Dallas-Fort Worth

Quelques jours à Dallas-Fort Worth. Visite d’un magnifique jardin japonais, d’une exposition sur le travail de Louis Kahn au Kimbell Art Museum (qu’il a construit), et d’une partie de la collection… quelques oasis dans cette hérésie de non-urbanisme et écologique que sont ces deux villes.

Au Kimbell Art Museum, j’ai rapproché les travaux de Kahn (aux Bangladesh mais aussi ailleurs), avec les expérimentations de « nonuments » de Gordon Matta-Clark. Je n’arrête pas de penser que Matta-Clark, qui avait commencé des études en architecture, aurait pu être influencé par les travaux de Kahn ?

Kahn.

Matta-Clark.

Autre siècle, autre rencontre étrange, dans le bâtiment de Renzo Piano.
La première peinture de Michel-Ange, sur bois, réalisée alors qu’il n’avait que douze ans… Un dessin incroyable mais un dessin aux préoccupations d’adolescent ?
Michel-Ange, Le tourment de Saint Anthony.

Shell beach et le Lac Borgne, Louisiane

maison maison0maison3
borgne
borgne2 pipeline
Sur la route en revenant de Shell Beach, puis vers le lac Borgne, à l’ouest de la Nouvelle-Orléans, des maisons sur échasses d’un village de pêcheur, puis sur des kilomètres, des arbres morts.
L’eau autrefois douce est aujourd’hui salée, les arbres meurent peu à peu, leurs squelettes à la vue de tous.
De nombreux pipelines qui scarifient toute la côte du sud-est louisianais, empêchent les sédiments du Mississippi de s’évacuer naturellement, érodent les wetlands, et polluent les eaux dans lesquels on pêche une partie de la production vendue dans la région.
Dans quelques mois, la construction, à l’ouest de la Nouvelle-Orléans, du Bayou Bridge pipeline commencera. Il permettra d’employer 73 personnes – durant sa construction uniquement – et contribuera, par effets secondaires, à des centaines de morts : morts des suites de cancers,morts des suites de part la pollution de l’eau et des sols, des poissons, et même combustion spontanée d’une pelouse gorgée de pétrole; lors du passage d’une tondeuse à gazon…

A.F.K. (Ghost)

Quelques tests d’impressions réalisées aujourd’hui. On y voit le principe du livre « A.F.K. (Ghost) », qui réside sur des effets fantômes lors de l’impression en risographie sur du papier très fin. Chaque image est donc la somme de l’impression recto et de l’impression verso.
Ce livre, que je suis en train de finir, sera tiré à 25 exemplaires et sortira dans une quinzaine de jours !

afk1_ghost
afk1b_ghostafk2_ghostafk2b_ghostafk3_ghost

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

« Nous ne possédons pas ce que nous produisons — cela nous possède »

Depuis quelques semaines, je consacre mon temps à la lecture d’articles, de livres, et au visionnage de documentaires liés à la culture du Hacking, car je participe à un projet de recherche mis en place par Karine Lebrun : « Pratique du hacking« .
Quelques notes sur l’entretien de McKenzie Wark (article lu sur le site Critical Secret, malheureusement avec une traduction parfois approximative) que je souhaite garder.
Beaucoup de ce qui est dit dans cet entretien raisonne avec ma vie à la Nouvelle-Orléans et notamment l’enseignement dans une université et le travail en général.

« Pour moi, un hacker est quelqu’un qui transforme l’information — de toute nature — en propriété intellectuelle. Par conséquent, les programmeurs peuvent être des hackers, mais également les scientifiques, les artistes, les écrivains, les designers, et ainsi de suite, peuvent aussi en être. Il s’agit de la façon dont ces types disparates d’activités concrètes se retrouvent dans la même forme abstraite — en tant que « propriété intellectuelle ».
Et ainsi le hacking est d’un côté toutes ces sortes d’activités qualitatives, collaboratives, différentielles, sur l’information, mais d’un autre côté c’est juste quelques aspects de la propriété — les droits d’auteur, les marques, les brevets, les secrets commerciaux, l’habillage du commerce — que les entreprises finissent par posséder, négocier, et se disputer en justice. »

« Mais il y a des gens qui pensent vraiment que le comment sont faites les choses, en connaissance de comment elles le sont, est une sorte de pouvoir. Je ne sais pas si c’est de la politique, exactement. C’est plus la question du pouvoir de la main-d’œuvre, ou quelque chose comme ça… qu’il y ait un certain pouvoir à enseigner ce que nous savons, et pas seulement sur la façon de « haquer » la technologie, mais aussi le hacking social et culturel qui va avec. Sur l’apprentissage de la façon de collaborer, par exemple. Il s’agit de l’éthique d’une classe qui a un pied dans l’entreprise et le second dans quelque chose d’autre. »

(..)

