Recherches+notes

Recherches relatives à aux pojets

Safari typographique à Emmaüs Marcigny

Je suis retombée sur ces photos prises il y a plusieurs années au dépôt Emmaüs à côté de chez moi en Saône et Loire. J’avais remarqué cette signalétique remarquable entièrement peinte à la main. Après renseignement, impossible de savoir quand et par qui elle a été créée et réalisée, mais elle semble venue tout droit de la fin des années 60… Ce qui m’a fait rire en re-regardant ces images c’est le nombre d’injonctions négatives (interdictions, on ne fait pas ci, on ne fait plus ça, on doit faire les choses comme ça, etc.) adoucies et dynamisées par ces écritures scripts et autres typographies sympathiques ;)

Exposition De Profundis Ascendam à l’abbaye de Maubuisson

Je suis très heureuse de prendre part à l’exposition en tant que artiste et que j’ai également co-comissarié avec Isabelle Lhomel et Marie Mennestrier. J’y ai invité nombre d’artistes dont j’adore le travail : Guillaume Constantin, Julie C. Fortier, Ann Guillaume, Claire Malrieux, Paola Vobauré, Jae Rhim Lee, complétés par Cristina Hoffmann, Fabrice-Elie Hubert, Henriette Menes, Julie Morel, Régis Perray, Man Ray, Lei Saito, Camille Vidal-Naquet.
C’est toujours intéressant et riche en apprentissage d’être à la fois artiste ET commissaire d’une exposition. Je l’ai fait de nombreuses fois avec le collectif incident ou Le sans titre ou de manière indépendante comme pour l’exposition Love au centre Georges Pompidou ou celle prévue au Hilliard Museum, Louisiane (annulée pendant le Covid et pas encore reprogrammée) ou pour celle-ci… Ici, Marie Mennestrier, directrice du Centre d’art, m’a contacté car elle avait vu les travaux de cheveux sur lesquelles je travaillais depuis un moment « en sous-marins » et de fils en aiguilles nous en sommes venues à collaborer avec Isabelle Lhomel, sociologue.

« En mettant en regard des pièces archéologiques retrouvées sur le site de Maubuisson lors de fouilles menées en 1986 avec des œuvres d’artistes contemporains, l’exposition collective De Profundis Ascendam questionne notre relation à ce qui fait certitude : Memento mori, « Souviens-toi que tu vas mourir ».
Quel est notre rapport à la mort et au devenir du corps ? Mise à distance ou déni de la mort ? De Profundis Ascendam (« Des profondeurs, je remonterai ») évoque la relation troublante que nous entretenons avec nos disparus, alors que ceux-ci sont encore physiquement présents dans le monde des vivants : dans les traces qu’ils laissent derrière eux, sous nos pieds, au travers des hommages qui leur sont rendus…
L’exposition convoque les anciennes résidentes des lieux, notamment les abbesses et les moniales dont les tombes, les ossements et les effets personnels ont été exhumés pendant les fouilles archéologiques. Les œuvres contemporaines réalisées in situ ou rassemblées pour l’occasion dialoguent avec une partie de ces vestiges.
L’art résonne avec l’histoire de l’Abbaye de Maubuisson interrogeant l’évolution dans le temps de notre rapport au deuil. Avec une approche sensible et sensitive, les artistes révèlent la quasi invisibilité de ce que nous pouvons vivre auprès de nos défunts et explorent nos sentiments ambivalents vis-à-vis de la matérialité de la mort. »


L’exposition a lieu à l’Abbaye de Maubuisson du 16 octobre 2022 au 5 mars 2023, le vernissage est le 15 octobre à partir de 15h.
Commissariat d’exposition : Isabelle Lhomel, Marie Ménestrier, Julie Morel

Et enfin quelques photos (prises au téléphone) de ma pièce Mourning Jewellery for Hadaly (Felicity Ace). D’autres photos dans quelques jours…

Mutations politiques au festival Maintenant (Rennes), Jeudi 6 octobre 2022

Je suis aujourd’hui au festival Maintenant à Rennes – l’ancien Electroni(k) – pour une table ronde intitulée « Mutations politiques » modérée par Pauline Briand, journaliste extraordinaire, et Jean-Paul Fourmentraux, socio-anthropologue et critique d’art. Sur fond d’art, technologies et société, j’y serai en bonne compagnie, avec deux amis et artistes : Christophe Bruno et Gwenola Wagon. J’en profite pour dire que le nouveau livre de Gwenola, Planète B, vient de sortir et après avoir feuilleté quelques pages je peux dire que ce sera un hit dans ma bibliothèque :)

Pour toutes les infos de la discussion de cette après-midi, c’est ici.
Pour le livre, c’est là !

> Festival Maintenant, au Tambour (Université Rennes 2), le Jeudi 6 octobre 2022, 14:30 à 16:30.

woman reading book au FRAC Bretagne

Je suis très heureuse de rentrer dans la collection du FRAC Bretagne (et de la fiminis(tis)er !) avec l’achats de 9 éditions (Ghost ; Caché-e ; L’image-objet post-internet – une version ; Hello World, Bonjour Bazaar) et 5 des woman reading book ! :D

