Archives par auteur: Julie Morel

Étudiante à l’École des Beaux-Arts de Lyon puis de Paris en section multimédia (atelier de C. Boltansky puis Tony Brown), elle participe ensuite au Master “Atelier de recherches interactives" aux Arts-Décoratifs. Son mémoire de DEA portait sur la poésie liée aux échecs du transcodage, à la lisibilité possible du code informatique dans les projets numériques ayant pour espace l’écran d’ordinateur. ("Coding/Transcoding/Decoding", sous la direction de JL Boissier).Julie Morel a présenté son travail dans de nombreux festivals et espaces d’art internationaux. Elle est membre du collectif incident.net depuis 1998. Chargée de cours Internet à l’école Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris de 2003 à 2005, elle est aujourd’hui enseignante multimédia à l’Ecole des Beaux-Arts de Lorient et artiste invitée à l’école des Beaux-Arts de Rennes (France). Artiste travaillant à partir des pratiques numériques, de la vidéo et du dessin, Julie Morel s’intéresse particulièrement au caractère sensible des technologies, couplage mémoire informatique/mémoire humaine, manques et accidents créés par le transcodage. Ses recherches sont souvent dirigées vers le texte, qu’elle envisage comme une image temporelle et dont elle se sert pour produire des vidéos linéaires et des générateurs de textes dyslexiques, bègue, transformant ainsi le regardeur en lecteur. Elle travaille aussi autour du concept de gen-narration (génération + narration), Dans ce cadre, elle fait souvent appel à des techniques de programmation simples (boucle, aléatoire, variation pour mettre à jour les diverses façons dont le programme et le message généré se connectent sur l’espace de projection qu’est l’écran, qu’elle considère comme un miroir déformant.

Inside

Dedans, au chaud : un voyage dans l’art.

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Gonzalez-Torres devant Chicago.

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Vija Celmins

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Ed Ruscha
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Gerhard Richter

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On Kawara & Beuys (sun state)

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Larry Bell, John Mc Cracken, Robert Irwin et Craig Kauffman… California Light.

sotoSoto

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Henri Rousseau

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Une femme artiste. Suzanne, la sœur de Marcel.

brauner
Victor Brauner.

Cornell
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Joseph Cornell ❤

New Orleans

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Plan issu des archives du Louisiana State Museum, ou j’ai commencé hier mes recherches.
Louisiana New Orleans Sheet (ref. 1986.058.003)
Date: 1890
Publisher: United States Geological Survey, George Otis Smith, Director
Place of Publication: Washington, D. C.
Map Maker: Searle, A.B., A. E. Wilson, and L.J. Battle, topographers

Avis de tempête

Ce soir une tornade se dirige vers le lac Ponchartrain et la Nouvelle Orléans. À la télé les programmes sont entrecoupés de mises à jour des avancés de l’orage et de messages d’alertes, une voix de synthèse métallique qui se superposent aux sons des émissions.

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Project B at Prospect 3

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Aujourd’hui sous le bleu du ciel, sans nuage et dans une lumière éblouissante, nous nous sommes rendus avec Dom, Ross, Lisa à l’ouverture de Exhibit Be, une manifestation de la Biennale Prospect 3.
Il s’agit de l’initiative de plusieurs artistes (et en premier lieu Brandan Odums), d’investir une ancienne cité abandonnée à Algier, un des quartiers de la Nouvelle Orléans sur la rive sud du Mississippi. Cette expérimentation sans permission (il vaut mieux demander pardon que la permission !) a été découverte et a rencontré le soutien de la fondation propriétaire de la cité, ce qui a finalement permis aux artistes de travailler jusqu’à l’ouverture du site durant P.3.
Le projet se développe à la fois dehors et dedans, avec des graffitis de très grand format à l’échelle de l’architecture, mais aussi sur pleins de détails sur les façades, dans les anciens appartements du project, les vieilles moquettes, les sols défoncés, sur les dalles de béton extérieures et dans les chênes environnants.
Le bâtiment au milieu de la cour accueille des graffitis dédiés aux mouvements des droits civiques, un témoignage de la vitalité que peut encore avoir ces questionnements ici. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en voyant les fresques sur les murs d’un endroit qui porte le nom « De Gaulle Manor »…
Dans les bâtiments alentours, chaque artiste s’est approprié un mur ou un appartement, et avec la déférence due : les plus connus en haut, où leur travail est le mieux exposé.

