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Ménage de printemps, je change demain de version et thème de mon blog.
Pour le contenu, ça reste la même ligne : ce blog est là pour soutenir mes recherches, garder une mémoire, un fil conducteur des expérimentations quotidiennes et montrer le travail en cours…
Dans les semaines qui viennent, la navigation pourrait donc être quelque peu perturbée…
Une photo du thème précédent, pour les jours nostalgiques…

Oz_Wobniar

J’ai presque fini la bande son pour le projet « Oz » ! J’espère que le morceau retient suffisamment la magie d’un son de type comédie musicale, tout en étant décalé, et légèrement inquiétant…

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& fin

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Fin de la construction de la maquette, ce temps aura été un mix entre Ed Wood, Merzbau, Gondry et Hirschhorn…
La maquette a été emballée, et je pars aux aurores à Rennes.
La suite : reconstruction, au Domaine de Tizé puis dérive à l’aube, vendredi, sur la Vilaine. Pour moi la performance a commencé il y a 6 jours, avec la construction de l’iceberg. Demain et après demain n’en sont que la continuité… Mais la mise à l’eau sera une étape importante : je me jette à l’eau, jusqu’où ce projet aura-t-il dérivé ?

On Oz

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J’ai regardé hier soir à nouveau Le magicien d’Oz. Ma première réflexion est : comme film est proche d’Alice ! Notamment dans la chute, le moment qui permet la transition entre Wonderland/Oz.
Justement, la chute est ce qui m’a particulièrement intéressée. Dans ce passage du film, Dorothy fuit l’ouragan, et, assommée par une fenêtre qui s’envole, tombe en Oz, si je peux dire.
Tout tourbillonne autour d’elle et lorsqu’elle se réveille, elle se lève et regarde par la fenêtre : elle se trouve très clairement devant un écran de cinéma. Elle est spectatrice, et la métaphore qui va se développer tout au long du fil devient très claire : Oz, c’est la magie du cinéma, le film, la fiction où l’on voit la réalité déformée (un peu comme Alice à nouveau). Où l’on voit clairement les gens que l’on connaît dans la réalité (des archétypes) sous des traits déguisés : une sorte de révélateur donc.
Pour sceller les choses, Dorothy, une fois sortie de la maison, ayant jeté un coup d’œil émerveillé autour d’elle, dit : « Toto, I have the feeling we’re not in Kansas anymore », qui se traduit directement par le constat : Toto, nous ne sommes plus dans la réalité.

La magie du cinéma (et par extension celle de la fiction en général), comme nous l’explique Le magicien d’Oz, c’est de nous transporter dans une narration où les personnes peuvent être ce qu’elles ne sont pas ou obtenir ce qu’elles n’ont pas (par exemple, pour le lion être courageux, pour l’homme en fer avoir un cœur, etc). C’est une vision très classique du cinéma, mais je pense que cela va un peu plus loin : ce monde nous permet d’aller chercher ce que l’on n’est pas, mais il nous donne surtout un accès à nos fantasmes et à ceux des autres, et ainsi il permet de codifier, réguler (comme le dit si bien Zizek) notre réalité.
Alors, pour en revenir à internet, autre espace que j’investis par la fiction, je me demande donc si, et comment il régule notre réalité. C’est une question que je ne me suis jamais posée précisément…
Comment la fiction et la narration sur internet, avec ces protocoles spécifiques, peut-elle me donner accès à mes fantasmes, et m’aider à faire percevoir la réalité, la réguler, voir la transformer.

Une autre chose aussi qui m’est apparue claire dans le magicien d’Oz : la volonté du film de démystifier le cinéaste… A la fin du film, le puissant magicien (= le cinéaste, donc) qui règne sur Oz est dévoilé et se trouve n’être qu’un homme ordinaire. Cet homme a les mêmes traits que le saltimbanque du début du film, celui – et ce n’est pas anodin – qui fait semblant de lire dans une boule de cristal.
Cet homme ordinaire, comme le saltimbanque, a à sa disposition un outil qui est : l’illusion engendrée par des mécaniques (la fumée, les bruitages, la projection d’images, etc.).
La fin du magicien d’Oz est ambivalente : elle fait paraître une réalité étriquée (« there is nothing like home »), mais elle assure que la fonction du cinéma, grâce à la narration et ses personnages, a été remplie : « they sent me home ».

