintures et aquarelles de « liseuses » de bonnes qualités sur Internet. Il a quelques mois, j’ai commencé à les éditer pour créer trois livres d’artistes : le premier se compose d’un montage de femmes positionnées vers la gauche et qui, au fil des pages, lèvent la tête vers le lecteur que nous sommes, pour finalement le regarder frontalement. Le deuxième fait un montage de femmes positionnées vers la droite, et le dernier travaille le montage de femmes positionnées de face.
J’ai reçu ce matin les impressions de la dernière série !
Tirée à cinq exemplaires, 16 pages, images en noir et blanc + texte rouge, sur papier journal, dimensions : 37 x 29 cm.

Mourning Jewellery for Adaly – Aide à la création

Après deux semaines à la Nouvelle-Orléans, je suis actuellement à Kansas City (Missouri) grâce au financement de l’Aide à la création (DRAC Bourgogne – Franche-Comté) pour une recherche intitulée « Mourning Jewellery for Adaly ». Un voyage de presque 2800km A/R à travers la Louisiane, Mississippi, Arkansas et enfin le Missouri, pour visiter le Leila Hair Museum (Independence), une collection privée et inclassable qui propose plus de 2000 pièces anciennes (18-19e siècle) réalisées avec des cheveux, la plus ancienne remontant à 1680.
Ces deux jours de visites sur place ont été une opportunité de prendre un grand nombre de photos, notamment de gros plans de travaux de cheveux et travaux de deuils, qui me serviront dans la recherche que je suis en train de mener sur les tissages de matières organiques et les encres/matériaux conducteurs. J’ai pu voir et documenter de nombreux exemples de techniques, motifs, manières de tisser qui me seront précieuses une fois de retour à la Nouvelle-Orléans puis en France.

Kansas City, que je ne connaissais pas du tout, a été une révélation : ville relax qui possède une scène artistique et musicale incroyable. Durant ce séjour, j’ai pu visiter le Kemper Museum of Contemporary Art qui présente en ce moment des pièces de Summer Weat, me balader sur le magnifique campus de l’Art Institute (qui compte parmi ces anciens étudiants des artistes tels que Nick Cave, Robert Rauschenberg, Robert Morris, Christina McPhee !). Et puis visite également du Nelson-Atkins Musée of Art où, après avoir suivit le mur en pierres sèches de Andy Goldsworthy qui mène du jardin de sculpture vers l’entrée – vision étrange dans cet environnement – j’ai pu voir (parmi les 7 expositions temporaires !) une exposition de Gordon Parks sur ses photos de Mohamed Ali et passer un long moment les collections d’arts moderne et contemporain. Je regrette seulement de ne pas avoir eu le temps de visiter la collection d’objets amérindiens…

Peinture et détail de Summer Wheat

La semaine prochaine, retour en Nouvelle-Orléans, et RDVs avec Ben Hickey, commissaire, et Gisèle Trudel, artiste, pour travailler sur l’exposition de 2021 au Hilliard Museum, Lafayette.

Atmosphère-Atmosphère, atelier à l’EESAB #2

Après un voyage avec les étudiants de l’EESAB au CNES à Paris la semaine dernière pour rencontrer l’Observatoire de l’espace et des ballonniers de l’Aire sur l’Adour, la semaine prochaine sera consacrée à un nouvel atelier à l’EESAB : « L’odeur dans l’espace », avec Julie C. Fortier.

… Pour préfigurer cet atelier à venir, je regarde « Inert Gas Series/Helium, Neon, Argon, Krypton, Xenon/From a Measured Volume to Indefinite Expansion »  de Robert Barry (1969), qui me semble illustrer l’enjeu paradoxal d’odeurs dans la stratosphère où il n’y a (presque) pas d’eau…


« Testing the limits of materiality, Barry produced this poster for an exhibition that had neither a location nor a date. The address is a post-office box, and the telephone number for the gallery is an answering service with a recorded message describing the “work.” The work was the release, by the artist, of five measured volumes of odorless, colorless, noble gasses into the atmosphere in various locations surrounding Los Angeles, where they would diffuse and expand naturally into infinity.