« Femmes absorbées dans leurs lectures, le visage penché sur le livre et baigné de lumière, les trais reflétant le récit contenu dans le volume consulté ; femmes s’interrompant pour réfléchir à la lecture en cours – le regard dans le vague, livre encore ouvert mais mis de côté ; femmes s’adonnant à une lecture religieuse, à une lecture bourgeoise, à une lecture légère ou coquine, à un moment de lectures secrètes, volées, savourées, ballerine au bout du pied ; femmes partageant une lecture avec d’autres, lecture complice qui se doit d’être accompagnée ; femmes interrompues, le livre encore en main, regard accusateur répondant au regard du spectateur, sourire narquois ou moqueur ; femmes de dos : lecture rendue inaccessible, visage caché mais dont l’épaule à demi-nue rachète l’attitude fermée. Toute une typologie gestuelle liée à la lecture des femmes, acte qui semble séparé de la lecture générique, acte rendu genré malgré lui.
« woman reading book » fait référence à la fois à une peinture de genre (liseuses), aux mots clefs entrés dans un moteur de recherche, au corpus de plus de 3000 images ainsi collectées, et à une série d’éditions s’attachant à une éditorialisation de ces images de la lecture. La forme finale, imprimée sur du papier journal, a pour intention de composer une nouvelle phrase, souligne la redondance des postures du spectateur- lecteur de l’édition et les clichés des liseuses qu’il regarde – et réitère le caractère performatif de la lecture et de sa représentation. »

Les prochaines 3 éditions sont finies depuis décembre dernier et j’ai hâte de pouvoir enfin trouver le temps de les imprimer. J’ai en effet rencontré de gros problèmes d’impressions depuis que mon imprimeur a disparu, et retrouver la même qualité implique un prix non négligeable… En tous cas, ces nouvelles éditions s’attacheront à des liseuses nous tournants le dos, des liseuses générées avec des IA, des liseuses suspendues dans leurs lectures, et deux autres surprises.

C’est les vacances !

Voilà un an que je n’ai pas pris de vacances et je suis partie hier pour un périple en Italie. Je suis de nouveau à Turin (qui n’est qu’à 3h de train de Briant !), après Gênes, ville merveilleuse et pleine de surprises, et les 5 terres…
Le musée d’art contemporain de Turin n’est pas le plus grand mais les expositions y sont pensées avec soin et la qualité des pièces et de l’accrochages est palpable. J’étais très contente de découvrir la très belle exposition de Flavio Favelli, d’après une rencontre entre la revue I Maetri del colore et des emballages Ferrero rochers…! Quelques photos :

Ophélie X la vague, une carte de Ctrl+P

Je viens de finir la prochaine carte éditée par Ctrl+P ! Je l’ai créée comme un mash-up de deux œuvres d’art, l’une par Pierre-August Cot (Ophélie, bitmap tramé en impression offset) et l’autre par Hokusai (La Vague, découpe laser). Je suis très contente du résultat, la découpe laser accentue de côté viscérale que je voulais rendre. Cette carte est issue d’une série de trois qui toutes reprennent le même principe : une liseuse imprimée et superposée à une vague découpée au laser.
100 chanceux abonnés à Ctrl+P recevront donc sous peu cette carte dans leur boite aux lettres…

Ctrl+P continuera jusqu’à la fin de l’année 2022, avec des cartes de Diego Movilla, Christodoulos Panayiotou, Baltazar Dagault, Alex Chevalier et d’autres… En 2023, je vais repenser le projet. À suivre…

Secession

Je suis à Vienne et je reviens de l’exposition en cours à Secession, sans doute le plus vieil « Artist Run Space » d’Europe ! En bas on peut y voir la frise historique crée par Klimt en 1902 (accompagnée de la 9e symphonie de Ludwig van Beethoven).
En haut dans l’espace principal, Still Life, l’installation de Siggi Höffer m’a énormément plu. On se ballade dans une microcosme de travail déconstruit, ayant comme implosé. J’avais l’impression de me balader dans un cerveau en train de résoudre des problèmes formels. En haut le film Everything But The World de DIS m’a fait rire et a confirmé ce que j’avais vu dans des précédents projets : que ce collectif ne s’arrêtent devant rien en terme de formes et que leurs propositions, ultra-contemporaines aiment se risquer à sortir des sentiers battus (du post-internet).
Le plus de Secession est que chaque exposition soit accompagnée d’un livre d’artiste (plutôt qu’un catalogue classique) et les deux livres en questions étaient très réussis, l’un sous la forme d’un journal que l’on trouve dans l’exposition (Siggi Höffer), l’autre (DIS) sous la forme d’un cahier présentant le scénario+recherches du film, reliés par une simple baguette d’archivage.

Exposition Dataffect à la Galerie de l’UQAM

Commissaire : Nathalie Bachand

Artistes : Cécile Babiole, LAb[au], Julie Morel, Rodolfo Peraza, Robert Saucier, Véronique Savard, Dominique Sirois, Mathieu Zurstrassen

11 février 2022 – 9 avril 2022. Vernissage : 10 février 2022, 17 h 30

Lors de mon année (2017-2018) comme artiste invitée à l’Uqam, j’ai discuté de nombreuses fois avec Véronique Savard, Dominique Sirois et Robert Saucier sur la possibilité de travailler à une exposition qui monterait les liens dans nos travaux respectifs. Technologies matérialisées dans l’espace, bugs, affects, dimensions cosmiques ou écologiques… Après une première présentation de la réflexion lors de journées d’études à l’Université de Montréal, nous avons contacté Nathalie Bachand, commissaire « nouveaux médias ». Après quelques discussions, j’ai proposé à Cécile Babiole de se joindre à l’exposition ; Nathalie a proposé une thématique plus serrée, mieux problématisée, et a contacté d’autres artistes aux travaux proches des nôtres. Dat@ffect était née et c’est la Galerie de l’UQAM qui accueille l’exposition !
Avec le covid il nous a fallu presque deux ans et demi pour voir aboutir ce projet qui devait avoir lieu en 2020. De fait je suis heureuse d’être à Montréal pour le montage, le vernissage, et surtout pour revoir mes amis. C’est le dernier voyage en avion que je ferai dans le cadre de ma pratique d’artiste. J’ai décidé, pour des questions écologiques, de renoncer aux voyages en avion pour le travail ou les vacances, et de ne le prendre qu’exceptionnellement pour voir ma famille qui habite en Louisiane…
Les conditions de montage ont été assez contraignantes car le Québec a été complètement confiné jusqu’à hier, les douanes ont retenu mes pièces 5 jours (qui auraient dû être consacrés au montage) et après 4 jours à finir le projet insitu, à souder des composants dans ma chambre d’hôtel pendant 3 nuits, tout est enfin calé : le vernissage est prévu demain, date de réouverture des lieux culturels, restaurants, etc., et ce sera une véritable fête !

