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Avis de tempête

Ce soir une tornade se dirige vers le lac Ponchartrain et la Nouvelle Orléans. À la télé les programmes sont entrecoupés de mises à jour des avancés de l’orage et de messages d’alertes, une voix de synthèse métallique qui se superposent aux sons des émissions.

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Project B at Prospect 3

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Aujourd’hui sous le bleu du ciel, sans nuage et dans une lumière éblouissante, nous nous sommes rendus avec Dom, Ross, Lisa à l’ouverture de Exhibit Be, une manifestation de la Biennale Prospect 3.
Il s’agit de l’initiative de plusieurs artistes (et en premier lieu Brandan Odums), d’investir une ancienne cité abandonnée à Algier, un des quartiers de la Nouvelle Orléans sur la rive sud du Mississippi. Cette expérimentation sans permission (il vaut mieux demander pardon que la permission !) a été découverte et a rencontré le soutien de la fondation propriétaire de la cité, ce qui a finalement permis aux artistes de travailler jusqu’à l’ouverture du site durant P.3.
Le projet se développe à la fois dehors et dedans, avec des graffitis de très grand format à l’échelle de l’architecture, mais aussi sur pleins de détails sur les façades, dans les anciens appartements du project, les vieilles moquettes, les sols défoncés, sur les dalles de béton extérieures et dans les chênes environnants.
Le bâtiment au milieu de la cour accueille des graffitis dédiés aux mouvements des droits civiques, un témoignage de la vitalité que peut encore avoir ces questionnements ici. Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en voyant les fresques sur les murs d’un endroit qui porte le nom « De Gaulle Manor »…
Dans les bâtiments alentours, chaque artiste s’est approprié un mur ou un appartement, et avec la déférence due : les plus connus en haut, où leur travail est le mieux exposé.

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English Magic

L’exposition de Jeremy Dellers à Tuner Contemporary, à Margate, est un vrais bol d’air frais. Assise sur un banc construit à partir d’une ancienne Range Rover compressée, je revois la vidéo English Magic avec plaisir. Plaisir qui s’accompagne du reste de l’exposition, une mise en relation d’artefacts produits par d’autres (que ce soit des objets façonnés durant le néolithique, ou produits par des artistes « classiques » (W. Turner, W. Morris) ou encore d’artistes « amateurs ». Au travers des différentes salles d’expo, on respire toute la liberté et la générosité qui accompagnent cette pratique, l’absence de stratégie et cynisme, une vrais prise de risques.

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Bon accueil

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Cette semaine, en préparant ma conférence sur le projet de recherche Géographie variables, je retrouve les photos de l’atelier mené un peu avant l’été avec mes étudiants de 2ème année des beaux-arts de Lorient.
C’est à Marin’accueil, à quelques pas de l’école. Trois mois de travail en amont avec et par les étudiants, et trois belles journées de travail sur place pour réaliser le projet.
Pour que les marins débarqués de tous les pays du monde puissent avoir un endroit sur le port où se connecter à Internet qui soit accueillant. Internet et la mer. Des nœuds et des vagues, un peu comme dans mon estomac.

Été

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Des objets fragiles à déplacer

 

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Un panda pour débutante

 

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Une belle ballade d’anniversaire

 

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Des fenêtres envolées

 

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Un ballon abimé

 

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Une tarte au citron cruelle

 

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Amoxicilline, analgésiques, anti-inflammatoires, vasculoprotecteurs, et lait de chienne.

 

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Chouette-souvenir.

 

Demain, home again.