While documentary photographs were taken of the action of the releases, the only physically tangible evidence of the work would remain the poster, published by the New York art dealer Seth Siegelaub, who stated, “He has done something and it’s definitely changing the world, however infinitesimally. He has put something into the world but you just can’t see it or measure it. Something real but imperceptible. » (sources : Moma).

Faune de l’Édiacarien

Je partage actuellement mon temps entre trois propositions dans trois lieux radicalement différents : une pièce pour l’Art en chapelles (Pontarlier, Franche-Comté), Dataffect, un série pour la galerie de l’Uqam (Montréal, Qc) et une exposition Forces of Nature pour le Hilliard Museum (Lafayette, USA).
Trois projets qui semblent a priori très différents, mais aujourd’hui alors je fais la liste des choses sur lesquelles je fais des recherches depuis quelques semaines : Méduses, vers marins, faune de l’Ediacarien, limnologie/disparition des lacs, cartes maritimes et plasticité des différents états de l’eau… je crois que je nage dans le grand bain :)

Reconfigurations des particules, Le bel ordinaire, Pau


La semaine dernière s’est ouverte, au Bel Ordinaire, l’exposition « Reconfiguration des particules », que j’ai co-commissarié avec Cécile Babiole, pour Le sans titre.
Nous y montrons des œuvres de Refik Anadol, David Blair, Sylvie Bonnot, Jean-Marie Boyer, Caroline Corbasson, Paul Destieu, Marie Fabre, Julie C. Fortier, Lia Giraud, Pierre Malphettes, Claire Malrieux, Stefan Shankland, Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin.
L’exposition est visible jusqu’au 21 mars !
> Le Bel ordinaire.

Pour concevoir cette exposition, nous sommes partie de l’observation de la Broyeuse de chocolat de Marcel Duchamp. Notre lecture de cette œuvre emblématique est qu’elle propose une approche contemporaine des choses (matérielles ou immatérielles) : elle permet de les concevoir et de les aborder comme un ensemble d’éléments discontinus. De l’invention du béton, au recyclage de matériaux, en passant par la cuisine ou les données numériques, la granularité est au centre de notre rapport à la matière, jusqu’à devenir un paradigme de la connaissance envisagée comme une vaste base de données constituée d’une masse de micrograins d’informations.

Cet état granulaire de la matière engage des processus spécifiques : fractionner, mixer et mettre en forme. Par exemple, on réduit du gypse en poudre et on obtient du plâtre, puis on le mixe avec de l’eau pour le mouler ou le façonner dans le but de produire une nouvelle forme solide. De même, l’information, réduite à des unités élémentaires exprimées en 0 et 1, est traitée par des programmes numériques afin de produire de nouvelles entités sous forme de textes, images ou sons.

L’exposition est pensée à partir de ces processus et présente une sélection d’œuvres très différentes (du dessin algorithmique à l’œuvre olfactive, en passant par des pièces en béton) qui possèdent toutes, d’une manière ou d’une autre, des propriétés granulaires.
Fidèle à notre manière d’envisager le commissariat comme une création artistique, nous avons crée une scénographie qui englobe l’ensemble des pièces sélectionnées et des espaces, introduit par une série de 32 sérigraphies du Sans titre.



Cartes maritimes et Rebbelibs

Glanées, sur Internet, ces cartes maritimes (Rebbelibs, Medosou ou Mattangs) sont issues de Polynésie et Micronésie (îles Marshalls). Elles sont faites de brindilles et coquillages, et liées avec de la fibre de palmiers. Elles servent à l’enseignement et à la mémorisation des îles, trajets et courants.
Bonne année, bonne navigation !

> https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_%C3%A0_b%C3%A2tonnets

> Articles avec des liens vers deux vidéos très intéressantes sur le sujet des cartes et la navigation dans cette région : https://doorofperception.com/2016/10/polynesian-wayfinders/

Atmosphère-Atmosphère, atelier à l’EESAB

Cette année, j’invite Sylvie Bonnot, artiste, photographe et membre du comité éditorial de la revue Espace(s) à collaborer avec Julie C. Fortier et moi-même à une série d’ateliers à l’EESAB.
Ces ateliers partiront des archives des ballons stratosphériques du CNES pour dégager différentes pistes de recherches : le document d’archive de l’histoire spatiale, l’ingénierie, l’air et son écologie, la visualisation de données. Nous nous rendrons au CNES en janvier pour visiter les lieux, rencontrer l’équipe de l’Observatoire de l’espace et échanger avec des « ballonniers ».
En attendant, une image du travail de Sylvie : une mue photographique réalisée à partir d’une image d’archive du CNES pour son Atlas Aeroplis – produite pour l’exposition Transitions, Nuit Blanche 2017. Vous pourrez par ailleurs voir son travail en Janvier 2020, au Bel Ordinaire à Pau lors de l’exposition « Reconfiguration des particules » que je co-commissarie avec Cécile Babiole.

