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English Magic

L’exposition de Jeremy Dellers à Tuner Contemporary, à Margate, est un vrais bol d’air frais. Assise sur un banc construit à partir d’une ancienne Range Rover compressée, je revois la vidéo English Magic avec plaisir. Plaisir qui s’accompagne du reste de l’exposition, une mise en relation d’artefacts produits par d’autres (que ce soit des objets façonnés durant le néolithique, ou produits par des artistes « classiques » (W. Turner, W. Morris) ou encore d’artistes « amateurs ». Au travers des différentes salles d’expo, on respire toute la liberté et la générosité qui accompagnent cette pratique, l’absence de stratégie et cynisme, une vrais prise de risques.

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Conférence et workshop à Parsons Paris

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J’ai le plaisir de faire une conférence sur mon travail à la Parsons School of Art (campus de Paris) le 28 octobre 2014 à 19h.
Cette conférence est intitulée « A Pyhrric Victory » (une victoire à la Pyhrrus). Ce titre de cette conférence fait à la fois référence à une pièce éponyme que j’ai réalisée il y a trois ans pour une exposition au BBB, et aussi à la signification de ce terme militaire (une victoire avec un coût dévastateur pour le vainqueur) appliqué à une pratique artistique. Pour autant ce n’est pas avec pessimisme, fatalisme et encore moins avec amertume que je fais ce rapprochement, mais plutôt en envisageant que ce coût dévastateur est une chance pour celui qui s’engage dans une pratique de l’art.
C’est autour de ce point de vue que j’essayerai de construire mon propos. Synthèse dans quelques jours.

Cette conférence sera accompagnée d’un atelier, « Connect the Dots », pour les étudiants en MFA, dirigé par Benjamin Gaulon, qui m’a lancé cette invitation.
Quelques images ici. Et en bonus, quelques photos du travail en cours de Eugina, une des étudiantes participant à l’atelier.

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Hypothèse de l’impact géant – Exposition du 4 octobre au 29 novembre, au Carreau (Cergy)

La première exposition commisariée par le collectif Le sans titre (Cécile Azoulay, Cécile Babiole et moi-même) s’appelle Hypothèse de l’impact géant. Elle aura lieu au Carreau du 4 octobre au 29 novembre 2014.

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Vernissage le vendredi 3 octobre à 18h30,
performance musicale de Frédéric Nogray à 19h
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Avec : Yuri Ancarani, Cécile Beau, Emilie Benoist, Bureau d’études, Revital Cohen & Tuur Van Balen, Cléa Coudsi & Eric Herbin, Baptiste Debombourg, Nicolas Durand, Iris Heurtaux, Martin Howse, Jan Kempenaers, Atsunobu Kohira, Aleksandra Mir, Adelin Schweitzer, Ken & Julia Yonetani

L’Hypothèse de l’impact géant est le nom de l’une des théories émises par la communauté scientifique concernant l’origine de la lune : il y a plus de 4,5 milliards d’années, une collision entre la Terre en formation et un corps céleste de grande taille aurait éjecté la matière suffisante à la formation de notre Lune. L’exposition éponyme part de cette hypothèse et explore plus globalement ce qui est commun et compose ces deux astres : les minéraux.

L’exposition se place sous le signe d’une quête fantastique oscillant entre les différentes applications, connotations et implications de l’élément minéral.
Elle explore :
– Une quête scientifico-philosophique relative à nos origines ou à la trace de l’histoire dans ces minéraux,
– Une quête plus prosaïque de richesses matérielles (or, coltan, pétrole, terres rares) dont les enjeux sont aujourd’hui plus que jamais stratégiques et géopolitiques.

Les œuvres proposent ainsi des questionnements et points de vue qui abordent le minéral dans sa dimension géopolitique ou technologique (prospection, extraction, etc.), mais aussi sous un angle symbolique : mythologique, fantasmagorique, science-fictionnel…


Quelques images d’une partie des pièces présentées…

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Jan Kempenaers

 

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Clea Coudsi, Eric Herbin
 

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Cohen, Van Balen

 

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Baptiste Debombourg

 

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Martin Howse

 

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Julia + Ken Yonetani

 

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Aleksandra Mir.

 

 

Info :
Le Carreau, espace d’art visuel de Cergy
3-4 rue aux Herbes, 95000 Cergy

Du mardi au vendredi : 12h-19h / Samedi : 14h-19h (entrée libre et gratuite)

L’exposition se poursuit à Visages du Monde avec l’installation d’Adelin Schweitzer présentée le samedi 4 octobre à 18h30 l’occasion de la nuit blanche.
Installation visible du 5 octobre au 14 novembre 2014

10, place du Nautilus, 95000 Cergy
Mardi /Jeudi / Vendredi : 12h30-19h / Mercredi : 10h-19h / Samedi : 10h-18h / Dimanche : 10h-17h (entrée libre et gratuite)

Collectif Le sans titre

Depuis 6 mois, Cécile Babiole, Cécile Azoulay et moi-même nous sommes constituées en collectif pour travailler des projets curatoriaux, choses que nous faisions auparavant en solitaire.
Notre premier projet « Hypothèse de l’impact géant », exposition qui explore la relation entre la Terre, la lune et leurs ressources, verra bientôt le jour au Carreau, l’espace des arts visuels situés juste à côté de l’école de Cergy-Pontoise. Rendez-vous le 4 octobre pour le vernissage.
En attendant, notre site est enfin en ligne, à cette adresse : lesanstitre.net

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En cours

Je travaille actuellement sur mon nouveau site internet, mise en ligne courant octobre. J’y privilégie les images, et classe mes projets selon 3 entrées :
– Projets (un listing de tous les projets)
– Expositions (dans l’espace d’exposition, dans l’espace d’internet)
– travaux périphériques (commissariat, art graphique, projets collectifs)

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Terrain neutre / Neutral Ground

En décembre dernier, je me suis rendue à la Nouvelle Orléans. Je n’y étais pas retournée depuis au moins 20 ans, période où j’allais visiter de la famille pour les vacances d’été. Ça a été pour le moins étrange de me promener dans cette ville, qui paradoxalement me parait à la fois inchangée et transfigurée – une ville où la vie est à la fois dure et douce.
Ce voyage (que j’ai effectué dans le cadre de mon projet de recherche Géographies variables, avec Catherine Rannou, Mélanie Bouteloup, et trois de mes étudiants) a été une première étape pour poser les jalons d’un projet.
Je m’y rendrai donc à nouveau cet automne pour travailler sur cette proposition intitulée Neutral Ground.

 

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Évolution de la zone urbaine de la New Orleans, de sa création jusqu’à nos jours (avec en noir, le vieux carré)
(Image : Unfathomable City: A New Orleans Atlas, Édité par/Edited by Rebecca Solnit & Rebecca Snedeker).