« La classe vectorale est très pointue sur un modèle où nous travaillons tous gratuitement pour elle. Nous sommes censés marquer d’un tag et d’une étoile et d’un j’aime et d’un commentaire afin qu’elle puisse moissonner l’attention et les données de nos machines et les vendre à des annonceurs. C’est une façon d’extraire de la plus-value de l’information. Nous obtenons des données, mais ils obtiennent des métadonnées.
Ce n’est pas la même chose qu’une économie du don. Maintenant, il y a toujours une boucle de rétroaction entre le don et la marchandise. On ne peut jamais vraiment remplacer l’autre. Pourtant nous avons trouvé des moyens de rendre abstraite l’économie du don, comme le partage de pair à pair (peer-to-peer) avec de parfaits inconnus sur les réseaux. Et comme contre-mouvement, la classe vectorale a trouvé des moyens d’extraire de la valeur de cette énergie-là, de ces communes-là. Donc, nous avons gagné la bataille mais nous avons perdu la guerre.
La partition entre le don et l’économie se déplace d’abord vers un cadeau puis de retour vers la marchandise. Je pense que ce n’est pas par accident si la sorte de répétition et de stase que nous connaissons en ce moment — toute la rhétorique du contraire — est en partie le résultat de cet affaiblissement des forces vitales du don. »

(..)

« Je n’ai jamais pensé qu’il y eût une « éthique » (hacker) universelle. Le hacking présente toutes sortes de comportements éthiques et contraires à l’éthique. Mais tous ont été capturés par le même genre de forme de la propriété privée. Ce qui est à retenir quand on y repense est qu’il soit toujours pointé seulement vers et sur les mauvais hackers ou les bons, sans voir l’ensemble du processus entier par lequel l’information est tournée en propriété.
C’est vrai même en politique. Nous nous précipitons tous pour juger si Occupy ou Anonymous furent de bonnes ou de mauvaises choses, sans commencer par comprendre comment ce sont des phénomènes rendus seulement possibles par un certain type de « vecteur », c’est à dire, un certain type de technologie relationnelle. En matière de comment fonctionne l’espace, ou comment fonctionnent les médias, Occupy et Anonymous sont très différents, mais les deux sont des exploits que parcourent les capacités des infrastructures du XXIe siècle.
Ici, dans ce que les situationnistes ont opportunément appelé le « monde sur-développé », il y a à la fois une politique émergente de cette infrastructure, et aussi une sorte de réalisme réformiste du fait accompli. Par exemple, l’idée « tout le monde devrait apprendre à coder ». Au pire, cela fait partie de l’ajustement des attentes à la baisse : apprenez à coder, à concevoir une application, et si vous êtes chanceux, vous deviendrez riche — mais vous le ne serez probablement pas. D’autre part, c’est un peu de débat sur la démocratisation de l’accès aux connaissances sur la technologie — qui a un potentiel. Que faire si nous n’enseignons pas le code à tout le monde, sinon apprendre à tout le monde davantage de la logique qui sous-tend tous les systèmes numériques, et également donner à tous l’accès à la connaissance sur la façon dont le matériel informatique et l’infrastructure fonctionnent vraiment ? Et d’une manière qui soit à la fois abstraite et concrète, sur les systèmes et le pouvoir, mais en outre sur la façon de « haquer » votre propre vie ? Cela semble plus prometteur. »

« La pièce manquante semble être souvent l’idée que le lifehacking soit un effort partagé. Lorsque l’individualisme est une partie du problème, ça concerne habituellement l’individu. Le lifehacking est une activité de groupe, une question de notre être générique. La partie difficile paraît être de l’élever un peu. Pour la vie, « hacker » est un peu plus coopératif. Cela ne signifie pas fuir vers une commune ou essayer de réaliser une utopie. L’éthique du hacking est un peu plus pragmatique que ça. Mais pouvons-nous transférer des compétences du travail du 21e siècle dans une organisation au-delà du travail qui soit meilleure ? Une fois sorti du laboratoire ou de l’atelier, là-bas c’est comme au 19e siècle. Ces moyens plutôt vieillots de la réalisation sociale. Certains pourraient avoir des forces inhérentes. Je ne préconise pas de lancer à la mer la valeur de plusieurs générations de procédure démocratique. Mais je pose plutôt la question : pourquoi sommes-nous restés coincés avec ce qui était en pointe dans un autre siècle.
Beaucoup de critiques arrivent sur l’éducation publique, mais en toute mesure objective elle fonctionne encore très bien. Si les enfants américains avaient de quoi manger, des parents qui ne travaillent pas tout le temps, et vivaient dans des ménages libérés des niveaux inutiles d’anxiété et de violence, alors ils feraient aussi bien que les enfants en Finlande, dont l’éducation socialiste surpasse clairement notre chemin de les affamer et de les battre. Donc, je ne vois pas le lifehacking comme antithétique de l’éducation. Ce serait davantage l’extension de cela dans les pratiques quotidiennes. Ironiquement, ce sont lesdites « réformes » qui regardent vers l’arrière. Qu’est-ce qui pourrait être plus 19e siècle qu’une « école conventionnée » [13] ? Nous avons construit des systèmes publics en raison de l’échec lamentable de ce modèle basique retournant à l’époque de Dickens. »

Dark times

La lettre qui accompagne les envois de l’édition Shake What your Mama Gave You

Chers amis, chers collègues,

C’est avec plaisir que nous vous envoyons l’édition Shake What your Mama Gave You, qui clôture les trois années de recherche « Géographies variables », programme associé à l’unité de recherche « Territoires extrêmes » de l’EESAB.