« Mourning Jewellery for Hadaly », à l’espace Gantner

Je participe à l’exposition Hadaly et Sowana, Cyborgs et sorcières, qui aura lieu au centre d’art de l’espace Gantner (Bourogne, Franche-Comté) du 12 octobre 2019 au 25 janvier 2020.

J’y présenterai « Mourning Jewellery for Hadaly« , réalisée spécifiquement pour l’exposition grâce à l’Aide Individuelle à la création (DRAC). Cette première pièce inaugure une recherche de 2 ans à la croisée de questions écologiques, de l’obsolescence de l’homme, et de l’émergence des cyborgs. Elle fait suite à la recherche présentée à The Engine Room (Nouvelle-Orléans) et reprend les mêmes matériaux de base : conductivité (via des encres notamment) et cheveux. La prochaine étape sera présentée à Montréal en Septembre 2020 !

Photos : Samuel Carnovali
Photo: Julie Morel

Cette exposition, commissariée par Cécile Babiole, présente les travaux de : Annie Abrahams, Caroline Delieutraz, Camille Ducellier, Lynn Hershman Leeson, Agathe Joubert, Kaori Kinoshita et Alain Della Negra, Albertine Meunier, Julie Morel, Aniara Rodado, Tabita Rezaire, Christine Tamblyn, Suzanne Treister, Gwenola Wagon & LolaPerez-Guettier & Stéphane Degoutin.

« L’Ève future, roman fantastique de l’écrivain français Auguste de Villiers de L’Isle-Adam, publié en 1886, raconte comment, pour aider son ami amoureux d’une cantatrice très belle mais très sotte, l’ingénieur Edison fabrique de toutes pièces un double artificiel, Hadaly, une andréide, bien supérieure à la femme réelle. Pour donner une âme à l’andréide, Edison fait appel à Sowana, une voyante dotée d’un fluide surnaturel.
L’exposition se réapproprie la thématique de la technologie conçue comme à la fois rationnelle et magique, et substitue une vision élargie et non stéréotypée à celle misogyne du roman. La technologie n’est pas seulement l’apanage de génies mécanistes masculins qui recréent les femmes (naturellement défectueuses) selon leurs fantasmes, mais aussi un ensemble de savoirs et de pratiques partagé par les femmes (sorcières, sages femmes, guérisseuses, etc) et mis au service de la survie et du soin de la communauté depuis toujours.
Nourrie par Le Manifeste cyborg de la philosophe Donna Haraway qui dépasse les binarismes et rejette les frontières entre vivant et machine, également inspirée par l’écoféminisme de Starhawk qui régénère le concept de terre-mère vivante et sacrée, l’exposition réunit des artistes qui questionnent les technologies au sens large et leur rapport au corps. Ces artistes réinventent les figures de la cyborg ou de la sorcière, comme autant de symboles de puissance, de résistance, d’ironie et d’utopie. »

Vernissage le 12 octobre 2019 à 17h.
> Site de l’Espace Gantner.