Je présente une sélection de dessins et sérigraphies de la série « Dark » (Retreating Glaciers, Drying Rivers, Dead Lakes), des formats 50 x 70 cm, réalisés entre 2017 et 2020 à l’encre conductrice noire et LEDs sur du papier noir mat.

Outre les remerciements à Nathalie, Véronique, Dominique et Robert, je tenais particulièrement à remercier Anne Philippon, Louise Déry, Johane Lévèsque et Christine Lenoir à la Galerie pour leur accueil et leurs conseils pendant tous le (long) processus avant et pendant le montage de l’exposition. Merci aussi à Jacinthe Loranger et Laura La Cagnina pour leur expertise technique et le tirage d’une partie des sérigraphies !

Revue Reliefs

Après le numéro « Prairie » que j’avais trouvé très pointu (pleins de questions ET réponses sur l’environnement dans lequel je vis quotidiennement dans le Brionnais en Saône et Loire), notamment avec quelques articles dédiés à l’agropastoralisme, j’ai reçu pour Noël le dernier numéro « forêts », tout aussi intéressant et éclairant sur les vies des fôrets : 600 000 milles sur Terre soit 1/3 des terres émergées (dont seulement 140 en Europe – il serait temps de se pencher sur la question !) et de leurs habitants : champignons et mycorhizes en premier lieu.

Je profite de ce petit article pour faire de la publicité pour le groupement forestier Chat sauvage, dont je fais parti depuis 2016 et qui fait un travail passionant. Pour le prix d’un abonnement à Netflix, on peut aider à acquérir et donc contribuer à sauver (de la coupe rase puis plantation de résineux) et à entretenir de magnifiques parcelles de fôrets – c’est quand même mieux que Netflix non ? ; )
Soutenons-les !

> CHAT SAUVAGE
> RELIEFS


Quelques images des deux éditions…


Et pour rester encore un peu dans la vie des bois, la prochaine carte de ⌘+P a été confiée à Sylvie Bonnot, avec cette carte sera bientôt envoyée à une centaine de chanceux… ;)

La dernière avant 2022, à partir du 10 décembre 2021 à la galerie Ségolène Brossette !

J’ai le grand plaisir de faire partie de l’exposition « La dernière avant 2022 », qui aura lieu à la galerie Ségolène Brossette à partir du 10 décembre, avec un vernissage le jeudi 9 décembre à partir de 18h. Venez nombreux voir la sélection d’œuvres faite par Ségolène Brossette ! J’y présenterai deux « petits » programmes informatiques qui encryptent l’un le livre « Œdipe » (Sénèque), et l’autre « Étoile filante », une partition de musique populaire du 19e siècle, et transcodés vers vidéos.

Des vues de l’exposition et du vernissage de « La dernière avant 2022 » (photos Christophe Beauregard)!

Salon des éditions d’art, FRAC Besançon, 23-24 octobre 2021

Je serai le 23 et 24 octobre au Salon des éditions d’art au Frac Franche-Comté, pour présenter et représenter ⌘+P !

Pour cette édition, le réseau SEIZE MILLE invite les éditions Tombolo Presses, Nevers, avec la programmation d’artistes et et de commissaires (performances de Camille Bondon, Gwendal Coulon, Zoé Couppé, lecture de Léna Araguas). Et avec :
. Les Ateliers Vortex, Dijon
. Les éditions horsd’oeuvres, Dijon
. Les éditions Untitled, Dijon
. One+One, Dijon
. Christophe Vaubourg, Besançon
. Le Frac Franche-Comté, Besançon
. Les éditions Gasoline, Besançon
. Les éditions Juste Ici, Besançon
. Tank Atelier, Besançon
. Superseñor, Besançon
. La Fraternelle – Saint-Claude
. Les éditions Hyphe – Dole
. Ravisius Textor – Tombolo Presses, Nevers
. Ctrl+P (⌘+P), Briant
. Les commissaires anonymes, Cluny-Bruxelles
. Hors Cadre, Auxerre
. Bibliobuste / Salon de lecture, Belfort
. La Houle éditions, Bruxelles

Le salon est organisé et proposé par SEIZE MILLE, réseau art contemporain Bourgogne– Franche-Comté.