 

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Le neutral ground sur Esplanade Ave. en 1900, avec les lignes de tram /Le neutral ground sur Esplanade Ave. aujourd’hui.

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Le Neutral ground sur Esplanade Ave. aujourd’hui, dans le centre historique.

 

Cette proposition prend comme point de départ un contexte spécifique à Nouvelle Orléans : les neutral grounds. Ces terre-pleins centraux plus ou moins larges, qui séparent les rues en deux dans le sens de la longueur, signalent les limites des différents quartiers juxtaposés.
Ils sont des traces de la colonisation et de l’histoire de la ville : Dans les années 1800, ce sont pour la plupart des canaux de communications fluviales. Ainsi Canal Street – neutral ground encore visible et le plus large de la Nouvelle Orléans – avait été pensé pour accueillir un canal qui ne fût jamais construit mais en a gardé le nom…
Au fur et à mesure de l’urbanisation, ils sont peu à peu remblayés. Les neutral grounds deviennent alors des zones arborées qui séparent les quartiers créoles (Français, Espagnols, gens de couleurs libres) des quartiers Américains après la guerre de sécession, ou les quartiers noirs et blancs.
Ce sont des lieux vivants où au fil du temps se superposent plusieurs fonctions liées à la rencontre et à la circulation.
Ce sont tout à la fois : des lieux de promenade aux abords des quartiers, lieux d’affaires entre les habitants des différents quartiers, lieux d’affrontements effectifs (Duels à Duelling Oaks, durant la période créole) où symboliques (rencontres des Indiens de Mardi-gras depuis la fin des années 1960), et lieu de rendez-vous socioculturels dans les quartier noirs où les gens se réunissent pour jouer de la musique et célébrer les Second Lines, ou enfin des terrains de jeux.
Ce sont tout aussi bien des espaces de circulation : des trains dans un premier temps, puis des tramways. Laissées pour compte après la guerre, ces lignes de tramways connaissent, post-Katrina, un renouveau et il s’opère donc une redéfinition de ces espaces (processus de gentrification et de capitalisation du patrimoine culturelle de la ville).
Enfin, on les utilise ponctuellement comme parking lors des crues et inondations, du fait qu’ils soient surélevés par rapport à la route.
De nos jours, ils sont investis par les communautés qui les bordent et se les partagent. Parfois, ils peuvent aussi constituer une zone de tampon laissée à l’abandon, soit par manque de moyens financiers soit par volonté politique (construction sur le neutral ground de Claiborne, aux abords de Tremé, de l’autoroute Interstate 10 dans les années soixantes).

 

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Vues du neutral ground bordant le quartier de Tremé-Lafitte Neighborhood (Claiborne Ave) en 1900s, et après sa destruction et le passage de l’autoroute I-10 interstate.

 

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Image avant/après du neutral ground de Claiborne Ave., à Tremé-Lafitte.
(Images Wikipedia Creative Commons and Alexey Sergeev).

 

Déroulement du projet

Loin d’être neutres, les neutral grounds restent des marqueurs culturels, sociaux, et raciaux.
Lorsqu’en décembre 2013 je me suis rendue à la Nouvelle Orléans, j’ai constaté que ces neutral grounds étaient de espaces concrets capables d’héberger l’imaginaire. Ils se sont imposés à moi comme des emplacements où l’opposition classique entre espace privé/espace public, espace social/espace de travail pouvait cohabiter, voir se trouvait remise en questions.
Ils sont le moyen d’interroger visuellement les espaces de la ville et les relations de voisinages qui s’y développent, notamment dans le contexte de mutations urbaines post-Katrina. Ce sont des lieux où : « tous les autres emplacements réels que l’on peut trouver à l’intérieur de la culture sont à la fois représentés, contestés et inversés ».

Le projet Neutral Ground propose dans un premier temps une recherche de fond, à la fois sur le terrain et à partir de fonds d’archives historiques (Louisiana Historical Center – Mint, Historic New Orleans Collection). Cette enquête, que je mènerai en octobre-novembre-décembre,  permettra le développement d’une pensée écrite et visuelle, une documentation dont les modalités de restitution sont à inventer et à articuler sur place.
Dans un deuxième temps, cette recherche s’accomplira dans une proposition artistique qui se concentrera sur certains neutral grounds identifiés lors de la première étape. Cette production a pour objectif la réappropriation de ces espaces par les habitants des quartiers concernés, cela par le biais du jardinage. Le jardinage y est envisagé comme un travail plastique, donc comme une vision esthétique et politique de l’espace public.
Un jardin étant toujours une vision du monde, il présente donc un point de vue que le créateur porte sur son environnement. On peut citer pour exemple les différences dans toutes une typologie de formes de jardins : français ou anglais pour parler des plus évidentes, mais aussi différents types/fonctions de cultures (jardin d’agrément ou d’herboristerie par exemple).
L’espace à investir et les modalités de représentation seront la base d’un dialogue qui s’établira entre les habitants et l’artiste, un objet de rencontre concret pour que chacun puisse prendre pleinement conscience des spécificités de ce médium de création qui cristallise un grand nombre d’enjeux sous une forme ouverte, matérielle et vivante.
Enfin, une restitution sera organisée dans l’espace d’exposition du partenaire, soit la Historic New Orleans Collection, soit le Louisiana Historical Center. Elle ne sera pas forcément de type documentaire mais sera une proposition plastique en tant que telle (sa forme reste ouverte et se fixera sur place).
En partenariat avec le Louisiana State Museum, une proposition est mise en place à long terme, pour le tricentenaire de la ville en 2018.

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Les partenaires de ce projet : la collection historique de la Nouvelle Orléans, une fondation privée incroyable dédiée à l’histoire de la ville, et Louisiana State Museum (Le Mint) qui abrite notamment une collection impressionnante liée à l’histoire de jazz.

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Conversation

Cette semaine, je corresponds avec Karine Lebrun par le biais de son site internet, pour prolonger la recherche A.F.K. dont l’exposition éponyme à lieu à Bordeaux.
La conversation commence par ce billet :

Conversation avec Julie Morel du 14 au 30 avril 2014
Par karine, dimanche 13 avril 2014 à 14:41 :: Julie Morel

Ton exposition A.F.K (Away From Keyboard) a lieu en ce moment à Bordeaux.
Tu m’as dit qu’elle n’était qu’une étape. Qu’elle faisait partie d’un ensemble que tu projetais de mettre en œuvre en vue de matérialiser tes recherches en cours.
Même si une exposition peut se déployer en plusieurs temps, s’inscrivant dans une série, elle présente généralement des œuvres achevées. Ton projet semble différent et ouvrir l’espace d’exposition au processus de recherche dans sa dimension la plus incomplète, sans pour autant négliger la mise en forme de tes idées que tu livres ainsi au public de la galerie, mais en risquant aussi de décevoir un certain nombre de visiteurs.
La forme de ton projet résulte de l’observation qu’un objet, artistique ou non, fluctuant et/ou même flottant entre ces deux statuts, génère aujourd’hui plusieurs versions produites, diffusées et réceptionnées par toute la panoplie de l’appareillage numérique. Ce que tu expliques ici : http://incident.net/users/julie/wordpress/?p=6466
Je t’invite donc à partager et à poursuivre cette réflexion le temps de ton exposition.