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No Neutral Ground in the Universe

À la Nouvelle Orléans, lorsqu’on prend le tramway, on voit parfois des colliers de perles dorés, verts ou encore violets, suspendus aux immenses chênes qui bordent la route.
Ces colliers sont des restes des parades (mardi-gras, parfois second lines) où l’on jette ceux-ci. Un symbole de don, typique de dépenses improductives* comme on en voit souvent lors des manifestations de carnaval.
Depuis mon arrivée, je prends le tram tous les jours depuis City Park, pour me rendre au Mint et en ville, le trajet est assez long (30mn) et pour passer le temps, je les cherche des yeux.beads

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(plus de photos d’archives du carnaval : ici)

Hier je me suis dit que peut être ces perles pouvaient intégrer le projet… Quelques tests rapides.
Et en prévision pour le lancement du projet le premier w-e de décembre, un potlatch sur le Neutral ground d’Esplanade/Decatur. Ce pique-nique regroupera tous les gens qui je l’espère seront impliqués dans le projet : les associations de quartier, de « beautification » des NG, les enseignants de Xavier Uni, les amis, les partenaires, Etc.
Ce sera l’occasion d’échanger sur le projet, pour moi de poser des questions à tous et recueillir des infos sur pratiques des neutral grounds, et aussi de demander aux participants de contribuer en faisant dons des restes de colliers de carnaval. Il semblerait en effet qu’ici tout le monde à un ou plusieurs sacs plein de colliers dans son placard).

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*« La seconde part est représentée par les dépenses dites improductives : le luxe, les deuils, les guerres, les cultes, les constructions de monuments somptuaires, les jeux, les spectacles, les arts, l’activité sexuelle perverse (détournée de la finalité génitale) représentent autant d’activités qui, tout au moins dans les conditions primitives, ont leur fin en elles-mêmes. »
Dans La part maudite (1949)

NOLA

Me voici à la Nouvelle Orléans, je quitte l’hiver parisien pour l’automne nouvelle-orléanais : retour aux vêtements d’été, au thé glacé, et au bureau sous la tonnelle.
Cette semaine, prise de contact avec le territoire et « mes Neutral grounds », et en prévision : Prospect 3, Grow dat youth farmconcert au Park Armstrong, et rencontres avec les partenaires du projet.
La semaine prochaine, début du projet et des recherches aux archives de TNOHC et du MINT.

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4! : )

Pour fêter mon anniversaire, un nouveau site internet !

Le vieux site, c’était ça :
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Le site tout neuf, il est : )
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Avec une page d’accueil où je mettrais régulièrement des photos de mes lieux de travail et de résidences. Ici par exemple, le Project B, à la Nouvelle Orléans. Ça tombe bien : après-demain, départ à la Nouvelle Orléans, puis direction Chicago.

English Magic

L’exposition de Jeremy Dellers à Tuner Contemporary, à Margate, est un vrais bol d’air frais. Assise sur un banc construit à partir d’une ancienne Range Rover compressée, je revois la vidéo English Magic avec plaisir. Plaisir qui s’accompagne du reste de l’exposition, une mise en relation d’artefacts produits par d’autres (que ce soit des objets façonnés durant le néolithique, ou produits par des artistes « classiques » (W. Turner, W. Morris) ou encore d’artistes « amateurs ». Au travers des différentes salles d’expo, on respire toute la liberté et la générosité qui accompagnent cette pratique, l’absence de stratégie et cynisme, une vrais prise de risques.