See you there! :)

École thématique, MAMC+ Saint Etienne

Je serai mercredi au Musée d’art moderne de Saint Etienne pour présenter une conférence durant l’École thématique « Performance et archives » (que j’ai aidé à construire avec les membres du comité scientifique chargé de l’organisation : Anolga Rodionoff, Vincent Ciciliato, Catherine Dessinges, Ross Louis). Ces deux jours de conférences et ateliers sont organisés par les laboratoires MARGE (Lyon 3) et ECLLA (Université St. Etienne).
Pour cette matinée du 6 octobre 2021 seront également invités Alexandre Quoi et Laura Luise Schultz. Durant ces deux jours seront aussi présents : Kahena Sanaâ, Ross Louis, Simone Felhinger, Carole Nosella, Vincent Ciciliato, Pascaline Morincôme, Nicolas Fourgeaud, John Greyson & Ryan Conrad.
Ma présentation reviendra sur différents travaux que j’ai effectués, au fil des ans, autour des archives et leur changement face au flux du réseau. Je mentionnerai par ailleurs les travaux de Caroline Delieutraz, Tyler Coburn, Claire Malrieux, artistes que j’aime particulièrement !

See you there! »

Quelques nouvelles de ⌘+P

Depuis son lancement en novembre dernier, la maison de micro-édition ⌘+P A envoyé une quinzaine de cartes postales et quelques timbres crées par des artistes à une centaine de destinataires…
Les informations sur le site internet de ⌘+P, et quelques images dans le désordre.

⌘+P sera présente au salon des éditions d’art au FRAC Besançon qui aura lieu en octobre 2021. Vous pourrez notamment y découvrir les éphéméras d’artistes produits cet été !
Tous les renseignements sur le salon 2021 sur le site de Seize Mille d’ici quelques jours.

Asleep on the Raft, exposition à Esox Lucius

J’ai le plaisir de m’être vue confier le commissariat de la prochaine exposition à Esox Lucius, un petit centre d’art extraordinaire situé dans l’ancienne gare de Saint-Maurice-les-Châteauneufs en Saône et Loire, et re-designée par Philippe Million.. Pour cette exposition, j’ai décidé de travailler avec deux artistes (qui ne se connaissent pas) dont j’aime la pratique et la manière de procéder : Guillaume Constantin et Roxane Jean. J’ai également invité les Lectures électriques à proposer une lecture performée le jour du vernissage, qui aura lieu de 15 mai à partir de 14h30.

Ci-dessous, le texte qui présente l’exposition, et quelques photos !

Asleep on the Raft
Éloge de la douceur.

Pour l’exposition Asleep on the Raft, Esox Lucius convie deux artistes adeptes de matériaux détournés et de displays, coutumiers de typologies et combinaisons formelles audacieuses. Roxane Jean y déploie des territoires sensibles ayant trait au jardin et Guillaume Constantin explore des matériaux plus techniques choisis pour leurs qualités plastiques. La sophistication de ces deux points de vue s’additionne et joue avec humour du challenge que constitue l’espace de l’ancienne gare (re)créée par le designer Philippe Million. En assumant cet espace éminemment non neutre, les deux artistes font bugger la binarité d’une exposition à quatre mains dans deux espaces contigus.
Dessins, papiers peints sérigraphiés, sweat-shirts, matériaux trouvés, impressions 3D et céramiques se glissent parmi les nombreux interstices de la galerie. La stratification, l’agencement des travaux et des références évoquent le passage d’un état à l’autre, un curieux « entre deux eaux ». L’ancienne salle d’attente redevient un lieu de départ vers de multiples destinations. La gare se peuple d’objets et productions virtuels et matériels, fabriqués et trouvés, où le corps se trouve convoqué quasi continuellement : incarné littéralement par les fragments de mains et visages polychromes imprimés numériquement, suggéré par la présence de sweat-shirts drapés de motifs marins ou coquillages combinés par Guillaume Constantin. Ceux-ci tantôt se téléscopent, tantôt dialoguent au plus près du corpus coloré et des empreintes gestuelles de Roxane Jean qui prend en charge le monde terrestre : aplats chlorophyllés, motifs floraux, jungles de traits. En bordure de champs, quelques carottes sauvages, infra-ordinaire botanique, nuages de pétales sur lesquelles se pose une toute petite fleur colorée, trompe l’œil d’un insecte imaginaire venant les butiner…
Corps et corpus jouent ici à cache-cache. Matérialisations, typologies et détournements via fichiers open source se superposent à un répertoire végétal proliférant et rythmé, tracé sur les supports plans. Roxane Jean propose une herborisation sentimentale ou ironique : ses plantes pratiquent des stratégies de séduction, prennent plus ou moins de place, s’affirment ou restent en retrait. Et les mains en impression 3D de Guillaume Constantin de cueillir ou recueillir, de se tendre vers le vide et de ponctuer l’espace comme des virgules anatomiques.
L’impression générale dégage en deuxième lecture une (inquiétante) étrangeté qui trouve écho dans le titre de l’exposition. En-tête de chapitre d’un roman de Mark Twain*, cette phrase énigmatique évoque une personne assoupie sur un radeau, dérivant dans la brume.
Mais qui dort  – ou bien est-ce un rêve éveillé ? Quel est ce radeau sans pilote conscient ? Ce vaisseau qui nous transporte, n’est-ce pas notre corps même ?
Morbide ? Seulement de cette morbidité à l’italienne qui signifie harmonieuse et délicate, que l’on emploie pour parler d’un biscuit, l’Amaretti morbidi … Morbide ? Non pas, quand on se réfère à la racine latine de ce mot pour qualifier ce qui est moelleux. Tendre. Doux.

Julie Morel, commissaire de l’exposition

*Asleep on the Raft, Chapitre 15 de Huckleberry Finn (1884).