Iceberg – 4ème & avant dernier jour (dernière nuit)

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Quelques photos de la maquette presque finie, j’y ai passé la journée et une bonne partie de la nuit. Selon mes calculs, elle devait faire 1m75 de haut… et sa hauteur dépasse finalement les 2m, je ne sais pas comment c’est possible.
Ça devient difficile de circuler ! Lorsque je travaille à mon bureau, l’iceberg est collé contre ma chaise, et j’ai l’impression d’avoir quelqu’un qui regarde constamment par-dessus mon épaule…
Demain, je me remets à travailler (aussi) sur le projet pour le 104 et sur l’expo pour Duplex ; )

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Iceberg@home

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3ème jour de construction.
Quelques petits problèmes de place à ce stade, je tourne littéralement autour pour travailler, et ça me ralentit légèrement.
Je me pose la question du transport : je vais donc le démonter et j’ai peur que le démontage n’abîme quelque peu les angles… En revanche, j’ai hâte de prendre le TGV avec des paquets de polystyrène fragiles. Si je pouvais documenter le voyage, je le ferai. À voir.
Pour ce qui est de la couverture en polystyrène, je ne suis pas trop sure de vouloir en faire une, par contre, à voir le résultat des tests, les arêtes seront transparentes.
Vu l’avancement, la performance se fera bien la semaine prochaine : départ jeudi pour la reconstruction à Tizé, puis performance vendredi à l’aube.

Maquette – jour 2

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2H du matin. Le haut de l’iceberg enfin terminé. Je commence à comprendre la manière de fonctionner pour le construire…

Cette maquette pourrait peut-être servir de base pour le modèle final (je pourrais par exemple recouvrir chaque facette avec un matériau fin mais rigide, d’une même couleur, ce qui lui donnerait un aspect plus lisse, et plus synthétique).

À suivre, demain après-midi, j’attaque le 2ème étage.

« Oz », un projet pour la revue du 104 d’Aubervilliers

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Sur l’invitation de Camille Louis, rédactrice de la revue du 104, je fais des recherches pour produire un projet spécifiquement pour internet, pour le premier numéro de la revue, qui focalise sur Aby Warburg, et l’ouverture de sa recherche.

Le champ d’action et d’exploration de mon projet prendra, dans la lignée de cette transversalité, la forme d’une extension. Celle du projet interactif « Sweet Dream (Toulouse-Paris) » que je suis en train de développer pour mon exposition à Duplex « My Life is an Interactive Fiction » (qui aura lieu en Mai à Toulouse & Paris), et dont voici le résumé :

« Toulouse. Sur un des murs de la galerie Duplex, se trouvent les deux petites touches noires aux textes blancs “Sleep” et “Wake up”, d’un clavier classique d’ordinateur. Ces deux touches, à hauteur de la main, sortent du mur, et l’on peut appuyer dessus. C’est tout. Enfin, c’est tout à Toulouse, car ces deux touches sont reliées à ma lampe de chevet, à Paris. Ainsi, pendant toute la durée de l’exposition, soit 1 mois, les visiteurs auront tout loisir de contrôler l’allumage et l’arrêt de ma lampe, de jour comme de nuit. »

Ce projet interactif interroge deux espaces concrets comme éléments narratifs – un espace public : la galerie Duplex, et un espace privé : ma chambre – et par là même, deux espaces symboliques liés :
la réalité et la fiction.