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Conférence et workshop à Parsons Paris

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J’ai le plaisir de faire une conférence sur mon travail à la Parsons School of Art (campus de Paris) le 28 octobre 2014 à 19h.
Cette conférence est intitulée « A Pyhrric Victory » (une victoire à la Pyhrrus). Ce titre de cette conférence fait à la fois référence à une pièce éponyme que j’ai réalisée il y a trois ans pour une exposition au BBB, et aussi à la signification de ce terme militaire (une victoire avec un coût dévastateur pour le vainqueur) appliqué à une pratique artistique. Pour autant ce n’est pas avec pessimisme, fatalisme et encore moins avec amertume que je fais ce rapprochement, mais plutôt en envisageant que ce coût dévastateur est une chance pour celui qui s’engage dans une pratique de l’art.
C’est autour de ce point de vue que j’essayerai de construire mon propos. Synthèse dans quelques jours.

Cette conférence sera accompagnée d’un atelier, « Connect the Dots », pour les étudiants en MFA, dirigé par Benjamin Gaulon, qui m’a lancé cette invitation.
Quelques images ici. Et en bonus, quelques photos du travail en cours de Eugina, une des étudiantes participant à l’atelier.

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Artiste modèle

Les artistes surréalistes et leur prédécesseurs romantiques étaient les descendants de ces proto-bohémiens dans Les enfants de Saturnes :  » (…) un nouveau type d’artiste (…), dont la personnalité se reconnaît à certains traits spécifiques. Leur manière de travailler se caractérise par la succession de phase d’activité furieuses et de pause dans la création, leur structure psychologique se distingue, elle, par une introspection angoissée, leur tempérament par une tendance à la mélancolie, et leur comportement social par un intense désir de solitude et par des excentricités d’une variété infinie. » Excentricité auxquelles feront écho celles des Expressionnistes Abstraits et des Surréalistes, dont Lee Krasner rapporte qu’ils rivalisaient en exhibant dans les soirées, comme des caniches de concours, leur épouses attifées de robes du soir extravagantes – un sexisme qui court tout au long du modernisme, dont le modèle féminin dans l’atelier est un autre témoignage.
(…)
Le modèle est fondamentalement femme, le Romantisme l’a fait passer du statut trivial qui était le sien à celui de muse, de collaboratrice passive, d’indicateur (pour reprendre Kris) de la sexualité de l’artiste. Kris cite à ce sujet le mythe de Pygmalion et Galatée : il traduit le désir qu’éprouve l’artiste de créer un être vivant plutôt qu’un simulacre – le mannequin femelle à la Kokoschka. Le modernisme c’est aussi un défilé de modèles célèbres, de la Jo Hefernan de Courbet (il la partage avec Whistler) et de la Victorine Meurent de Manet à la Kiki de Man Ray et aux femmes de Picasso : elles furent toutes expulsées de l’atelier lorsque sonna l’heure du plus distingué des produits du modernisme, l’abstraction.

Le nu devenu muse, dévêtu et offert au regard masculin, modela aussi l’aptitude féminine à se transformer en chambre d’écho du désir masculin – un désire sublimé au foyer de la création, dans l’atelier désormais sexué, le ventre d’où sortait l’œuvre. Dans les années 50, l’acte créateur devint un fétiche en vogue qui exemptait le spectateur du tourment de se mettre à l’œuvre. Le mystère de l’œuvre se vit déplacé vers le mystère de la création, tout aussi indéchiffrable (donc confortable) mais qui recueillait le bénéfice de son énergie subversive. L’artiste et son modèle dans l’atelier : le motif regorgeait de paradoxes qui brodaient sur le cliché de l’acte créateur.
La rhétorique de l’acte artistique est bien connue : insémination extatique par l’idée, naissance de l’œuvre, labeurs du processus, exhaustion de l’auteur. Un singulier commerce sexuel : c’est la langue de l’accouchement un travail de femme ! Sexisme à rebours ! Le modèle de la parturition, un modèle féminin, et le paradigme de la création masculine. À moins (une version plus charitable), que les hommes aient tentés de prendre part à ce mystérieux processus dont ils sont exclus, la naissance. Parce que si c’est à travers le modèle que l’artiste délivre son œuvre, ne pourrions pas prétendre que c’est le modèle féminin qui insémine l’artiste mâle ? Dans ce scénario, Picasso, sexiste entre tous, joue le rôle de la femme. La fertilité du modèle s’étend à l’atelier lui-même, régulièrement ensemencé par l’union de l’artiste mâle et de son modèle. L’acte créateur fait valser nos préjugés des rôles sexuels et de l’activité artistique. Le point crucial ici, c’est la manière dont l’atelier devient le lieu de la création, le premier contexte de la transformation. Aussi encombré ou dépouillé soit-il – désordre chaotique ou sainte retraite -, c’est la fécondité qui, avant toute chose, le caractérise; le processus qui s’y déroule est sa marque. Du modèle fécond au ventre généreux de l’atelier, il y a continuité. Quoique parfois les choses soient d’un comique plus banal : sur une merveilleuse photographie prise à Nice en 1928, le modèle jette un regard noir sur Matisse boutonné jusqu’au menton et qui ne se doute de rien. La vengeance du modèle ?