A.F.K. – Photos de l’exposition

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1er espace, grand espace sur la rue :

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2e espace, petite salle côté cour :

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Entrée :

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Cette exposition n’aurait pas été possible sans l’aide et les discussions avec :
Camille De Singly & Elodie Goux, Étienne Cliquet, Keren Detton, Cécile Babiole, Karine Lebrun, Manuel Schmalstieg & Greyscale Press, Rodolphe Delcros, Ann Guillaume, Brigitte Mahon. Ainsi que : David Bideau pour sa version sonore de « Rio », Anne Gendrin pour son aide sur la traduction de « L’image-objet Post-Internet », ainsi que Léna Peyrard et Elsa Prudent – assistantes sur l’exposition.
Merci !

Entretien

Je viens de finir un entretien avec une super équipe composée de Camille de Singly, Rodolphe Delcros, Elodie Goux, Léna Peyrard et Elsa Prudent. Cet entretien prend la forme d’un dépliant de 30x30cm, et porte sur l’exposition qui ouvrira ces portes jeudi 3 avril à 19h à la Galerie 1, rue des Étables, Bordeaux. Il m’a permis de mettre des mots plus précis sur cette exposition et ces recherches en devenir, et de faire la synthèse sur ce qui a été déjà réalisé.
See you there, pour la distribution du dépliant et pour le vernissage !

Un envoi papier sera effectué pour cet entretien. Envoyez-moi un mail pour nous donnez votre adresse si vous voulez en recevoir un !

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Béton salon, atelier dans le cadre de Géographies variables

Quelques photos de l’atelier que j’ai fait avec mes étudiants de l’EESAB au Béton salon, encadrés par Nicolas Floc’h et moi-même, dans le cadre de le cadre du partenariat Géographies variables et le béton salon. L’atelier s’est déroulé sur quatre jours avec une restitution sous la forme d’une série de performances, lors d’une des sessions du samedi, dans l’exposition les Sécession Sessions d’Éric Beaudelaire, avec comme point de départ la pratique de Gela Patashuri (Without wall), sur une proposition de Mélanie Mermod.

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22 février 2014
The Secession Sessions est WithOut Wall
Une intervention du collectif WithOut Wall (Géorgie)

La création d’un État souverain est-il encore le seul moyen aujourd’hui de permettre à un peuple son émancipation et son autonomie ? De protéger et nourrir ses spécificités culturelles et ses traditions ? Comment définir une forme culturelle spécifique, et de surcroît, dans l’une des régions les plus riches ethniquement, telle que le Caucase ?

« The Secession Sessions » accueillent une autre institution tout aussi concrète qu’immatérielle de la région du Caucase à Bétonsalon : le WithOut Wall, basé à Tbilissi. Ce groupement ouvert et sans structure réelle, qui squatte un terrain dans la banlieue de la capitale géorgienne, développe des activités artistiques alternatives, à l’écart de l’idée de célébration d’une identité culturelle et des politiques artistiques soutenues par l’État Géorgien.

Fondé en 2011 par l’artiste Gela Patashuri, le projet WithOut Wall regroupe les artistes Giorgi Kobiashvili, Eduard Oganov, Mari Tipukhian, Sergo Zhornitski, Tamar Mdivani. WithOut Wall est un projet sans structure et sans toit dont les activités ont principalement lieu sur un terrain acquis en 2006 par le commissaire d’exposition Daniel Baumann pour y construire le Tbilisi Center for Contemporary Art (TCCA). Face aux manques d’opportunités offertes aux jeunes artistes à Tbilissi, WithOut Wall s’est constitué afin d’offrir un espace ouvert de recherche, de production, de développement de processus créatifs expérimentaux et de discussions. Quand il n’y a pas d’autre alternative, vous faites juste ce que vous voulez.

Cette session a été organisée sous la forme d’un workshop avec des étudiants de l’EESA Bretagne, en collaboration avec le programme de recherche « Géographies variables » dirigée par Julie Morel. Ce programme est soutenu par le Conseil scientifique de la recherche en art (MC).

Géographies variables est un programme de recherche de l’EESA Bretagne, d’une durée de trois ans qui réunit une vingtaine de praticiens (artistes, étudiants, critiques, commissaires, philosophes) et se structure autour d’un réseau de résidences d’artistes, voyages d’études, ateliers et conférences, présentations, démos….
 Géographies variables s’attache à questionner l’art en lien avec divers territoires physiques ou symboliques, quand le processus de travail est poussé dans ses retranchements : lors de conditions limites, ou dans des territoires ou environnements extrêmes.
Quelles formes et esthétiques volontairement non spectaculaires émergent dans des conditions extrêmes, comment y inscrit-on une pratique artistique, comment rendre compte de et en rendre compte dans ces conditions ?
Qu‘est-ce qu’un territoire extrême pour un artiste ? Quelles sont les possibilités de développer une pratique artistique dans des milieux où l’art semble absent, difficilement praticable, que ce soit pour des raisons d’implantations géographiques (art en zone climatique limite par exemple), des raisons sociales (conflits, crise économiques) ou culturelles (émergence d’une identité en marge) ?
Le programme se veut transdisciplinaire, une circulation à travers différents champs, matérialisée par un ensemble d’œuvres, de dispositifs et d’expositions qui jalonnent les étapes de la recherche. Une publication est prévue en 2015.

Direction Scientifique : Julie Morel. 
Praticiens impliqués : Catherine Rannou, collectif Hehe, Florent Perrier, Julie Morel, Annick Bureaud, Laurent Tixador, Marie Bette, Mélanie Bouteloup, Nicolas Floc’h, Nicolas Momein, Valentin Ferré & Capucine Vever. Programme soutenu par le Conseil scientifique de la recherche en art (MC).

