Recherches+notes

Recherches relatives à aux pojets

Glenn Kaino – Tank, Prospect 3 New Orleans

Cette semaine, semaine de Thanks Giving, un peu de relâchement sur le travail (tout le monde est en vacance), et j’en profite pour voir les expositions de la Biennale que je n’avais pas encore pu voir.
Au musée d’art contemporain, au détour d’une salle, rencontre inattendue avec le travail de Glenn Kaino, accompagnée du léger glou-glou qui rythme le silence. Une pièce incroyable, gaie, sereine et absorbante. On pourrait y rester des heures, j’y suis revenue plusieurs fois pour admirer la fragilité des coraux sur leurs différents « socles », en métal, ciment, verre…
Difficile de prendre des photos qui soient réalistes dans les couleurs et dans l’ambiance, les lampes pour maintenir les coraux en vie étant difficile à dompter.

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Cette fin de semaine sera plus douce et partagée : hier direction l’étrange bar à saké Yuki Izakaya de Frenchman Street (la rue des clubs de jazz), avec Joëlle arrivée hier, pour écouter Hildegarde, aujourd’hui journée de construction des chars de mardi-gras pour krewe delusion avec Ross, et ce soir soirée à Candlelight, le célèbre speakeasy de Tremé et demain, la 2nd line « Lady Buckjumpers & Men Buckjumpers Annual Parade » et un concert de Cédric Burnside à Tipitina’s avec Joëlle et KEvin.
Laissez les bons temps rouler…

NOLA, mon quartier à vélo

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Entre la maison et City Park (qui habrite la musée de NOLA, le jardin botanique, le jardin des sculptures et le parc), se trouve un bras du bayou St John. Un peu plus loin, c’est la ferme de Grow dat youth
À 2mn de là, le bayou fait un bras en direction du downtown, et on passe devant l’une des plus vieilles maisons de la Nouvelle-Orléans : la maison Pitot, une bâtisse de style caraïbe/créole construite fin 18ème. Une plantation ancienne comme on en voit encore quelques unes en Louisiane, sauf qu’ici, on est en centre ville.

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De Bayou St John, part Esplanade avenue qui me mène au vieux carré (le quartier historique) où elle se termine juste devant le Mississippi et le MINT (où se trouve « mon » neutral ground).
Du Bayou jusqu’au Mississippi, Esplanade est une ballade dans l’histoire architecturale de NOLA (y compris avec ses ratés, comme la bretelle d’autoroute I10 qui balafre les faubourgs Tremé). On y trouve en remontant les grosses maisons américaines, les « creole cottages » ou « french cabins » traditionnels avec leur porches, parfois sans pour les plus anciennes, les « Shotgun houses » aux couleurs éclatantes, les maisons types plantations, les immeubles du vieux carrés avec leurs façades ouvragées, et quelques Californians bungalows.
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maison

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Tous les matins je parcours ce quartier à vélo, et ce que je préfère c’est voir les orangers éclatants qui égaillent les jardins, chargés de fruits, les oranges ou les satsumas qui contrastent sur le vert sombre des feuilles.
La maison de Dom, où j’habite. Et pour finir, quelques neutral grounds sur Espalande, entre la maison et le Mint. Ici la jungle n’est jamais loin…

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Croisement

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Ce matin, je me suis rendue une nouvelle fois au musée de The Historic New Orleans Collection, un des partenaires qui m’aide à mettre en place le projet Neutral Ground. Ce musée retrace l’histoire de la Nouvelle-Orléans, avec des pièces historiques incroyables. Mais cette fois ci, mon attention a été retenue par un objet que je n’avais pas vu la première fois : un travail de cheveux. Ici l’appellation est autre et vient du français : une immortelle, un mot qui met l’emphase sur la symbolique du résultat plus que sur le labeur lié au matériau. (je confirme que travailler des cheveux n’a rien de facile, mais j’aime néanmoins cette appellation qui pourrait être organique, presque un nom de fleur).

Depuis mon exposition à Bordeaux en début d’année, je fais des recherches sur ces objets. Je veux en effet mettre en œuvre un travail de cheveux de grand format pour le second volet de cette exposition (A.F.K.), qui aura lieu au printemps au Quartier centre d’art, Quimper.
Cette éruption d’un projet dans l’autre m’a fait plaisir, un clin d’œil à une recherche que j’ai du mettre entre parenthèse un temps, et qui ressurgit à un endroit où je ne m’y attendais pas.

Ici deux immortelles étaient exposés, l’un dans un cadre en verre traditionnel de ces travaux (ovale), et l’un, un peu plus grand, dans un cadre carré. Mais la Collection historique de NOLA en possède un dizaine, que j’irai consulter dès demain.

immortelle1« Ici repose mon père », 1800 –  Human hair on glass

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St. Cyr and Lacoste Family immortelle, 1836 – Human hair, paint on ivory, wood

Inside

Dedans, au chaud : un voyage dans l’art.

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Gonzalez-Torres devant Chicago.

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Vija Celmins

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Ed Ruscha
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Gerhard Richter

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On Kawara & Beuys (sun state)

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Larry Bell, John Mc Cracken, Robert Irwin et Craig Kauffman… California Light.

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Henri Rousseau

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Une femme artiste. Suzanne, la sœur de Marcel.

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Victor Brauner.