Dans : « L’atelier et le Cube », Brian O’Doherty

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Denise Bellon
(photo documentant l’exposition internationale du surréalisme).

Bon accueil

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Cette semaine, en préparant ma conférence sur le projet de recherche Géographie variables, je retrouve les photos de l’atelier mené un peu avant l’été avec mes étudiants de 2ème année des beaux-arts de Lorient.
C’est à Marin’accueil, à quelques pas de l’école. Trois mois de travail en amont avec et par les étudiants, et trois belles journées de travail sur place pour réaliser le projet.
Pour que les marins débarqués de tous les pays du monde puissent avoir un endroit sur le port où se connecter à Internet qui soit accueillant. Internet et la mer. Des nœuds et des vagues, un peu comme dans mon estomac.

Hypothèse de l’impact géant – Exposition du 4 octobre au 29 novembre, au Carreau (Cergy)

La première exposition commisariée par le collectif Le sans titre (Cécile Azoulay, Cécile Babiole et moi-même) s’appelle Hypothèse de l’impact géant. Elle aura lieu au Carreau du 4 octobre au 29 novembre 2014.

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Vernissage le vendredi 3 octobre à 18h30,
performance musicale de Frédéric Nogray à 19h
.

Avec : Yuri Ancarani, Cécile Beau, Emilie Benoist, Bureau d’études, Revital Cohen & Tuur Van Balen, Cléa Coudsi & Eric Herbin, Baptiste Debombourg, Nicolas Durand, Iris Heurtaux, Martin Howse, Jan Kempenaers, Atsunobu Kohira, Aleksandra Mir, Adelin Schweitzer, Ken & Julia Yonetani

L’Hypothèse de l’impact géant est le nom de l’une des théories émises par la communauté scientifique concernant l’origine de la lune : il y a plus de 4,5 milliards d’années, une collision entre la Terre en formation et un corps céleste de grande taille aurait éjecté la matière suffisante à la formation de notre Lune. L’exposition éponyme part de cette hypothèse et explore plus globalement ce qui est commun et compose ces deux astres : les minéraux.

L’exposition se place sous le signe d’une quête fantastique oscillant entre les différentes applications, connotations et implications de l’élément minéral.
Elle explore :
– Une quête scientifico-philosophique relative à nos origines ou à la trace de l’histoire dans ces minéraux,
– Une quête plus prosaïque de richesses matérielles (or, coltan, pétrole, terres rares) dont les enjeux sont aujourd’hui plus que jamais stratégiques et géopolitiques.

Les œuvres proposent ainsi des questionnements et points de vue qui abordent le minéral dans sa dimension géopolitique ou technologique (prospection, extraction, etc.), mais aussi sous un angle symbolique : mythologique, fantasmagorique, science-fictionnel…


Quelques images d’une partie des pièces présentées…

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Jan Kempenaers

 

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Clea Coudsi, Eric Herbin
 

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Cohen, Van Balen

 

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Baptiste Debombourg

 

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Martin Howse

 

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Julia + Ken Yonetani

 

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Aleksandra Mir.