Géographies variables a été conçu comme une recherche artistique qui questionne les régimes de perceptions et de formes à l’œuvre dans certains territoires extrêmes que nous traversons quotidiennement, ou exceptionnellement.
Il a expérimenté et produit un nombre important d’objets artistiques et de relations humaines, gardant à l’esprit la circulation comme mode de résistance, et la recherche de possibles plutôt que de limites.

La question principale posée par le programme « pourquoi/comment développer une pratique artistique dans des milieux où l’art semble absent ou difficilement praticable, que ce soit pour des raisons d’implantations géographiques (art en zone climatique limite), des raisons sociales (crise économique, conflit) ou culturelles (émergence ou destruction d’une identité culturelle) ? » entre en résonance avec la situation actuelle : celle d’une période politique, sociale et écologique obscure.
Malmenées, la création artistique et les recherches qui se développent au sein des écoles d’art continuent d’être l’un des moyens d’explorer et de montrer ces autres possibles.

Nous tenons à remercier chaleureusement tous les artistes, commissaires et critiques d’art qui ont participé à cette belle aventure, ainsi que nos partenaires : le Béton salon Centre d’art et de recherche, Passerelle Centre d’art contemporain, Xavier University of Louisiana, le Ministère de la Culture (Commission Recherche de la Direction Générale de la Création Artistique) et le Consulat général de France à la Nouvelle-Orléans, qui ont soutenu cette recherche.

Bonne lecture,

Julie Morel
Artiste – Direction scientifique de la recherche.

Shake What your Mama Gave You – Édition du projet de recherche

catalogue0
L’année 2017 commence bien, avec la sortie du livre Shake What Your Mama Gave You !
244 pages (bilingue français-anglais !) dédiées aux trois années du programme de recherche Géographies variables, que j’ai créé et dirigé à l’EESAB Lorient.
Le projet a été au centre de ma pédagogie durant presque 3 ans, et a permis de faire venir plus d’une trentaine d’artistes, curateurs, chercheurs de différentes disciplines, à l’EESAB Lorient, ou d’emmener les étudiants voir de nouveaux horizons, locaux, nationaux ou lointains.
Je les remercie, ainsi que les étudiants et les enseignants qui y ont participé et nous ont aidé, mais aussi les partenaires (le Ministère de la Culture, Le Consulat de France à la Nouvelle-Orléans, Xavier University of Louisiana…), les centres d’arts (Béton salon et la Villa Vassilieff – Paris, Passerelles Centre d’art – Brest…) qui ont pris part à l’aventure et l’on rendue possible.

Voici l’intro du livre, et quelques photos !

 » Géographies variables est un programme de recherche associé à l’unité de recherche « Territoires extrêmes » de l’EESA Bretagne. Depuis 2012, il réunit une vingtaine de praticiens (artistes, étudiants en arts visuels, critiques, commissaires). Transdisciplinaire, ce projet a pour but la production d’œuvres (plastiques, écrites, critiques) par ce collectif de participants. Des praticiens d’autres champs sont régulièrement invités pour éprouver, ouvrir et enrichir la production et la réflexion en cours.
Le cadre de travail est fixé de façon volontairement « étendue » : le programme se structure autour d’un réseau de résidences d’artistes, voyages d’études, ateliers et conférences, présentations, démos qui jalonnent les étapes de la recherche.
Nomade, Géographies variables s’est développé dans plusieurs lieux connectés par les problématiques à l’œuvre : la Bretagne, l’île de Groix, la Louisiane, l’Alabama, Paris, et l’« Anambassade » de la République Abkhaze.

Géographies variables s’attache à questionner l’art en lien avec divers territoires physiques ou symboliques, quand le processus du travail de l’artiste est poussé dans ses retranchements : lors de conditions limites, ou dans des territoires ou environnements extrêmes.
Quelles formes et esthétiques volontairement non spectaculaires émergent dans des conditions extrêmes ? Quelles sont les possibilités de développer une pratique dans des milieux où l’art semble absent, difficilement praticable, que ce soit pour des raisons géographiques, sociales ou culturelles ?

Le livre Shake What your Mama Gave You reprend le titre de l’exposition rétrospective qui a eu lieu en 2015 à Passerelle Centre d’art contemporain (Brest). Il intègre une sélection de projets réalisés durant ces trois premières années de recherche et tisse des liens avec des initiatives proches du projet, existant hors de celui-ci.
Pour retracer ce temps de Géographies variables, le livre se concentre sur trois modalités et trois problématiques centrales du projet de recherche, qui sont liées les unes aux autres : la résidence d’artiste, le déplacement du studio, l’atelier collectif. »

catalogue1
catalogue1catalogue11catalogue10  catalogue9catalogue8catalogue7catalogue6catalogue5catalogue3catalogue4catalogue2catalogue2catalogue12catalogue13
Avec : Amy Mackie & Ricardo Barba (Parse Gallery) • Annick Bureaud & Jean-Luc Soret • Catherine Rannou • Deltaworkers • Donald Abad • Dominique Gendrin & Catherine Dessinges • Florent Perrier • HeHe • Katrina Andry • Laurent Tixador • Luis Cruz Azaceta • Marie Bette • Marion Bailly-Salin • Mélanie Mermod & Without Wall • Morgane Séré • Nicolas Desverronnières • Nicolas Floc’h • Nicolas Momein • Ross Louis • Rural Studio • Valentin Ferré & Capucine Vever • Willie Birch • Et un collectif d’étudiants de l’EESAB.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Huckleberry Finn, livre de l’exposition

