{"id":1666,"date":"2009-12-01T21:02:57","date_gmt":"2009-12-01T20:02:57","guid":{"rendered":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/?p=1666"},"modified":"2013-06-16T11:06:32","modified_gmt":"2013-06-16T10:06:32","slug":"partition-memoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/?p=1666","title":{"rendered":"Partition &#038; m\u00c3\u00a9moire"},"content":{"rendered":"<p>Tu m&rsquo;\u00c3\u00a9cris souvent et je t&rsquo;en sais gr\u00c3\u00a9, car ainsi tu te montres \u00c3\u00a0 moi par le seul moyen dont tu disposes. Chaque fois que ta lettre m&rsquo;arrive, nous voila tout de suite ensemble.<br \/>\nSi nous sommes contents d&rsquo;avoir les portraits de nos amis absents (&#8230;) comme une lettre nous r\u00c3\u00a9jouit d&rsquo;avantage, puisqu&rsquo;elle apporte des marques vivantes de l&rsquo;absent, l&#8217;empreinte authentique\u00c2\u00a0 de sa personne. La trace d&rsquo;une main amie, imprim\u00c3\u00a9e sur les pages, assure ce qu&rsquo;il y a de plus doux dans la pr\u00c3\u00a9sence : retrouver.\u00a0\u00bb*<\/p>\n<p><span style=\"color: #ffffff;\">.<\/span><br \/>\nDans quelques jours, je pars pour Pau, o\u00c3\u00b9 je vais travailler \u00c3\u00a0 un atelier de l&rsquo;\u00c3\u00a9cole d&rsquo;Art, dans le cadre du festival Acces-s. Cet atelier portera sur l&rsquo;archive, et notamment sur un exercice que je pratique quotidiennement ici : l&rsquo;auto-archivage imm\u00c3\u00a9diat.<br \/>\nCette question de l&rsquo;archive, sous la forme sp\u00c3\u00a9cifique d&rsquo;<em>hupomn\u00c3\u00aamata<\/em>, est r\u00c3\u00a9currente dans mon travail et je suis toujours surprise quand on me propose une r\u00c3\u00a9sidence, ou de donner une conf\u00c3\u00a9rence (dans 2 semaines au mus\u00c3\u00a9e des beaux-art d&rsquo;Orl\u00c3\u00a9ans), un workshop sur ce th\u00c3\u00a8me, car il me semble que je me trouve \u00c3\u00a0 10000 lieux de l&rsquo;archive en tant que stockage et de la conservation d&rsquo;informations.<br \/>\nPour ma part, ce type d&rsquo;archive a une dur\u00c3\u00a9e de vie limit\u00c3\u00a9e (comme une \u00c5\u201cuvre d&rsquo;art d&rsquo;ailleurs, notamment num\u00c3\u00a9rique &#8211; voir la th\u00c3\u00a8se d&rsquo;Anne Lafor\u00c3\u00aat) et je ne m\u00e2\u20ac\u2122int\u00c3\u00a9resse pas \u00c3\u00a0 sa conservation ou \u00c3\u00a0 rendre compte d&rsquo;une certaine m\u00c3\u00a9moire de mani\u00c3\u00a8re didactique (j&rsquo;envisagerai plut\u00c3\u00b4t la conservation d&rsquo;une \u00c5\u201cuvre d&rsquo;art num\u00c3\u00a9rique comme un accompagnement vers sa disparition).<br \/>\nMe balader cet automne dans les quelques 20km de couloir d&rsquo;Archives \u00c3\u00a0 P\u00c3\u00a9rigueux a \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9 une exp\u00c3\u00a9rience \u00c3\u00a9trange&#8230; G\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9ralement, on n&rsquo;acc\u00c3\u00a8de pas aux archives par leur mat\u00c3\u00a9rialit\u00c3\u00a9 (un lecteur se rend rarement dans les \u00c3\u00a9tages o\u00c3\u00b9 elles sont stock\u00c3\u00a9es) mais par leur index, par la recherche dans une base de donn\u00c3\u00a9es, cette mat\u00c3\u00a9rialit\u00c3\u00a9 reste tr\u00c3\u00a8s pr\u00c3\u00a9sente dans son absence. L&rsquo; impression tr\u00c3\u00a8s pesante de ces milliers d&rsquo;informations disponibles m&rsquo;a fait me poser une fois de plus la question de cet auto-archivage que je mets en place dans mon blog : pourquoi produire plus d&rsquo;archives, dans quel but ?