Dans ce projet, je retourne la conception classique et romantique d’un dialogue entre un artiste et un public, qui voudrait que l’artiste « touche » son public lorsque celui-ci voit/expérimente son œuvre. Ici, en effet, le projet, de manière assez radicale, ne donne jamais accès à l’un et à l’autre simultanément : pour le visiteur n’y a pas d’image retour, « compte-rendu » de ce qui se passe dans la chambre au moment où il appuie sur l’un des boutons, et l’habitant de l’appartement, l’artiste, n’a pas non plus accès à l’autre côté : il subit les conséquences des gestes de l’utilisateur, et ne peut ni voir, ni prévoir à quel moment son espace va être envahi…

Pour le visiteur, l’utilisateur, ce principe est bien sur déceptif (une référence au « principe de réalité » en psychologie) puisqu’il se trouve devant un vide.
Ce vide, laissé entre le bouton et la lampe, entre le visiteur et l’artiste : c’est internet (c’est en effet par ce biais que la commande de l’allumage et l’arrêt de la lampe se fait). Pour le projet de la revue du 104, j’aimerais – non pas rendre visible ce vide, cet interstice – mais l’affecter.
Et comme point de départ, il est intéressant de noter que le mot « affecter », tire sa racine du mot latin « affectare », soit « rechercher », « poursuivre ». Il s’agit donc de poursuivre et rechercher les histoires potentielles qui relient ces deux espaces…

Une note sur le titre…
OZ, le titre donné au projet, vient de ON (une référence au projet Still On), mot constitué de ces mêmes lettres qui, lorsqu’elles ont subies une rotation à -90°, nous transportent dans un autre univers.

Avec ce fonctionnement, je ne suis pas très loin d’Alice (dont j’avais déjà exploré l’univers déformé). Mais c’est bien sûr aussi un rappel du magicien d’Oz, et le rapport particulier que ce film entretient avec la question de la fiction.
Au delà des diverses interprétations historiques, le magicien d’Oz est l’histoire d’une découverte paradoxale : celle que l’illusion, la croyance est nécessaire à la fiction (pour que le spectateur « embrasse » l’histoire, il faut qu’il y croit, qu’elle lui apparaisse comme étant réelle – il n’y a rien de pire par exemple que de regarder un film et d’en « sortir » – signe que l’illusion ne fonctionne pas), mais que le pouvoir émotionnel de cet espace fictionnel réside dans la démystification même de cette illusion.
Pour que je sois affectée par un film, il faut à la fois que je sois dans le film, tout en sachant qu’il n’est pas la réalité.

Total success


Hier, Alexis Chazard était ici, en transit entre Valence et Bruxelles, pour travailler sur la production du projet « Sweet Dream (Toulouse-Paris) ».
Ça a été une séance de travail particulièrement intéressante pour moi, j’y ai appris pleins de choses.
On a d’abord procédé à divers petits tests sur l’interface Arduino, d’après le tutorial accessible sur le site internet des Beaux-Arts d’Aix. Tutorial clair et très bien conçu.
Puis nous avons relié l’interface Arduino à un relais 220v que nous avons patché à l’interrupteur de ma lampe de chevet (qui je crois, ne survivra pas à ce projet…).
Enfin Alexis a fini le patch Max/Msp qui récupère les informations on/off envoyées par internet, et vers 3h du matin environ, il y a eu ce moment magique où le projet une fois fini, il a fallu le tester pour savoir s’il marchait réellement.
Nous nous attendions tous les deux je crois à ce que ça ne marche pas du premier coup, qu’il y ait de petits ajustements à faire…. Mais non. Du premier coup, Alexis a pu contrôler depuis son ordinateur si la lampe était éteinte ou allumée ! Ce qui veut dire que cela est maintenant possible de partout dans le monde, à condition d’avoir le patch sur son ordinateur.
La magie résidait surtout dans le fait de voir fonctionner le projet, dans cette action d’allumer la lampe par le biais d’internet, et cela malgré la littéralité désarmante du projet même. Qu’y a-t-il de plus littéral et anodin que d’appuyer sur un bouton pour allumer ou éteindre une lampe ?
Pour moi, faire l’expérience de ce projet, c’est faire l’expérience d’un vide, d’un interstice, de l’investir : ce vide c’est internet comme moyen de communication entre 2 machines, comme espace réel (un réseau de câbles, machines, serveurs, etc.). Sweet Dream !