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Joseph Cornell ❤

New Orleans

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Plan issu des archives du Louisiana State Museum, ou j’ai commencé hier mes recherches.
Louisiana New Orleans Sheet (ref. 1986.058.003)
Date: 1890
Publisher: United States Geological Survey, George Otis Smith, Director
Place of Publication: Washington, D. C.
Map Maker: Searle, A.B., A. E. Wilson, and L.J. Battle, topographers

No Neutral Ground in the Universe

À la Nouvelle Orléans, lorsqu’on prend le tramway, on voit parfois des colliers de perles dorés, verts ou encore violets, suspendus aux immenses chênes qui bordent la route.
Ces colliers sont des restes des parades (mardi-gras, parfois second lines) où l’on jette ceux-ci. Un symbole de don, typique de dépenses improductives* comme on en voit souvent lors des manifestations de carnaval.
Depuis mon arrivée, je prends le tram tous les jours depuis City Park, pour me rendre au Mint et en ville, le trajet est assez long (30mn) et pour passer le temps, je les cherche des yeux.beads

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(plus de photos d’archives du carnaval : ici)

Hier je me suis dit que peut être ces perles pouvaient intégrer le projet… Quelques tests rapides.
Et en prévision pour le lancement du projet le premier w-e de décembre, un potlatch sur le Neutral ground d’Esplanade/Decatur. Ce pique-nique regroupera tous les gens qui je l’espère seront impliqués dans le projet : les associations de quartier, de « beautification » des NG, les enseignants de Xavier Uni, les amis, les partenaires, Etc.
Ce sera l’occasion d’échanger sur le projet, pour moi de poser des questions à tous et recueillir des infos sur pratiques des neutral grounds, et aussi de demander aux participants de contribuer en faisant dons des restes de colliers de carnaval. Il semblerait en effet qu’ici tout le monde à un ou plusieurs sacs plein de colliers dans son placard).

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*« La seconde part est représentée par les dépenses dites improductives : le luxe, les deuils, les guerres, les cultes, les constructions de monuments somptuaires, les jeux, les spectacles, les arts, l’activité sexuelle perverse (détournée de la finalité génitale) représentent autant d’activités qui, tout au moins dans les conditions primitives, ont leur fin en elles-mêmes. »
Dans La part maudite (1949)

English Magic

L’exposition de Jeremy Dellers à Tuner Contemporary, à Margate, est un vrais bol d’air frais. Assise sur un banc construit à partir d’une ancienne Range Rover compressée, je revois la vidéo English Magic avec plaisir. Plaisir qui s’accompagne du reste de l’exposition, une mise en relation d’artefacts produits par d’autres (que ce soit des objets façonnés durant le néolithique, ou produits par des artistes « classiques » (W. Turner, W. Morris) ou encore d’artistes « amateurs ». Au travers des différentes salles d’expo, on respire toute la liberté et la générosité qui accompagnent cette pratique, l’absence de stratégie et cynisme, une vrais prise de risques.

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Artiste modèle

Les artistes surréalistes et leur prédécesseurs romantiques étaient les descendants de ces proto-bohémiens dans Les enfants de Saturnes :  » (…) un nouveau type d’artiste (…), dont la personnalité se reconnaît à certains traits spécifiques. Leur manière de travailler se caractérise par la succession de phase d’activité furieuses et de pause dans la création, leur structure psychologique se distingue, elle, par une introspection angoissée, leur tempérament par une tendance à la mélancolie, et leur comportement social par un intense désir de solitude et par des excentricités d’une variété infinie. » Excentricité auxquelles feront écho celles des Expressionnistes Abstraits et des Surréalistes, dont Lee Krasner rapporte qu’ils rivalisaient en exhibant dans les soirées, comme des caniches de concours, leur épouses attifées de robes du soir extravagantes – un sexisme qui court tout au long du modernisme, dont le modèle féminin dans l’atelier est un autre témoignage.
(…)
Le modèle est fondamentalement femme, le Romantisme l’a fait passer du statut trivial qui était le sien à celui de muse, de collaboratrice passive, d’indicateur (pour reprendre Kris) de la sexualité de l’artiste. Kris cite à ce sujet le mythe de Pygmalion et Galatée : il traduit le désir qu’éprouve l’artiste de créer un être vivant plutôt qu’un simulacre – le mannequin femelle à la Kokoschka. Le modernisme c’est aussi un défilé de modèles célèbres, de la Jo Hefernan de Courbet (il la partage avec Whistler) et de la Victorine Meurent de Manet à la Kiki de Man Ray et aux femmes de Picasso : elles furent toutes expulsées de l’atelier lorsque sonna l’heure du plus distingué des produits du modernisme, l’abstraction.

Le nu devenu muse, dévêtu et offert au regard masculin, modela aussi l’aptitude féminine à se transformer en chambre d’écho du désir masculin – un désire sublimé au foyer de la création, dans l’atelier désormais sexué, le ventre d’où sortait l’œuvre. Dans les années 50, l’acte créateur devint un fétiche en vogue qui exemptait le spectateur du tourment de se mettre à l’œuvre. Le mystère de l’œuvre se vit déplacé vers le mystère de la création, tout aussi indéchiffrable (donc confortable) mais qui recueillait le bénéfice de son énergie subversive. L’artiste et son modèle dans l’atelier : le motif regorgeait de paradoxes qui brodaient sur le cliché de l’acte créateur.
La rhétorique de l’acte artistique est bien connue : insémination extatique par l’idée, naissance de l’œuvre, labeurs du processus, exhaustion de l’auteur. Un singulier commerce sexuel : c’est la langue de l’accouchement un travail de femme ! Sexisme à rebours ! Le modèle de la parturition, un modèle féminin, et le paradigme de la création masculine. À moins (une version plus charitable), que les hommes aient tentés de prendre part à ce mystérieux processus dont ils sont exclus, la naissance. Parce que si c’est à travers le modèle que l’artiste délivre son œuvre, ne pourrions pas prétendre que c’est le modèle féminin qui insémine l’artiste mâle ? Dans ce scénario, Picasso, sexiste entre tous, joue le rôle de la femme. La fertilité du modèle s’étend à l’atelier lui-même, régulièrement ensemencé par l’union de l’artiste mâle et de son modèle. L’acte créateur fait valser nos préjugés des rôles sexuels et de l’activité artistique. Le point crucial ici, c’est la manière dont l’atelier devient le lieu de la création, le premier contexte de la transformation. Aussi encombré ou dépouillé soit-il – désordre chaotique ou sainte retraite -, c’est la fécondité qui, avant toute chose, le caractérise; le processus qui s’y déroule est sa marque. Du modèle fécond au ventre généreux de l’atelier, il y a continuité. Quoique parfois les choses soient d’un comique plus banal : sur une merveilleuse photographie prise à Nice en 1928, le modèle jette un regard noir sur Matisse boutonné jusqu’au menton et qui ne se doute de rien. La vengeance du modèle ?

