Recherches+notes

Recherches relatives à aux pojets

Woman Reading Book, livre d’artiste

Depuis quelques années, je collecte des images de peintures et aquarelles de « liseuses » de bonnes qualités sur Internet. Il a quelques mois, j’ai commencé à les éditer pour créer trois livres d’artistes : le premier se compose d’un montage de femmes positionnées vers la gauche et qui, au fil des pages, lèvent la tête vers le lecteur que nous sommes, pour finalement le regarder frontalement. Le deuxième fait un montage de femmes positionnées vers la droite, et le dernier travaille le montage de femmes positionnées de face.
J’ai reçu ce matin les impressions de la dernière série !
Tirée à cinq exemplaires, 16 pages, images en noir et blanc + texte rouge, sur papier journal, dimensions : 37 x 29 cm.

Mourning Jewellery for Adaly – Aide à la création

Après deux semaines à la Nouvelle-Orléans, je suis actuellement à Kansas City (Missouri) grâce au financement de l’Aide à la création (DRAC Bourgogne – Franche-Comté) pour une recherche intitulée « Mourning Jewellery for Adaly ». Un voyage de presque 2800km A/R à travers la Louisiane, Mississippi, Arkansas et enfin le Missouri, pour visiter le Leila Hair Museum (Independence), une collection privée et inclassable qui propose plus de 2000 pièces anciennes (18-19e siècle) réalisées avec des cheveux, la plus ancienne remontant à 1680.
Ces deux jours de visites sur place ont été une opportunité de prendre un grand nombre de photos, notamment de gros plans de travaux de cheveux et travaux de deuils, qui me serviront dans la recherche que je suis en train de mener sur les tissages de matières organiques et les encres/matériaux conducteurs. J’ai pu voir et documenter de nombreux exemples de techniques, motifs, manières de tisser qui me seront précieuses une fois de retour à la Nouvelle-Orléans puis en France.

Kansas City, que je ne connaissais pas du tout, a été une révélation : ville relax qui possède une scène artistique et musicale incroyable. Durant ce séjour, j’ai pu visiter le Kemper Museum of Contemporary Art qui présente en ce moment des pièces de Summer Weat, me balader sur le magnifique campus de l’Art Institute (qui compte parmi ces anciens étudiants des artistes tels que Nick Cave, Robert Rauschenberg, Robert Morris, Christina McPhee !). Et puis visite également du Nelson-Atkins Musée of Art où, après avoir suivit le mur en pierres sèches de Andy Goldsworthy qui mène du jardin de sculpture vers l’entrée – vision étrange dans cet environnement – j’ai pu voir (parmi les 7 expositions temporaires !) une exposition de Gordon Parks sur ses photos de Mohamed Ali et passer un long moment les collections d’arts moderne et contemporain. Je regrette seulement de ne pas avoir eu le temps de visiter la collection d’objets amérindiens…

Peinture et détail de Summer Wheat

La semaine prochaine, retour en Nouvelle-Orléans, et RDVs avec Ben Hickey, commissaire, et Gisèle Trudel, artiste, pour travailler sur l’exposition de 2021 au Hilliard Museum, Lafayette.

Atmosphère-Atmosphère, atelier à l’EESAB #2

Après un voyage avec les étudiants de l’EESAB au CNES à Paris la semaine dernière pour rencontrer l’Observatoire de l’espace et des ballonniers de l’Aire sur l’Adour, la semaine prochaine sera consacrée à un nouvel atelier à l’EESAB : « L’odeur dans l’espace », avec Julie C. Fortier.

… Pour préfigurer cet atelier à venir, je regarde « Inert Gas Series/Helium, Neon, Argon, Krypton, Xenon/From a Measured Volume to Indefinite Expansion »  de Robert Barry (1969), qui me semble illustrer l’enjeu paradoxal d’odeurs dans la stratosphère où il n’y a (presque) pas d’eau…


« Testing the limits of materiality, Barry produced this poster for an exhibition that had neither a location nor a date. The address is a post-office box, and the telephone number for the gallery is an answering service with a recorded message describing the “work.” The work was the release, by the artist, of five measured volumes of odorless, colorless, noble gasses into the atmosphere in various locations surrounding Los Angeles, where they would diffuse and expand naturally into infinity.

While documentary photographs were taken of the action of the releases, the only physically tangible evidence of the work would remain the poster, published by the New York art dealer Seth Siegelaub, who stated, “He has done something and it’s definitely changing the world, however infinitesimally. He has put something into the world but you just can’t see it or measure it. Something real but imperceptible. » (sources : Moma).