L’exposition est visible jusqu’au 20 juillet 2021.
Esox Lucius,
La gare – le quai (294M9)
71740 Saint-Maurice-lès-Chateauneuf

Dans le cadre de l’exposition proposée par Julie Morel « Asleep on the Raft » les lectures électriques rassembleront les textes d’Emanuele Coccia, Donna Harraway, Diane Scott, Anne Dufourmantelle, Starhawk, Marielle Macé, Gilles Clément ou encore Alain Damasio. Le corpus traversé pour cette édition des lectures électriques mettra en avant les sensibilités troublées et troublantes des métamorphoses du vivant et des cohabitations disparates que nous vivons ou pourrions vivre. 
Science-fiction, poésie et essais seront mis en résonance faisant apparaitre un monde entre deux eaux où l’homme, son environnement et la possibilité de rêverie qui les traversent viennent se mêler de manière critique et émancipatrice.

⌘+P, maison de micro-éditions d’artistes

Carte © Roxane Jean.

J’enseigne depuis cette année les « pratiques éditoriales et cultures numériques » à l’Ecole supérieure d’art et de design de Tours !
En novembre, quelques jours après mon arrivée à l’ESAD, nous avons été reconfiné ; mes expositions à venir en 2021 ont été soit repoussée (Galerie de l’UQAM, Montréal) soit annulée (Hilliard Museum, Lafayette, USA) et ma présence à l’école a été divisée par deux. Bref, la circulation, qu’elle soit humaine ou de pièces artistiques est à nouveau limitée, ralentie ou interdite. Les artistes plasticiens, les espaces d’expositions et institutions liés aux arts plastiques sont à nouveau touchés par les conséquences du Covid, lui-même conséquence d’une crise écologique mondiale toujours plus présente…

Ma pratique artistique a souvent été à la marge de l’exposition, (internet, éditions, ateliers, performances) et les moyens de mettre en relation un public et les arts visuels sont pluriels. Ainsi, dans le cadre de ce nouveau cours, j’ai décidé de créer une petite maison de micro-éditions : ⌘+P (prononcer « Control P »).
L’idée est de développer un dispositif simple dans un contexte de pandémie pour continuer à faire circuler la création d’artistes et mettre en présence une œuvre et un public : un réseau de diffusion, un « écosystème des simples ».
⌘+P s’attache à des formes artistiques légères et rapides : la carte postale et le timbre. Dessins, collages, impressions en sérigraphie, gravure ou riso, fabrication numérique ou encore cartes postales graphiques ou conceptuelles ne sont que quelques exemples des possibles sur un support de 10,5 x 15 cm ou de 2,35 x 3,35 cm.
Côté fonctionnement, ⌘+P invite tous les quinze jours une ou un artiste à créer une carte ou un timbre en cohérence avec son travail. Le tirage est limité à 100 exemplaires, l’artiste reçoit 50 cartes et ⌘+P envoie une carte à 50 personnes.
Le projet a été inauguré la semaine dernière avec une première carte de Guillaume Constantin associée à un timbre de Roxane Jean, deux artistes avec qui je travaille (commissariat) à une exposition pour avril 2021. D’autres créations d’artistes sont déjà prévues, parmi eux Julie C. Fortier, Manon Bellet, Eric Tabuchi & Nelly Monnier… mais encore quelques autres artistes et/ou graphistes à venir !

Vous trouverez les informations sur le projet et images des premières cartes postales et timbres sur le site internet : 
http://incident.net/ctrlp/

Si vous souhaitez soutenir cette initiative et recevoir chez vous des réalisations d’artistes invités chez vous pendant un an, il y a plusieurs moyens !
> Un financement participatif a lieu jusqu’à la fin janvier :
Visitez l’espace Kisskissbankbank !
> Vous pouvez également soutenir le projet à long terme (un an ou plus) en devenant mécène :
Visitez l’espace dédié sur Patreon !

Timbre et carte © Guillaume Constantin et Roxane Jean.

A bientôt en ligne ou dans votre boite aux lettres ! :)

Edition, éditions !

Ce matin, dans ma boite aux lettres, j’ai trouvé deux raisons de me réjouir :

Après un peu de retard, j’ai reçu La reconnaissance des motifs, monographie consacrée à Guillaume Constantin, que j’avais commandée à Manuella éditions. Très contente de pouvoir lire les entretiens qui parsèment le livre et de regarder les très belles photos de son travail. C’est une opportunité de me pencher plus en avant sur la pratique de Guillaume, que j’ai invité à collaborer avec une autre artiste, Roxane Jean, pour une exposition à Esox Lucius en 2021. Titre provisoire : Asleep on the Raft. À suivre….
Et puis comme une bonne chose n’arrive jamais seule, j’y ai également trouvé un catalogue d’exposition de la collection de livres d’artistes de Jean-Paul Guy, édité par Tombolo presses. C’est Jean-Paul qui m’a envoyé cette surprise, suite à sa visite à mon atelier la semaine dernière, et l’acquisition de Ghost, une de mes éditions en risographie.

Coincidences éditoriales d’autant plus agréables que j’ai décidé de consacrer cette année mon « Atelier de recherches et créations » à l’EESAB (où j’enseigne) aux dispositifs éditoriaux :)

From Translation to Transcoding, exposition à la Société d’électricité, Bruxelles

Je présente une des pièces en céramique de la série « Sans titre (Boucle, A.F.K.) lors de l’exposition From Translation to Transcoding, à la Société d’électricité à Bruxelles.
Cette exposition, un peu écourtée pour cause de COVID, est néanmoins visible du 03 septembre au 1er novembre et regroupe : Cory Arcangel, Gert Aertsen, Carl Andre, Matthew Biederman, Otto Berchem, Jane Benson, Alec De Busschère, Detanico & Lain, Lars Fredrikson, Pierre-Philippe Hofmann, Farah Khelil, Takahiro Kudo, LAb[au], Le Corbusier & Iannis Xenakis, Matan Mittwoch, Julie Morel, Joachim Olender, Jacob Riddle, Thomas Ruff, Karin Sander, Yann Sérandour, Venetian Snares, VOID, Hannah Weiner, Wennig & Daubach.
Le dossier complet de l’expo est téléchargeable ici.