Dans : « L’atelier et le Cube », Brian O’Doherty

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Denise Bellon
(photo documentant l’exposition internationale du surréalisme).

A.F.K

Je me suis rendue mardi au Quartier centre d’art (Quimper) pour une rencontre de travail avec Keren Detton – commissaire et directrice du lieu – autour de l’exposition A.F.K. qui aura lieu dans la Project room en avril 2015.
L’exposition prend comme point de départ une pièce présentée en février à la galerie de Étables. Une proposition en cours, alors volontairement non résolue : une perruque noire, en vrais cheveux, simplement posée sur une table, face à une fenêtre et un dessin à l’encre : « Void » (vide).

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Je pars donc sur une nouvelle version de la pièce, plus travaillée formellement et qui va faire le lien avec une proposition explorant Silk road, site de marché noir en ligne, désormais fermé dans sa version d’origine.
Mes avancées sur ce projet sont lentes, notamment parce qu’il nécessite une grosse partie de recherche en ligne, sur TOR (qui reste un navigateur assez lent par rapport à la normal) et qu’il est assez peu clair de tracer la nouvelle localisation du site ou des ces sites de remplacement (project black flag, black market reloaded..), et qu’il faut être prudent et installer quelques outils de sécurité pour ne pas retrouver son disque dur plein de virus ou être victime de fishing. Je ne suis pas une spécialiste du Darknet et des failles de sécurité de mon ordinateur.
Il est également difficile de remonter dans l’historique des propositions de ventes sur Silk road, mon objectif étant de me concentrer sur deux choses :
– le marché noir d’œuvres d’art sur ce site (une toute petite partie de celui-ci, quelques centaines d’œuvres y ayant transité),
– savoir s’il existait aussi du trafic humain, ou des portes vers celui-ci.

 

Ci-joint pour référence, un article copier/coller du monde sur la fermeture du site en oct. 2013. Je garde l’article ici, avant que celui-ci ne passe dans les archives payantes. Je note aussi au passage que l’article n’a pas d’auteur, il est signé « Le Monde » (comme nombres d’articles du journal en ligne !).

 

Le principal site de commerce de produits illégaux du Net revient, plus d’un mois après sa disparition. Silk Road est un site web « caché » (uniquement accessible par le réseau anonyme TOR) qui s’est spécialisé dans la vente de produits illégaux, avant tout des stupéfiants.

Les transactions entre vendeurs et clients ne se faisaient qu’à l’aide de la monnaie « chiffrée » Bitcoin, qui échappe encore à toute régulation. La place de marché, qui se rémunère par commission sur les ventes, était le principal représentant de sa catégorie.

Sa fermeture par le FBI a été un choc pour les utilisateurs de TOR, un réseau considéré intraçable. Mercredi 6 novembre, « Silk Road 2.0 » a été mis en ligne, pour reprendre un flambeau très convoité. « Le FBI a mis deux ans pour faire ce qu’ils ont fait. […] Mais il n’a obtenu que quatre semaines de silence », affirme fièrement le nouveau responsable dans un message en tête du site.

Lire : Les conséquences de la fermeture de Silk Road

La nouvelle version est similaire à la précédente, mais serait reconstruite par un nouveau propriétaire, qui reprend le pseudonyme – Dread Pirate Roberts – de son prédécesseur. Notamment sur Twitter. Actuellement, la page d’accueil du site parodie le message de fermeture des autorités américaines.

En plus des sécurités de la première version, le nouveau Silk Road permet de signer les transactions avec une clé spécifique (PGP). Quelque 12 500 personnes se seraient inscrites, une journée après l’ouverture. Même si les anciens vendeurs sont toujours recherchés, le site a été rapidement repeuplé de nouvelles annonces.

LE PREMIER « PROPRIÉTAIRE » DEVANT LA JUSTICE

La réouverture intervient alors que Ross William Ulbricht, le propriétaire présumé de Silk Road première version, comparaissait pour la première fois devant une cour new-yorkaise. Il est notamment accusé de piratage informatique, de trafic de drogue et de blanchiment d’argent.

Le maître présumé de Silk Road, considéré comme un petit empire de la drogue, avait été arrêté le 1er octobre et le site fermé dans la foulée. Malgré ses nombreuses précautions, le responsable du site aurait été trahi par une adresse mail utilisée sur un forum plusieurs années auparavant.

Lors de son arrestation, 26 000 bitcoin ont été saisis, soit 0,2 % du total en circulation à l’époque. Une prise record dont la valeur fluctue au gré de la valorisation de cette monnaie alternative, qui atteint désormais plus de 300 dollars.

Le réseau caché TOR est désormais particulièrement ciblé par la police américaine. En août, le FBI avait fermé Freedom Hosting, considéré comme le premier hébergeur mondial de sites pédophiles, également réservé aux utilisateurs de TOR. La grande majorité des sites accessibles via le réseau anonyme y étaient hébergés. Son propriétaire a été arrêté et des pièges ont été posés sur les sites pour démasquer les internautes.

La concurrence de Silk Road, auparavant déjà vive, s’était intensifiée à sa disparition. En octobre, d’autres concurrents ont tenté de tirer profit de cette énorme manne financière, qu’il suffisait de capter. Même si tout n’est pas si simple.

Un rival, Atlantis, a brutalement fermé, emportant avec lui l’argent déposé sur les comptes des utilisateurs. Un second, Black Market Reloaded, a dû lui aussi fermer temporairement ses portes à la mi-octobre, suite à une « faille de sécurité ». Un administrateur avait laissé échapper le code du site sur Internet. L’administrateur d’un autre service, Project Black Flag a quant à lui « paniqué », fermé son site et volé l’argent en stock.

Courant octobre, au moins six sites tentaient de combler le vide laissé par l’e-commerçant de produits illégaux, rapportait le blog spécialisé Atlantis Blog.