Faune de l’Édiacarien

Je partage actuellement mon temps entre trois propositions dans trois lieux radicalement différents : une pièce pour l’Art en chapelles (Pontarlier, Franche-Comté), Dataffect, un série pour la galerie de l’Uqam (Montréal, Qc) et une exposition Forces of Nature pour le Hilliard Museum (Lafayette, USA).
Trois projets qui semblent a priori très différents, mais aujourd’hui alors je fais la liste des choses sur lesquelles je fais des recherches depuis quelques semaines : Méduses, vers marins, faune de l’Ediacarien, limnologie/disparition des lacs, cartes maritimes et plasticité des différents états de l’eau… je crois que je nage dans le grand bain :)

Reconfigurations des particules, Le bel ordinaire, Pau


La semaine dernière s’est ouverte, au Bel Ordinaire, l’exposition « Reconfiguration des particules », que j’ai co-commissarié avec Cécile Babiole, pour Le sans titre.
Nous y montrons des œuvres de Refik Anadol, David Blair, Sylvie Bonnot, Jean-Marie Boyer, Caroline Corbasson, Paul Destieu, Marie Fabre, Julie C. Fortier, Lia Giraud, Pierre Malphettes, Claire Malrieux, Stefan Shankland, Gwenola Wagon et Stéphane Degoutin.
L’exposition est visible jusqu’au 21 mars !
> Le Bel ordinaire.

Pour concevoir cette exposition, nous sommes partie de l’observation de la Broyeuse de chocolat de Marcel Duchamp. Notre lecture de cette œuvre emblématique est qu’elle propose une approche contemporaine des choses (matérielles ou immatérielles) : elle permet de les concevoir et de les aborder comme un ensemble d’éléments discontinus. De l’invention du béton, au recyclage de matériaux, en passant par la cuisine ou les données numériques, la granularité est au centre de notre rapport à la matière, jusqu’à devenir un paradigme de la connaissance envisagée comme une vaste base de données constituée d’une masse de micrograins d’informations.

Cet état granulaire de la matière engage des processus spécifiques : fractionner, mixer et mettre en forme. Par exemple, on réduit du gypse en poudre et on obtient du plâtre, puis on le mixe avec de l’eau pour le mouler ou le façonner dans le but de produire une nouvelle forme solide. De même, l’information, réduite à des unités élémentaires exprimées en 0 et 1, est traitée par des programmes numériques afin de produire de nouvelles entités sous forme de textes, images ou sons.

L’exposition est pensée à partir de ces processus et présente une sélection d’œuvres très différentes (du dessin algorithmique à l’œuvre olfactive, en passant par des pièces en béton) qui possèdent toutes, d’une manière ou d’une autre, des propriétés granulaires.
Fidèle à notre manière d’envisager le commissariat comme une création artistique, nous avons crée une scénographie qui englobe l’ensemble des pièces sélectionnées et des espaces, introduit par une série de 32 sérigraphies du Sans titre.



Cartes maritimes et Rebbelibs

Glanées, sur Internet, ces cartes maritimes (Rebbelibs, Medosou ou Mattangs) sont issues de Polynésie et Micronésie (îles Marshalls). Elles sont faites de brindilles et coquillages, et liées avec de la fibre de palmiers. Elles servent à l’enseignement et à la mémorisation des îles, trajets et courants.
Bonne année, bonne navigation !

> https://fr.wikipedia.org/wiki/Carte_%C3%A0_b%C3%A2tonnets

> Articles avec des liens vers deux vidéos très intéressantes sur le sujet des cartes et la navigation dans cette région : https://doorofperception.com/2016/10/polynesian-wayfinders/

Atmosphère-Atmosphère, atelier à l’EESAB

Cette année, j’invite Sylvie Bonnot, artiste, photographe et membre du comité éditorial de la revue Espace(s) à collaborer avec Julie C. Fortier et moi-même à une série d’ateliers à l’EESAB.
Ces ateliers partiront des archives des ballons stratosphériques du CNES pour dégager différentes pistes de recherches : le document d’archive de l’histoire spatiale, l’ingénierie, l’air et son écologie, la visualisation de données. Nous nous rendrons au CNES en janvier pour visiter les lieux, rencontrer l’équipe de l’Observatoire de l’espace et échanger avec des « ballonniers ».
En attendant, une image du travail de Sylvie : une mue photographique réalisée à partir d’une image d’archive du CNES pour son Atlas Aeroplis – produite pour l’exposition Transitions, Nuit Blanche 2017. Vous pourrez par ailleurs voir son travail en Janvier 2020, au Bel Ordinaire à Pau lors de l’exposition « Reconfiguration des particules » que je co-commissarie avec Cécile Babiole.

Ecoldar, un livre de Christine Lapostole

Christine Lapostolle, Ecoldar. Portrait d’une île, édition Musica Falsa.

J’ai fini il y a quelque temps Ecoldar. Portrait d’une île, un livre de Christine Lapostole. Je l’avais commencé car j’avais cette idée de travailler sur un projet de recherche qui avait attrait aux îles (dans la continuité de projets antérieurs, mais aussi dans l’idée qu’une l’école d’art pouvait être vue comme une île, et mon collègue Yannick Liron m’avait conseillé ce livre). J’ai laissé de côté cette idée pour le moment, mais j’ai découvert ce livre et l’ai beaucoup aimé. Je le recommande à tous. Je le recommande surtout à ceux qui se demandent « Qu’est ce qu’une école d’art ? Que devrait-être une école d’art ? Pourquoi j’enseigne l’art ? Pourquoi j’enseigne encore l’art aujourd’hui ? ». Les réflexions de Christine m’ont rappelée toute la complexité d’une école, ses particularités, ses défauts et ses qualités, ses mouvements, l’incompréhension et les interrogations qu’elle provoque, la chance qu’elle donne à tant d’étudiants. Ce livre m’a rappelé (après 15 ans à enseigner) qu’une école d’art et ses enseignements sont ce qui peut arriver de mieux à une personne, que placer l’art au centre de sa vie – de plein de manières différentes – fait sens de ce monde.