2nd Line, Nouvelle Orléans

Arrivés (Marion, Morgane et Nicolas, étudiants à l’EESAB, Mélanie Bouteloup et moi-même) à la Nouvelle Orléans la semaine dernière pour le voyage que nous faisons dans le cadre de Géographies variables, mon projet de recherche à l’EESAB.
Peu de temps pour se poser devant l’ordinateur pour raconter les différentes visites, rencontres et expériences tant elles sont nombreuses et prenantes… Quelques images tout de même de la parade de 2nd ligne que nous avons suivie le week-end dernier, 5 heure de danse à travers les rues de la Nouvelle Orléans, jusqu’au 9th Ward, avec une pause hot sausage + drinks près de la House of Danse and Feathers.
(Images en noir et blanc car mon appareil se bloque sur ce paramètre, malgré le manque de couleurs, j’espère qu’elles rendent suffisamment l’énergie positive qui déborde de la parade et des gens qui la constituent).

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Et pour voir d’autre photos en couleurs sur le Facebook d’un des Social clubs…

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… Dans quelques jours, départ pour Rural Studio, à Newbern, Alabama !

Sixième Congrès du CIPAC – les 27, 28 et 29 novembre 2013, Lyon

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J’interviendrai jeudi 28 novembre lors d’une table ronde organisée par la CIPAC, dans le cadre du congrès qui porte le nom  « Nécessités de l’art ».

Table ronde : nouvelles conditions à l’ère du numérique. Jeudi 28 novembre, 14h30-16h30
Amphithéâtre de l’ENSBA,

Les Subsistances
8 bis Quai Saint Vincent
69001 Lyon

« Les nouveaux médias permettent d’inventer de nouvelles formes de transmission, d’accompagner les publics, voire de créer des publics spécifiques dans l’espace numérique. Ils facilitent l’accès à la connaissance, le partage de ressources, l’échange d’informations, la visibilité des œuvres et accompagnent la mobilité des artistes. Les champs de compétences des lieux et réseaux de diffusion de l’art contemporain peuvent être augmentés par ces outils dans le but de valoriser les projets artistiques. Les intervenants présenteront quelques potentiels d’évolution des missions de médiation, de communication, de documentation, de recherche, d’édition, induits par l’usage adapté de moyens numériques. »

Une table conçue avec le réseau Documents d’artistes.
Modération par David-Olivier Lartigaud, artiste et chercheur.
Avec :
Madame la vice présidente du Grand Lyon, chargée des industries créatives et des évènements culturels métropolitains
Gonzague Gauthier, chargé des projets numériques au Centre Georges Pompidou, Paris et consultant indépendant
Julie Morel, artiste, membre du collectif incident.net
Alice Vergara, chargée des Études à l’École européenne supérieure de l’image d’Angoulême – Poitiers
Yann Sérandour, artiste et enseignant-chercheur en arts plastiques à l’université Rennes 2
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Le Congrès du CIPAC constitue un rendez-vous fédérateur et transversal pour les professionnels des arts visuels. Il permet de discuter, d’échanger avec une multitude d’acteurs concernés par la présence de l’art contemporain dans notre entourage.
Centré sur la question des Nécessités de l’art, le Congrès est le moment où s’énoncent les projets en cours et futurs, et où l’on rappelle en quoi l’art est nécessaire à la société et à chaque individu.
http://cipac.net

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Des photos du livre Auto-archive (livre d’artistes conçu avec Marie Daubert, Gwenola Wagon, Karine Lebrun, Reynald Drouhin et Dominique Moulon) reçu vendredi : il est super bien, il est super beau !

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Auto-Archive.
Édition de l’École européenne Supérieure d’art de Bretagne.
160 pages, (96 pages couleur, 32 pages bichromie, 32 pages noir et blanc).
ISBN : 978-2-9519868-8-6
Prix : 18€
Distribution EESAB

EVOL, un fanzine pour l’exposition « Love », Centre Pompidou

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Quelques photos de la maquette (en cours) du fanzine EVOL, journal de l’exposition « Love » qui ouvre samedi au Studio 1316 du Centre Pompidou. Toutes les pages seront affichées sur l’un des murs de la salle d’expo et 500 exemplaires N&B seront produits pour une distribution pendant la durée de l’exposition.
Dans l’édito on peut y lire :
Des citations issues d’ouvrages de la BPI et de la vidéo « A Thousand Lovesongs » présentée dans la vitrine du Studio 13/16, des projets ou mots d’artistes de toutes les époques… Tous ces fragments s’organisent en rapprochements ou oppositions, traçant des liens pour constituer le fanzine EVOL.
EVOL est un journal consacré à l’amour – de la chanson d’amour à l’amour de l’art. Clin d’œil à un album de Sonic Youth, son titre forme avec le titre de l’exposition, un palindrome. Sa sonorité tire vers le mot anglais Evil * et donne le ton.
EVOL est un objet en train de se faire, à assembler comme on veut : toutes les pages, seulement celles que l’on aime ou que l’on aime pas, dans l’ordre ou le désordre… Ou encore à placarder sur son mur, version posters. Un fanzine à augmenter, seul ou à plusieurs, lors du vernissage et des ateliers de l’exposition LOVE. Mais surtout, un journal à emporter, à partager.
Ces expérimentations sont complétées par des pages d’informations sur les artistes et les pièces qu’ils exposent, et EVOL devient alors le catalogue, la trace de l’exposition.

Ce journal regroupe donc des propositions que j’ai créées pour l’exposition mais aussi des propositions existantes d’artistes dont j’aime le travail et qui ont accepté de participer à cette petite aventure. Et puis je suis contente de compter deux des mes anciens étudiants parmi eux : leurs travaux valent le détour.
Merci à David Bideau, Soazic Bruneau, David Michael Clarke, Jeff Guess, David Shrigley et Boris Tissot de m’avoir prêté leurs images et projets.

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Et puis pour finir, une image de la carte du Tendre, montée aujourd’hui par les techniciens du centre, et du montage en cours du fanzine dans l’espace d’exposition…
Pour la carte du Tendre, il en existe 2 versions : une dans le fanzine, sous nom de « Oblivion, carte du dur » et l’autre « Tendre », un grand format qui accueille les visiteurs à l’entrée de l’exposition.
Enfin, les posters édités par le Centre Pompidou sont arrivés !

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Pratiques #22

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La revue Pratiques n°22, dont j’ai assuré la direction, vient de paraître ! Elle traîte de l’Auto-archivage immédiat et regroupe les interventions d’artistes, praticiens de l’art réunis à l’EESAB Lorient en décembre dernier pour discuter et présenter des travaux relatifs à cette notion, qui découle en premier lieu de l’archivage systématique et automatisé en ligne.
Avec Yann Sérandour, Jean-Noël Lafargue, Maurice Benayoun, Christophe Bruno, Joëlle Bitton, David Guez, Reynald Drouhin, Jérome Joy, Sylvie Ungauer, Dominique Moulon, Damien Schultz, Manuel Schmalstieg, Lionel Broye, Gwenola Wagon.