En cours

Je travaille actuellement sur mon nouveau site internet, mise en ligne courant octobre. J’y privilégie les images, et classe mes projets selon 3 entrées :
– Projets (un listing de tous les projets)
– Expositions (dans l’espace d’exposition, dans l’espace d’internet)
– travaux périphériques (commissariat, art graphique, projets collectifs)

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Neutral Grounds

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Quelques nouvelles du projet « Neutral Ground », que je réaliserai en novembre-décembre à la Nouvelle Orléans.
> Une première image, que j’ai du soumettre à Park & Parkways, l’équivalent de nos services « espaces verts », qui m’ont contacté pour connaitre le contenu du projet. Difficile de « vendre » un projet in situ, de proposer un cadre de travail en fonction du contexte plutôt qu’une pièce déjà conçue à l’avance (j’avais rencontré ce même problème à l’Institut Français pour ma présentation pour les Résidences américaines).
Pourtant, il parait essentiel de passer ce premier mois à la Nouvelle Orléans à comprendre les neutral grounds, plutôt que d’arriver avec une attitude que je qualifierai de colonialisme artistique. Important de connaitre en profondeur les neutral grounds, leur histoire, le contexte contemporain de la ville et de ces espaces, les relations qu’ils « fabriquent » et permettent entre les habitants, utilisateurs (ce sont des lieux publics occupés quotidiennement) et toute la sociologie liée à ceux-ci.
J’ai donc soumis cette photo (texte non contractuel mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire clin d’œil à cet idée de « programme ») pour donner un exemple, spécifiant bien que le projet pouvait changer complétement en fonction des recherches et rencontres sur place.

 

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> Proposées par le Louisiana State Museum, les 3  possibilités d’implantations de ma proposition sont :
– la zone médiane juste en face du Old US Mint (où se trouve le musée et le collection) sur Esplanade Ave,

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– à quelques minutes de là, celle sur Elysian Fields Ave (les champs Élysées nouvelle-orléannais), au croisement de Decatur, juste à côté du Mississippi.

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– et enfin, un peu excentré (mid-town), mais plus chic : un terrain neutre au croisement de Marconi Dr. près de City Park.

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> Quelques images enfin, glanées ses derniers jours sur des projets utilisant de la pelouse ou plantes couvrantes comme matériau.

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Chilpéric de Boiscuillé, Raphaëlle Chéré & Pauline Szwed

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Luc Boniface

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Jean-Philipe Poirée (image avant et après)

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Daniela Borroni, Susanna Rossellini & Simona Venturelli

 

Terrain neutre / Neutral Ground

En décembre dernier, je me suis rendue à la Nouvelle Orléans. Je n’y étais pas retournée depuis au moins 20 ans, période où j’allais visiter de la famille pour les vacances d’été. Ça a été pour le moins étrange de me promener dans cette ville, qui paradoxalement me parait à la fois inchangée et transfigurée – une ville où la vie est à la fois dure et douce.
Ce voyage (que j’ai effectué dans le cadre de mon projet de recherche Géographies variables, avec Catherine Rannou, Mélanie Bouteloup, et trois de mes étudiants) a été une première étape pour poser les jalons d’un projet.
Je m’y rendrai donc à nouveau cet automne pour travailler sur cette proposition intitulée Neutral Ground.

 

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Évolution de la zone urbaine de la New Orleans, de sa création jusqu’à nos jours (avec en noir, le vieux carré)
(Image : Unfathomable City: A New Orleans Atlas, Édité par/Edited by Rebecca Solnit & Rebecca Snedeker).

 

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Le neutral ground sur Esplanade Ave. en 1900, avec les lignes de tram /Le neutral ground sur Esplanade Ave. aujourd’hui.

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Le Neutral ground sur Esplanade Ave. aujourd’hui, dans le centre historique.

 

Cette proposition prend comme point de départ un contexte spécifique à Nouvelle Orléans : les neutral grounds. Ces terre-pleins centraux plus ou moins larges, qui séparent les rues en deux dans le sens de la longueur, signalent les limites des différents quartiers juxtaposés.
Ils sont des traces de la colonisation et de l’histoire de la ville : Dans les années 1800, ce sont pour la plupart des canaux de communications fluviales. Ainsi Canal Street – neutral ground encore visible et le plus large de la Nouvelle Orléans – avait été pensé pour accueillir un canal qui ne fût jamais construit mais en a gardé le nom…
Au fur et à mesure de l’urbanisation, ils sont peu à peu remblayés. Les neutral grounds deviennent alors des zones arborées qui séparent les quartiers créoles (Français, Espagnols, gens de couleurs libres) des quartiers Américains après la guerre de sécession, ou les quartiers noirs et blancs.
Ce sont des lieux vivants où au fil du temps se superposent plusieurs fonctions liées à la rencontre et à la circulation.
Ce sont tout à la fois : des lieux de promenade aux abords des quartiers, lieux d’affaires entre les habitants des différents quartiers, lieux d’affrontements effectifs (Duels à Duelling Oaks, durant la période créole) où symboliques (rencontres des Indiens de Mardi-gras depuis la fin des années 1960), et lieu de rendez-vous socioculturels dans les quartier noirs où les gens se réunissent pour jouer de la musique et célébrer les Second Lines, ou enfin des terrains de jeux.
Ce sont tout aussi bien des espaces de circulation : des trains dans un premier temps, puis des tramways. Laissées pour compte après la guerre, ces lignes de tramways connaissent, post-Katrina, un renouveau et il s’opère donc une redéfinition de ces espaces (processus de gentrification et de capitalisation du patrimoine culturelle de la ville).
Enfin, on les utilise ponctuellement comme parking lors des crues et inondations, du fait qu’ils soient surélevés par rapport à la route.
De nos jours, ils sont investis par les communautés qui les bordent et se les partagent. Parfois, ils peuvent aussi constituer une zone de tampon laissée à l’abandon, soit par manque de moyens financiers soit par volonté politique (construction sur le neutral ground de Claiborne, aux abords de Tremé, de l’autoroute Interstate 10 dans les années soixantes).