Un article de présentation sur Hypothèses.

Erin Shirreff, Ulla Von Brandenburg, CAC Nola

Hier, lors de ma visite de l’exposition « Hinge Pictures: Eight Women Artists Occupy theThird Dimension » au Centre d’art contemporain de la Nouvelle-Orléans, j’ai découvert les travaux de Erin Shirreff (Canada) et Ulla Von Brandenburg (Allemagne). Je n’avais pas mon appareil photo avec moi, alors voici quelques images et une vidéo (en allemand) trouvées sur Internet à mon retour !

Erin Shirreff :


Ulla Von Brandenburg :

Conférences à l’EESAB – Lorient

Depuis le début 2019, je suis de retour à l’EESAB (Lorient) pour un enseigner !
Après une invitation faite à Guillaume Constantin et Gwenola Wagon qui sont venus parler de leur travail lors des journées « L’expérience du récit » (dirigé par Yannick Liron), c’est avec plaisir que je reçois Laurent Tixador pour une conférence lundi prochain, le 25 février…
Laurent est un habitué de l’école puisqu’il était déjà venu faire un atelier « bivouac » en 2010 et avait participé au projet de recherche Géographies variables ! Il parlera de son dernier projet, réalisé en résidence à Port-Louis, avec l’aide d’associations nettoyant les plages du littoral.

Exposition(s) au Hilliard Museum

Visite lundi au Hilliard Museum( Lafayette, Louisiane) de la belle exposition de Gisela Colon, artiste dont je ne connaissais pas le travail – difficile à rendre en photo, car ses « Pods » sont des pièces évanescentes et magiques… Plus de photos sur son site.

Cette visite m’a permis de faire un repérage de l’espace qui accueillera mon exposition en 2021 ! Pour cette exposition, commissionnée par Ben Hickey, j’ai invité Gisèle Trudel, dont j’adore le travail, à collaborer. Good vibes to come :)

Bonne année 2019

En ce début d’année, de retour en France, je souhaite apporter mon soutien au mouvement des gilets jaunes, dans tout ce qu’il a de positif dans les questions qu’ils posent, dans la démonstration que nous ne sommes pas condamnés à l’immobilisme dans un pays désormais gouverné par les multinationales et les banquiers, dans un pays où le pouvoir favorise l’ISF au détriment des personnes fragiles, dans un pays où l’écologie est évacuée des débats et remplacée par le lobbying. Merci à toutes les personnes qui, tous les samedis, se déplacent et rappellent au gouvernement la définition du mot démocratie.
Bonne année 2019 !

Cette image est un montage (inconnu) d’après la course de paddle qui a eu lieu sur la Seine en 2018.

Erdem Taşdelen, exposition « The Curtain Sweeps Down » (Vox, Montréal)

J’ai visité la semaine dernière une très belle exposition de l’artiste Erdem Taşdelen, bâtit autour du roman de Nihal Yeğinobalı: « Genç Kızlar » (The Curtain Sweeps Down), un roman-traduction fictive. L’auteur, originellement traductrice, a pour son premier roman,inventé un auteur américain fictif (Vincent Ewing) et lui a créé une biographie (il visite la Turquie puis écrit un livre qui s’y déroule). Cette pseudo-traduction du roman de Vincent Ewing est un récit initiatique mettant en scène un triangle amoureux qui prend comme décors une école de missionnaires américains, et qui fit scandale à l’époque de sa sortie en 1950.
Le thème et son traitement touchent de prêt à des questions inhérentes à mon travail (la traduction, l’absent, la version…). Je copie ci-dessous le texte de l’exposition, que l’on peut aussi consulter sur le site de Vox – centre pour l’image contemporaine.

 

Erdem Taşdelen, The Curtain Sweeps Down
La première exposition individuelle d’Erdem Taşdelen à Montréal explore les implications sociopolitiques de l’histoire entourantGenç Kızlar, une œuvre littéraire publiée en Turquie en 1950. Paru sous le pseudonyme de Vincent Ewing, ce roman en langue turque était en réalité l’œuvre d’une jeune femme de 21 ans, Nihal Yeğinobalı, qui avait auparavant traduit plusieurs livres de l’anglais au turc, mais qui elle-même n’en avait jamais écrit. Après que l’éditeur de ses traductions eut rejeté son projet d’écrire un roman — en sous-entendant que l’écriture était une activité plus appropriée pour un homme —, Yeğinobalı décida d’attribuer son manuscrit à un auteur Anglo-Américain fictif, puis prétendit l’avoir simplement traduit. Lors de sa publication, la pseudo-traduction suscita l’intérêt du public par son contenu érotiquement suggestif et devint rapidement un livre à succès.Genç Kızlar a fait l’objet de nombreuses réimpressions depuis, mais ce n’est qu’en 2003 qu’il a enfin été publié sous le nom de Yeğinobalı.