Résidence au Bel ordinaire en juillet 2019, avec Le sans titre

Je suis en juillet en résidence au Bel Ordinaire pour la préparation de l’exposition Reconfiguration des particules. Cette exposition, commissariée par le collectif Le sans titre, aura lieu au BO en janvier 2020.
La résidence est consacrée à la création et impression de sérigraphies (350 !) pour l’exposition, et qui seront distribuées au public lors du vernissage et durant toute la durée de l’exposition. L’idée est de déconstruire la broyeuse de chocolat de Marcel Duschamp – élément à l’origine de la réflexion pour ce commissariat. Par différents motifs, modules, trames, couleurs, et par couches successives, nous proposons une relecture iconoclaste de la broyeuse, chacun des exemplaires imprimés étant uniques. Cécile Babiole et moi-même sommes accompagnées par Martha Dro, assistante extraordinaire, actuellement étudiante aux arts-déco à Paris.
Lors de cette résidence nous avons croisé plein de personnes aux travaux passionnants : Annely Boucher qui travaille sur autour de la rencontre, de l’écoute et de la prise de parole (elle aurait pu prendre part au projet à la Nouvelle-Orléans tellement ses thèmes de recherches sont proches du projet !), Fabien Zocco (qui avait participé il y a quelques années à la résidence Géographies variables France-Québec), Elsa Aupetit et Martin Plagnol (studio Kiösk) dont j’ai acquis une jolie publication (éditée par leur maison d’édition Dumpling Books pour la bibliothèque de la résidence à Briant), et enfin Romain Jarry, comédien et metteur en scène… Une belle équipe !

Ecoldar, un livre de Christine Lapostole

Christine Lapostolle, Ecoldar. Portrait d’une île, édition Musica Falsa.

J’ai fini il y a quelque temps Ecoldar. Portrait d’une île, un livre de Christine Lapostole. Je l’avais commencé car j’avais cette idée de travailler sur un projet de recherche qui avait attrait aux îles (dans la continuité de projets antérieurs, mais aussi dans l’idée qu’une l’école d’art pouvait être vue comme une île, et mon collègue Yannick Liron m’avait conseillé ce livre). J’ai laissé de côté cette idée pour le moment, mais j’ai découvert ce livre et l’ai beaucoup aimé. Je le recommande à tous. Je le recommande surtout à ceux qui se demandent « Qu’est ce qu’une école d’art ? Que devrait-être une école d’art ? Pourquoi j’enseigne l’art ? Pourquoi j’enseigne encore l’art aujourd’hui ? ». Les réflexions de Christine m’ont rappelée toute la complexité d’une école, ses particularités, ses défauts et ses qualités, ses mouvements, l’incompréhension et les interrogations qu’elle provoque, la chance qu’elle donne à tant d’étudiants. Ce livre m’a rappelé (après 15 ans à enseigner) qu’une école d’art et ses enseignements sont ce qui peut arriver de mieux à une personne, que placer l’art au centre de sa vie – de plein de manières différentes – fait sens de ce monde.

Un article de présentation sur Hypothèses.

Revue Intermédialités

Je suis très heureuse d’annoncer la parution du nouveau numéro d’Intermédialités, revue canadienne d’Histoire et théorie des arts, des lettres et des techniques  et à laquelle j’ai contribué avec un portfolio d’artiste. Ce numéro, intitulé « cacher / concealing« , a été dirigée par deux personnes dont j’admire le travail et l’énergie : Sophie Toupin et Nathalie Casemajor ! Elles m’ont laissé carte blanche pour développer ce portfolio, qui me sert actuellement de base pour une édition d’artiste à paraître en édition limitée à l’automne !
Le numéro est disponible sur la plateforme d’Érudit et bientôt en format ePub.
Si vous êtes à Montréal, ne manquez pas la sortie officielle le lundi le 13 mai 17:30 à la Librairie Le Port de tête.


Erin Shirreff, Ulla Von Brandenburg, CAC Nola

Hier, lors de ma visite de l’exposition « Hinge Pictures: Eight Women Artists Occupy theThird Dimension » au Centre d’art contemporain de la Nouvelle-Orléans, j’ai découvert les travaux de Erin Shirreff (Canada) et Ulla Von Brandenburg (Allemagne). Je n’avais pas mon appareil photo avec moi, alors voici quelques images et une vidéo (en allemand) trouvées sur Internet à mon retour !

Erin Shirreff :


Ulla Von Brandenburg :

Organology Performance Guide

Je viens de participer au projet « Organology » de Ross Louis, Jade Perdue (Performance Studies Lab et musicologie, Xavier University, Nouvelle-Orléans) et Liz Page (Musicologie, Columbia University, New York).
Ce projet prend la forme d’une bande son sérialiste et d’un guide pour « performer » la ville de New York et de la Nouvelle-Orléans, lors d’une promenade dans une rue de chacune de ces villes.
Ma contribution a consisté à créer la forme visuelle du guide, qui a été imprimé en riso (bleu/noir/rouge) par Constance Nola.
Quelques images prises au Patti Pace Perfomance Festival qui a eu lieu en février au Centre d’Art Contemporain de la Nouvelle-Orléans et où le guide a été diffusé pour l’une des sessions de performance.
Par ailleurs, le festival m’a permis de découvrir la performeuse Kaneza Schaal !