 

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Vues du neutral ground bordant le quartier de Tremé-Lafitte Neighborhood (Claiborne Ave) en 1900s, et après sa destruction et le passage de l’autoroute I-10 interstate.

 

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Image avant/après du neutral ground de Claiborne Ave., à Tremé-Lafitte.
(Images Wikipedia Creative Commons and Alexey Sergeev).

 

Déroulement du projet

Loin d’être neutres, les neutral grounds restent des marqueurs culturels, sociaux, et raciaux.
Lorsqu’en décembre 2013 je me suis rendue à la Nouvelle Orléans, j’ai constaté que ces neutral grounds étaient de espaces concrets capables d’héberger l’imaginaire. Ils se sont imposés à moi comme des emplacements où l’opposition classique entre espace privé/espace public, espace social/espace de travail pouvait cohabiter, voir se trouvait remise en questions.
Ils sont le moyen d’interroger visuellement les espaces de la ville et les relations de voisinages qui s’y développent, notamment dans le contexte de mutations urbaines post-Katrina. Ce sont des lieux où : « tous les autres emplacements réels que l’on peut trouver à l’intérieur de la culture sont à la fois représentés, contestés et inversés ».

Le projet Neutral Ground propose dans un premier temps une recherche de fond, à la fois sur le terrain et à partir de fonds d’archives historiques (Louisiana Historical Center – Mint, Historic New Orleans Collection). Cette enquête, que je mènerai en octobre-novembre-décembre,  permettra le développement d’une pensée écrite et visuelle, une documentation dont les modalités de restitution sont à inventer et à articuler sur place.
Dans un deuxième temps, cette recherche s’accomplira dans une proposition artistique qui se concentrera sur certains neutral grounds identifiés lors de la première étape. Cette production a pour objectif la réappropriation de ces espaces par les habitants des quartiers concernés, cela par le biais du jardinage. Le jardinage y est envisagé comme un travail plastique, donc comme une vision esthétique et politique de l’espace public.
Un jardin étant toujours une vision du monde, il présente donc un point de vue que le créateur porte sur son environnement. On peut citer pour exemple les différences dans toutes une typologie de formes de jardins : français ou anglais pour parler des plus évidentes, mais aussi différents types/fonctions de cultures (jardin d’agrément ou d’herboristerie par exemple).
L’espace à investir et les modalités de représentation seront la base d’un dialogue qui s’établira entre les habitants et l’artiste, un objet de rencontre concret pour que chacun puisse prendre pleinement conscience des spécificités de ce médium de création qui cristallise un grand nombre d’enjeux sous une forme ouverte, matérielle et vivante.
Enfin, une restitution sera organisée dans l’espace d’exposition du partenaire, soit la Historic New Orleans Collection, soit le Louisiana Historical Center. Elle ne sera pas forcément de type documentaire mais sera une proposition plastique en tant que telle (sa forme reste ouverte et se fixera sur place).
En partenariat avec le Louisiana State Museum, une proposition est mise en place à long terme, pour le tricentenaire de la ville en 2018.

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Les partenaires de ce projet : la collection historique de la Nouvelle Orléans, une fondation privée incroyable dédiée à l’histoire de la ville, et Louisiana State Museum (Le Mint) qui abrite notamment une collection impressionnante liée à l’histoire de jazz.

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Entretien

Je viens de finir un entretien avec une super équipe composée de Camille de Singly, Rodolphe Delcros, Elodie Goux, Léna Peyrard et Elsa Prudent. Cet entretien prend la forme d’un dépliant de 30x30cm, et porte sur l’exposition qui ouvrira ces portes jeudi 3 avril à 19h à la Galerie 1, rue des Étables, Bordeaux. Il m’a permis de mettre des mots plus précis sur cette exposition et ces recherches en devenir, et de faire la synthèse sur ce qui a été déjà réalisé.
See you there, pour la distribution du dépliant et pour le vernissage !

Un envoi papier sera effectué pour cet entretien. Envoyez-moi un mail pour nous donnez votre adresse si vous voulez en recevoir un !

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A.F.K., suite

En vrac, pour mémoire, quelques photos de la semaine à Bordeaux. La galerie, repérage des lieux, quelques essais, et la conférence, et puis quelques croquis/images de ce qui vient. L’exposition s’assume de plus en plus comme une étape de travail. Un moment d’une réflexion en cours, matérialisé dans l’espace de la galerie.
Elle s’envisage plus comme le fait de révéler des « relations d’absences » que la mise en relation de différents éléments entre eux.
Les objets (ex)posés fonctionneront comme le fantôme dans le monde des archives*. Ils représentent les œuvres absentes, déplacées, et leurs formes traduisent littéralement le caractère de ces relations d’absences : obscures, en surimpression. Ils convoquent (à l’inverse d’une citation qui renverrait vers l’original), invitent à entrevoir les multiples versions, manquantes, auxquels ils sont déjà liés ou seront liés.
Des copies de ces fantômes, stockées dans le petit espace contigu à l’espace principal, seront destinées à être emportées, déplacées, à nouveau, hors de l’espace d’exposition.
La somme de toutes ces copies mises à disposition pourraient constituer une pièce en tant que telle. Une pièce inachevée, à prolonger devant son ordinateur, par des recherches sur Internet.

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* Fantôme
Dans le monde des Archives, on a coutume de laisser un morceau de papier à la place du document emprunté et monté en salle de lecture. Cette représentation de l’objet déplacé s’appelle un « fantôme ».

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Magik mug

Reçue aujourd’hui, la magik mug commandée sur internet.
Une magik mug est une tasse customisée que l’on trouve sur les sites d’impression photo. La tasse, c’est un pur produit de la culture internet, c’est l’objet présent sur chaque table, à côté de l’ordinateur connecté.
Lamagik mug, de couleur noir au départ, révèle son image lorsqu’on verse un liquide chaud dedans.
C’est un test pour le projet AFK et je me demande si cela ne serait pas possiblement le seul objet présent dans l’espace d’exposition.. (comme test, j’ai fais faire une tasse avec un écran TV de Chris Burden).
On devine un peu l’image imprimé en monochrome noir sur le fond noir, et si au premier coup d’œil cela me dérangeait, après réflexion je me dis que ce pourrait être une contrainte de travail intéressante.
Le résultat lorsque l’on met un liquide est par contre vraiment impressionnant.