My Life is a Interactive Fiction – Texte de présentation de l’expo

« My Life is an Interactive Fiction » est une exposition dont la construction repose sur le principe de « lâcher prise » : l’acceptation d’une zone d’ombre, d’un hors champ, d’un espace caché ou inatteignable physiquement.
Les différentes pièces présentées constituent une trame visuelle, médiatique et conceptuelle à plusieurs entrées et offrent aux spectateurs la possibilité d’explorer des extensions de la réalité dans différents territoires : physiques, virtuels, fictionnels.

Cette exposition ne se présente pourtant jamais comme une errance ou un flottement, et il n’y a aucun doute sur la fonction et l’issue du « lâcher prise », qui agit comme renoncement et fonde l’établissement d’un mode relationnel entre le spectateur et l’artiste.
Si l’exploration des différents territoires repose à première vue sur un procédé déceptif – puisque pauvre, minimal et reposant sur l’absence de retour – elle permet en revanche l’affectation, l’investissement de la part du spectateur dans la construction du récit, et de l’exposition elle-même.

Le révélateur du titre

Voilà que depuis quelque temps, j’avais envie de revoir « The Pervert Guide to Cinema » qui passait il y a quelques années sur Channel 4. J’ai finalement regardé le premier, à nouveau, hier. Et je sais maintenant pourquoi cette envie coïncidait avec les questions relatives à mes travaux récents.
Le lien se résume notamment dans cette phrase de Zizek à propos de « Matrix », qui ouvre le tout premier épisode :

« But the choice between the blue and the red pill is not a choice between illusion and reality. Of course Matrix is a machine for fiction, but these are fictions which already structure our reality. If you take away from our reality the symbolic fictions that regulate it, you loose reality itself…
I want a 3rd pill.
So what is the 3rd pill? Definitely not some kind of transcendental pill which enable a fake fast-food religious experience, but a pill that would enable me to perceive, not the reality behind the illusion but the reality in illusion itself.
If something gets too traumatic, too violent, even too filled with enjoyment, it shatters the coordinate of our reality, we have to fictionalized it. »

Et plus loin, en introduction de l’analyse de « The birds » :

« It is not enough to say that the birds are part of the natural set up of reality. It is rather as if a foreign dimension intrudes, that literally tears apart reality
We humans are not naturally born into reality. In order for us to act as normal people who interact with other people who live in the space of social reality, many things should happen, like we should be properly installed within the symbolic order and so on, when this / our proper dwelling within a symbolic space is disturbed, reality disintegrates. »

Ces 2 phrases, je crois, me donnent une clé sur la raison pour laquelle j’ai donné le titre « My Life is an Interactive Fiction » à l’expo qui va avoir lieu à la galerie Duplex.
Je me suis questionnée sur ce titre (au départ une sorte de blague à épisode avec Marie Daubert pour décrire notre vie sociale), qui m’est venu comme une intuition. Mais je savais que derrière cette intuition, il y avait quelque chose de très réel, que je n’arrivais pas à définir précisément.
Et depuis le début de la conception de cette exposition, le mot fiction – et son compagnon en ion – narration – me posaient problème. Car, malgré leur présence qui me semblait essentielle, je n’étais pas en présence d’une réflexion ou dans la construction d’une narration fictionnelle.
Oui, bien sur, ces travaux en cours parlent de la réalité contenue dans toute œuvre de fiction. Mais surtout, l’idée est plutôt de réfléchir à la connexion de ces deux modes de construction du récit, sans qu’ils deviennent des éléments constitutifs des propositions.