Spéculation

Inside the White Cube, Briant O Doherty
Chapître 3 – « Le contexte comme contenu »

« En exhibant l’effet du contexte de l’art sur l’art, l’effet du contenant sur le contenu, Duchamp mit au jour une aire artistique jusqu’alors inexplorée. Cette invention du contexte est à l’origine d’une succession de gestes qui vont « exploiter » l’idée de la galerie comme entité homogène offerte aux manipulations, à la mise esthétique. De ce moment date la perdition d’énergie qui affecte l’art au profit de son environnement. Avec le temps, la mythification de la galerie a crû en proportion inverse à la littéralisation de l’art.
Comme tout geste heureux, les 1200 sacs de charbon de Duchamp ont acquis après coup statut d’évidence. Les gestes sont l’une des catégories de l’invention. On ne peut les accomplir qu’une seule fois, à moins que tout le monde s’accorde pour les oublier. Le meilleur moyen d’oublier quelque chose est de l’assumer ; ce que nous assumons disparaît de notre horizon. Pour ce type d’invention qu’est le geste, c’est le brevet, beaucoup plus que le contenu formel (s’il y en a un) qui importe vraiment. Je pose que le contenu formel d’un geste est son à-propos, son économie, sa grâce. D’une pichenette, il expédie le taureau – l’histoire. Mais il a besoin de ce taureau, parce qu’il opère brutalement un complet changement de perspective sur tout un ensemble de partis pris et d’idées. C’est en cela qu’il est didactique, comme l’a dit Barbara Rose, quoique le mot exagère un peu la volonté d’enseigner. S’il enseigne en effet, c’est par l’ironie et l’épigramme, l’astuce et la provocation. Un geste vous ouvre les yeux. Son effet dépend du contexte d’idées qu’il transforme et met en relation. Il n’est peut-être pas art mais presque-art et il vit d’une presque-vie qui tourne autour et à propose de l’art. S’il rate, il demeurera une curiosité dans une bouteille de formol, si même on s’en souvient. S’il réussit, il entrera dans l’histoire et s’y dissoudra. Il ressuscitera l’orque le contexte, imitant celui dans lequel il est apparu, lui donnera une nouvelle « pertinence ». Etrange histoire que celle du geste, qui toujours s’évanouit et reprend vie.
Le geste de la transposition du sol au plafond peut être réédité désormais comme « projet ». Un geste peut être un « jeune » projet ; mais, plus démonstratif et épigrammatique, il spécule à risque sur l’avenir. Il attire l’attention sur des partis pris invérifiés, des contenus négligés, des failles de la logique historique. Les projets (de l’art à cours terme, destiné à des lieux et à des occasions spécifiques) posent le problème de la survie de l’éphémère – s’il survit. Archives et photographies défient l’imaginaire historique en lui présentant un art qui est déjà mort. Le processus historique est à la fois enrayé et facilité par le retrait de l’original, dont le caractère fictif augmente à mesure que sa vie posthume se fait de plus en plus concrète. Ce qu’on préserve et ce à quoi on permet de disparaître, voila ce qui produit l’idée de l’histoire. Cette forme de mémoire commune propre à chaque époque. Les projets non documentés peuvent survivre à titre de rumeur, et s’incorporer à la figure de celui qui est à leur origine, à charge pour lui d’élaborer un mythe convaincant. »
P99.