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Un superbe mémoire de DNSEP par Raphaële Bezin, étudiante à Cergy.

Extrait de la vidéo… Mon passage préféré car il tombe aux moments même de certains questionnements abordés par l’exposition « A.F.K », à venir – à savoir est-ce qu’une pratique post-internet art est un simple prolongement, une simple accélération du détournement/filiation ou bien est-ce que ce paradigme est complétement remis en cause par le flux et le caractère discret du numérique – ce que je crois finalement

« Claude Levi-Strauss : les artistes bricoleurs se retrouvent face à ensemble d’objets hétéroclites qu’ils interrogent pour comprendre et imaginer ce que chacun d’eux pourrait signifier. Chaque élément représente un ensemble de relations à la fois concrètes et virtuelles, ce sont des opérateurs. La particularité de ces objets est qu’ils ont déjà servis et les possibilités de leur ré-emploi demeurent toujours limitées par ce qui subsiste en eux de cette histoire passée. Leur usage originel fait d’eux des éléments pré-contraints et ouvrés ; ils ont donc été travaillés par un précédent auteur qui leur a attribué une signification précise et soumise à l’œuvre qu’il réalisait. Le second auteur s’affairera ainsi à démonter cet ensemble de signification afin d’en créer de nouvelles.
Yann Beauvais et J-M Bouhour confirment, les deux lois fondamentales de détournement sont :
– la perte d’importance allant jusqu’à la déperdition du sens premier de chaque élément autonome détourné,
et en même temps
– l’organisation d’un nouvel ensemble signifiant qui confère à chaque élément sa nouvelle portée. »

 

Notes pour A.F.K.

Away
From
Keyboard
Notes pour l’ensemble du projet en devenir, et pour l’exposition A.F.K.

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Prologue.

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En 1973, Chris Burden réalise une performance : Throught the Night Soflty, où il rampe sur une route scintillante d’éclats de verre. Cette performance est filmée et devient une œuvre vidéo. Dans la soirée du 5 novembre 1973, la vidéo est diffusée lors d’une pause publicitaire sur Channel 9 – Los Angeles, sous le nom TV Ad. Elle devient une œuvre-dispositif. Le 24 nov. 2008, « gaston2511 », utilisateur de YouTube, met en ligne une version de TV Ad commentée par Chris Burden, copie appartenant à la collection du Centre Pompidou. Le 5 novembre 2013, une carte postale, commande des éditions Ultra pour leur collection « Save the Date », contribue à la circulation de la première image de cette vidéo présente sur YouTube.

J’ai produit cette carte postale. Je suis née dans la soirée du 5 novembre 1973, quelques minutes après la diffusion de TV Ad.

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Dans le monde des Archives, on a coutume de laisser un morceau de papier à la place du document emprunté et monté en salle de lecture. Cette représentation de l’objet déplacé s’appelle un « fantôme ».

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AFK, acronyme de « Away From Keyboard » – loin du clavier – renvoie aux pratiques des jeux en ligne, et à ces moments où les participants s’éloignent de l’interface qui les relie aux autres. C’est un message textuel que l’on laisse pour signifier son absence.

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J’ai choisi le terme AFK comme titre pour une recherche en cours, à explorer plastiquement dans une série de propositions et d’expositions.
Dans ce contexte, AFK s’utilise et se comprend comme une analogie : entre ce message textuel que l’on laisse pour signifier son absence aux internautes et une condition des objets* produits dans le cadre d’une pratique artistique après l’émergence d’internet** .
Cette condition découle du fait qu’aujourd’hui un objet est dans la majorité des cas produit et réceptionné par le biais d’un ordinateur, et en conséquence appelé à générer plusieurs versions, cela dans différents supports et médiums.
Ces nouvelles versions, qui prolongent et/où remplacent l’objet précédent, sont créées par l’artiste lui-même, ou par d’autres artistes ; elles sont parfois reprises/transformées/diffusées par des non-artistes et plus tard à nouveau utilisées par des artistes, comme dans le cas des différentes versions et reprises de Through the Night Soflty.
En résumé : si la question de la filiation en art a toujours existé, un objet post-internet existe pratiquement toujours en flux entre ses multiples représentations.
Le flux annule la hiérarchie  et il semblerait qu’après internet la matrice d’un objet - l’original - n’ai pas plus d’importance que les versions qui la suivent. Cela présente des avantages et des inconvénients, qu’il faut garder à l’esprit… Comment envisager et façonner une pratique dans ces conditions ?

Si le flux rend l’objet fluctuant, « reprisé », on pourrait par contre postuler qu’une œuvre contient toujours une version inAbsentia*** d’un ou plusieurs objets produits précédemment, mais pourquoi pas aussi une version inAbsentia d’un ou plusieurs objets potentiellement à venir. Une sorte de « blue print » ou code source invisible contenus dans l’objet en cours, qui marquerait sa substance****.
A.FK. s’attache à explorer cette relation versions-flux-absence selon ces deux directions :
– Envisager une pratique avec tout un système de versions antécédentes : comment exposer le lien entre toutes les occurrences d’une même pièce/document (par exemple le pdf et sa lecture performée, le site internet et sa présentation dans l’espace sous la forme d’une installation, ou à l’inverse, la version d’une œuvre mise en ligne, etc..).
Une présence par l’absence même.
– Envisager une pratique liée à un système inexistant : œuvres potentielles encore non réalisées, à venir, mais aussi des œuvres inachevées, perdues, illisibles, où l’on ‘ »trouve dans la disparition une forme idéale ».
Une présence par l’inexistence même.