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Et puis dans une semaine, je pars à Annonay pour le BAT de la deuxième publication sur ce sujet, un livre plus personnel, que j’ai conçu et développé ces six derniers mois. Le calage est toujours un moment important et excitant, avec une tension que j’apprécie (suivre l’impression, changer de papier si besoin/si possible, s’entretenir avec l’imprimeur..), et aussi qui marque la fin d’une étape, et l’ouverture d’un travail aux autres. Le calage serait donc une sorte de pré-vernissage ?
Le livre Auto-archive sortira donc début octobre et je fêterai le lancement le lendemain de mon anniversaire ! RDV donc à l’école d’art de Quimper le 6 novembre ou, sur l’invitation de Karine Lebrun, je présenterai, avec d’autres, ce projet de recherche qui nous a réuni pendant 2 ans !

Lieux Dits, Poitiers – Lancement le samedi 4 mai 2013 à la médiathèque.

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Je rentre tout juste de Poitiers où, au sens du collectif Kom.post, j’ai conçu et réalisé le projet Lieux Dits. Ça a été un parcours long et difficile mais le résultat en valait la chandelle, et le projet ne fait que commencer car samedi avait lieu le lancement de ce qui devrait s’étaler sur un an.
Grâce à un audioguide contributif géolocalisé (sonospheres), et les parcours sonores qui en découlent, un fanZine qui permet une autre découverte de la ville, une revue en ligne pour partager les expériences, et enfin une série d’ateliers à l’EESI, le collectif kom.post propose depuis novembre 2012, une expérience d’écriture partagée de la ville de Poitiers.
À la manière d’un terrain de jeu au sein duquel chacun a un rôle à jouer, les différentes expériences vécues, sont collectées et interprétées donnant jour à une véritable éditorialisation de la ville, capable de faire parler l’espace.
Les histoires se connectent, se répondent, se complètent et dessinent, grâce aux propositions de chacun, un nouveau maillage urbain, une pratique créative et partagée de la ville, loin de la consommation habituelle.
Photos (par Sylvia et moi-même) du lancement à la médiathèque…

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Fan-zine

CARTOGRAPHIES DE L’INVISIBLE, 19 avril à la BNF et 20 avril 2013 à la Gaîté Lyrique

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Comment lire un million de pages de mangas en un seul coup d’oeil ? Comment déconstruire nos catégories culturelles et artistiques grâce à la visualisation des big data ? Comment représenter l’information sur le réseau ? Comment naviguer dans les paysages de données ?
Archiver, comptabiliser et cartographier nos désirs les plus intimes sont autant de rouages de l’économie à l’ère des réseaux. Derrière l’accumulation massive d’information et de signes découlant de cette activité, peut-on déceler des structures « à grande échelle » qui révèleraient un envers du décor, des formes récurrentes invisibles à l’œil nu qui annonceraient une météorologie du discours ?
Ces journées d’études, destinées à un public non spécialiste, artistes, théoriciens, scientifiques, viendront éclairer ce qui se joue au cœur de ces mécanismes. Plus précisément, il s’agira, tout en gardant une distance critique, de tenter de comprendre comment l’art, la littérature, l’esthétique et le politique peuvent s’en trouver transformés.

> Vendredi 19 avril 2013 9h30-19h00 à la BNF
> Petit Auditorium, entrée libre

Cartographies de l’invisible. Art, réseau, big data

Avec : Jacqueline Sanson, Marie Lechner, Marie Saladin, Christophe Bruno, Tommaso Venturini, Axel Meunier, Lev Manovich, Julien Prévieux, Claire Leroux, Chrystelle Desbordes, Etienne Cliquet, Julie Morel, Roger Malina, Maximilian Schich, Annick Bureaud,

 

 

Lieux Dits

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L’affiche que j’ai co-réalisé avec Grégoire Romanet est arrivée à Poitiers et se retrouve dans toutes les rues, pour annoncer le lancement du projet Lieux Dits. Lieux Dits est une œuvre protéiforme (parcours sonore, fanZine, vidéo, ateliers..) dans la ville, conçue par Kom.post, sur un commissariat de Jérome Delormas.
RDV le 4 mai pour le début de cette aventure.

 

Conférence Géographies variables à l’EESAB Rennes, mardi 19 mars à 17h30

Conférence de Julie Morel et des artistes invités en résidence pour « Géographies variables »
EESAB site de Rennes, Mardi 19 mars 2013 – 17h30 (Amphi)

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(Image : Kora Karola, Marie Bette, artiste en résidence).
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Abstract :

Pratiquer le dispositif d’une résidence c’est expérimenter une hétérochronie, c’est-à-dire faire l’expérience d’un temps en rupture par rapport au temps traditionnel. L’hétérochronie est une expression limitrophe au concept foucaldien d’hétérotopies : un seul lieu réel qui a le pouvoir de juxtaposer plusieurs espaces, plusieurs emplacements qui sont en eux-mêmes incompatibles. Si la résidence est une hétérotopie, elle est aussi l’occasion d’une double mutation : celle des personnes qui la pratiquent, et celle du territoire /milieu qui l’accueille. Pour l’artiste, elle modifie une façon de voir les choses en l’obligeant à réagir et à s’interroger de façon inhabituelle, contextuellement. Pour le milieu dans lequel elle s’insère, elle opère un processus de redéfinition par divers procédés : description, détournement, déconstruction, prolongement, reconstitution…
La ligne de recherche Géographies variables tente d’activer ces questions en s’articulant autour de la forte connexion d’expériences vécues par les artistes invités, la direction scientifique et les commissaires, critiques et philosophes intervenants. Plusieurs des artistes invités ont en effet à leur actif des résidences de recherche et création hors normes : in situ, dans des environnements extrêmes, variables, souvent en marge du monde de l’art, ou le collectif prend une place importante. Ainsi tous ont produit des dispositifs et /ou stratégies artistiques interrogeant à la fois la pratique de l’art en résidence et son ancrage dans un lieu et un contexte précis. Ils partiront de leurs précédentes expériences pour interroger la résidence sous l’angle d’une hétérotopie. La recherche portera donc autant sur l’exploration d’une résidence artistique, sur son statut, que sur son territoire de déploiement (physique, humain, sociologique).
Cette connaissance pragmatique par les artistes sera complétée par d’importantes interventions de critiques ou curateurs spécialisés dans ces questions de création dans des environnements hors-normes. Ces intervenants viendront interroger et théoriser les productions artistiques en cours. Cette recherche convoquera naturellement différents médiums et champs artistiques : espace de l’installation, performance, écritures (critique, littérature), vidéo, nouvelles technologies et espace virtuel. Ouverte, elle se place à la croisée d’autres champs disciplinaires : architecture, histoire, sociologie, géographie, philosophie. Mise en place à l’occasion des résidences, la recherche se poursuivra pendant une année avec une réflexion de fond menée par l’équipe complète et prendra la forme de rendez-vous mensuels, rencontres, séminaires et construction d’un objet éditorial et d’une restitution sous la forme d’une exposition.