 

 

Info :
Le Carreau, espace d’art visuel de Cergy
3-4 rue aux Herbes, 95000 Cergy

Du mardi au vendredi : 12h-19h / Samedi : 14h-19h (entrée libre et gratuite)

L’exposition se poursuit à Visages du Monde avec l’installation d’Adelin Schweitzer présentée le samedi 4 octobre à 18h30 l’occasion de la nuit blanche.
Installation visible du 5 octobre au 14 novembre 2014

10, place du Nautilus, 95000 Cergy
Mardi /Jeudi / Vendredi : 12h30-19h / Mercredi : 10h-19h / Samedi : 10h-18h / Dimanche : 10h-17h (entrée libre et gratuite)

A.F.K

Je me suis rendue mardi au Quartier centre d’art (Quimper) pour une rencontre de travail avec Keren Detton – commissaire et directrice du lieu – autour de l’exposition A.F.K. qui aura lieu dans la Project room en avril 2015.
L’exposition prend comme point de départ une pièce présentée en février à la galerie de Étables. Une proposition en cours, alors volontairement non résolue : une perruque noire, en vrais cheveux, simplement posée sur une table, face à une fenêtre et un dessin à l’encre : « Void » (vide).

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Je pars donc sur une nouvelle version de la pièce, plus travaillée formellement et qui va faire le lien avec une proposition explorant Silk road, site de marché noir en ligne, désormais fermé dans sa version d’origine.
Mes avancées sur ce projet sont lentes, notamment parce qu’il nécessite une grosse partie de recherche en ligne, sur TOR (qui reste un navigateur assez lent par rapport à la normal) et qu’il est assez peu clair de tracer la nouvelle localisation du site ou des ces sites de remplacement (project black flag, black market reloaded..), et qu’il faut être prudent et installer quelques outils de sécurité pour ne pas retrouver son disque dur plein de virus ou être victime de fishing. Je ne suis pas une spécialiste du Darknet et des failles de sécurité de mon ordinateur.
Il est également difficile de remonter dans l’historique des propositions de ventes sur Silk road, mon objectif étant de me concentrer sur deux choses :
– le marché noir d’œuvres d’art sur ce site (une toute petite partie de celui-ci, quelques centaines d’œuvres y ayant transité),
– savoir s’il existait aussi du trafic humain, ou des portes vers celui-ci.

 

Ci-joint pour référence, un article copier/coller du monde sur la fermeture du site en oct. 2013. Je garde l’article ici, avant que celui-ci ne passe dans les archives payantes. Je note aussi au passage que l’article n’a pas d’auteur, il est signé « Le Monde » (comme nombres d’articles du journal en ligne !).

 

Le principal site de commerce de produits illégaux du Net revient, plus d’un mois après sa disparition. Silk Road est un site web « caché » (uniquement accessible par le réseau anonyme TOR) qui s’est spécialisé dans la vente de produits illégaux, avant tout des stupéfiants.

Les transactions entre vendeurs et clients ne se faisaient qu’à l’aide de la monnaie « chiffrée » Bitcoin, qui échappe encore à toute régulation. La place de marché, qui se rémunère par commission sur les ventes, était le principal représentant de sa catégorie.

Sa fermeture par le FBI a été un choc pour les utilisateurs de TOR, un réseau considéré intraçable. Mercredi 6 novembre, « Silk Road 2.0 » a été mis en ligne, pour reprendre un flambeau très convoité. « Le FBI a mis deux ans pour faire ce qu’ils ont fait. […] Mais il n’a obtenu que quatre semaines de silence », affirme fièrement le nouveau responsable dans un message en tête du site.

Lire : Les conséquences de la fermeture de Silk Road

La nouvelle version est similaire à la précédente, mais serait reconstruite par un nouveau propriétaire, qui reprend le pseudonyme – Dread Pirate Roberts – de son prédécesseur. Notamment sur Twitter. Actuellement, la page d’accueil du site parodie le message de fermeture des autorités américaines.

En plus des sécurités de la première version, le nouveau Silk Road permet de signer les transactions avec une clé spécifique (PGP). Quelque 12 500 personnes se seraient inscrites, une journée après l’ouverture. Même si les anciens vendeurs sont toujours recherchés, le site a été rapidement repeuplé de nouvelles annonces.

LE PREMIER « PROPRIÉTAIRE » DEVANT LA JUSTICE

La réouverture intervient alors que Ross William Ulbricht, le propriétaire présumé de Silk Road première version, comparaissait pour la première fois devant une cour new-yorkaise. Il est notamment accusé de piratage informatique, de trafic de drogue et de blanchiment d’argent.