L’exposition en Mars à Bordeaux s’envisage donc plus comme le fait de révéler des « relations d’absences » que d’une mise en relation de différents éléments entre eux.
Les éléments que j’utilise peuvent être des objets récupérés ou façonnés, sites internet, livres, dessins, créations sonores…
Pour le moment, j’explore :
– les relations absentes entre internet, le web profond et le Darkweb,
– les passages du caractère discret***** de Photoshop au dessin à la main,
– les travaux de cheveux du 19ème et la typographie,
– la sélection (ou pas) de contenus en ligne à effectuer pour une publications à la demande,
– l’index d’une bibliothèque personnelle (playlist moderne faisant retour à une époque pré-révolutionnaire où les bibliothèques étaient des collections individuelles),
– une interview de Bruce Lee (sur les différents états de l’eau, le fameux « be water my friend »).

Pour la proposition suivante, j’aimerai une restitution sous plusieurs formes complémentaires : une exposition + une édition + site internet.
Quelques textes qui constituent des points de départ :
Les unités perdues, Henri Lefebvre
• Aux éditions Greyscale (http://greyscalepress.com/) :
Data Hammer, Kim Xupei
Report from the Desert, Anonymous
In conversations with Julian Assange, Hans-Ulrich Obrist
Artistes sans œuvre, I would prefer not too, Jean-Yves Jouannais
• Travail de traduction du texte Image-Objet Post-Internet, Artie Vierkant

 

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* J’utilise ici le mot objet pour toute production artistique, matérielle ou non.
** Condition qui fait écho au mouvement Post-internet Art, expression employée entre autre par Marisa Olson, Gene McHugh, Artie Virkant, ou encore Lev Manovitch pour expliquer les nouvelles conditions de pratiques artistiques à l’ère des digital natives.
*** « En l’absence (de la personne intéressée; de ce qui est concerné) ». Anton. in praesentia. In Absentia est principalement utilisé dans le contexte de la linguistique, pour marquer un rapport entre les mots qui existe virtuellement dans la tête du locuteur ou du lecteur : « Le rapport syntagmatique est in praesentia : il repose sur deux ou plusieurs termes également présents dans une série effective. Au contraire le rapport associatif unit des termes in absentia dans une série mnémonique virtuelle » (Saussure, Ling. gén.,1916, p. 171).
**** La substance, dans le sens ontologique du terme, désigne ce qu’il y a « en dessous », ce qui est permanent dans les choses qui changent. Les substances peuvent être traitées comme ayant des attributs et des modes, ce qui aident à expliquer les transitions entre états : par exemple le lien qui perdure entre eau et glace. On pourrait citer cette matérialisation plastique dans la dernière exposition de Pierre Huyghe.***** Dans le sens mathématique du mot, soit : distinct, discontinu.

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AFK. Des catalogues raisonnés de l’absence

 

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Extrait des Unités perdues :
 » To S.A. », initiales d’un nom perdu, en dédicace de The Seven Pillars of Wisdom, de T.E. Lawrence –

et aussi :
 » Dorothy Parker a été incinérée en 1967 (l’épitaphe suggérée par Dottie « pardon pour la poussière ») ; l’urne est restée aux pompes funèbres jusqu’en 1973, date à laquelle elle atterrit chez le notaire qui la remisa dans un tiroir, où on l’oublia jusqu’en 1988 – Après vingt esquisses, Pablo Picasso renonce à faire le portrait d’Helena Rubinstein – Le récit érotique Histoire d’une fille de Vienne racontée par elle-même (1906) est signé du pseudonyme Josefine Mutzenbacher ; l’hypothèse fut avancée qu’il s’agissait de l’auteur de Bambi (1929), mais les preuves manquent – Jules Verne détruit toutes ses archives personnelles avant de mourir ; il craignait, semble-t-il, que soient révélés après sa mort, ses penchants homosexuels et anarchistes – Le père d’Egon Schiele, chef de gare à Tulln, mit le feu, un jour de colère, à tous les dessins de son fils représentant des voitures de chemin de fer – Pendant la crise de 1929, Howard Fast s’installe dans le Sud des États-Unis ; de cette expérience il tire six romans, en détruit cinq, publie le sixième à moins de 19 ans, Two Valleys – En 1940 la Gestapo met à sac l’appartement parisien de Saint-John Perse et détruit ses manuscrits – Chemin de Sèvres de Corot, disparu du Louvre en 1998, n’a jamais été retrouvé – En 1945 le photographe japonais Koji Inoué, sourd, perd ses négatifs dans un bombardement qu’il n’a pas entendu – James Joyce et John Milton ont écrit leurs chefs-d’œuvre en perdant la vue, Finnegan’s wake et Paradise Lost – La première Nana de Niki de Saint Phalle ; introuvable depuis sa mise en dépôt au Centre Georges-Pompidou, détruite sans doute par inadvertance »…

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Le premier chapître D’artistes sans œuvres s’appelle : « Publier ou non son cerveau »…

Rural Studio, Alabama

Je suis à présent dans l’Alabama, à côté de Greensboro, à Newbern exactement, dans le comté de Hale, pour visiter Rural Studio avec Catherine Rannou et Marion, Nicolas et Morgane.
Une nouvelle étape de ce voyage, toute aussi passionnante que la Nouvelle Orléans mais aussi complètement différente, si ce n’est qu’ici aussi, les questions de communautés, constructions sociales et fédération d’énergies positives sont à l’œuvre et pratiquées concrètement et quotidiennement. Le projet incroyable de Rural Studio parait idéal et je pourrais en parler des heures avec enthousiasme. J’ai hâte de commencer la publication Géographies variables, et rendre compte de tout cela en images et en textes, de faire des liens avec les différentes branches du projet de recherche. Une chose à mettre en place à mon retour en France que j’anticipe avec plaisir.

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2nd Line, Nouvelle Orléans

Arrivés (Marion, Morgane et Nicolas, étudiants à l’EESAB, Mélanie Bouteloup et moi-même) à la Nouvelle Orléans la semaine dernière pour le voyage que nous faisons dans le cadre de Géographies variables, mon projet de recherche à l’EESAB.
Peu de temps pour se poser devant l’ordinateur pour raconter les différentes visites, rencontres et expériences tant elles sont nombreuses et prenantes… Quelques images tout de même de la parade de 2nd ligne que nous avons suivie le week-end dernier, 5 heure de danse à travers les rues de la Nouvelle Orléans, jusqu’au 9th Ward, avec une pause hot sausage + drinks près de la House of Danse and Feathers.
(Images en noir et blanc car mon appareil se bloque sur ce paramètre, malgré le manque de couleurs, j’espère qu’elles rendent suffisamment l’énergie positive qui déborde de la parade et des gens qui la constituent).