– Artistes : Catherine Rannou, collectif Héhé, Laurent Tixador, Marie Bette, Nicolas floc’h, Nicolas Momein, Valentin Ferré
– Commissaires & chercheurs : Mélanie Bouteloup, Annick Bureaud, Florent Perrier
– Direction scientifique : Julie Morel

À suivre, deux journées plus importantes de présentations et débats, à l’EESAB site Lorient, les 2 et 3 avril 2013 :

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Aubamo : 200 personnes + Net.art is not dead

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Des photos du vernissage de l’exposition Aubamo, qui réunissait David Poullard, Grégoire Romanet, Pierre Di Sciullo après vous et moi-même, ce vendredi 15 février à la Galerie Plateforme.
La soirée du vernissage a été incroyablement agréable et Lola Burgade (une de mes étudiantes de 5ème année et jeune artiste prometteuse) a été comme un poisson dans l’eau lors de ses 2 courtes mais intenses performances, pendant lesquels le public est resté silencieux et le temps suspendu..

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Cette exposition a lieu 2 ans après « Bonus Track » ma dernière exposition là-bas, et c’est le même plaisir, intacte, de faire les choses dans ce lieu, tenu par des artistes (entre autre Cécile Azoulay, François Ronsiaux, Cécile Babiole…)
J’aime les espaces gérés par les artistes : ils restent les meilleurs endroits où échanger des idées, partager le travail, rencontrer l’autre. Tous ces lieux que j’ai connus (Paris Project Room, Public, Béton salon, Visite ma tente) et ceux qui persistent encore (Marks Blond, Plateforme), et quelque soit leur dénomination (Artist run space, Off space, centres d’artistes autogérés) permettent à la fois dans une grande rigueur vis à vis du travail (sans jamais être dans quelque chose de rigide) une ouverture et un potentiel d’expérimentation que je ne retrouve que dans peu de lieux institutionnels ou galeries privées. Ce sont ces lieux que je préfère et ils font parti de ma famille artistique.
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Net art is not dead (but in a commercial gallery).
Une semaine après – hier soir donc – je me suis rendue à la galerie xpo, pour voir « Offline Art : new2 ».
Un exposition dont le commissariat a été assurée par Aram Bartholl, avec les artistes : Cory Arcangel, Kim Asendorf, Claude Closky, Constant Dullaart, Dragan Espenschied, Faith Holland, JODI, Olia Lialina, Jonas Lund, Evan Roth, Phil Thompson, Emilie Gervais & Sarah Weis. (Autant dire, un peu la Dream Team, autant du côté du commissariat qu’en terme d’art sur internet).

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L’intérêt de cette exposition réside surtout dans le fait que rien n’apparait dans la galerie si ce ne sont des modems accrochés au mur.
Pour visionner les œuvres en ligne, il faut sortir son téléphone (ou pour les rare personnes qui comme moi n’ont pas de smartphone, leur ordinateur) pour se connecter au signal envoyé par chaque modem, modifié pour ne donner accès qu’à un seul travail qui porte le nom de l’artiste.
J’ai aimé cet extrémisme esthétique et fonctionnel : ne voir que les modems alignés le long des murs, chacun avec sa personnalité (un genre de portrait chinois), se connecter pour accéder à une œuvre…

Bien sur il  y avait pleins de gens que je connaissais, mais je ne suis pas restée très longtemps. Contente de ce que j’avais vu, je suis rentrée à pieds, habitée par ce que je venais de voir.
En marchant, malgré le fait que j’ai apprécié la qualité de cette exposition, mes réflexions m’ont poussées à déplorer le fait que peut-être, elle ne fonctionnait pas complètement. Cette idée a émergée quand j’ai pensé que le vernissage, comparé à celui de la semaine dernière à Plateforme, n’avait pas été des plus joyeux, et que si la connexion fonctionnait, la rencontre, elle, n’avait finalement pas eu lieu. Il en ressortait que l’idée de communauté qui (pour moi) a toujours accompagné le net.art, semblait absent de celui-ci.
Est-ce le côté individualiste du smartphone qui engendre cela : chacun dans son coin, sur un écran réduit, à regarder une œuvre, de manière individuelle, fermée, sans échanges.
Est-ce cela internet vu par ses artistes ?
Je me suis mise à penser qu’un dispositif simple aurait pu court-circuiter cet individualisme ambiant : un espace de rencontre, sous la forme d’un grand sofa minimaliste, assez bas et sans dossier, au centre de la pièce du fond. Une zone qui n’aurait pas fait concurrence à l’installation et qui aurait favorisé le dialogue. J’imaginais les gens les uns à côté des des autres, qui peut à peut se laissent aller et regardent par dessus l’épaule de la personne assise à côté, et engage la discussion.

J’ai repensé à la dernière phrase de Olia Lialina qui a introduit cette soirée : « ils faut continuer à aller dans les cybercafés, ce sont ces endroits qui sont importants ».
Elle avait bien raison. Pour voir du net.art, allons au cybercafé.

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Au bas mot : 24h pour faire une invitation

J’ai reçu de matin les cartons d’invitation, pour l’exposition Aubamo qui commencera vendredi prochain à la Galerie Plateforme!
Je les ai conçues en collaboration avec Grégoire Romanet, qui a utilisé une de ces typographies pour le verso. La carte reprend un élément graphique de chaque personne prenant part à l’exposition, et donne un avant-goût des choses abordées, qu’elles soient formelles ou thématiques : la lettre, le trou, la recherche, l’archive, le graphisme.

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Aubamo

Exposition Aubamo, Galerie Plateforme – 15 février 2013 à 19h

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Aubamo, une exposition avec :
Après Vous, David Poullard, Grégoire Romanet, Julie Morel, Pierre Di Sciullo.

Du 16 février au 3 mars 2013

Vernissage vendredi 15 février de 18h à 22h

Performance de Lola Burgade à 20h30

La prochaine exposition à la Galerie Plateforme rassemble graphistes-artistes autour d’un seul mot : Aubamo.
Aubamo est l’homonyme d’au bas mot, une locution – c’est à dire une forme globale non divisible – qui signifie au minimum. Mais au minimum de quoi : de l’espace, du territoire, des matériaux, de la lecture, de la visibilité?
Aubamo c’est aussi l’anagramme de Baouma, un terme occitan proche du mot Grotte.
D’un mot à regarder et à lire, on chemine. On explore les différentes propositions qui se répondent, comme un mot hurlé dont on écoute l’écho avec plaisir, dans une cave souterraine.

