{"id":3340,"date":"2011-10-19T22:16:18","date_gmt":"2011-10-19T21:16:18","guid":{"rendered":"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/?p=3340"},"modified":"2011-11-12T12:34:34","modified_gmt":"2011-11-12T11:34:34","slug":"choeur-echo-et-fugue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/?p=3340","title":{"rendered":"C(h)\u00c5\u201cur, \u00c3\u00a9cho et Fugue"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"520\" height=\"780\" class=\"alignnone size-full wp-image-3341\" title=\"chartreuse10\" src=\"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/chartreuse10.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/chartreuse10.jpg 520w, https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/chartreuse10-320x480.jpg 320w\" sizes=\"(max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>3<sup>\u00c3\u00a8me<\/sup> journ\u00c3\u00a9e de r\u00c3\u00a9sidence.<br \/>\nNotre premier \u00c3\u00a9change (o\u00c3\u00b9 chacun a pr\u00c3\u00a9sent\u00c3\u00a9 o\u00c3\u00b9 il en \u00c3\u00a9tait de ses exp\u00c3\u00a9rimentations) a servit de synth\u00c3\u00a8se et a permis de choisir ce que nous livrerions \u00c3\u00a0 Yannick pour qu\u00e2\u20ac\u2122il puisse enclencher son travail d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9criture.<br \/>\nNous avons consacr\u00c3\u00a9 un temps \u00c3\u00a0 la relecture de \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9criture de soit\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb de Foucault, le texte dont j\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9tais partie pour fonder le projet de recherche. Il reste d\u00e2\u20ac\u2122actualit\u00c3\u00a9 aujourd\u00e2\u20ac\u2122hui, malgr\u00c3\u00a9 le long chemin parcouru depuis l\u00e2\u20ac\u2122ann\u00c3\u00a9e derni\u00c3\u00a8re\u00c2\u00a0: notamment dans le fait que nous sommes pass\u00c3\u00a9s d\u00e2\u20ac\u2122une pratique d\u00e2\u20ac\u2122archives sur des supports artificiels de m\u00c3\u00a9moire qui permet un tri d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9ments disparates vers une pratique d\u00e2\u20ac\u2122archives sur supports artificiels de m\u00c3\u00a9moire modifi\u00c3\u00a9s par les flux (o\u00c3\u00b9 le tri se trouve remis en question).<br \/>\nCette question du flux, essentielle dans la <em>gestion<\/em> des stocks de donn\u00c3\u00a9es sur internet, disqualifie presque syst\u00c3\u00a9matiquement la question du tri, du choix, du corpus \u00c3\u00a0 constituer. Comment rester acteur de l\u00e2\u20ac\u2122(auto-)archivage lorsqu\u00e2\u20ac\u2122on est face aux flux\u00c2\u00a0? Est-ce m\u00c3\u00aame encore la question \u00c3\u00a0 ce poser. Ne vaut-il pas mieux organiser les flux que de tenter de les stopper\u00c2\u00a0?<\/p>\n<p>\u00c3\u20ac la relecture du texte, Yannick pointe combien est \u00c3\u00a9trange ce passage, o\u00c3\u00b9 S\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a8que souligne que de plusieurs voix disparates l\u00e2\u20ac\u2122on passe \u00c3\u00a0 une seule voix (le flux\u00c2\u00a0?) qui les int\u00c3\u00a8gre toutes en son sein. Ce sera son point de d\u00c3\u00a9part, et de la n\u00c3\u00a9e l\u00e2\u20ac\u2122analogie que l\u00e2\u20ac\u2122on pourrait faire au ch\u00c5\u201cur.<br \/>\nIl propose donc une \u00ab\u00a0lecture performative\u00a0\u00bb qui mettrait plusieurs voix en jeu, qu\u00e2\u20ac\u2122il nomme \u00ab\u00a0unit\u00c3\u00a9s\u00a0\u00bb. 1. Unit\u00c3\u00a9 de temps. 