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Versions

Du latin versio, de vertō (faire tourner, devenir), qui signifie « changer ».
(wikipedia) Traduction d’une langue étrangère vers la langue maternelle du traducteur (par opposition à thème).
(l’internaute) Traduction d’un texte dans une autre langue.
(Larousse) Chacun des divers aspects que peut prendre un même texte selon des traditions ou dans des langues différentes.
(cnrtl) Étymol. et Hist. A. 1. a) 1548 « action de traduire un texte; résultat de cette action » (Th. Sebillet, Art poét. fr., éd. F. Gaiffe, p. 187: la version ou Traduction); b) 1610 (Deimier, Abr. Philos. de Gassendi, p. 256: la susdicte version des Pseaumes); c) 1625 la version des Septante (Naudé, Apologie pour les grands hommes, p. 108); d) 1629 (Peiresc, Lettres, t. 2, p. 121: une version en dialecte samaritain), aux xvieet xviies. s’emploie surtout à propos des textes sacrés, cf. Ac. 1718: ,,son plus grand usage est en parlant des anciennes traductions de l’Escriture« ; 2. a) 1718 (Ac.: Version, Se dit aussi Des traductions que les Écoliers font dans les Colleges); b) 1798 (Ac.: Version, se dit aussi des traductions que les Écoliers font dans les Colléges d’une Langue ancienne en leur propre Langue), v. thème; 3. 1831 « interprétation d’un fait » (Balzac, J.-C. en Flandre, p. 298); 4. a) 1878 « chacun des états d’un texte qui a subi des modifications » (Romania t. 1, p. 60); b) 1889 mus. (Bénédictins, Paléogr. mus., t. 2, p. 4); c) 1923 version cinégraphique « adaptation d’un roman ou d’une pièce au cinéma » (Livre d’Or de la Cinémat. en Fr. ds Giraud); d) 1925 (d’un film) sa version originale (C.M., p. 213, ibid.). B. 1824 « changement de position du fœtus » (Nysten). Empr. au lat. médiév.versio « changement, transformation » (ca 1270), « action de tourner, de retourner » (1446), « traduction » (ca 1580), v. Latham, dér. de versum supin de vertere « tourner, faire tourner, se tourner, changer, transformer » et « faire passer d’une langue dans une autre, traduire ».

Synonymes
Compte, histoire, interprétation, récit, traduction, variante

Version d’un logiciel (wikipédia)

Une version d’un logiciel correspond à un état donné de l’évolution d’un produit logiciel utilisant le versionnage. Selon le Grand dictionnaire terminologique, le versionnage (équivalent francophone de l’anglais versioning) est le mécanisme qui consiste à conserver la version d’une entité logicielle quelconque, de façon à pouvoir la retrouver facilement, même après l’apparition et la mise en place de versions plus récentes.

Une version de logiciel est le plus souvent associée à une numérotation qui permet de l’identifier, voire dans certains cas à un nom symbolique.
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Q: La différence entre une version et un reprise/remake ?
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…. « Synthetic Performances » sur Second Life, de Eva et Franco Mattes / un reenactment de « Shoot », de Chris Burden.

Magik mug

Reçue aujourd’hui, la magik mug commandée sur internet.
Une magik mug est une tasse customisée que l’on trouve sur les sites d’impression photo. La tasse, c’est un pur produit de la culture internet, c’est l’objet présent sur chaque table, à côté de l’ordinateur connecté.
Lamagik mug, de couleur noir au départ, révèle son image lorsqu’on verse un liquide chaud dedans.
C’est un test pour le projet AFK et je me demande si cela ne serait pas possiblement le seul objet présent dans l’espace d’exposition.. (comme test, j’ai fais faire une tasse avec un écran TV de Chris Burden).
On devine un peu l’image imprimé en monochrome noir sur le fond noir, et si au premier coup d’œil cela me dérangeait, après réflexion je me dis que ce pourrait être une contrainte de travail intéressante.
Le résultat lorsque l’on met un liquide est par contre vraiment impressionnant.

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TPB AFK

Cet après-midi, alors que je parlais avec Étienne de mon projet AFK, il m’a demandé si cela avait un rapport avec le film sur The Pirate Bay.
Je lui ai répondu que non, le titre venant d’une chanson de Pinback (Summer in Abandon, 2004), que j’aime particulièrement. J’ai adopté ce terme au fil du temps pour l’utiliser comme une analogie : entre ce message textuel que l’on laisse pour signifier son absence aux autres joueurs/internautes et une potentielle version (ou une version inAbsentia) d’une œuvre en ligne, et donc par extension toute potentielle occurrence d’une pièce/document dans un autre médium que celui de départ (le pdf et sa lecture performée, le site internet et sa présentation IRL sous la forme d’une installation, etc..).
Comme je connaissais pas ce documentaire sur le procès fait à TPB, et je l’ai donc regardé. Il est visible ici… Le titre est en effet tiré d’une discussion, un peu après la 9ème minute du film, autour des notions de IRL (In Real Life) versus AFK (Away From Keyboard).

