Chroniques Martiennes

Ma résidence à la maison populaire (Montreuil) et le projet que je suis en train d’y mener (Rheum Nobile) partent d’une recherche nocturne, une nuit entière sur internet où j’ai découvert, à la lumière de mon écran, une plante aux propriétés extra-ordinaires (celle de retenir les utra-violets mais laissant passer la lumière) que l’on ne trouve qu’en très haute altitude (+ 4000m) au Népal ou au Bhoutan.
Cette plante (j’avais écrit planet !) est devenue un prétexte. L’idée s’est imposée de travailler en amont, par potentialité, sur un événement qui est fondateur d’un projet, mais qui arrive au tout dernier moment (un voyage dans l’Himalaya d’environ 3 semaines pour voir cette plante, 2 semaines avant l’expo de restitution de la résidence en Avril).
J’imagine le voyage comme la pierre d’angle de la publication liée au projet, un espèce de carnet de voyage – non pas vraiment du voyage au Népal, mais dans l’anticipation en tant qu’espace finalement vécu. J’oscille donc à la fois entre le fait de devoir me renseigner dans quoi je m’embarque et ne pas rechercher d’images relatives à ce que je vais y trouver, de façon à garder un projet le plus ouvert possible, jusqu’au dernier moment)
J’ai donc pensé partir avec quelqu’un qui aurait déjà une expérience des montagnes du Népal, histoire de pouvoir me reposer sur quelqu’un pour ce qui est du côté pratique de la chose. Mais pas n’importe qui : partir avec quelqu’un c’est surtout un moyen de partager et parler du projet au moment où il est en train de se vivre, de confronter des visions et expériences en temps réel. J’ai donc demandé à Catherine Lenoble, auteur de Petit Bain, qui a déjà une expérience de la haute montagne Népalaise, si cela la tentait.
Je lis ses textes comme des aventures fictionnnelles, des potentialités de situations, des dispositions à la limite du réel, quand l’esprit est à la fois engourdi et lucide…

Enfin ces derniers temps, le projet Rheum Nobile m’a tiré vers une littérature que je connaissais peu et me voila plongée dans pas mal de récits de science-fiction et d’anticipation (Les vides-greniers de l’été sont une source intarissable de ce genre de littérature !).
Après Philipe K. Dick (dont les traductions françaises sont à pleurer), Asimov (que j’ai trouvé parfois timoré, mais est-ce là aussi la traduction ?) me voici dans Ray Bradbury (en anglais). Je suis en train de lire The martians Chronicles, dont j’aime beaucoup l’articulation entre les différents fragments et l’histoire globale, qui est fluide et bien menée, à la fois douce et violente.
En revanche les couvertures des différentes éditions françaises sont pour la plupart déprimantes (ça m’a donné envie de proposer à mes étudiants de s’amuser un peu la dessus, avec un sujet autour de ce livre).


Enfin, j’ai découvert que Ray Bradbury avait son show télévisé… On est loin de Fahrenheit 451 ; )



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