2. Unit\u00c3\u00a9 de lieu. 3. Unit\u00c3\u00a9 d\u00e2\u20ac\u2122action. Trois voix s\u00c3\u00a9par\u00c3\u00a9es, mais en un jeu.<br \/>\nCes unit\u00c3\u00a9s, je les envisage tout de suite comme miroir aux 3 \u00c3\u00a9critures s\u00c3\u00a9par\u00c3\u00a9es (mais pr\u00c3\u00a9sente au sein du m\u00c3\u00aame dispositif) que Barthes d\u00c3\u00a9crit dans son analyse du Bunraku\u00c2\u00a0:<\/p>\n<p>\u00c2\u00ab\u00c2\u00a0Les poup\u00c3\u00a9es de Bunraku ont de un \u00c3\u00a0 deux m\u00c3\u00a8tres de hauteur. Ce sont de petits hommes ou de petites femmes, aux membres, aux mains et \u00c3\u00a0 la bouche mobiles\u00c2\u00a0; chaque poup\u00c3\u00a9e est mue par trois hommes visibles, qui l\u00e2\u20ac\u2122entourent, la soutiennent, l\u00e2\u20ac\u2122accompagnent\u00c2\u00a0: le ma\u00c3\u00aetre tient le haut du visage d\u00c3\u00a9couvert, lisse, clair, impassible, froid comme \u00c2\u00ab\u00c2\u00a0un oignon blanc qui vient d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00aatre lav\u00c3\u00a9\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb (Bash\u00c3\u00b4)\u00c2\u00a0; les deux aides sont en noir, une \u00c3\u00a9toffe cache leur visage\u00c2\u00a0; l\u00e2\u20ac\u2122un gant\u00c3\u00a9 mais le pouce d\u00c3\u00a9couvert, tient un grand ciseau \u00c3\u00a0 ficelles dont il meut le bras et la main gauche de la poup\u00c3\u00a9e\u00c2\u00a0; l\u00e2\u20ac\u2122autre, rampant, soutient le corps, assure la marche. Ces hommes \u00c3\u00a9voluent le long d\u00e2\u20ac\u2122une fosse peu profonde, qui laisse leur corps apparent. Le d\u00c3\u00a9cor est derri\u00c3\u00a8re eux, comme au th\u00c3\u00a9\u00c3\u00a2tre. Sur le c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9, une estrade re\u00c3\u00a7oit les musiciens et les r\u00c3\u00a9citants\u00c2\u00a0; leur r\u00c3\u00b4le est d\u00e2\u20ac\u2122exprimer le texte (comme on presse un fruit)\u00c2\u00a0; ce texte est mi-parl\u00c3\u00a9, mi-chant\u00c3\u00a9\u00c2\u00a0; ponctu\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 grands coups de plectre par les joueurs de shamisen, il est \u00c3\u00a0 la fois mesur\u00c3\u00a9 et jet\u00c3\u00a9, avec violence et artifice. Suants et immobiles, les porte-voix sont assis derri\u00c3\u00a8re de petits lutrins o\u00c3\u00b9 est pos\u00c3\u00a9e la grande \u00c3\u00a9criture qu\u00e2\u20ac\u2122ils vocalisent et dont on aper\u00c3\u00a7oit de loin les caract\u00c3\u00a8res verticaux, lorsqu\u00e2\u20ac\u2122ils tournent une page de leur livret\u00c2\u00a0; un triangle de toile raide, attach\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 leurs \u00c3\u00a9paules comme un cerf-volant, encadre leurs faces, en proie, elles \u00c3\u00a0 toutes les affres de la voix.<\/p>\n<p>Le Bunraku pratique donc trois \u00c3\u00a9criture s\u00c3\u00a9par\u00c3\u00a9es, qu\u00e2\u20ac\u2122il donne \u00c3\u00a0 lire simultan\u00c3\u00a9ment en trois lieux du spectacle\u00c2\u00a0: la marionnette, le manipulateur, le vocif\u00c3\u00a9rant\u00c2\u00a0: le geste effectu\u00c3\u00a9, le geste effectif, le geste vocal. La voix\u00c2\u00a0: enjeu r\u00c3\u00a9el de la modernit\u00c3\u00a9, substance particuli\u00c3\u00a8re du langage, que l\u00e2\u20ac\u2122on essaye partout de faire triompher. Tout au contraire, le Bunraku a une id\u00c3\u00a9e limit\u00c3\u00a9e de la voix\u00c2\u00a0; il ne la supprime pas mais lui assigne une fonction bien d\u00c3\u00a9finie, essentiellement triviale.