From Translation to Transcoding
The term « transcoding » originates from the field of computers and more precisely from the conversion of one digital format to another. However, this terminology appears more and more in the cultural context as a new paradigm beyond common media theories. It addresses the issue of correspondence of signs which one medium operates within another.

We now draw with algorithm, copy/paste in paintings, think resolution in photography or sculpt in 3D… All illustrate transcoding of these two spheres – the cultural and the technological one. This isologic approach has been addressed in Fluxus and concept art by the term of intermedia and now emerges in form of transmedia. The exhibition explores the trans-lation/coding of signs in between different forms of expression as a possible reading of actual artistic production.

– 485,4 ± 1,9

Je présente cet été le projet – 485,4 ± 1,9 durant la biennale de l’Art en chapelles. Quelques photos du montage et de l’installation que vous pouvez découvrir jusqu’en septembre à Chaffois (près de Pontarlier, Franche-Comté) !
Toutes les infos sur le site internet de la biennale. Bonne balade :)

« L’idée d’exposition comme traduction est tirée du Moyen-Âge, époque à laquelle le mot « translatio » désignait une coutume consistant à transporter des reliques religieuses d’une église à l’autre. Ce mot latin signifiant « déplacer » ou « transférer » est à l’origine du mot « traduction », mais aussi du terme « translate » qui, en anglais, veut dire « traduire ». Si un lieu de culte se trouvait délaissé par ses paroissiens et désirait rehausser sa popularité, on cherchait à acquérir le corps ou les os d’un saint. Une procession était organisée lors de laquelle les reliques étaient transportées à travers la campagne en grande pompe, passant devant une foule de curieux qui se pressaient alors à l’église pour voir de plus près ces nouvelles acquisitions. Un parallèle peut être établi avec nos expositions contemporaines  puisque la personne chargée de ce transport ou « translatio » était appelée le « curé », à l’origine du mot « curator ». »
Extrait de
Le curateur comme traducteur, Zoë Gray

 Les points de départ de cette installation à Chaffois, pour la biennale Art en chapelles, ont été les reliques présentes dans l’église ainsi les pierres de la carrière contenant des fossiles. J’avais envie de se faire télescoper, avec humour, les lieux que sont l’église et la carrière qui, voisines, présentent deux discours très différents sur l’origine de la vie. 
Suite à la lecture du texte Le curateur comme traducteur de Zoë Gray et du roman The Drowned World (Le monde englouti) de J.G. Ballard (dystopie écologique où la faune et la flore sont revenues à ce qu’elles étaient à l’époque de l’apparition de l’homme sur terre), j’ai décidé de jouer avec le double sens du mot « relique ». De l’acceptation religieuse j’ai retenu le côté formel tandis que pour le contenu de la proposition je me suis servie du sens admis en biologie : une espèce éteinte d’origine très ancienne qui ne se rencontre dans une aire limitée. 

Le résultat prend la forme d’une série représentant une faune proche de la période du Cambrien (-485,4 à 1,9 millions d’années) réalisée en tissage de cheveux humains figés dans des plaques de verre. Les cadres sont installés pour que l’on puisse voir une « strate » après l’autre, ou l’une à travers l’autre, et en dialogue avec la lumière et les couleurs de l’église de Chaffois.

Woman Reading Book, livre d’artiste

Depuis quelques années, je collecte des images de peintures et aquarelles de « liseuses » de bonnes qualités sur Internet. Il a quelques mois, j’ai commencé à les éditer pour créer trois livres d’artistes : le premier se compose d’un montage de femmes positionnées vers la gauche et qui, au fil des pages, lèvent la tête vers le lecteur que nous sommes, pour finalement le regarder frontalement. Le deuxième fait un montage de femmes positionnées vers la droite, et le dernier travaille le montage de femmes positionnées de face.
J’ai reçu ce matin les impressions de la dernière série !
Tirée à cinq exemplaires, 16 pages, images en noir et blanc + texte rouge, sur papier journal, dimensions : 37 x 29 cm.

Mourning Jewellery for Adaly – Aide à la création

Après deux semaines à la Nouvelle-Orléans, je suis actuellement à Kansas City (Missouri) grâce au financement de l’Aide à la création (DRAC Bourgogne – Franche-Comté) pour une recherche intitulée « Mourning Jewellery for Adaly ». Un voyage de presque 2800km A/R à travers la Louisiane, Mississippi, Arkansas et enfin le Missouri, pour visiter le Leila Hair Museum (Independence), une collection privée et inclassable qui propose plus de 2000 pièces anciennes (18-19e siècle) réalisées avec des cheveux, la plus ancienne remontant à 1680.
Ces deux jours de visites sur place ont été une opportunité de prendre un grand nombre de photos, notamment de gros plans de travaux de cheveux et travaux de deuils, qui me serviront dans la recherche que je suis en train de mener sur les tissages de matières organiques et les encres/matériaux conducteurs. J’ai pu voir et documenter de nombreux exemples de techniques, motifs, manières de tisser qui me seront précieuses une fois de retour à la Nouvelle-Orléans puis en France.