ÖVÜL Ö. DURMUSOGLU

« En route vers l’ouest, le regard tourné en direction de l’est » est une histoire de toujours dans la mémoire collective fondatrice de la Turquie. C’est un état d’esprit, une tentative de créer un pont entre tradition et progrès, moralité et technologie, monarchie et démocratie, conservatisme et laïcité, mais qui est emporté par le courant des fossés qui les séparent. La traduction, par conséquent, emprunte un circuit complexe d’annotations concernant l’expérience turque de la modernité.The Curtain Sweeps Down (« Le rideau tombe ») a pour trame de fond les désirs et les dilemmes d’une société en mouvement : être en mesure de traduire constamment et être en constant processus de traduction. De tels désirs ont été incarnés assez tôt par les représentations du corps féminin. Avant d’aborder la fascination d’Erdem Taşdelen pour la traduction fictive du roman à sensation de 1950 Genç Kızlar (Jeunes filles) – et pour ce qu’il représente dans la Turquie d’après les années 1950 à la suite de son adhésion au plan Marshall –, il est primordial de brosser un bref tableau de l’espace de performance chargé qu’on appelle « traduction ». Sa manière de marquer la nouveauté et d’indiquer le progrès trouve ses sources dans les efforts de la fin du XIXe siècle pour transformer l’Empire ottoman, carrefour de cultures, et le désir de rattraper les nouveaux mouvements politiques de l’Occident. Les premières traductions venues de l’« Ouest » en Turquie étaient écrites en alphabet arménien ; de même, les premières comédiennes de théâtre à interpréter des pièces occidentales au pays étaient d’origine arménienne ou grecque. Tercüme-i Telemak, parue en 1862, est considérée comme étant la première « véritable » traduction turque (parce qu’elle utilisait l’alphabet turc). Le traducteur – un homme d’État instruit – a choisi un roman politique du genre didactique écrit par Fénelon, Les aventures de Télémaque (1699), pour ses aspirations démocratiques au changement.

Le roman à sensation Genç Kızlar, toujours populaire, est un exemple parmi les plus importants en études de la traduction turque puisqu’il s’agit d’une traduction fictive, ou pseudo-traduction. La jeune écrivaine Nihal Yeğinobalı, qui avait d’abord travaillé à titre de traductrice, a imité quelques-uns des motifs qu’elle avait utilisés auparavant dans ses traductions afin de renforcer la crédibilité de cet ouvrage qu’elle souhaitait écrire depuis un certain temps. Elle a inventé un auteur de toutes pièces, « Vincent Ewing », et lui a créé une biographie ainsi qu’un roman singulier qui se serait rendu jusqu’en Turquie, intitulé The Curtain Sweeps Down. Le résultat est un récit initiatique parsemé de détails érotiques considérés audacieux à l’époque, mettant en scène un triangle amoureux et ayant pour toile de fond l’école des missionnaires américains à Istanbul où l’auteure elle-même avait étudié. Yeğinobalı, qui est encore classée parmi les traducteurs les plus prolifiques en Turquie, a écrit cinq autres ouvrages par la suite. Dans les entrevues qu’elle a accordées après avoir révélé être l’auteure de Genç Kızlar et non la traductrice de The Curtain Sweeps Down, elle a déclaré que, dans ce pays où bien des écrivains s’approprient du matériel d’auteurs non-turcs, elle désirait expliquer pourquoi une jeune auteure avait choisi d’attribuer ses propres écrits à un étranger. La réalité est plus complexe, cependant ; un indice se cache dans le titre de l’autobiographie qu’elle a publiée plus tard, Cumhuriyet Çocuğu (« Enfant de la République »). La nouveauté s’est toujours d’abord présentée sous le couvert de la traduction ; la traduction convenait à la nouveauté dans une société qui s’efforçait de progresser tout en préservant ses traditions. Le geste n’a jamais cessé d’être politique : les « enfants de la République » se trouvaient toujours pris dans le jeu de la traduction – un jeu qualifié de « pâle imitation de l’Ouest » par les conservateurs trucs. Yeğinobalı, une de ces enfants de la République, raconte la Turquie d’après les années 1950, submergée par la vague de l’américanisation, étiquetée comme ouverte et tolérante, tout en étant fortement rejetée dans les cercles étudiants de gauche. Un an après l’écriture du roman, le pays est entré dans les rangs de l’OTAN en tant qu’allié prometteur dans la guerre froide contre l’URSS.