Le maître présumé de Silk Road, considéré comme un petit empire de la drogue, avait été arrêté le 1er octobre et le site fermé dans la foulée. Malgré ses nombreuses précautions, le responsable du site aurait été trahi par une adresse mail utilisée sur un forum plusieurs années auparavant.

Lors de son arrestation, 26 000 bitcoin ont été saisis, soit 0,2 % du total en circulation à l’époque. Une prise record dont la valeur fluctue au gré de la valorisation de cette monnaie alternative, qui atteint désormais plus de 300 dollars.

Le réseau caché TOR est désormais particulièrement ciblé par la police américaine. En août, le FBI avait fermé Freedom Hosting, considéré comme le premier hébergeur mondial de sites pédophiles, également réservé aux utilisateurs de TOR. La grande majorité des sites accessibles via le réseau anonyme y étaient hébergés. Son propriétaire a été arrêté et des pièges ont été posés sur les sites pour démasquer les internautes.

La concurrence de Silk Road, auparavant déjà vive, s’était intensifiée à sa disparition. En octobre, d’autres concurrents ont tenté de tirer profit de cette énorme manne financière, qu’il suffisait de capter. Même si tout n’est pas si simple.

Un rival, Atlantis, a brutalement fermé, emportant avec lui l’argent déposé sur les comptes des utilisateurs. Un second, Black Market Reloaded, a dû lui aussi fermer temporairement ses portes à la mi-octobre, suite à une « faille de sécurité ». Un administrateur avait laissé échapper le code du site sur Internet. L’administrateur d’un autre service, Project Black Flag a quant à lui « paniqué », fermé son site et volé l’argent en stock.

Courant octobre, au moins six sites tentaient de combler le vide laissé par l’e-commerçant de produits illégaux, rapportait le blog spécialisé Atlantis Blog.

Collectif Le sans titre

Depuis 6 mois, Cécile Babiole, Cécile Azoulay et moi-même nous sommes constituées en collectif pour travailler des projets curatoriaux, choses que nous faisions auparavant en solitaire.
Notre premier projet « Hypothèse de l’impact géant », exposition qui explore la relation entre la Terre, la lune et leurs ressources, verra bientôt le jour au Carreau, l’espace des arts visuels situés juste à côté de l’école de Cergy-Pontoise. Rendez-vous le 4 octobre pour le vernissage.
En attendant, notre site est enfin en ligne, à cette adresse : lesanstitre.net

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En cours

Je travaille actuellement sur mon nouveau site internet, mise en ligne courant octobre. J’y privilégie les images, et classe mes projets selon 3 entrées :
– Projets (un listing de tous les projets)
– Expositions (dans l’espace d’exposition, dans l’espace d’internet)
– travaux périphériques (commissariat, art graphique, projets collectifs)

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Neutral Grounds

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Quelques nouvelles du projet « Neutral Ground », que je réaliserai en novembre-décembre à la Nouvelle Orléans.
> Une première image, que j’ai du soumettre à Park & Parkways, l’équivalent de nos services « espaces verts », qui m’ont contacté pour connaitre le contenu du projet. Difficile de « vendre » un projet in situ, de proposer un cadre de travail en fonction du contexte plutôt qu’une pièce déjà conçue à l’avance (j’avais rencontré ce même problème à l’Institut Français pour ma présentation pour les Résidences américaines).
Pourtant, il parait essentiel de passer ce premier mois à la Nouvelle Orléans à comprendre les neutral grounds, plutôt que d’arriver avec une attitude que je qualifierai de colonialisme artistique. Important de connaitre en profondeur les neutral grounds, leur histoire, le contexte contemporain de la ville et de ces espaces, les relations qu’ils « fabriquent » et permettent entre les habitants, utilisateurs (ce sont des lieux publics occupés quotidiennement) et toute la sociologie liée à ceux-ci.
J’ai donc soumis cette photo (texte non contractuel mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire clin d’œil à cet idée de « programme ») pour donner un exemple, spécifiant bien que le projet pouvait changer complétement en fonction des recherches et rencontres sur place.