<\/p>\n<p>Dans la voix du r\u00c3\u00a9citant, viennent en effet se rassembler\u00c2\u00a0: la d\u00c3\u00a9clamation outr\u00c3\u00a9e, le tr\u00c3\u00a9molo, le ton suraigu, f\u00c3\u00a9minin, les intonations bris\u00c3\u00a9es, les pleurs, les paroxysmes de la col\u00c3\u00a8re, de la plainte, de la supplication, de l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9tonnement, le pathos ind\u00c3\u00a9cent, toute la cuisine de l\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9motion, \u00c3\u00a9labor\u00c3\u00a9e ouvertement au niveau de ce corps interne, visc\u00c3\u00a9ral, dont le larynx est le muscle m\u00c3\u00a9diateur.<\/p>\n<p>Encore ce d\u00c3\u00a9bordement n\u00e2\u20ac\u2122est-il donn\u00c3\u00a9 que sous le code m\u00c3\u00aame du d\u00c3\u00a9bordement\u00c2\u00a0: la voix ne se meut qu\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a0 travers quelques signes discontinus de temp\u00c3\u00aate\u00c2\u00a0; pouss\u00c3\u00a9e hors d\u00e2\u20ac\u2122un corps immobile, triangul\u00c3\u00a9e par le v\u00c3\u00aatement, li\u00c3\u00a9e au livre qui, de son pupitre, la guide, clout\u00c3\u00a9e s\u00c3\u00a8chement par les coups l\u00c3\u00a9g\u00c3\u00a8rement d\u00c3\u00a9phas\u00c3\u00a9s (et par la m\u00c3\u00aame impertinents) du joueur de shamisen, la substance vocale reste \u00c3\u00a9crite, discontinu\u00c3\u00a9e, cod\u00c3\u00a9e, soumise \u00c3\u00a0 une ironie (si l\u00e2\u20ac\u2122on veut bien \u00c3\u00b4ter \u00c3\u00a0 ce mot tout sens caustique)\u00c2\u00a0; aussi, ce que la voix ext\u00c3\u00a9riorise, en fin de compte, ce n\u00e2\u20ac\u2122est pas ce qu\u00e2\u20ac\u2122elle porte (les sentiments), c\u00e2\u20ac\u2122est elle-m\u00c3\u00aame, sa propre prostitution\u00c2\u00a0; le signifiant ne fait astucieusement que se retourner comme un gant.<\/p>\n<p>Sans \u00c3\u00aatre \u00c3\u00a9limin\u00c3\u00a9e (ce qui serait une fa\u00c3\u00a7on de la censurer, c\u00e2\u20ac\u2122est-\u00c3\u00a0-dire d\u00e2\u20ac\u2122en d\u00c3\u00a9signer l\u00e2\u20ac\u2122importance), la voix est donc mise de c\u00c3\u00b4t\u00c3\u00a9 (sc\u00c3\u00a9niquement, les r\u00c3\u00a9citants occupent une estrade lat\u00c3\u00a9rale) le Bunraku lui donne un contrepoids, ou mieux, une contremarche\u00c2\u00a0: celle du geste. Le geste est double\u00c2\u00a0: geste \u00c3\u00a9motif au niveau de la marionnette (des gens pleurent au suicide de la poup\u00c3\u00a9e amante), acte transitif au niveau des manipulateurs. (\u00e2\u20ac\u00a6) Le Bunraku (c\u00e2\u20ac\u2122est sa d\u00c3\u00a9finition) s\u00c3\u00a9pare l\u00e2\u20ac\u2122acte du geste\u00c2\u00a0: il montre le geste, il laisse voir l\u00e2\u20ac\u2122acte, il expose \u00c3\u00a0 la fois l\u00e2\u20ac\u2122art et le travail, r\u00c3\u00a9serve \u00c3\u00a0 chacun d\u00e2\u20ac\u2122eux son \u00c3\u00a9criture. La voix est doubl\u00c3\u00a9e d\u00e2\u20ac\u2122un vaste volume de silence, o\u00c3\u00b9 s\u00e2\u20ac\u2122inscrivent avec d\u00e2\u20ac\u2122autant plus de finesse, d\u00e2\u20ac\u2122autres traits, d\u00e2\u20ac\u2122autres \u00c3\u00a9critures. Et ici, il se produit un effet inou\u00c3\u00af\u00c2\u00a0: loin de la voix et sans mimique, ces \u00c3\u00a9critures silencieuses, l\u00e2\u20ac\u2122une transitive, l\u00e2\u20ac\u2122autre gestuelle, produisent une exaltation aussi sp\u00c3\u00a9ciale, peut-\u00c3\u00aatre, que l\u00e2\u20ac\u2122hyperesth\u00c3\u00a9sie que l\u00e2\u20ac\u2122on attribue \u00c3\u00a0 certaines drogues.