Un livre intéressant trouvé à The Stacks, la librairie du CAC dont la sélection est toujours aussi incroyable. (Cette librairie est tenue par Emily Lamy, une franco-américaine qui a monté nombre de chouettes projets graphiques et éditoriaux en France et ce n’est pas surprenant que la sélection soit si tentante).
Le livre Huckleberry Finn présente le fondement du commissariat et les travaux d’une exposition éponyme au Wattis Institute for Contemporary arts (San Francisco) basé sur le livre de Mark Twain.
Alors que je suis en train de monter le projet Un beau butin* entre la Louisiane et le Québec (projet qui prend comme départ « Le grand dérangement » et la déportation des Acadiens), ce livre tombe à point nommé et se pose comme un modèle dans l’idée de parler d’un sujet pour en évoquer un autre. Pour l’exposition Huckleberry Finn, c’est le point de vu de Jim, l’esclave noir, qui est adopté et donne lieu à des questionnements sur le racisme aujourd’hui aux États-Unis. Pour nous, avec Un beau butin, c’est évoqué le grand dérangement pour parler des flux migratoires et politique anti-immigration aujourd’hui.

*En langue cajun, un beau butin veut dire « un beau meuble ».
h_coverh_p1h_p2h_p3

Cartographier A.F.K.

J’ai, jusqu’à présent, omis (consciemment) de produire une forme qui montrerait/expliquerait les différentes productions du projet A.F.K.,ainsi que les liens qui existent entres-elles. En effet, je me demandais si montrer tous les liens (plastiques, de causes à effets, thématiques/ problématiques, etc.) ne fermerait pas les propositions. Suite à ma rencontre et discussion avec Sibylle Friche à Chicago au printemps, je me rendue compte qu’un projet qui comportent autant d’occurrences (dans l’espace, sur Internet) et de versions est difficilement accessible pour quelqu’un qui aimerait en envisager la globalité, et qu’il serait intéressant d’avoir un regard qui permettrait de situer une production par rapport à une autre.
Dans le cadre de ma bourse du CNC où je créé un livre, je me suis donc lancée dans des brouillons d’un possible schémas. En voila un.
Je ne suis pas sûre que ce dessin rende le projet A.F.K. moins obscur pour quelqu’un qui ne le connait pas… mais il pourrait servir comme boussole, lors d’une exposition, pour ceux qui ne connaissent pas le projet. Il a également l’avantage « d’activer » mon esprit quand aux interactions entre les différentes propositions.
À ce jour j’ai produit une quinzaine de propositions reliées entre-elles. Chacune étant elle-même déclinée en une ou plusieurs versions.

afk_schema

Bayou Lafitte

Un tour au Restaurant des familles durant l’orage, au bord d’un bayou qui a débordé et où les alligators viennent se reposer, un trek au Jean Lafitte Swamp, à Marrero près de la Nouvelle-Orléans.

bayou5bayou2bayoubayou1baoy4

Fulbright à Loyola University, Nouvelle-Orléans

Je suis, grâce à la Fondation Fulbright, un « Scholar in Residence » à l’Université Loyola à la Nouvelle-Orléans. Arrivée depuis 3 semaines, j’y resterai durant un an et y enseignerai deux cours : en design expérimental et sur les formes d’éditorialisations contemporaines (livres, sites internet, publications en ligne, dans l’espace d’exposition). Je poursuivrai également mes recherches et travaux artistiques, notamment celles commencées lors de la résidence Hors les murs à New York et Chicago.

Je posterai ici quelques articles de mon expérience à la Nouvelle-Orléans.
Une première carte postale, vue de mon bureau/atelier.
See you soon !
vudemonbureau