Toute construction textuelle comporte un potentiel d’effet miroir pour Erdem Taşdelen ; il choisit de révéler le monde et de l’envelopper de mystère à l’aide du texte. Son intérêt particulier l’amène à rassembler des textes qui narrent ou enseignent les processus du soi moderne, lequel est habituellement cultivé selon des catégories. Les textes d’origine lui servent de points de départ – comme dans le procédé de la traduction – qu’il développe au moyen de techniques visuelles afin d’illustrer les façons dont cet effet miroir agit sur les plans individuel et collectif, ainsi que sur les plans social et politique. Fondamentalement, l’effet miroir qu’il cherche à approfondir fait ressortir ce qui est intraduisible dans ce procédé. Genç Kızlar, ou The Curtain Sweeps Down, offre un cas multidimensionnel à l’artiste, et ce, non pas seulement parce que ce dernier est également sensible aux deux langues dans l’équation de la pseudo-traduction. En tant que récit initiatique et érotique,Genç Kızlar fonctionne en double projection ; d’abord, celle du soi féminin américanisé de la petite ville de Manisa, en Turquie occidentale ; ensuite, celle de la répression sexuelle sous-jacente dans la société turque. La stratégie de Yeğinobalı repose sur l’interprétation du soi traduit dans un pays où la modernité se vit à titre de traduction face à ses adversaires. Une nouvelle identité nationale à l’esprit ouvert est incarnée par une figure féminine transformée, et la tentative de démembrement de cette figure laisse entendre l’effondrement silencieux de l’ensemble du projet.

Dans la première « mise en scène » de The Curtain Sweeps Down, Taşdelen adopte avec doigté et une ferveur enjouée la pseudo-traduction en guise de méthodologie artistique afin de développer ce que Genç Kızlar reflète encore près de soixante-dix ans après sa publication : les contradictions, les désirs et les trajectoires incarnées par la stratégie de carrière d’une jeune écrivaine. L’invention de Vincent Ewing se fond dans les lignes nettement définies des rues modernes de Manisa. Des portraits photographiques d’occasion aux origines inconnues se mêlent à des documents d’archives du bureau new-yorkais de l’Office du tourisme de Turquie, qui a œuvré assidûment pour composer l’image d’une nouvelle démocratie avec ses portraits de prima donna, d’aviatrice, d’infirmière, de sculpteuse et de secrétaire. Le mot nouvelle dans « nouvelle Turquie » est hautement ironique, étant donné que le projet politique actuel de ce pays continue de porter ce nom. Tout ce qui est ici développé à partir du circuit complexe d’annotations aménage un espace crucial pour la compréhension de soi du point de vue de la mémoire collective. Le rideau est-il tombé sur la prima donna turque, qui a pu monter sur scène après ses prédécesseures arméniennes, grecques et levantines ? Le rideau est-il tombé sur le libre arbitre du libéralisme ? Que signifiaitlibre arbitre à l’origine ? Cette fois, le roman sera sûrement un mélange de drame historique et de suspense.

 

En cours

Dix jours à la Nouvelle-Orléans, où j’ai pu passer un peu de temps avec Amy Mackie, qui sera la commissaire de ma prochaine exposition à la galerie The Engine Room (mais aussi avec Manon Bellet à Los Islenos festival et rencontrer Lauren Ross et l’entendre parler de son travail). Un tour à Prospect 4, avec quelques très belles œuvres (et j’ai préféré celle de Tayo Kimura au CAC).
Enfin j’ai pu me rendre à Jean Lafitte, une petite ville du sud de la Louisiane, qui dans 50 ans n’existera plus (voir ce bon article du New York Time), et qui est, avec Pass a L’outre et Delacroix, un des trois endroits que j’ai choisi pour le projet que j’ai commencé en fin d’année dernière…. un projet qui parle de lieux qui disparaissent (ou ont déjà disparu) du fait de l’activité industrielle qui épuise le paysage, la flore, la faune.

Retour à Montréal hier, et aujourd’hui, début du travail à l’atelier bois de l’Uqam, où je commence à construire les cadres et boites en bois de noyer noir, un bois extraordinaire (j’avais choisi ce bois à cause, littéralement, de son nom – « noyer » – pour des raisons évidentes car je parle de ces lieux qui sont noyés sous les eaux, mais je découvre en le façonnant que ce bois est magique à travailler!).
Tous ces éléments en cours serviront à accueillir les pièces les plus fragiles de mon exposition Clear, Deep, Dark, à The Egine Room).

Images en cours !
Et puis la première boite, finie !

Jour de test


Clear, Deep, Dark – Scotch conducteur, papier japonais sérigraphié.

Divers travaux au mur.


Coordonnées GPS en encre conductrice et LED + détail.


« Reloaded » – Sérigraphie sur affiche originale « Untiteld (NRA) » de Félix Gonzalez-Torres + détail de la sérigraphie.
Dessins « Constellations » (titre provisoire) à l’encre argent.Montréal, 4 déc.

Quelques notes en vrac.


Très belle exposition de Taryn Simon, Paperwork and the Will of Capital, au Mac Montréal.
(Photos de l’exposition à Rome, par Matteo D’Eletto).