\u00c2\u00a0\u00c2\u00bb<\/p>\n<p>\/\/\/\/<\/p>\n<p><em>origine incertaine<\/em><\/p>\n<p><em>filiation douteuse, mais qui n\u00e2\u20ac\u2122emp\u00c3\u00aache pas malgr\u00c3\u00a9 tout une g\u00c3\u00a9n\u00c3\u00a9alogie<\/em><\/p>\n<p><em>liaison mal assur\u00c3\u00a9e<\/em><\/p>\n<p><em>vie des mots comme vie aventureuse de voyageurs<\/em><\/p>\n<p><em>b\u00c3\u00a9gaiements<\/em><\/p>\n<p><em>reprises<\/em><\/p>\n<p>\/\/\/<\/p>\n<p><strong>voix<\/strong><\/p>\n<p><em>v1 = unit\u00c3\u00a9 de temps = un bel \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9<\/em><\/p>\n<p><em>v2 = unit\u00c3\u00a9 de lieu = un ch\u00c3\u00a2teau, une villa, une maquette, un parc, un jardin<\/em><\/p>\n<p><em>v3 = unit\u00c3\u00a9 d\u00e2\u20ac\u2122action = v4 &amp; v5 s\u00e2\u20ac\u2122appellent, s\u00e2\u20ac\u2122interpellent, se cherchent, se trouvent, se perdent<\/em><\/p>\n<p><em>v4 = une femme<\/em><\/p>\n<p><em>v5 = un homme<\/em><\/p>\n<p>\/\/\/<\/p>\n<p><em>sommaire<\/em><\/p>\n<p><em>Prologue<\/em><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" width=\"520\" height=\"371\" class=\"alignnone size-full wp-image-3342\" title=\"alex\" src=\"http:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/alex.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/alex.jpg 520w, https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/10\/alex-480x342.jpg 480w\" sizes=\"(max-width: 520px) 100vw, 520px\" \/><\/p>\n<p>Sch\u00c3\u00a9ma d&rsquo;Alexander pour un dispositif possible pour la performance.<\/p>\n<p><strong>Prologue (texte en cours et provisoire), Yannick.<br \/>\n<\/strong><\/p>\n<p>Il doit y avoir plusieurs mani\u00c3\u00a8res de raconter cette histoire. Sans doute est-ce vrai de nombre d\u00e2\u20ac\u2122entre elles, si ce n\u00e2\u20ac\u2122est de toutes.<\/p>\n<p>Mais ce n\u00e2\u20ac\u2122est pas aux qualit\u00c3\u00a9s du narrateur auxquelles je pense, ni aux \u00c3\u00a9quivalences qu\u00e2\u20ac\u2122un r\u00c3\u00a9cit peut subir dans le temps et l\u00e2\u20ac\u2122espace, ni \u00c3\u00a0 ses variantes, et autres red\u00c3\u00a9ploiements ou ajustements. En disant qu\u00e2\u20ac\u2122il doit y avoir plusieurs fa\u00c3\u00a7ons de narrer cette histoire, je ne pense pas non plus \u00c3\u00a0 la question des divers points de vue qui pourraient s\u00e2\u20ac\u2122y exprimer, les diff\u00c3\u00a9rentes positions s\u00e2\u20ac\u2122y affrontant correspondant au nombre des personnages. L\u00e2\u20ac\u2122histoire devenant ainsi porteuse d\u00e2\u20ac\u2122autres savoirs, d\u00e2\u20ac\u2122autres imp\u00c3\u00a9ratifs.<\/p>\n<p>Pour que cette histoire puisse \u00c3\u00aatre non seulement vraisemblable ou cr\u00c3\u00a9dible, mais troublante, il fallait qu\u00e2\u20ac\u2122elle soit vraie. Mais \u00c3\u00a9galement qu\u00e2\u20ac\u2122elle ne connaisse, ou ne poss\u00c3\u00a8de pas de terme.<\/p>\n<p>Il est bien possible qu\u00e2\u20ac\u2122une histoire qui finie est une histoire finie, une histoire qui en a fini avec ce qu\u00e2\u20ac\u2122elle avait a nous dire, avec sa puissance d\u00e2\u20ac\u2122\u00c3\u00a9chos, son travail de r\u00c3\u00a9sonnance qui accomplit une singuli\u00c3\u00a8re mani\u00c3\u00a8re d\u00e2\u20ac\u2122habiter. Son point final se confond alors avec un fait.