Antoine Catala

Je suis contente d’avoir rencontré Antoine Catala, artiste français originaire de Toulouse qui réside aux États-Unis depuis environ dix ans. Son studio est situé à Brooklyn, sur Park Avenue (près du Métro Flushing Avenue). Comme il est en train de déménager et que son studio est donc vide (une grande pièce froide dans un immense bâtiment labyrinthique plein d’ateliers – d’artistes ou non), nous nous posons dans un café non loin de là pour discuter et regarder les images qu’il a sélectionné. Cette discussion porte sur son travail et le plaisir personnel dans la réalisation artistique, le post-Internet. Lors de cette discussion, comme le monde est petit, et malgré l’éloignement, nous nous découvrons aussi des amis artistes communs.
Je lui demande de me parler de l’exposition « New feelings » (en 2014 à 47 Canal Gallery -NYC), de « Jardin synthétique à l’isolement » (en 2015 au MAC à Lyon) et de « Distant Feel » 2015, Carnegie Museum of art). Dans les deux premières expositions, le langage est le point de départ et la structure des propositions, une position qui m’intéresse. Dans Distant feel, c’est le processus d’un travail confié à un tiers qui m’intéresse.
Le travail d’Antoine me surprend car il présente pour moi un paradoxe : au premier abord, il ne semble pas évident esthétiquement, mais après avoir passer du temps à le regarder et l’appréhender, j’aime ce que j’y vois : un équilibre entre conceptualisme et récit qui joue avec l’esthétique Post-Internet. Ces œuvres sont quasi toujours en mouvement, une place importante est donné aux mots (clés, indexations, paroles poétiques, blagues, définitions…) et la façon dont, grâce à eux, nous formulons une idée ou émotion. À un niveau esthétique, son travail entre (pour moi) dans une esthétique du Post-Internet*. Pourtant je n’y ressens à aucun moment le cynisme, la référence ou la citation que j’ai repérées dans bien des travaux de ce mouvement, travaux que j’ai pu voir « en vrais »‘ durant mon séjour. Ses expositions vont bien au delà d’un commentaire d’Internet et des ses effets sur notre société contemporaine, et sont plutôt des états de recherches en cours que de propositions esthétiquement résolues. Et dans son cas, il semblerait que ce soit une force, un moyen à disposition pour envisager les différentes pistes et potentiels sensibles qui pourraient résoudre un problème formel ou narratif ou autres.

Images/texte relatifs à ce dont nous avons parlé.

– New Feelings (texte du communiqué de presse):
I don’t feel the same anymore.
I feel new. I don’t know how to describe the sensation.
Do you?
Can you feel how I feel?
Is really the sole purpose of emotions the survival of a gene pool? The ultimate bonding gel.
Through the screen, can you tell how I feel? My voice, do I sound nervous or happy?
Can one learn new feelings? A new type of anger, with a hint of pride, a new breed of painless joy.
Can you teach me how to feel, because I lost touch?
It’s like something recently severed, and emotions are drifting inside of me.
When I was a little boy, I put myself in other’s shoes. I would mimic people around me, copy the way they walked, the way they sat or spoke. It would open a window into their minds.
Empathic machines are coming, like children, learning.
Will I be able to outsource my feelings to emobots one day. I wouldn’t have to deal with shitty
emotions anymore. Let the emobots process my crappy moods and re-infuse my body with good vibes.
Fleeting.
If emotionomics is to become a reality, would I ever be able to purchase a meal with the sensation of freedom that permeates through me today? Pay with a confused transactional smile.
This is personal, and it’s not.
It’s all transparent. Let’s put our feelings on the table.

acac2ex14-1 ac2ex13 ac2ex1008_PC21154_PC21153

– Pour Jardin synthétique à l’isolement il met en scène un jardin « composé de plantes artificielles, d’écrans, de roches, de signes et de sons, créé en collaboration avec des personnes qui travaillent avec des enfants non-verbaux et des non-verbaux eux-mêmes. Les signes de communication que certains de ces enfants utilisent y sont présentés en tant que sculptures, tandis que la voix numérique de la machine les énonce. Le Jardin synthétique à l’isolement illustre la joie de communiquer via une machine en parlant des problèmes de communication, mais aussi de la connexion au monde via ce langage spécifique ».
Un extrait du catalogue avec une texte d’Antoine Catala est disponible .

vue_catala_aantoineisolement2 antoineisolement
Capture d’écran 2016-07-24 à 12.51.05

– « Distant Feel », où Antoine confie à une agence de publicité la tâche de repréenter comment on représente aujourd’hui une émotion via Internet mais aussi physiquement
Le projet prend de multiples formes (sculpture, photographie, vidéo) dont un site internet : http://www.distantfeel.com/Catala-install-42

Yaël Kanarek

Hier belle rencontre de Yaël Kanarek, dont l’exposition « Kisses Kisses » vient de finir à Bitform Gallery (NY). La rencontre a eu lieu dans son studio à Brooklyn, un bâtiment industriel perdu dans une zone d’entrepôts. Une fois à l’intérieur du bâtiment, un labyrinthe de couloirs qui mènent à un endroit lumineux et agréable pour travailler. Un parcours digne d’un début de fiction de Netart comme elle sait les narrer.
Je lui ai posé des questions sur son travail de sculptures/d’objets et de Netart, la manière dont elle allait et venait entre les deux, comment ces choses se liaient entre-elles depuis le début de se pratique, et enfin la façon dont elle envisageait le Post-Internet. C’était précieux de pouvoir avoir son point de vu, tout autant que de parler de nos nombreuses expériences communes (la textualité, la traduction, la relation à l’archivage, l’émergence d’Internet et du Netart dans nos vies d’artistes femmes, le passage au Post-Internet, la façon dont le glissement de l’un (Netart) à l’autre (Post-Internet) se superpose avec la récupération de l’un par l’autre…).
Je lui ai également demandé si elle était l’auteure cachée de Report from the Desert… ; )
Peu d’images car nous avons parlé à battons rompus durant plus de deux heures, et j’ai oublié de prendre des photos ! Yaël m’a montré et commenté certaines peintures et des objets liés au projet en ligne A Traveler’s Journal (les « Love Letters polaroids » du World of Awe, la boite en carton – à toujours fermée – qui contient les objets référencés sur le site et présentés dans l’exposition, et aussi le hardware qu’elle conserve pour pouvoir montrer ses différents travaux numériques. J’ai aussi eu le plaisir de pouvoir l’entendre lire certain de ses textes pour moi (ceux des sites internet A Traveler’s Journal/World of Awe).
Beaucoup de ressources et de matériaux à exploiter pour un texte sur son travail… C’est pour des discussions comme celle-ci que je suis venue à New York !