Felix Vallotton, 1890

 


Ernst Haeckel, Kunstformen der Natur

 


Sara Judices de Menezes, Deuxième peau (une photo envoyée par Cécile Babiole).


Bague (Georgian), 1798.

Jake & Dino Chapman, sur des gravures de Goya.


Katharina Grosse, This Drove my Mother up the Wall
(j’aime beaucoup son travail mais je trouve ce titre nul).

Pass a l’Outre

Il y a un an environ, je me suis rendue à Shell Beach, Louisiana, pour accompagner Isabelle Hayeur dans les repérages pour son film (diffusé lors du premier concert « New Water Music« ).
J’avais alors écris un long article sur la situation géographique de cet endroit, un exemple – malheureusement parmi tant d’autres – de la situation des côtes dans le sud de la Louisiane. Sur la route qui mène à Shell Beach on voit la nature se dégrader : des centaines d’arbres meurent à cause à la pénétration de l’eau salée dans marécages.
Le mois dernier j’ai perdu plusieurs dizaines d’articles de mon blog lors d’une migration de base de données, dont un long article sur cette visite. Aujourd’hui, alors que je suis en train de faire des recherches, je suis retombée sur quelques photos que j’avais alors prises et qui sont restées sur mon disque dur… les voici.



Les recherches que je faisais au moment de la récupération de ces photos ne concernaient pas Shell Beach, mais Pass a l’Outre, – Venice, Louisiana (à l’entrée du Mississippi, au sud de la Nouvelle-Orléans). Je mène ces recherches pour mon projet d’exposition Deep, Clear, Dark.
Quelques photos du lieu, trouvées sur Google, et captures d’écrans et leurs différences entre Google Map et Google Map Satellite.

– En 1893 (photo: National Archives)

– En 2011 (photo: George Hero Architect)

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Clear, Deep, Dark

Je suis en train de travailler à l’exposition que je vais présenter à la Hawn Gallery, à Dallas en janvier.
Une partie de cette exposition présentera des dessins, impressions (sérigraphie) et autres expérimentations faites avec de l’encre et « scotch conducteurs » (bandes autocollantes de papier cuivré), reliant ainsi dessin et lumière (l’encre transporte l’électricité vers des petites ampoules LEDs).
En ce moment je regarde quels sont les potentiels et limitations du matériel que j’utilise, tant techniquement que visuellement. En effet, si j’utilise de l’encre conductrice (je dessine sur du papier), je ne peux pas y souder des LEDs, donc je dois trouver le bon type de LEDs : plates et autocollantes…
La taille des ampoules et leur brillance sont aussi des problèmes : je dois trouver le bon équilibre entre la luminosité de la lumière et la visibilité du dessin. Et de plus en plus, on ne trouve que des « grosses » LEDs (3mn) qui sont extra-brillantes, et que l’on ne peut pas regarder directement en face sans avoir mal aux yeux…

À différents médiums, différents problèmes :
Je fais par exemple des tests pour comprendre quelle typographie pourra visuellement « supporter » les bandes de scotch conducteur. Il faut que le dessin de la lettre soit très carré (le scotch supporte mal d’être arqué), suffisamment gros pour supporter visuellement un double contour. Chaque contour est dessiné avec le scotch conducteur : l’un est le + du courant électrique, et l’autre le -.
Je vais construire un système électrique en parallèle et non en série (certe le série serait plus « joli » car il pourrait être fait avec un seul contour, mais il est aussi plus inefficace car un tel système ne supporte pas plus de 3 LEDs consécutivement, ce qui induit un câblage plus important et si la première ampoule grille, alors tout le système est compromis..).
Les majuscules sont également préférables, pour la raison qu’il y a moins de courbes. Après divers essais, soit depuis des typographies recherchées en ligne, ou soit dessinées directement dans mon carnet, j’ai opté pour une typo hybride entre la Prisma (développée par Fontfabric) et des dessins personnels. Cela rend la typo et l’ensemble plus futuriste que je ne le voudrais, mais entre le dessin sur ordinateur et la réalisation, il y aura surement encore une différence. Tant que je n’ai pas essayé, je ne prendrais pas de décision finale.

Tests pour encre :

Tests pour scotch :
Test rapide avec scotch et LEDS sur la lettre « C » et « L » (15cm x 15cm) :

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Résidence à Briant cet été

 


Après la résidence de Gina Phillips à Briant, dans le cadre des résidences incident.res avec le soutient de la Drac Bourgogne, me voici à présent avec Cécile Babiole pour une séance de recherches et travail pour notre projet de costume connecté, que nous avions laissé de côté durant mon séjour aux USA. Pour le moment, nous nous posons des questions de maillage en plastique…

Cartographier A.F.K.