 

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> Proposées par le Louisiana State Museum, les 3  possibilités d’implantations de ma proposition sont :
– la zone médiane juste en face du Old US Mint (où se trouve le musée et le collection) sur Esplanade Ave,

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– à quelques minutes de là, celle sur Elysian Fields Ave (les champs Élysées nouvelle-orléannais), au croisement de Decatur, juste à côté du Mississippi.

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– et enfin, un peu excentré (mid-town), mais plus chic : un terrain neutre au croisement de Marconi Dr. près de City Park.

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> Quelques images enfin, glanées ses derniers jours sur des projets utilisant de la pelouse ou plantes couvrantes comme matériau.

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Chilpéric de Boiscuillé, Raphaëlle Chéré & Pauline Szwed

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Luc Boniface

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Jean-Philipe Poirée (image avant et après)

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Daniela Borroni, Susanna Rossellini & Simona Venturelli

 

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Des objets fragiles à déplacer

 

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Un panda pour débutante

 

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Une belle ballade d’anniversaire

 

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Des fenêtres envolées

 

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Un ballon abimé

 

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Une tarte au citron cruelle

 

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Amoxicilline, analgésiques, anti-inflammatoires, vasculoprotecteurs, et lait de chienne.

 

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Chouette-souvenir.

 

Demain, home again.

Terrain neutre / Neutral Ground

En décembre dernier, je me suis rendue à la Nouvelle Orléans. Je n’y étais pas retournée depuis au moins 20 ans, période où j’allais visiter de la famille pour les vacances d’été. Ça a été pour le moins étrange de me promener dans cette ville, qui paradoxalement me parait à la fois inchangée et transfigurée – une ville où la vie est à la fois dure et douce.
Ce voyage (que j’ai effectué dans le cadre de mon projet de recherche Géographies variables, avec Catherine Rannou, Mélanie Bouteloup, et trois de mes étudiants) a été une première étape pour poser les jalons d’un projet.
Je m’y rendrai donc à nouveau cet automne pour travailler sur cette proposition intitulée Neutral Ground.

 

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Évolution de la zone urbaine de la New Orleans, de sa création jusqu’à nos jours (avec en noir, le vieux carré)
(Image : Unfathomable City: A New Orleans Atlas, Édité par/Edited by Rebecca Solnit & Rebecca Snedeker).

 

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Le neutral ground sur Esplanade Ave. en 1900, avec les lignes de tram /Le neutral ground sur Esplanade Ave. aujourd’hui.

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Le Neutral ground sur Esplanade Ave. aujourd’hui, dans le centre historique.

 

Cette proposition prend comme point de départ un contexte spécifique à Nouvelle Orléans : les neutral grounds. Ces terre-pleins centraux plus ou moins larges, qui séparent les rues en deux dans le sens de la longueur, signalent les limites des différents quartiers juxtaposés.
Ils sont des traces de la colonisation et de l’histoire de la ville : Dans les années 1800, ce sont pour la plupart des canaux de communications fluviales. Ainsi Canal Street – neutral ground encore visible et le plus large de la Nouvelle Orléans – avait été pensé pour accueillir un canal qui ne fût jamais construit mais en a gardé le nom…
Au fur et à mesure de l’urbanisation, ils sont peu à peu remblayés. Les neutral grounds deviennent alors des zones arborées qui séparent les quartiers créoles (Français, Espagnols, gens de couleurs libres) des quartiers Américains après la guerre de sécession, ou les quartiers noirs et blancs.
Ce sont des lieux vivants où au fil du temps se superposent plusieurs fonctions liées à la rencontre et à la circulation.
Ce sont tout à la fois : des lieux de promenade aux abords des quartiers, lieux d’affaires entre les habitants des différents quartiers, lieux d’affrontements effectifs (Duels à Duelling Oaks, durant la période créole) où symboliques (rencontres des Indiens de Mardi-gras depuis la fin des années 1960), et lieu de rendez-vous socioculturels dans les quartier noirs où les gens se réunissent pour jouer de la musique et célébrer les Second Lines, ou enfin des terrains de jeux.
Ce sont tout aussi bien des espaces de circulation : des trains dans un premier temps, puis des tramways. Laissées pour compte après la guerre, ces lignes de tramways connaissent, post-Katrina, un renouveau et il s’opère donc une redéfinition de ces espaces (processus de gentrification et de capitalisation du patrimoine culturelle de la ville).
Enfin, on les utilise ponctuellement comme parking lors des crues et inondations, du fait qu’ils soient surélevés par rapport à la route.
De nos jours, ils sont investis par les communautés qui les bordent et se les partagent. Parfois, ils peuvent aussi constituer une zone de tampon laissée à l’abandon, soit par manque de moyens financiers soit par volonté politique (construction sur le neutral ground de Claiborne, aux abords de Tremé, de l’autoroute Interstate 10 dans les années soixantes).