La lecture du catalogue « Just a Walk » et quelques discussions plus tard, je réussis à définir que ce principe d’extension, ces débordements de territoires présents dans les différents travaux que je suis en train de produire sont à la fois structures et principes révélateurs.
Ce sont soit des crossovers formels, des extensions de types référents comme dans « Still On » (références à, et extensions du travail d’un artiste – ici On Kawara – dans un autre médium et dans une autre réalité) ou encore des débordements d’espaces géographiques réels, comme dans « Sweet Dream ». Parfois aussi extensions entre postures sociales et réalité (les statuts dans facebook utilisés comme matériaux, dans « This Face of the Earth » un projet en développement : ).

Obstacles ?

Je participais ce samedi à la marche-performance « Bien entouré » (organisée par/pour « Au bout du plongeoir »/Alain Michard/Jocelyn Cottencin/Richard Louvet).
Cette marche (environ 10km) a été pour moi l’occasion de belles rencontres & discussions… Une marche à différents rythmes, où l’on peut apprivoiser chacun et le temps que l’on peut consacrer à ses propres pensées…

Ça a été aussi l’occasion, sur le chemin du retour (une bonne douzaine de km à nouveau), de repérer la trajectoire, la dérive de mon Iceberg sur la rivière…

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Sur les bords de la Vilaine, la mal-nommée, au-delà des informations concrètes que j’ai pu accumuler (hauteur, largeur de l’iceberg à construire, etc.) j’ai vite pris conscience du fond performatif de ma promenade, que j’envisageais plutôt avant comme une « fabrique à images ». Effectivement, cette promenade ne serait pas tant un cheminement entre Tizé et le centre de Rennes, qu’une performance sur la longueur, un affrontement… À savoir : jusqu’où la rivière et ses obstacles me permettraient-ils d’aller ?
Je me suis aussi posée la question du détournement. Ai-je la possibilité de contourner ces obstacles ? Comment ? Jusqu’où pousser l’absurdité (un iceberg démontable ou modulable, un iceberg en plastique gonflable par exemple ?). Suis-je dans une situation vouée à un échec de navigation ? (Ça me plairait tout autant, aux vus du nombre de projets que j’ai pu bâtir sur cette base de perte de contrôle).
Mais surtout ai-je envie de contourner – sachant que contourner irait à l’encontre de cette idée qui anime le projet depuis le début : la dérive.

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Last Iceberg – All things move toward their end

Un lien envoyé en décembre par Claude Le Berre, que je n’avais pas eu le temps de mettre en ligne (Merci Claude ! ) : celui du site de Camille Seaman, dédié au projet « Last Iceberg ».

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> http://www.camilleseaman.com/Artist.asp?ArtistID=3258&Akey=WX679BJN

Dans un tout autre domaine, il y a cette peinture sur la couverture de « The Narrative of Arthur Gordon Pym of Nantucket » d’Allan Poe, qui me faisait de l’œil depuis que j’en avais commencé la lecture… Peinture de Frederic Edwin Church, peintre paysagiste-pompier du 19ème… Les icebergs toujours fasciné, et il me semble que les diverses esthétiques engendrées, quels que soient les médiums utilisés, ont toujours eu un côté pompier…

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dé/construction

Cette nuit, suite de ma maquette d’iceberg pour Au bout du plongeoir… Je me lance dans la construction d’un modèle en bois (à peu près de la même taille que celui en papier) qui me permettra de mieux voir les problèmes de montage, pour les angles notamment. J’ai dû déconstruire ma maquette en papier pour étiqueter chacun des 35 fragments, faire un plan et mettre des flèches d’ordre de montage pour la maquette grandeur nature…
Je remonte la maquette en papier demain.