yael5yael4
yael3yael3detail  yael2yael1
> http://www.worldofawe.net
capture_awe
+ Des photos prises par Yaël lors de son exposition à la galerie Bitform.
yk_install_25_e
yk_install_4_e

yk_install_5_eyk_install_24_eRDV pris pour que l’on se revoit à mon prochain passage à NY, à l’automne…

Document Gallery et Hyde Park Art Center

Derniers jours à Chicago et rencontre avec Sibylle Friche, commissaire de la très chouette Document Space, où j’ai pu voir l’exposition Happy Sunny Jade, de Elizabeth Atterbury. Je me suis sentie très proche du travail montré ainsi que de la philosophie de la Galerie. J’ai apprécié les lignes directrices de cette galerie mais aussi le fait qu’une galerie commerciale soit le fait d’un artiste (Aron Gent, qui la possède, et dont j’ai découvert, à cette occasion les Ink Studies) et dirigée par une curatrice (Sibylle).

Elizabeth-Atterbury-Happy-Sunny-Jade-2016-Installation-view-a-1000x667Elizabeth-Atterbury-Logogram-II-2016-846x1000
(Photos Document Gallery)

Sur les conseils de Sibylle, je suis ensuite allée voir la très belle exposition de Michael Rakowitz : The Flesh Is Yours, The Bones Are Ours, à Rohna Hoffman Gallery.

Puis le lendemain, direction Hyde Park Art Center, pour le vernissage et une discussion avec Paul Mpagi Sepuya and Tina Tahir et les « Open Studios », où j’ai pu parler plus d’une heure avec les artistes en résidence et voir l’exposition de l’un d’entre eux : Rodrigo Lara Zendejas: La Paz (Le titre de l’exposition portant le nom de la ville du Mexique où je suis allée prendre le bateau pour Clipperton…).

mex mex2 mex4 mex5 mex3
(pas de noms pour ces deux dernières images, malheureusement la photo que j’avais pris du titre des œuvres n’ont pas voulu s’ouvrir !

ceramique incoonu1
Paul Mpagi Sepuya en train de parler de son travail :

paul

J’ai hâte de revenir à Chicago ! : )

Visite du Dorchester Project et Rebuild Foundation, Chicago

Visite à Stony Island, dans le South Side Chicago, avec Kate Hadley-Toftness, de la Rebuild Foundation et du Dorchester Project – un projet de l’artiste Theaster Gates.
rb1
Cet ensemble de bâtiments a été acquis par l’artiste au fur et à mesure de sa carrière et constitue à présent un véritable projet artistique géré par une fondation privée. Tout a commencé lorsque Theaster a été embauché comme enseignant à l’Art Institute et qu’il a acheté sa première maison dans ce quartier défavorisé au Sud de la ville. Cette maison est rapidement devenue un lieu de rencontres, d’échanges (repas, musique, cérémonie de thé), entre lieu de vie, studio et bibliothèque.
Aujourd’hui, cette maison est devenue un des lieux gérés par la fondation et est devenue l’un des lieux de résidences d’artistes. Juste à côté se trouve une deuxième bibliothèque et salle pour la cérémonie du thé, en face des logements pour , à une rue de là, une centre d’art – logement sociaux et logements pour artistes, et enfin un peu plus loin, la fondation qui abrite une troisième bibliothèque.
Le projet est controversé

dpbb11bb10bb6 bb9bb8 bb4bb7dp0 bb5

bb bb1 bb3
artbank(Photo : Tommy Harris)
rf3 rd1 rf

Larry Lee, Beverly Art Center – Chicago

À côté de la maison de Maura et Eric, qui m’accueillent pour cette semaine à Chicago (Morgan Park dans la proche banlieue), jolie exposition au Berverly Art Center de Larry Lee : « The Reports of My Death Are Greatly Exaggerated » (commissariat de Susannah Papish). Avec ses installations et objets, Larry Lee se joue des clichés de ses origines et de « l’orientalisation d’une culture » dans un discours public ou privé.