<\/p>\n<p>En revanche, dire qu\u00e2\u20ac\u2122une histoire n\u00e2\u20ac\u2122a pas de fin, ce serait en quelque sorte lui donner carte blanche\u00c2\u00a0: elle se mettrait \u00c3\u00a0 disposition de tel ou tel conteur de son choix et, ind\u00c3\u00a9finiment reprise, ferait \u00c3\u00a0 toute \u00c3\u00a9poque et en tout lieu qu\u00e2\u20ac\u2122auditeur ou lecteur ne sache ou ne puisse,\u00c2\u00a0 plut\u00c3\u00b4t que jamais l\u00e2\u20ac\u2122achever, toujours l\u00e2\u20ac\u2122inachever.<\/p>\n<p>Pr\u00c3\u00a9tendre qu\u00e2\u20ac\u2122une histoire ne devrait pas conna\u00c3\u00aetre de d\u00c3\u00a9nouement, ce serait la consid\u00c3\u00a9rer comme une exposition. Un bel \u00c3\u00a9t\u00c3\u00a9, un parc, un jardin, une longue all\u00c3\u00a9e centrale, des pelouses, des massifs de fleurs, des arbres, des haies de noisetiers, un ch\u00c3\u00a2teau, une villa, une maquette, les terrasses, les balustrades, les baies vitr\u00c3\u00a9es, la chambre verte, la chambre bleue, la chambre noire, les salons, la biblioth\u00c3\u00a8que, une vieille dame, une cuisini\u00c3\u00a8re, une jeune gouvernante, un jeune homme de passage.<\/p>\n<p>Une histoire qui ne buterait sur nulle cl\u00c3\u00b4ture inventerait, au sens de rencontrer, encore et sans fin des rapports et d\u00e2\u20ac\u2122autres relations entre chacun des divers \u00c3\u00a9l\u00c3\u00a9ments qui la composent et semblent l\u00e2\u20ac\u2122organiser, du jeu, de nouveaux aper\u00c3\u00a7us, d\u00e2\u20ac\u2122autres compl\u00c3\u00a9mentarit\u00c3\u00a9s, des arr\u00c3\u00aats, des effleurements compatibles, des bifurcations comme des familiarit\u00c3\u00a9s incommodes, du jour et des jours. Elle laisserait filtrer \u00c3\u00a0 travers les grilles de l\u00e2\u20ac\u2122entr\u00c3\u00a9e principale des choses devin\u00c3\u00a9es, \u00c3\u00a0 peine distingu\u00c3\u00a9es, plus ou moins entendues ou d\u00c3\u00a9chiffr\u00c3\u00a9es. Une porte, qu\u00e2\u20ac\u2122elle ouvre vers un mur, donne un mur plus qu\u00e2\u20ac\u2122elle ne donne sur un mur, et alors, c\u00e2\u20ac\u2122est \u00c3\u00a0 conna\u00c3\u00aetre, autorise une porte. Cette histoire, et c\u00e2\u20ac\u2122est peut-\u00c3\u00aatre en cela qu\u00e2\u20ac\u2122elle ne cesse de me convier, j\u00e2\u20ac\u2122en pourrai dire, depuis que j\u00e2\u20ac\u2122ai commenc\u00c3\u00a9 \u00c3\u00a0 parler, que parlant j\u00e2\u20ac\u2122ai n\u00c3\u00a9cessit\u00c3\u00a9 de la redistribuer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>3\u00c3\u00a8me journ\u00c3\u00a9e de r\u00c3\u00a9sidence.<br \/>\nNotre premier \u00c3\u00a9change collectif a servit de synth\u00c3\u00a8se &#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12],"tags":[212,211],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3340"}],"collection":[{"href":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3340"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3340\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3401,"href":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3340\/revisions\/3401"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3340"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3340"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/incident.net\/users\/julie\/wordpress\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3340"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}