 

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Vues du neutral ground bordant le quartier de Tremé-Lafitte Neighborhood (Claiborne Ave) en 1900s, et après sa destruction et le passage de l’autoroute I-10 interstate.

 

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Image avant/après du neutral ground de Claiborne Ave., à Tremé-Lafitte.
(Images Wikipedia Creative Commons and Alexey Sergeev).

 

Déroulement du projet

Loin d’être neutres, les neutral grounds restent des marqueurs culturels, sociaux, et raciaux.
Lorsqu’en décembre 2013 je me suis rendue à la Nouvelle Orléans, j’ai constaté que ces neutral grounds étaient de espaces concrets capables d’héberger l’imaginaire. Ils se sont imposés à moi comme des emplacements où l’opposition classique entre espace privé/espace public, espace social/espace de travail pouvait cohabiter, voir se trouvait remise en questions.
Ils sont le moyen d’interroger visuellement les espaces de la ville et les relations de voisinages qui s’y développent, notamment dans le contexte de mutations urbaines post-Katrina. Ce sont des lieux où : « tous les autres emplacements réels que l’on peut trouver à l’intérieur de la culture sont à la fois représentés, contestés et inversés ».

Le projet Neutral Ground propose dans un premier temps une recherche de fond, à la fois sur le terrain et à partir de fonds d’archives historiques (Louisiana Historical Center – Mint, Historic New Orleans Collection). Cette enquête, que je mènerai en octobre-novembre-décembre,  permettra le développement d’une pensée écrite et visuelle, une documentation dont les modalités de restitution sont à inventer et à articuler sur place.
Dans un deuxième temps, cette recherche s’accomplira dans une proposition artistique qui se concentrera sur certains neutral grounds identifiés lors de la première étape. Cette production a pour objectif la réappropriation de ces espaces par les habitants des quartiers concernés, cela par le biais du jardinage. Le jardinage y est envisagé comme un travail plastique, donc comme une vision esthétique et politique de l’espace public.
Un jardin étant toujours une vision du monde, il présente donc un point de vue que le créateur porte sur son environnement. On peut citer pour exemple les différences dans toutes une typologie de formes de jardins : français ou anglais pour parler des plus évidentes, mais aussi différents types/fonctions de cultures (jardin d’agrément ou d’herboristerie par exemple).
L’espace à investir et les modalités de représentation seront la base d’un dialogue qui s’établira entre les habitants et l’artiste, un objet de rencontre concret pour que chacun puisse prendre pleinement conscience des spécificités de ce médium de création qui cristallise un grand nombre d’enjeux sous une forme ouverte, matérielle et vivante.
Enfin, une restitution sera organisée dans l’espace d’exposition du partenaire, soit la Historic New Orleans Collection, soit le Louisiana Historical Center. Elle ne sera pas forcément de type documentaire mais sera une proposition plastique en tant que telle (sa forme reste ouverte et se fixera sur place).
En partenariat avec le Louisiana State Museum, une proposition est mise en place à long terme, pour le tricentenaire de la ville en 2018.

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Les partenaires de ce projet : la collection historique de la Nouvelle Orléans, une fondation privée incroyable dédiée à l’histoire de la ville, et Louisiana State Museum (Le Mint) qui abrite notamment une collection impressionnante liée à l’histoire de jazz.

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