Le jour du vernissage, Après Vous, David Poullard, Grégoire Romanet, Julie Morel, Pierre Di Sciullo seront accompagnés de Lola Burgade, jeune artiste qui présentera 2 performances sonores liées à Aubamo.

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Galerie Plateforme
73 rue des Haies
75020 Paris France

Métro : Avron, Maraîchers, Buzenval
Plan
Tel + 33 9 54 92 23 35

Hello World Bonjour Bazaar

Ce matin dans ma boite à lettres, un paquet contenant un exemplaire de « Hello World, Bonjour Bazaar ».
Cette édition, conçue avec la complicité de Catherine Lenoble en un temps record de 4 semaines (2 semaines de voyages et d’écriture, 1 semaine à Briant pour la conception et 1 semaines à l’atelier pour finr), a ensuite prise son temps : 8 mois pour être imprimée, pour cause de trop de travail, trop de déplacements, trop de tout et à quelques jours du calage, un traumatisme crânien : (
Autant dire que je suis contente de voir cet exemplaire là sur mon bureau alors que j’écris cet article. J’attends maintenant avec impatience les autres, qui devraient arriver la semaine prochaine.
Quelques photos prises avec un téléphone plutôt antique > couleurs non contractuelles!

Ce livre est distribué par le centre d’art de la Maison Populaire, mais je vous invite à venir le découvrir à l’occasion du vernissage de l’exposition Aubamo, à laquelle je participe, à la Galerie Plateforme : Vendredi 15 février à 19h.

Ce livre n’aurait pas pu exister sans l’aide de Jocelyne Quélo et David Poullard, merci!

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Expérience du récif

Quelques photos de l’édition « L’expérience du récit » coordonnée par Yannick Liron, reçue avant-hier. Cette édition fait suite à un séminaire et des ateliers de Yannick dans le cadre de son projet à l’EESAB. Elle regroupe des interventions de critiques, artistes et étudiants de l’EESAB et propose des pistes de typologies de récits. Elle interroge les modalités contemporaines des usages que l’on fait du récit, de la narration. J’y participe sous la forme d’une petite proposition appelée « Expérience du récif ».
Ce joli petit livre tient dans la poche, il a été mis en page par de mes 2 anciens étudiants de l’EESAB, avec qui j’ai eu grand plaisir à travailler : Mathieu Roquet et Gwenaël Fradin.

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Toulousaines, exposition à Hors les murs à Marseille, du 10 janvier au 9 février 2013

L’exposition « Toulousaines », aura lieu du 10 janvier au 9 février 2013 à Hors les murs, dans le cadre de Marseille expo 2013.
J’y présenterai une série de schémas heuristiques issus de l’expédition à l’île de Clipperton en mars 2013.
(Vernissage : 9 janvier à 18 heures).
Hors-Les-Murs
20, rue Saint-Antoine
13002 Marseille

« Sept artistes toulousaines ont été choisies par ceux et celles qui ont exposé de 2009 à 2011 lors de Graphéine, manifestation que l’association des galeries et centres d’art de Toulouse consacre chaque année au dessin contemporain.
Le hasard a voulu que le premier choix se concentre sur une majorité d’artistes femmes : ce hasard s’est fait règle.
Toutes ces artistes ont en commun d’avoir habité ou séjourné pendant une période plus ou moins longue dans la ville. Plusieurs y ont étudié , d’autres y ont enseigné, l’une y a été invitée en résidence avec une artiste toulousaine, d’autres encore y avaient leur galerie. Toutes y conçurent une ou plusieurs expositions.
Au delà de ce point commun géographique, ce qui relie ces artistes, c’est que le dessin fasse partie de leur pratique, soit comme activité première, soit que sa pratique, considérée comme secondaire par rapport à une pratique principale, puisse devenir un médium de création revendiquant sa pleine autonomie.
Parler de « dessin contemporain », comme le font les concepteurs de Graphéine pour présenter cet ensemble d’expositions, présuppose une césure avec la pratique traditionnelle du dessin, c’est-à-dire comme l’apprentissage d’un bien représenter, d’une habileté du geste et du trait qui ferait oublier les exercices nécessaires pour acquérir cette maîtrise. Car bien représenter, c’est toujours mener le trait de sorte que le dessin soit conforme à une image que l’on porte en soi de l’objet que l’on souhaite représenter, identique à ce que l’on imagine de l’objet ou que d’autres imaginent.
Dans la pratique dite contemporaine du dessin, ne comptent ni l’habileté du trait ni la maîtrise du geste, quand bien même y ont-elles aussi leur place. La relation au sujet dessinant s’y fait autre : c’est le dessin qui mène le jeu. Le dessin dans sa fulgurance première de croquis, d’essai, de pensée, en train de se concevoir lui-même et de se formuler à travers le trait posé sur la feuille, de se développer en toute indépendance. C’est un dessin en train de faire le grand écart du langage dans une impossible contiguïté d’éléments disparates, qui ose faire cohabiter des textes avec des touches de couleurs et des figures, disparaître perspectives et plans pour n’en laisser subsister qu’un seul, celui de la feuille de papier ou la verticalité du mur-support ».
(Michel Métayer, commissaire)

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Appel à projet pour la ligne de recherche de l’EESAB,

Appel à projet EESAB Géographies variables

Voila trois ans que je développe des projets de recherches au sein de l’EESAB où j’enseigne. Malgré le fait que le mot recherche est soudainement été appliqué, sans filtre, sans définition et de manière brutale au monde des écoles d’art, je me suis engagée dans cette direction, y voyant une opportunité de dialogues entre les écoles et le monde de l’art et sa réalité, quelque chose à détourner de façon positive. En cela le premier projet de recherche « de l’auto-archivage comme œuvre » a été un vrais succès : une collaboration avec pleins d’artistes, critiques et d’étudiants. Le deuxième ligne de recherche commencera début 2103. Elle découle d’une certaine manière de pratiquer, que j’ai expérimentée ces dernières années : la résidence. Et notamment des résidences dans des milieux non artistiques, parfois même dans des milieux extrêmes, voir hostiles. Et cela sur des périodes parfois assez importantes (entre 1 mois et 1 an).
La résidence s’est imposée à moi comme un moyen cohérent de produire de l’art, parfois matérialisé par des œuvres, parfois non. La résidence m’est apparu comme un possible quand j’ai compris que la pratique d’atelier ne me poussait pas forcément vers une recherche de fond (qui ne demande pas de lieu, mais bien une quotidienneté de celle-ci), voir qu’elle figeait ma pratique, jusqu’à la rendre confortable – dans le mauvais sens du terme..
J’ai donc abandonné mon atelier et travaille contextuellement depuis 5 ans. J’ai aussi créé le programme de résidences Géographies variables dans le même but : donner la possibilité à d’autres de confronter leur pratique artistique à la réalité d’un lieu, d’un contexte, d’une population ou d’un autre artiste, in situ.
Aujourd’hui donc je commence, à l’EESAB, une nouvelle version de Géographies variables (sans abandonner la précédente, qui continue entre le Québec et la France) qui prendra des aspects pédagogiques, de commissariat et bien sur de production d’œuvres. La question principale de cette recherche sera : qu’est-ce qu’une résidence? Voici de possibles éléments de réponse, que j’introduis dans l’appel à projet :

Pratiquer le dispositif d’une résidence c’est expérimenter une hétérochronie, c’est à dire faire l’expérience d’un temps en rupture par rapport au temps traditionnel. L’hétérochronie est une expression limitrophe au concept foucaldien d’hétérotopies : un seul lieu réel qui a le pouvoir de juxtaposer plusieurs espaces, plusieurs emplacements qui sont en eux-mêmes incompatibles [1].