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Rural Studio, Alabama

Je suis à présent dans l’Alabama, à côté de Greensboro, à Newbern exactement, dans le comté de Hale, pour visiter Rural Studio avec Catherine Rannou et Marion, Nicolas et Morgane.
Une nouvelle étape de ce voyage, toute aussi passionnante que la Nouvelle Orléans mais aussi complètement différente, si ce n’est qu’ici aussi, les questions de communautés, constructions sociales et fédération d’énergies positives sont à l’œuvre et pratiquées concrètement et quotidiennement. Le projet incroyable de Rural Studio parait idéal et je pourrais en parler des heures avec enthousiasme. J’ai hâte de commencer la publication Géographies variables, et rendre compte de tout cela en images et en textes, de faire des liens avec les différentes branches du projet de recherche. Une chose à mettre en place à mon retour en France que j’anticipe avec plaisir.

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2nd Line, Nouvelle Orléans

Arrivés (Marion, Morgane et Nicolas, étudiants à l’EESAB, Mélanie Bouteloup et moi-même) à la Nouvelle Orléans la semaine dernière pour le voyage que nous faisons dans le cadre de Géographies variables, mon projet de recherche à l’EESAB.
Peu de temps pour se poser devant l’ordinateur pour raconter les différentes visites, rencontres et expériences tant elles sont nombreuses et prenantes… Quelques images tout de même de la parade de 2nd ligne que nous avons suivie le week-end dernier, 5 heure de danse à travers les rues de la Nouvelle Orléans, jusqu’au 9th Ward, avec une pause hot sausage + drinks près de la House of Danse and Feathers.
(Images en noir et blanc car mon appareil se bloque sur ce paramètre, malgré le manque de couleurs, j’espère qu’elles rendent suffisamment l’énergie positive qui déborde de la parade et des gens qui la constituent).

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Et pour voir d’autre photos en couleurs sur le Facebook d’un des Social clubs…

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… Dans quelques jours, départ pour Rural Studio, à Newbern, Alabama !

AFK

AFK est le nom que j’ai choisis pour mon prochain projet, que je réaliserai en collaboration avec Camille de Singly et Élodie Goux à la galerie 1 rue des étables, en face des beaux-arts de Bordeaux….
Un terme que j’affectionne particulièrement ; il m’envoie toujours dans une zone étrange : où l’absence est signalée textuellement (dans les archives, on parlerait de fantôme – cette note laissée à la place d’un document emprunté), et compte comme présence. Il me renvoie aussi à pleins de souvenirs, notamment ceux liés à un autre projet, appelé sans interfaces, une période à laquelle je pense souvent ces derniers temps.

AFK, un terme de joueur, un signe qui parle de l’absence qui me fait penser à une belle et étrange carte anonyme reçue cette semaine. Dans 15 jours c’est mon anniversaire et le vendredi matin, j’irais voir cette toile.

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J’été

En attendant la semaine prochaine de rentrer à Briant, des photos-souvenirs de cet été calme, rempli de visites studieuses et de soleil. Quelques photos des séances de travail, de la « workstation » sous les arbres, des améliorations dans la maison, du placo, une table de nuit, un cadre pour la sérigraphie d’Aurélie Mourier, la nouvelle horloge qui marque le temps mais sonne aux mauvaises heures et sans prévenir (drôle ou sardonique, selon l’heure et la situation), l’implantation du satellite (aussi facile à monter qu’un meuble Ikea !) qui n’a pas tant changé le rythme de vie que ça : internet rationné à une fois tous les trois jours pour penser en dehors du réseau, et puis les améliorations du jardin : un figuier, les premiers fruits du pêcher planté l’année dernière, de belles dahlias apportées par Mathilde, mais aucune photo de l’épisode « chasse au nid de frelons dans la cheminée » – ça, il fallait y être…

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Art & Science fiction, JG Ballard & The IG

Une lecture convalescente : Art et science-fiction: la Ballard Connection, Valérie Mavridorakis