J’ai, jusqu’à présent, omis (consciemment) de produire une forme qui montrerait/expliquerait les différentes productions du projet A.F.K.,ainsi que les liens qui existent entres-elles. En effet, je me demandais si montrer tous les liens (plastiques, de causes à effets, thématiques/ problématiques, etc.) ne fermerait pas les propositions. Suite à ma rencontre et discussion avec Sibylle Friche à Chicago au printemps, je me rendue compte qu’un projet qui comportent autant d’occurrences (dans l’espace, sur Internet) et de versions est difficilement accessible pour quelqu’un qui aimerait en envisager la globalité, et qu’il serait intéressant d’avoir un regard qui permettrait de situer une production par rapport à une autre.
Dans le cadre de ma bourse du CNC où je créé un livre, je me suis donc lancée dans des brouillons d’un possible schémas. En voila un.
Je ne suis pas sûre que ce dessin rende le projet A.F.K. moins obscur pour quelqu’un qui ne le connait pas… mais il pourrait servir comme boussole, lors d’une exposition, pour ceux qui ne connaissent pas le projet. Il a également l’avantage « d’activer » mon esprit quand aux interactions entre les différentes propositions.
À ce jour j’ai produit une quinzaine de propositions reliées entre-elles. Chacune étant elle-même déclinée en une ou plusieurs versions.

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Fulbright à Loyola University, Nouvelle-Orléans

Je suis, grâce à la Fondation Fulbright, un « Scholar in Residence » à l’Université Loyola à la Nouvelle-Orléans. Arrivée depuis 3 semaines, j’y resterai durant un an et y enseignerai deux cours : en design expérimental et sur les formes d’éditorialisations contemporaines (livres, sites internet, publications en ligne, dans l’espace d’exposition). Je poursuivrai également mes recherches et travaux artistiques, notamment celles commencées lors de la résidence Hors les murs à New York et Chicago.

Je posterai ici quelques articles de mon expérience à la Nouvelle-Orléans.
Une première carte postale, vue de mon bureau/atelier.
See you soon !
vudemonbureau

Antoine Catala

Je suis contente d’avoir rencontré Antoine Catala, artiste français originaire de Toulouse qui réside aux États-Unis depuis environ dix ans. Son studio est situé à Brooklyn, sur Park Avenue (près du Métro Flushing Avenue). Comme il est en train de déménager et que son studio est donc vide (une grande pièce froide dans un immense bâtiment labyrinthique plein d’ateliers – d’artistes ou non), nous nous posons dans un café non loin de là pour discuter et regarder les images qu’il a sélectionné. Cette discussion porte sur son travail et le plaisir personnel dans la réalisation artistique, le post-Internet. Lors de cette discussion, comme le monde est petit, et malgré l’éloignement, nous nous découvrons aussi des amis artistes communs.
Je lui demande de me parler de l’exposition « New feelings » (en 2014 à 47 Canal Gallery -NYC), de « Jardin synthétique à l’isolement » (en 2015 au MAC à Lyon) et de « Distant Feel » 2015, Carnegie Museum of art). Dans les deux premières expositions, le langage est le point de départ et la structure des propositions, une position qui m’intéresse. Dans Distant feel, c’est le processus d’un travail confié à un tiers qui m’intéresse.
Le travail d’Antoine me surprend car il présente pour moi un paradoxe : au premier abord, il ne semble pas évident esthétiquement, mais après avoir passer du temps à le regarder et l’appréhender, j’aime ce que j’y vois : un équilibre entre conceptualisme et récit qui joue avec l’esthétique Post-Internet. Ces œuvres sont quasi toujours en mouvement, une place importante est donné aux mots (clés, indexations, paroles poétiques, blagues, définitions…) et la façon dont, grâce à eux, nous formulons une idée ou émotion. À un niveau esthétique, son travail entre (pour moi) dans une esthétique du Post-Internet*. Pourtant je n’y ressens à aucun moment le cynisme, la référence ou la citation que j’ai repérées dans bien des travaux de ce mouvement, travaux que j’ai pu voir « en vrais »‘ durant mon séjour. Ses expositions vont bien au delà d’un commentaire d’Internet et des ses effets sur notre société contemporaine, et sont plutôt des états de recherches en cours que de propositions esthétiquement résolues. Et dans son cas, il semblerait que ce soit une force, un moyen à disposition pour envisager les différentes pistes et potentiels sensibles qui pourraient résoudre un problème formel ou narratif ou autres.

Images/texte relatifs à ce dont nous avons parlé.

– New Feelings (texte du communiqué de presse):
I don’t feel the same anymore.
I feel new. I don’t know how to describe the sensation.
Do you?
Can you feel how I feel?
Is really the sole purpose of emotions the survival of a gene pool? The ultimate bonding gel.
Through the screen, can you tell how I feel? My voice, do I sound nervous or happy?
Can one learn new feelings? A new type of anger, with a hint of pride, a new breed of painless joy.
Can you teach me how to feel, because I lost touch?
It’s like something recently severed, and emotions are drifting inside of me.
When I was a little boy, I put myself in other’s shoes. I would mimic people around me, copy the way they walked, the way they sat or spoke. It would open a window into their minds.
Empathic machines are coming, like children, learning.
Will I be able to outsource my feelings to emobots one day. I wouldn’t have to deal with shitty
emotions anymore. Let the emobots process my crappy moods and re-infuse my body with good vibes.
Fleeting.
If emotionomics is to become a reality, would I ever be able to purchase a meal with the sensation of freedom that permeates through me today? Pay with a confused transactional smile.
This is personal, and it’s not.
It’s all transparent. Let’s put our feelings on the table.