Kansas City, que je ne connaissais pas du tout, a été une révélation : ville relax qui possède une scène artistique et musicale incroyable. Durant ce séjour, j’ai pu visiter le Kemper Museum of Contemporary Art qui présente en ce moment des pièces de Summer Weat, me balader sur le magnifique campus de l’Art Institute (qui compte parmi ces anciens étudiants des artistes tels que Nick Cave, Robert Rauschenberg, Robert Morris, Christina McPhee !). Et puis visite également du Nelson-Atkins Musée of Art où, après avoir suivit le mur en pierres sèches de Andy Goldsworthy qui mène du jardin de sculpture vers l’entrée – vision étrange dans cet environnement – j’ai pu voir (parmi les 7 expositions temporaires !) une exposition de Gordon Parks sur ses photos de Mohamed Ali et passer un long moment les collections d’arts moderne et contemporain. Je regrette seulement de ne pas avoir eu le temps de visiter la collection d’objets amérindiens…

Peinture et détail de Summer Wheat

La semaine prochaine, retour en Nouvelle-Orléans, et RDVs avec Ben Hickey, commissaire, et Gisèle Trudel, artiste, pour travailler sur l’exposition de 2021 au Hilliard Museum, Lafayette.

Atmosphère-Atmosphère, atelier à l’EESAB #2

Après un voyage avec les étudiants de l’EESAB au CNES à Paris la semaine dernière pour rencontrer l’Observatoire de l’espace et des ballonniers de l’Aire sur l’Adour, la semaine prochaine sera consacrée à un nouvel atelier à l’EESAB : « L’odeur dans l’espace », avec Julie C. Fortier.

… Pour préfigurer cet atelier à venir, je regarde « Inert Gas Series/Helium, Neon, Argon, Krypton, Xenon/From a Measured Volume to Indefinite Expansion »  de Robert Barry (1969), qui me semble illustrer l’enjeu paradoxal d’odeurs dans la stratosphère où il n’y a (presque) pas d’eau…


« Testing the limits of materiality, Barry produced this poster for an exhibition that had neither a location nor a date. The address is a post-office box, and the telephone number for the gallery is an answering service with a recorded message describing the “work.” The work was the release, by the artist, of five measured volumes of odorless, colorless, noble gasses into the atmosphere in various locations surrounding Los Angeles, where they would diffuse and expand naturally into infinity.

While documentary photographs were taken of the action of the releases, the only physically tangible evidence of the work would remain the poster, published by the New York art dealer Seth Siegelaub, who stated, “He has done something and it’s definitely changing the world, however infinitesimally. He has put something into the world but you just can’t see it or measure it. Something real but imperceptible. » (sources : Moma).

Faune de l’Édiacarien

Je partage actuellement mon temps entre trois propositions dans trois lieux radicalement différents : une pièce pour l’Art en chapelles (Pontarlier, Franche-Comté), Dataffect, un série pour la galerie de l’Uqam (Montréal, Qc) et une exposition Forces of Nature pour le Hilliard Museum (Lafayette, USA).
Trois projets qui semblent a priori très différents, mais aujourd’hui alors je fais la liste des choses sur lesquelles je fais des recherches depuis quelques semaines : Méduses, vers marins, faune de l’Ediacarien, limnologie/disparition des lacs, cartes maritimes et plasticité des différents états de l’eau… je crois que je nage dans le grand bain :)

Reconfigurations des particules, Le bel ordinaire, Pau


La semaine dernière s’est ouverte, au Bel Ordinaire, l’exposition « Reconfiguration des particules », que j’ai co-commissarié avec Cécile Babiole, pour Le sans titre.
Nous y montrons des œuvres de Refik Anadol, David Blair, Sylvie Bonnot, Jean-Marie Boyer, Caroline Corbasson, Paul Destieu, Marie Fabre, Julie C. Fortier, Lia Giraud, Pierre Malphettes, Claire Malrieux, Stefan Shankland, Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin.
L’exposition est visible jusqu’au 21 mars !
> Le Bel ordinaire.

Pour concevoir cette exposition, nous sommes partie de l’observation de la Broyeuse de chocolat de Marcel Duchamp. Notre lecture de cette œuvre emblématique est qu’elle propose une approche contemporaine des choses (matérielles ou immatérielles) : elle permet de les concevoir et de les aborder comme un ensemble d’éléments discontinus. De l’invention du béton, au recyclage de matériaux, en passant par la cuisine ou les données numériques, la granularité est au centre de notre rapport à la matière, jusqu’à devenir un paradigme de la connaissance envisagée comme une vaste base de données constituée d’une masse de micrograins d’informations.

Cet état granulaire de la matière engage des processus spécifiques : fractionner, mixer et mettre en forme. Par exemple, on réduit du gypse en poudre et on obtient du plâtre, puis on le mixe avec de l’eau pour le mouler ou le façonner dans le but de produire une nouvelle forme solide. De même, l’information, réduite à des unités élémentaires exprimées en 0 et 1, est traitée par des programmes numériques afin de produire de nouvelles entités sous forme de textes, images ou sons.

L’exposition est pensée à partir de ces processus et présente une sélection d’œuvres très différentes (du dessin algorithmique à l’œuvre olfactive, en passant par des pièces en béton) qui possèdent toutes, d’une manière ou d’une autre, des propriétés granulaires.
Fidèle à notre manière d’envisager le commissariat comme une création artistique, nous avons crée une scénographie qui englobe l’ensemble des pièces sélectionnées et des espaces, introduit par une série de 32 sérigraphies du Sans titre.