bacbac2 bac4bac3 bac5 bac6
Je copie ici son artist statement :
« My work remakes high/low culture as multimedia “orientalia”, stylized reproductions of cultural objects, images and actions that fit a stereotype, perspective or aesthetic often associated with anything Asian which explores how the production of culture and its byproducts constructs and typecasts the discourse of Self versus Other by reinventing or reinterpreting what is accepted cultural capital as private/public record with tongue firmly planted in cheek.
So far, this approach vacillates between video installations usually of the multiple-channel variety, conceptual projects and sculptural objects. The video works play with autobiographical moments decontextualized and isolated as solitary exercises of specific physical movements that become ritualized as the result of repeated performance affecting the formal properties related to the spatial and temporal to humorous effect whereas the conceptual projects tend to question the nature and definition of the artistic process itself, the primacy of the autonomous individual and related issues pertaining to validations of what is authentic or original utilizing curatorial practice as a strategy of alternative display through community and collaboration within the politics of the room.
A sardonic appreciation of chinoiserie informs the three-dimensional objects and installations which typically explore ethnic-specific and cultural issues of voicing the other through the basic sculptural questions of form, material and space regurgitated oftentimes as minimalist design. Such recognizably Asian things function to embrace Western notions of beauty and form that affect how the relationship of design and culture intersect, the juncture gridlocked by the gravitational forces of modernism and its cultural imperative to universalize its nature and pigeonhole its style or perception ».

 

Time Square Art

Sur les conseils de Dorothée Charles, précieuse aide lors de ce séjour à New York, je rencontre aujourd’hui Antonio Muntadas (!) puis Sherry Dobin, curatrice du projet Midnight Moment, une sorte de high-jacking (très officiel) des écrans de Time Square tous les soirs, pour 5 minutes avant minuit… Une sorte de Cendrillon à l’envers en quelques sortes ! De supers artistes (Rafaël Rozendaal, Ryoji Ikeda, Lorna Mills, Andy Worhol, Bjork, Tracy Emin, Laurie Anderson…) à découvrir en très grand, pour une toute petite parenthèse la nuit. Dans la foulée, j’irai voir la projections de l’artiste de ce mois : Saya Woolfalk, dont j’ai découvert le travail au Brooklyn Museum.

latsa
(Laurie Anderson, Heart of a Dog, photo du site TSA).

Boston-Cambridge

Quelques photos glanées lors du week-end chez mon amie Joëlle Bitton, à Boston et Cambridge. Longue séance au musée de Harvard, une collection magnifique à faire tourner la tête, puis à la Collection of Blaschka Glass Models of Plants au musée d’histoire naturelle, étrangeté et virtuosité de maîtres verriers au service de la botanique.

Le lendemain, visite décevante au musée d’art contemporain de Boston, mais la vue sur la baie de Boston Harbor fait spectacle, au centre de consultation et à l’extérieur, le vent en plus.
Le lundi tourner et retourner autour du bâtiment du Carpenter Center for visual Art (Le Corbusier) juste à côté du musée, mais fermé, puis visite inutile au musée du MIT (où des gens très intelligents montrent/parlent de manière pas intelligente de leur travail) – si ce n’est pour les pièces d’Arthur Ganson, à la poésie entre Tinguely et « Joseph Cornnell » mais qui, extrêmement mal montrées, passent pour anecdotiques – la honte.

Cambridge est un endroit étrange, une ville-village belle et propre, peuplée d’étudiants en pyjama, paradoxale de la vision autoritaire de l’enseignement qui s’étale sur les façades des bâtiments, gravée en lettres majuscules.
Effectivement, This is Not a Time for Dreaming.

h1
> Power of Death, William Holbroock Beard

gm1 gm2
> The Infant Moses (détail), Gustave Moreau

h
> Leander’s, Sanford Robinson Gilford Tower on the Bosporus

hp
> Harriet Leavens, Ammi Philips

mg
> Still Life with Medlars and Gooseberries, Adriaen Coorte
mk> Wall Hanging, Margarete Köhler

lmn
> A18, Làzlo Moholy-Nagy

wj
> Housing Development, Werner Jackson, Walter Gropius

anim
legende

ed
> Ed Ruscha.

Kalma Latifolia, le long du Carpenter Center for visual Art …

fleurs00fleur11lc lc2
… Blaschka Glass Models of Plants, avec des Kalma Latifolia en verre :
kalma
fgc1 fgc3 fgc2
f1 f2 f3 f5 f7 f8 f9 f10 f11

Julieta Aranda, James Fuentes et Bitforms

Quelques photos de Temporary Highs, l’exposition en cours chez Bitforms, quelques belles pièces assemblées par Lindsay Howard, notamment Daisy, de Pascual Sisto, une vidéo de utilisant des images trouvées sur internet (souvent superposées à du harware), qui oscillent entre onirisme et images cliniques de type « photo library » trouvées sur Internet. La vidéo nous montre une relation à la technologie et à ses objets plutôt « humaine » : entre fascination et anthropomorphise, mais la facture et le rythme, eux, sont mécaniques.

btf3 btf4 btf5 btf1Daisy, Pascual Sisto :bft2Mais de toutes les galeries visitées la semaine dernière à New York, l’exposition « Swimming in Rivers of Glue (an exercise in counterintuitive empathy)« , de Julieta Aranda, à la galerie James Fuentes a probablement été la plus intéressante que j’ai vue. (Il est bien sur toujours plus difficile de faire une exposition de groupe plus intéressante et plus en profondeur qu’une exposition solo bien sur, et la majorité des expositions que j’ai pu voir étaient de groupe).