<\/p>\n<p>La r\u00c3\u00a9ponse serait que l&rsquo;auto-archivage permet une pratique qui se d\u00c3\u00a9ploie dans le partage. Parfois, il fait \u00c5\u201cuvre (un peu \u00c3\u00a0 la Jonas Mekas finalement) et il en d\u00c3\u00a9coule une certaine esth\u00c3\u00a9tique. Je reste convaincue que ce travail quotidien appartient bien \u00c3\u00a0 une sorte de r\u00c3\u00a9activation et non \u00c3\u00a0 la conservation classique.<\/p>\n<p>Je relis ce soir le texte \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00c3\u00a9criture de soi\u00a0\u00bb, ce tr\u00c3\u00a8s beau texte de Foucault.<br \/>\n\u00ab\u00a0Il ne faudrait pas envisager ces <em>hupomn\u00c3\u00aamata<\/em> comme un simple support de m\u00c3\u00a9moire, qu&rsquo;on pourrait consulter de temps \u00c3\u00a0 autre, si l&rsquo;occasion s&rsquo;en pr\u00c3\u00a9sentait. Ils ne sont pas destin\u00c3\u00a9s \u00c3\u00a0 se substituer au souvenir \u00c3\u00a9ventuellement d\u00c3\u00a9faillant. Ils constituent plut\u00c3\u00b4t un mat\u00c3\u00a9riel\u00c2\u00a0 et un cadre pour des exercices \u00c3\u00a0 effectuer fr\u00c3\u00a9quemment : lire, relire, m\u00c3\u00a9diter, s&rsquo;entretenir avec soi-m\u00c3\u00aame et avec d&rsquo;autres, etc. Et cela afin de les avoir, selon une expression qui revient souvent, <em>prokheiron, ad manum, in promptu<\/em>. \u00ab\u00a0Sous la main\u00a0\u00bb donc, pas simplement au sens o\u00c3\u00b9 on doit pouvoir les utiliser, aussit\u00c3\u00b4t qu&rsquo;il en est besoin, dans l&rsquo;action. Il s&rsquo;agit de se constituer un <em>logos bio\u00c3\u00a9thikos<\/em>, un \u00c3\u00a9quipement de discours secourables, susceptibles &#8211; comme le dit Plutarque &#8211; d&rsquo;\u00c3\u00a9lever eux-m\u00c3\u00aames la voix et de faire taire les passions comme un ma\u00c3\u00aetre qui apaise le grondement des chiens. Et il faut pour cela qu&rsquo;ils ne soient pas simplement log\u00c3\u00a9s comme une armoire aux souvenirs mais profond\u00c3\u00a9ment implant\u00c3\u00a9s dans l&rsquo;\u00c3\u00a2me, \u00ab\u00a0fich\u00c3\u00a9s en elle\u00a0\u00bb dit S\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a8que, et qu&rsquo;ils fassent ainsi partie de nous-m\u00c3\u00aames : bref, que l&rsquo;\u00c3\u00a2me les fasse non seulement siens, mais soi.<br \/>\nL&rsquo;\u00c3\u00a9criture des <em>hupomn\u00c3\u00aamata<\/em> est un relais dans cette subjectivation du discours.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" title=\"misscollante\" alt=\"misscollante\" src=\"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2009\/12\/misscollante.jpg\" \/><\/p>\n<p>*S\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a8que. Livre 4, lettre 40.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tu m&rsquo;\u00c3\u00a9cris souvent et je t&rsquo;en sais gr\u00c3\u00a9, car ainsi tu te montres \u00c3\u00a0 moi par le seul moyen dont tu disposes. 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