Cartes maritimes et Rebbelibs

Glanées, sur Internet, ces cartes maritimes (Rebbelibs, Medosou ou Mattangs) sont issues de Polynésie et Micronésie (îles Marshalls). Elles sont faites de brindilles et coquillages, et liées avec de la fibre de palmiers. Elles servent à l’enseignement et à la mémorisation des îles, trajets et courants.
Bonne année, bonne navigation !

> https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_%C3%A0_b%C3%A2tonnets

> Articles avec des liens vers deux vidéos très intéressantes sur le sujet des cartes et la navigation dans cette région : https://doorofperception.com/2016/10/polynesian-wayfinders/

Atmosphère-Atmosphère, atelier à l’EESAB

Cette année, j’invite Sylvie Bonnot, artiste, photographe et membre du comité éditorial de la revue Espace(s) à collaborer avec Julie C. Fortier et moi-même à une série d’ateliers à l’EESAB.
Ces ateliers partiront des archives des ballons stratosphériques du CNES pour dégager différentes pistes de recherches : le document d’archive de l’histoire spatiale, l’ingénierie, l’air et son écologie, la visualisation de données. Nous nous rendrons au CNES en janvier pour visiter les lieux, rencontrer l’équipe de l’Observatoire de l’espace et échanger avec des « ballonniers ».
En attendant, une image du travail de Sylvie : une mue photographique réalisée à partir d’une image d’archive du CNES pour son Atlas Aeroplis – produite pour l’exposition Transitions, Nuit Blanche 2017. Vous pourrez par ailleurs voir son travail en Janvier 2020, au Bel Ordinaire à Pau lors de l’exposition « Reconfiguration des particules » que je co-commissarie avec Cécile Babiole.

Ecoldar, un livre de Christine Lapostole

Christine Lapostolle, Ecoldar. Portrait d’une île, édition Musica Falsa.

J’ai fini il y a quelque temps Ecoldar. Portrait d’une île, un livre de Christine Lapostole. Je l’avais commencé car j’avais cette idée de travailler sur un projet de recherche qui avait attrait aux îles (dans la continuité de projets antérieurs, mais aussi dans l’idée qu’une l’école d’art pouvait être vue comme une île, et mon collègue Yannick Liron m’avait conseillé ce livre). J’ai laissé de côté cette idée pour le moment, mais j’ai découvert ce livre et l’ai beaucoup aimé. Je le recommande à tous. Je le recommande surtout à ceux qui se demandent « Qu’est ce qu’une école d’art ? Que devrait-être une école d’art ? Pourquoi j’enseigne l’art ? Pourquoi j’enseigne encore l’art aujourd’hui ? ». Les réflexions de Christine m’ont rappelée toute la complexité d’une école, ses particularités, ses défauts et ses qualités, ses mouvements, l’incompréhension et les interrogations qu’elle provoque, la chance qu’elle donne à tant d’étudiants. Ce livre m’a rappelé (après 15 ans à enseigner) qu’une école d’art et ses enseignements sont ce qui peut arriver de mieux à une personne, que placer l’art au centre de sa vie – de plein de manières différentes – fait sens de ce monde.

Un article de présentation sur Hypothèses.

Erin Shirreff, Ulla Von Brandenburg, CAC Nola

Hier, lors de ma visite de l’exposition « Hinge Pictures: Eight Women Artists Occupy theThird Dimension » au Centre d’art contemporain de la Nouvelle-Orléans, j’ai découvert les travaux de Erin Shirreff (Canada) et Ulla Von Brandenburg (Allemagne). Je n’avais pas mon appareil photo avec moi, alors voici quelques images et une vidéo (en allemand) trouvées sur Internet à mon retour !

Erin Shirreff :


Ulla Von Brandenburg :

Conférences à l’EESAB – Lorient

Depuis le début 2019, je suis de retour à l’EESAB (Lorient) pour un enseigner !
Après une invitation faite à Guillaume Constantin et Gwenola Wagon qui sont venus parler de leur travail lors des journées « L’expérience du récit » (dirigé par Yannick Liron), c’est avec plaisir que je reçois Laurent Tixador pour une conférence lundi prochain, le 25 février…
Laurent est un habitué de l’école puisqu’il était déjà venu faire un atelier « bivouac » en 2010 et avait participé au projet de recherche Géographies variables ! Il parlera de son dernier projet, réalisé en résidence à Port-Louis, avec l’aide d’associations nettoyant les plages du littoral.

Exposition(s) au Hilliard Museum

Visite lundi au Hilliard Museum( Lafayette, Louisiane) de la belle exposition de Gisela Colon, artiste dont je ne connaissais pas le travail – difficile à rendre en photo, car ses « Pods » sont des pièces évanescentes et magiques… Plus de photos sur son site.

Cette visite m’a permis de faire un repérage de l’espace qui accueillera mon exposition en 2021 ! Pour cette exposition, commissionnée par Ben Hickey, j’ai invité Gisèle Trudel, dont j’adore le travail, à collaborer. Good vibes to come :)

Bonne année 2019

En ce début d’année, de retour en France, je souhaite apporter mon soutien au mouvement des gilets jaunes, dans tout ce qu’il a de positif dans les questions qu’ils posent, dans la démonstration que nous ne sommes pas condamnés à l’immobilisme dans un pays désormais gouverné par les multinationales et les banquiers, dans un pays où le pouvoir favorise l’ISF au détriment des personnes fragiles, dans un pays où l’écologie est évacuée des débats et remplacée par le lobbying. Merci à toutes les personnes qui, tous les samedis, se déplacent et rappellent au gouvernement la définition du mot démocratie.
Bonne année 2019 !

Cette image est un montage (inconnu) d’après la course de paddle qui a eu lieu sur la Seine en 2018.