L’exposition de Juliera Arand est donc une exposition personnelle qui présente un ensemble de pièces qui entrent en relation les unes avec les autres de façons cohérentes. Elles se questionnent et répondent les unes les autres, jouent sur différents formats et plans (horizontaux, verticaux), avec notamment les petits éléments en céramiques moulés (sur un modèle de formes développées pour empêcher les sans-abris de s’assoir et de se coucher, à Londres) qui sont installés de façon à ce que la navigation dans l’espace (une seule grande salle) soient fluides – ce qui n’empêche pas d’être « dirigé ».
De même, chaque pièce peut être à la fois envisagée, seule, pour ce qu’elle est, mais aussi en relation avec celles qui l’entourent . Dans ce cas là, le détournement de plusieurs standards de formes (les piques utilisés sur le haut d’un mur pour empêcher les pigeons de se poser, des tessons de bouteilles, forme artisanale mais dont la fonction est là même – pour des humains, etc.), prolongé par des éléments plus technologiques, rend le message et la dystopie annoncée assez clairs.

julieta jaja6 ja8ja5ja9 ja7   ja3ja2
(couleurs de certaines photos non-contractuelles – la galerie étant dans une dominante de couleur !)

Post-Internet, articles en ligne

Je liste ici une sélection des différents articles afférant au Post-Internet que j’ai retenus au grès de mes différentes lectures cette semaine.

Comme point de départ, le texte d’Artie Vierkant, que j’avais traduit en français en 2014, comme point de départ du projet A.F.K. et celui de Marisa Olson.com :
https://rhizome.org/editorial/2013/nov/01/postinternet/
http://www.marisaolson.com/texts/POSTINTERNET_FOAM.pdf

Le très bon article de Brian Droitcour, que je n’arrive malheureusement pas à contacter !
https://culturetwo.wordpress.com/2014/03/31/why-i-hate-post-internet-art/

Le site de Michael Mandiberg, avec qui je suis en contact et que je dois voir à son retour de Berlin où il montre Print Wikipedia :
http://www.mandiberg.com/

Le site de Tyler Coburn, dont j’aime beaucoup le travail, avec qui je suis en contact et que je dois rencontrer à mon prochain passage à NY en octobre..
http://www.tylercoburn.com/

Un article sur le livre et interview de Omar Kholeif :
http://thecreatorsproject.vice.com/en_uk/blog/new-book-digs-into-what-art-will-look-like-after-the-internet

Et un post sur « artaftertheinternet » qui listent un certains nombres d’articles (bons ou mauvais) et d’ouvrages sur le sujet :
https://artaftertheinternet.wordpress.com/resources/bibliography/art-criticism-history-and-theory/

Un projet éditorial que j’aime particulièrement :
http://katjanovi.net/postinternetsurvivalguide.html

Et le bon vieux wikipedia :
https://en.wikipedia.org/wiki/Postinternet

Post-Internet clothes (Manus X Machina)

Cette exposition au MET, présente une sélection de pièces (du 2Oe siècle ou très contemporaines) de couturiers où la technique de la main ou de la machine participent de la création.

– Givenchy (Riccardo Tisci) :
g1 g2– Iris Van Herpen :
c1
ivh
em0b1b2r2r1s1
– Hussein Chalayan :
c10

foldc9
– Christopher Kane :
c3  – Comme des garçons (Junya Watanabe) :
c2c7c8imc5cuirc4
– Miyake Design Studio :

em2em1

c6

– Nina Ricci :
c11
– Gareth Pugh :
em3 c12
– Paul Poiret :
manteau
– Thom Browne :
decoupe
– Threeasfour :
cc1 cc2

PS1 – Cao Fei

f4 f3f5f2f1
fc5
Expo plutôt décevante de Cao Fei… Même si les travaux sont pour la plupart intéressants (factures impeccables, et « anthropologiquement » surprenant par la vision qu’ils donnent de la Chine) mais la mise en espace est d’un classicisme à pleurer et sans imaginaire : pourquoi la redondance des photos extraites des films qui n’apportent rien si ce n’est un produit de plus (le PS1 n’est pas une galerie commerciale…), les maquettes – pas franchement intéressantes et restant très narratives, rigidifiées dans leurs écrins lisses et aseptisés, des lumières basses un peu partout pour donner une atmosphère tamisée qui au bout d’un moment devient suspecte.
Dommage que « Who’s Utopia? » n’aient pas été plus mis en avant, développé pour l’espace du PS1, rejouer autrement, prolongé, réinterrogé. De même pour les premières performances (fraiches, spontanées et pleines d’énergies), reléguées à un statut de commentaires dans un « espace de consultation » dont la forme même n’a pas été plus pensé que ça.
Je n’y ai pas cru. J’ai eu l’impression de voir l’exposition d’une bonne élève qui faisait semblant, qui passait à côté de ce qu’elle avait produit de juste…

En sortant, Pipilotti Rist hurlant depuis son petit trou dans le parquet résonne d’autant plus : )
ppr1 ppr