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– Pour Jardin synthétique à l’isolement il met en scène un jardin « composé de plantes artificielles, d’écrans, de roches, de signes et de sons, créé en collaboration avec des personnes qui travaillent avec des enfants non-verbaux et des non-verbaux eux-mêmes. Les signes de communication que certains de ces enfants utilisent y sont présentés en tant que sculptures, tandis que la voix numérique de la machine les énonce. Le Jardin synthétique à l’isolement illustre la joie de communiquer via une machine en parlant des problèmes de communication, mais aussi de la connexion au monde via ce langage spécifique ».
Un extrait du catalogue avec une texte d’Antoine Catala est disponible .

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– « Distant Feel », où Antoine confie à une agence de publicité la tâche de repréenter comment on représente aujourd’hui une émotion via Internet mais aussi physiquement
Le projet prend de multiples formes (sculpture, photographie, vidéo) dont un site internet : http://www.distantfeel.com/Catala-install-42

Yaël Kanarek

Hier belle rencontre de Yaël Kanarek, dont l’exposition « Kisses Kisses » vient de finir à Bitform Gallery (NY). La rencontre a eu lieu dans son studio à Brooklyn, un bâtiment industriel perdu dans une zone d’entrepôts. Une fois à l’intérieur du bâtiment, un labyrinthe de couloirs qui mènent à un endroit lumineux et agréable pour travailler. Un parcours digne d’un début de fiction de Netart comme elle sait les narrer.
Je lui ai posé des questions sur son travail de sculptures/d’objets et de Netart, la manière dont elle allait et venait entre les deux, comment ces choses se liaient entre-elles depuis le début de se pratique, et enfin la façon dont elle envisageait le Post-Internet. C’était précieux de pouvoir avoir son point de vu, tout autant que de parler de nos nombreuses expériences communes (la textualité, la traduction, la relation à l’archivage, l’émergence d’Internet et du Netart dans nos vies d’artistes femmes, le passage au Post-Internet, la façon dont le glissement de l’un (Netart) à l’autre (Post-Internet) se superpose avec la récupération de l’un par l’autre…).
Je lui ai également demandé si elle était l’auteure cachée de Report from the Desert… ; )
Peu d’images car nous avons parlé à battons rompus durant plus de deux heures, et j’ai oublié de prendre des photos ! Yaël m’a montré et commenté certaines peintures et des objets liés au projet en ligne A Traveler’s Journal (les « Love Letters polaroids » du World of Awe, la boite en carton – à toujours fermée – qui contient les objets référencés sur le site et présentés dans l’exposition, et aussi le hardware qu’elle conserve pour pouvoir montrer ses différents travaux numériques. J’ai aussi eu le plaisir de pouvoir l’entendre lire certain de ses textes pour moi (ceux des sites internet A Traveler’s Journal/World of Awe).
Beaucoup de ressources et de matériaux à exploiter pour un texte sur son travail… C’est pour des discussions comme celle-ci que je suis venue à New York !

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> http://www.worldofawe.net
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+ Des photos prises par Yaël lors de son exposition à la galerie Bitform.
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yk_install_5_eyk_install_24_eRDV pris pour que l’on se revoit à mon prochain passage à NY, à l’automne…

Document Gallery et Hyde Park Art Center

Derniers jours à Chicago et rencontre avec Sibylle Friche, commissaire de la très chouette Document Space, où j’ai pu voir l’exposition Happy Sunny Jade, de Elizabeth Atterbury. Je me suis sentie très proche du travail montré ainsi que de la philosophie de la Galerie. J’ai apprécié les lignes directrices de cette galerie mais aussi le fait qu’une galerie commerciale soit le fait d’un artiste (Aron Gent, qui la possède, et dont j’ai découvert, à cette occasion les Ink Studies) et dirigée par une curatrice (Sibylle).

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(Photos Document Gallery)

Sur les conseils de Sibylle, je suis ensuite allée voir la très belle exposition de Michael Rakowitz : The Flesh Is Yours, The Bones Are Ours, à Rohna Hoffman Gallery.

Puis le lendemain, direction Hyde Park Art Center, pour le vernissage et une discussion avec Paul Mpagi Sepuya and Tina Tahir et les « Open Studios », où j’ai pu parler plus d’une heure avec les artistes en résidence et voir l’exposition de l’un d’entre eux : Rodrigo Lara Zendejas: La Paz (Le titre de l’exposition portant le nom de la ville du Mexique où je suis allée prendre le bateau pour Clipperton…).

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(pas de noms pour ces deux dernières images, malheureusement la photo que j’avais pris du titre des œuvres n’ont pas voulu s’ouvrir !

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Paul Mpagi Sepuya en train de parler de son travail :

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J’ai hâte de revenir à Chicago ! : )