Conférences à l’EESAB – Lorient

Depuis le début 2019, je suis de retour à l’EESAB (Lorient) pour un enseigner !
Après une invitation faite à Guillaume Constantin et Gwenola Wagon qui sont venus parler de leur travail lors des journées « L’expérience du récit » (dirigé par Yannick Liron), c’est avec plaisir que je reçois Laurent Tixador pour une conférence lundi prochain, le 25 février…
Laurent est un habitué de l’école puisqu’il était déjà venu faire un atelier « bivouac » en 2010 et avait participé au projet de recherche Géographies variables ! Il parlera de son dernier projet, réalisé en résidence à Port-Louis, avec l’aide d’associations nettoyant les plages du littoral.

Exposition(s) au Hilliard Museum

Visite lundi au Hilliard Museum( Lafayette, Louisiane) de la belle exposition de Gisela Colon, artiste dont je ne connaissais pas le travail – difficile à rendre en photo, car ses « Pods » sont des pièces évanescentes et magiques… Plus de photos sur son site.

Cette visite m’a permis de faire un repérage de l’espace qui accueillera mon exposition en 2021 ! Pour cette exposition, commissionnée par Ben Hickey, j’ai invité Gisèle Trudel, dont j’adore le travail, à collaborer. Good vibes to come :)

Bonne année 2019

En ce début d’année, de retour en France, je souhaite apporter mon soutien au mouvement des gilets jaunes, dans tout ce qu’il a de positif dans les questions qu’ils posent, dans la démonstration que nous ne sommes pas condamnés à l’immobilisme dans un pays désormais gouverné par les multinationales et les banquiers, dans un pays où le pouvoir favorise l’ISF au détriment des personnes fragiles, dans un pays où l’écologie est évacuée des débats et remplacée par le lobbying. Merci à toutes les personnes qui, tous les samedis, se déplacent et rappellent au gouvernement la définition du mot démocratie.
Bonne année 2019 !

Cette image est un montage (inconnu) d’après la course de paddle qui a eu lieu sur la Seine en 2018.

Exposition à The Engine Room, Nouvelle-Orléans

(English Bellow!)
Ma prochaine exposition solo aura lieu à The Engine Room de la Nouvelle-Orléans du 9 novembre au 14 décembre 2018. Pour cette nouvelle version de « Clear, Deep, Dark », je présenterai une sélection de travaux récents et quelques travaux anciens, commissariés par Amy Mackie, de PARSE.
Je vous donne RDV lors du vernissage le 9 novembre 2018 à 18h !
Plusieurs événements auront également lieu durant l’exposition :
– Un atelier animé par Geir Haraldseth (directeur du Rogaland Kunstsenter, Stavanger, Norvège) et Stina Högkvist (directrice des collections du Nasjionalmuseet à Oslo, Norvège) > le 12 novembre à 18h30.
– Les ouvertures des 110 ateliers du bâtiment où se trouve the Engine Room > le 31 novembre toute la journée.

The Engine Room,
2809 N. Reobertson Street,
New Orleans

I am so happy to be announce my first solo exhibition in New Orleans, curated by Amy Mackie, from PARSE, at The Engine Room, New Orleans. The opening reception is on November 9 at 6PM, and the exhibition will run from November 9 to December 14, 2018. This will be my largest exhibition to date, and I am very pleased to be working with Amy and Parse to present both old and new works!
Other events during the show include:
– A workshop by Geir Haraldseth (Director of Rogaland Kunstsenter, Stavanger, Norway) and Stina Högkvist (Head of collections at the Nasjionalmuseet, Oslo, Norway) >  12 November, 6:30PM.
– Open studios at 2809 N; Robertson and as well as the the Engine Room > 31 November; all day.