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 » L’écrivain anglais J.G. Ballard et des artistes de l’Independent Group comme Eduardo Pao­lozzi se concevaient par leur regard et leur imagination comme des médiateurs entre la science et le public dans un monde où la technologie échappait au commun des mortels. Selon eux, la science-fiction ne devait plus se concentrer sur l’espace et des procédés usés comme le voyage dans le temps, mais sur l’étrangeté d’un présent ultra-mécanisé et dystopique. L’historienne de l’art Valérie Mavridorakis édite une anthologie de textes de références de J.G. Ballard, Robert Smithson ou Richard Hamilton qui nous replongent dans ce moment clé des années 50 à 70 où la science-fiction a redéfini le champ théorique de l’art, lui permettant de sortir du formalisme et d’une passivité imputée au pop art américain. Les expositions This Is Tomorrow de l’Independent Group en 1956 et New Sculptures de J.G. Ballard, qui montrait des carcasses de voitures accidentées en 1970, jouent un rôle de pivot théorique dans cette approche d’une réalité née du rapport ambigu à la technologie et à la science ».

A Thousand Leaves : French Tickler

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De la conservation du mille-feuille

Un projet de recherche comme Auto-archivage immédiat pose la question de son propre archivage pérenne. Comment retenir non pas les objets (virtuels ou matériels) produits – ce serait impossible de par la nature des supports utilisés [1] et dans ce cas là inutile – mais l’essence d’un tel projet?
Après réflexion je me suis fixée sur un support papier qui reste un moyen de diffusion stable (bien que moins accessible), et qui permettrait au moins de relater les enjeux et l’énergie du projet Auto-archivage immédiat.
Ce choix induit certaines contraintes, qui pourrait maintenant se résumer par la question : comment passer de contenus sur internet vers un support papier?

Dans cet objet éditorial, nous avons donc testé comment des flux pouvaient résister ou perdurer sur le papier, mais avec l’évidence que l’on ne pouvait pas opérer une simple translation d’un médium à un autre.
Si l’inverse semble couler de source – on a toujours eu ce mouvement d’aller du papier vers un média en ligne – le retour du numérique vers le papier appelle à concevoir le « livre » autrement. Je mets livre entre guillemets car je ne crois pas que l’on puisse nommer cette archive papier par ce nom, même s’il en possède les qualités formelles (matériaux, reliure, une certaine linéarité au premier abord, outils synchroniques..).
Alors, ici la question sous-tend toujours : comment définir cet objet, comment s’y prend-on pour « transcrire » des contenus en ligne, avec tout ce qu’ils possèdent d’In Absentia. Comment visualiser ce qui se cache derrière un lien, comment retranscrire une vidéo, une animation-transition en mouvement, les multiples couches qui constituent un site, ou encore le montage tellement particulier d’une navigation hypertextuelle?

Peut-être le livre d’artiste serait-il un paradigme intéressant par son approche. En tout cas, il offrirait des pistes de réponses sur ce que l’on peut développer lors d’un passage internet > papier. Il évite en effet souvent des choses telles que le codex, la pensée linéaire, la narration illustrative, la mise en page normée, la rigidité monolithique du livre, ce que nous voulons a tout pris éviter.
Il n’est pas étonnant que les objets sur lesquels je travaille actuellement, celui-ci en particulier, sont surtout des objets conceptuels. Ils font donc directement référence à cette période artistique qu’est l’art conceptuel : notamment dans la place qu’y occupe la textualité [2] et la tautologie, forcément présente dans l’archivage d’un projet sur l’archivage.

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« Free time, free time
Did I mention that you control me
Free time, free time
The merest endeavor slightly forever
Mille feuille Mille feuille Mille feuille »

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[1] qui regroupe notamment écritures, lectures préformées, flux, agrégations, montages par métadonnées

[2] le texte en tant qu’il est écrit, le texte comme process, le texte devenant image, le texte comme élément à la fois structurel, abstrait et formel