La résidence est une hétérotopie. Elle est aussi l’occasion d’une double mutation : celle des personnes qui la pratiquent, et celle du territoire/milieux qui l’accueille. Pour l’artiste, elle modifie une façon de voir les choses en l’obligeant à réagir et à s’interroger de façon inhabituelle, contextuellement. Pour le milieu dans lequel elle s’insert, elle opère un processus de redéfinition par divers procédés : description, détournement, déconstruction, prolongement, reconstitution…

La ligne de recherche Géographies variables va questionner cela en s’articulant autour de la forte connexion d’expériences vécues par les artistes invités et la direction scientifique. Ces artistes ont en effet à leur actif des résidences de recherche et création hors-normes : inSitu, dans des environnements extrêmes, variables, souvent non spécifiques à l’art. On peut citer : la mission Tara ou des missions sur les îles Tristan da Cunha ou Clipperton, des résidences sur les îles Kerguelen, ou encore des projets développés sous terre… Ainsi tous ont produit des dispositifs et/ou stratégies artistiques interrogeant à la fois la pratique de l’art en résidence et son encrage dans un lieu et un contexte précis.
Ils partiront de ces expériences antécédentes pour interroger la résidence sous l’angle d’une hétérotopie. La recherche portera donc autant sur l’exploration d’une résidence artistique, sur son statut, que sur son territoire de déploiement (physique, humain, sociologique).
Cette connaissance pragmatique par les artistes sera complétée par d’importantes interventions de critiques ou curateurs spécialisés dans ses questions de création dans des environnements hors-normes. Ces intervenants viendront interroger et théoriser les productions artistiques en cours.
Cette recherche convoquera naturellement différents médiums et champs artistiques : espace de l’installation, performance, écritures (critique, littérature), vidéo, nouvelles technologies et espace virtuel.
Ouverte, elle tendra se placer à la croisée d’autres champs disciplinaires : architecture, histoire, sociologie, géographies, philosophies.

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Ci dessous, l’appel à projet pour sélectionner 3 jeunes artistes pour le programme de recherche, qui sera diffusé dans quelques jours..

 

Appel à projet EESAB Géographies variables

Appel à projet EESAB Géographies variables

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[1] « Mais ce qui m’intéresse, ce sont, parmi tous ces emplacements, certains d’entre eux qui ont la curieuse propriété d’être en rapport avec tous les autres emplacements, mais sur un mode tel qu’ils suspendent, neutralisent ou inversent l’ensemble des rapports qui se trouvent, par eux, désignés, reflétés ou réfléchis. Ces espaces, en quelque sorte, qui sont en liaison avec tous les autres, qui contredisent pourtant tous les autres emplacements, sont de deux grands types.
Il y a d’abord les utopies. (…) C’est la société elle-même perfectionnée ou c’est l’envers de a société, mais, de toute façon, ces utopies sont des espaces qui sont fondamentalement essentiellement irréels.
Il y a également, et ceci probablement dans toute culture, dans toute civilisation, des lieux réels, des lieux effectifs, des lieux qui sont dessinés dans l’institution même de la société, et qui sont des sortes de contre-emplacements, sortes d’utopies effectivement réalisées dans lesquelles les emplacements réels, tous les autres emplacements réels que l’on peut trouver à l’intérieur de la culture sont à la fois représentés, contestés et inversés, des sortes de lieux qui sont hors de tous les lieux, bien que pourtant ils soient effectivement localisables.» Michel Foucault « Des espaces autres », dans Architecture, Mouvement, Continuité (1984).

Show off Paris

Le E dans l'autre - Julie Morel

Le E dans l'autre - Julie Morel

J’expose lors du Show off Paris du 17 au 21 octobre, plusieurs pièces dont « Le E dans l’autre »: un programme informatique qui encode le livre Œdipe de Sénèque, et interroge notre relation aux chiffrages et déchiffrages de codes et de partitions.
Il y aura pleins de beaux projets et d’artistes intéressants : Société réaliste, Antoine Schmitt, David Guez, Christophe Bruno, Albertine Meunier, Eduardo Kac… et pleins d’autres encore!

– Après-midi professionnel sur invitation : le 16 octobre 12h-18h
– Vernissage sur invitation : le 16 octobre 18h-22h
Sinon, les visites se font du 17 au 21 octobre 2012 de 12h à 20h.

Espace Filles du calvaire
7, rue des Filles du Calvaire
75 003 Paris

 

Leurs lumières

Leurs lumières

Julie Morel - Exposition "Leurs lumières"

« Leurs lumières » :
Exposition du samedi 13 octobre au dimanche 16 décembre 2012 à l’Abbaye de Saint-Riquier – Abbeville, Baie de Somme.
Vernissage le vendredi 12 octobre 2012 à 18 heures.
Plus d’informations ici.

J’y présenterai « Light my Fire », une pièce réalisée dans le cadre d’une résidence à la Maison populaire (2011-12).
Light my Fire  est une installation qui s’appréhende tour à tour dans la lumière et dans la pénombre. Le spectateur est en présence d’un texte inscrit en caractères phosphorescents sur le mur. Presque invisible et illisible en pleine lumière, il se révèle cycliquement lorsque la lumière s’éteint, le temps qu’il s’efface lentement dans le noir. Cette version du texte augmente et rejoue un extrait de La Part maudite de Georges Bataille (1949). Elle propose la description tautologique d’une phrase en train de s’écrire, prend le caractère d’un énoncé performatif et met en évidence la difficulté de sa lecture et les efforts nécessaires pour la saisir. Cette augmentation performative est rédigée en minuscules alors que la phrase originale, « Le principe même de la matière vivante veut que les opérations chimiques de la vie qui ont demandé une dépense d’énergie soient bénéficiaires, créatrices d’excédents », se détache furtivement en majuscules.