The Engine Room,
2809 N. Reobertson Street,
New Orleans

Je suis très heureuse de participer avec Véronique Savard, au colloque « Repenser les humanités numériques », jeudi 25 octobre à 14h, à l’Université de Montréal !
Nous y présenterons nos travaux et ceux de Cécile Babiole, Dominique Siroit et Robert Saucier,

I am really happy to announce that I will be participating with Véronique Savard to the « Thinking the Digital Humanities Anew » at the University of Montreal, on Thursday, 25 November, at 2PM!

Repenser les humanités numériques, Centre de recherche interuniversitaire des humanités numériques.

Texte introductif :

S’il existe de nos jours une pluralité de pratiques réflexives en arts visuels dont les productions servent à éclairer l’apport déterminant du numérique dans nos sociétés contemporaines, de nombreux travaux revendiquent également et depuis le Post-Internet le glissement de l’espace physique dans la culture en réseau (et inversement) et la capacité des documents numériques à se reproduire et à muter indéfiniment. Outre la volonté d’élargir le cercle de diffusion et de circulation des œuvres d’art sur les réseaux, ces stratégies inédites de production, lesquels rendent dynamique la correspondance entre l’œuvre, le matériau numérique et sa documentation, sous-tendent un espace de réflexion critique et rhizomatique à partir duquel on peut soutirer certains traits communs.

La conférence que nous proposons s’inscrit à la suite d’une rencontre entre artistes-chercheurs du domaine des arts visuels et médiatiques. Notre groupe de recherche, constitué de cinq artistes québécois et français de différentes générations, travaille de manière à mettre en exergue et éclairer les structures paradigmatiques, méthodologiques et épistémologiques relatives à l’expérience numérique. Notre projet de recherche et de création est animé par des questions soulevées par la matière technique et culturelle à partir desquels découlent différentes postures de détournement et de remédiation des objets esthétiques, interactifs, textuels et programmés. Il consiste à rendre visible, discuter et situer les spécificités de nos problématiques dans un contexte où les enjeux sociaux, économiques et politiques, soulevés par le numérique, engagent une prise en charge artistique des processus idéologiques.
Notre présentation s’articulera autour d’une sélection d’images relatives à la documentation de projets d’expositions élaborées par les artistes du collectif. Ces œuvres, réalisées par Dominique Sirois, Robert Saucier, Cécile Babiole, Véronique Savard, et Julie Morel ont la particularité, tant sur le plan formel que conceptuel, d’avoir pris naissance dans et par le numérique, bien qu’elles soient également porteuses d’une réflexion sur l’hybridité des médias et sur leurs dispositifs de présentation dans l’espace d’exposition. En effet, ces modes relationnels (et de distanciation) entre appropriations des dispositifs technologiques, interactifs ou langagiers couplés aux médias traditionnels et moyens de diffusion au sein même de l’espace codifié qu’est la galerie, permettent – de par la nature même des œuvres d’art – un rapport sensible aux technologies, dans lequel le visiteur peut trouver un espace d’ouverture tant critique que visuel. Ce lien concret dans la construction de l’expérience nous est cher du fait que nous évoluons dans une société de consommation du numérique, et subissons quotidiennement et à long terme ses effets : des politiques d’utilisation des réseaux sociaux à l’impact écologique de l’obsolescence programmée ou d’un data center, en passant par les algorithmes « patriarcaux » ou autres outils cybernétiques autoritaires.

La coexistence entre ces différents points vus où s’entremêle la complexité des transformations, par le numérique, des formes visuelles, du langage et de la société dans son ensemble se présente en outre comme une préoccupation commune à ces positions artistiques et font la richesse de cette collaboration. En cheminant à travers différentes œuvres, nous aborderons des questions d’ordre pratique et théorique: quels sont les caractères anticipatoires et normatifs propres aux matériaux culturels numériques ? Comment l’œuvre d’art peut-elle désactiver ou court-circuiter un usage récurrent et dominant de la technologie ? Quelles en sont les portées créatives et philosophiques ? Quels en sont les contours et singularités ?

Quelques images :

User Agreement, Véronique Savard


Bzzz, le son de l’électricité, Cécile Babiole


Infrasense, Robert Saucier + KIT


Di$play Body, Dominique Siroit


A.F.K., Julie Morel