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Et pour voir d’autre photos en couleurs sur le Facebook d’un des Social clubs…

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… Dans quelques jours, départ pour Rural Studio, à Newbern, Alabama !

Save the Date

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Cette semaine je suis dans les cartes postales. Les verso.
Celle reçue il y a un mois qui m’a fait me balader hier au Louvre (la salle Chardin est fermée au public ; à la place je suis allée voir le travail d’Ingres puis boire un thé chez Angelina pour finir Méridien de sang, un drôle de contraste – ou pas).
Et dans quelques fragments de recherche pour une proposition (18×13) pour les éditions Ultra, qui s’inscrira dans « Save the Date », série de carte postale confiée à des artistes.
J’y revisiterai le générique de TV Ad (projet qui diffuse la performance Through the Night Softly) de Chris Burden. Ce film, qui me hante, a été diffusé pour la première fois il y a 40 ans jour pour jour : le 5 novembre 1973, le jour de ma naissance.

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Tous les matins de cette semaine, je descends voir si le livre Artists’ Postcards: A Compendium, de Jeremy Cooper, est arrivé ! Ce livre – malgré son hideuse couverture (tiens je ne sais pas quoi mettre, je vais tout mettre) regroupe 300 pages de cartes postales plus intéressantes les unes que les autres, avec des cartes de George Grosz, Bruce Nauman, Sol Lewitt, David Hockney, Richard Hamilton, Susan Hiller, Joseph Beuys, Dieter Roth, Gordon Matta-Clark, Tacita Dean, Gilbert & George, Ray Johnson, Rachel Whiteread…

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EVOL, un fanzine pour l’exposition « Love », Centre Pompidou

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Quelques photos de la maquette (en cours) du fanzine EVOL, journal de l’exposition « Love » qui ouvre samedi au Studio 1316 du Centre Pompidou. Toutes les pages seront affichées sur l’un des murs de la salle d’expo et 500 exemplaires N&B seront produits pour une distribution pendant la durée de l’exposition.
Dans l’édito on peut y lire :
Des citations issues d’ouvrages de la BPI et de la vidéo « A Thousand Lovesongs » présentée dans la vitrine du Studio 13/16, des projets ou mots d’artistes de toutes les époques… Tous ces fragments s’organisent en rapprochements ou oppositions, traçant des liens pour constituer le fanzine EVOL.
EVOL est un journal consacré à l’amour – de la chanson d’amour à l’amour de l’art. Clin d’œil à un album de Sonic Youth, son titre forme avec le titre de l’exposition, un palindrome. Sa sonorité tire vers le mot anglais Evil * et donne le ton.
EVOL est un objet en train de se faire, à assembler comme on veut : toutes les pages, seulement celles que l’on aime ou que l’on aime pas, dans l’ordre ou le désordre… Ou encore à placarder sur son mur, version posters. Un fanzine à augmenter, seul ou à plusieurs, lors du vernissage et des ateliers de l’exposition LOVE. Mais surtout, un journal à emporter, à partager.
Ces expérimentations sont complétées par des pages d’informations sur les artistes et les pièces qu’ils exposent, et EVOL devient alors le catalogue, la trace de l’exposition.

Ce journal regroupe donc des propositions que j’ai créées pour l’exposition mais aussi des propositions existantes d’artistes dont j’aime le travail et qui ont accepté de participer à cette petite aventure. Et puis je suis contente de compter deux des mes anciens étudiants parmi eux : leurs travaux valent le détour.
Merci à David Bideau, Soazic Bruneau, David Michael Clarke, Jeff Guess, David Shrigley et Boris Tissot de m’avoir prêté leurs images et projets.

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Et puis pour finir, une image de la carte du Tendre, montée aujourd’hui par les techniciens du centre, et du montage en cours du fanzine dans l’espace d’exposition…
Pour la carte du Tendre, il en existe 2 versions : une dans le fanzine, sous nom de « Oblivion, carte du dur » et l’autre « Tendre », un grand format qui accueille les visiteurs à l’entrée de l’exposition.
Enfin, les posters édités par le Centre Pompidou sont arrivés !

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Pratiques #22

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La revue Pratiques n°22, dont j’ai assuré la direction, vient de paraître ! Elle traîte de l’Auto-archivage immédiat et regroupe les interventions d’artistes, praticiens de l’art réunis à l’EESAB Lorient en décembre dernier pour discuter et présenter des travaux relatifs à cette notion, qui découle en premier lieu de l’archivage systématique et automatisé en ligne.
Avec Yann Sérandour, Jean-Noël Lafargue, Maurice Benayoun, Christophe Bruno, Joëlle Bitton, David Guez, Reynald Drouhin, Jérome Joy, Sylvie Ungauer, Dominique Moulon, Damien Schultz, Manuel Schmalstieg, Lionel Broye, Gwenola Wagon.

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Et puis dans une semaine, je pars à Annonay pour le BAT de la deuxième publication sur ce sujet, un livre plus personnel, que j’ai conçu et développé ces six derniers mois. Le calage est toujours un moment important et excitant, avec une tension que j’apprécie (suivre l’impression, changer de papier si besoin/si possible, s’entretenir avec l’imprimeur..), et aussi qui marque la fin d’une étape, et l’ouverture d’un travail aux autres. Le calage serait donc une sorte de pré-vernissage ?
Le livre Auto-archive sortira donc début octobre et je fêterai le lancement le lendemain de mon anniversaire ! RDV donc à l’école d’art de Quimper le 6 novembre ou, sur l’invitation de Karine Lebrun, je présenterai, avec d’autres, ce projet de recherche qui nous a réuni pendant 2 ans !