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Sweet Dream (Toulouse-Paris)

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Cet après-midi, je l’ai passé avec Alexis Chazard, qui tout frais débarqué de Bruxelles, s’est mis à la production de mon projet « Sweet Dream (Toulouse-Paris)« .
J’ai pu regarder mon projet se développer dans Max/MSP, sous mes yeux. Et en comprendre les grandes lignes, me faire une idée précise de la mise en œuvre…
C’était comme dans un rêve : les choses se font, tout à l’air facile, évident (pour Alexis, elles le sont réellement ! ) et puis je me réveille quelques heures plus tard, et j’essaye de recoller les morceaux.
Résumer :
> Patcher une souris USB (= relier la souris à des boutons, à l’aide fils électriques, pour capter les signaux on/off quand ceux-ci sont utilisés)
> Quand un des boutons (SLEEP ou WAKE UP) est actionné par un visiteur, le signal est envoyé au Player du patch MAX/MSP sur l’ordinateur installé à Toulouse, puis sur internet..
> Le signal est réceptionné par l’appli/Player à Paris
> Via l’interface midi + carte relais, la lampe est allumée ou éteinte, selon le signal envoyé.
Matériel à acheter cette semaine :
– 1 Souris USB
– 2 boutons pressoirs
– du fils électrique
– 1 carte relais chez interface Z

La suite, c’est samedi matin, pour les premiers tests. Autant le dire, j’ai hâte…

Atelier maquette

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Après trois essais infructueux, je viens de finir une petite maquette d’iceberg en volume, avec un papier cartonné légèrement irisé…

Cette maquette (au 1/10ème) a pour but de servir de modèle de construction pour un iceberg grandeur nature (1m92 de haut exactement), qui devrait dériver sur la Vilaine, entre Rennes et le Domaine Tizé.
Ce travail, qui n’a pas encore de nom, est une extension du projet « Iceberg » et s’est développé après l’invitation de Jocelyn Cottencin à participer à un parcours d’artistes pour le compte d’Au bout du plongeoir (Tizé).

Le volume final devrait être réalisé pour le printemps, et sera probablement construit en matériaux de type pyrodur léger (j’en ai vu des verts bleutés très clairs et d’autres bleues « banquise », mais pas de blanc satisfaisant pour le moment).
Dans l’idéal, il faudrait un matériau plus proche de ce que le papier me donne : un effet nacré, semi-brillant qui absorbe ou reflète la lumière, selon l’angle du volume. Et bien sûr une matière qui soit aussi isolante, et ne craigne pas l’eau…

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Retour à Fushimi-Inari

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Je viens de récupérer des images restées sur l’ordinateur de Joëlle pendant 4 mois. Des images que je n’avais pas vues depuis la prise de vue…
En les regardant, Inari me parait bien loin. Et très documenté. Ces photos me font réaliser à quel point il faut que je m’implique visuellement : disons dans la production d’images nouvelles, beaucoup plus interprétatives que ces photos documentaires. Il me faut prendre de la distance par rapport au contenu de ces images, le lieu lui-même, pour mieux m’approprier son iconographie et, maintenant, en dégager une problématique visuelle, plutôt que théorique…

Duplex / My life is an interactive fiction / Sweet Dream

Pour l’expo à la galerie Duplex, à Toulouse, j’aimerais montrer une installation qui va s’appeler « Sweet Dream ». L’idée est de présenter sur un des murs de la galerie, totalement uni (blanc ? gris ? une couleur ?), les deux petites touches du clavier « Sleep » et « Wake up », dont j’avais parlé dans un article précédent (on/off).
Les deux touches, à hauteur de la main, sortent du mur, et l’on peut appuyer dessus. C’est tout. Enfin, c’est tout à Toulouse, car ces deux touches sont reliées à ma lampe de chevet, à Paris. Pendant toute la durée de l’exposition, les visiteurs auront tout loisir de contrôler l’allumage et l’arrêt de ma lampe, de jour comme de nuit…

Comme pour la performance (encore non réalisée) de la « Chambre horaire », je confronte ma réalité individuelle (l’utilisation d’un lieu, d’un objet), à une réalité globale.
Je me doute que, comme pour la Chambre horaire, qui mettait (plus extrêmement) en jeu le gaspillage de l’énergie, les réactions seront rapides.

Mais oui, l’art pollue. Faut-il arrêter de faire de l’art ?

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My life is an interactive fiction

C’est finalement le titre que je vais donner à l’exposition qui aura lieu en mai à Toulouse, à la galerie Duplex.
Depuis quelque temps, c’est une phrase qui me trotte dans la tête, elle me paraît assez bien rendre compte de ce qui se passe autour de moi, sur internet notamment.
La fiction interactive, c’est un genre d’écriture artistique, fictionnelle, lié à l’utilisation d’un ordinateur, mais c’est avant tout une potentialité d’un genre, plus que la réalité d’un genre…

Pourtant, je suis persuadée que ce genre est plus adapté à la vie réelle qu’à une fiction justement. La scénarisation de la vie est une question qui se pose de plus en plus, alors que tout le monde est de plus en plus conscient de soi-même, de son identité, et essaye d’échapper à ce qu’il est et ce qu’il sait. Ainsi, l’identité individuelle devient quelque chose qui se fabrique grâce à des outils. Et notamment sur internet, ou la pratique est exacerbée : que ce soit par l’intermédiaire d’avatars, ou plus subtilement (puisque plus semblable à la réalité) par le biais des blogs, de facebook (minifeed), etc. Cette méta-identité, « designée », construite me paraît intéressante justement parce qu’elle est une pratique consciente. Que ce soit du côté des utilisateurs, comme des lecteurs – ils sont généralement interchangeables – la plupart des gens s’en saisissent et en jouent, parfois jusqu’à ce que la construction de leur identité en ligne devienne un exercice créatif. Pour dire les choses simplement, chacun se fait son film. Chacun réactive l’exercice du portrait.
Et je suis tout à fait pour. Tous les jours, lorsque je me connecte, je prends un grand plaisir à regarder les « statuts » de tout le monde, comme je lirais les titres de chapitres d’un roman-feuilleton. J’aime aussi lire entre les lignes et essayer de reconnaître la réalité de la fiction.
Ce que j’aime encore plus, c’est envisager ces « statuts », ces articles, etc. comme un roman écrit par plusieurs, un Wax-web, un cadavre exquis.

Sleep / wake up

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On ne voit jamais autant les choses que lorsqu’on les pratique. Je m’explique…
Tout à l’heure, j’étais en train de « patcher » un clavier (opération qui consiste à démonter et bricoler un clavier d’ordinateur pour faire des capteurs minimalistes) et je me suis aperçue de la présence de 2 touches que je n’avais jusqu’alors jamais remarquées :
– Wake Up
– Sleep
Comment est-il possible d’utiliser quelque chose aussi souvent et de ne pas le regarder à ce point ?
Ce n’est sans doute pas une coïncidence si ces deux mots me sautent aux yeux, alors que je suis moi-même en manque de sommeil, cela dû à un long voyage retour de Montréal – avion manqué et trajets en plus…
En tout cas, j’ai tellement aimé la poésie de la situation et du sens que prennent ces 2 touches quand on les décontextualise (je les ai finalement démontées du clavier), que je pense en faire la base d’un projet d’installation pour l’exposition à la galerie Duplex au printemps 2008.

Géographies variables

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Mon voyage à Québec touche à sa fin. J’y étais venue pour travailler, avec Sylvie Tossah (du Consulat général de France au Québec) sur un projet de commissariat : « Géographies variables », un programme de résidences croisées entre artistes Français et Québecois. Ce projet devrait voir le jour en 2009, après acceptation du financement par le Consulat. Incident y aura la Chambre Blanche pour partenaire… Le dossier relatif à ce projet sera mis en ligne début 2008…
En attendant, ma visite à la Chambre Blanche m’a replongée dans les souvenirs de la résidence que j’ai effectuée au printemps 2007. Malgré les travaux, l’endroit reste fondamentalement le même : un lieu de production artistique, chaleureux et calme, où il fait bon travailler. J’envie les artistes qui viendront ici travailler sur « Géographies variables » !