Installation

installation art

Antoine Catala

Je suis contente d’avoir rencontré Antoine Catala, artiste français originaire de Toulouse qui réside aux États-Unis depuis environ dix ans. Son studio est situé à Brooklyn, sur Park Avenue (près du Métro Flushing Avenue). Comme il est en train de déménager et que son studio est donc vide (une grande pièce froide dans un immense bâtiment labyrinthique plein d’ateliers – d’artistes ou non), nous nous posons dans un café non loin de là pour discuter et regarder les images qu’il a sélectionné. Cette discussion porte sur son travail et le plaisir personnel dans la réalisation artistique, le post-Internet. Lors de cette discussion, comme le monde est petit, et malgré l’éloignement, nous nous découvrons aussi des amis artistes communs.
Je lui demande de me parler de l’exposition « New feelings » (en 2014 à 47 Canal Gallery -NYC), de « Jardin synthétique à l’isolement » (en 2015 au MAC à Lyon) et de « Distant Feel » 2015, Carnegie Museum of art). Dans les deux premières expositions, le langage est le point de départ et la structure des propositions, une position qui m’intéresse. Dans Distant feel, c’est le processus d’un travail confié à un tiers qui m’intéresse.
Le travail d’Antoine me surprend car il présente pour moi un paradoxe : au premier abord, il ne semble pas évident esthétiquement, mais après avoir passer du temps à le regarder et l’appréhender, j’aime ce que j’y vois : un équilibre entre conceptualisme et récit qui joue avec l’esthétique Post-Internet. Ces œuvres sont quasi toujours en mouvement, une place importante est donné aux mots (clés, indexations, paroles poétiques, blagues, définitions…) et la façon dont, grâce à eux, nous formulons une idée ou émotion. À un niveau esthétique, son travail entre (pour moi) dans une esthétique du Post-Internet*. Pourtant je n’y ressens à aucun moment le cynisme, la référence ou la citation que j’ai repérées dans bien des travaux de ce mouvement, travaux que j’ai pu voir « en vrais »‘ durant mon séjour. Ses expositions vont bien au delà d’un commentaire d’Internet et des ses effets sur notre société contemporaine, et sont plutôt des états de recherches en cours que de propositions esthétiquement résolues. Et dans son cas, il semblerait que ce soit une force, un moyen à disposition pour envisager les différentes pistes et potentiels sensibles qui pourraient résoudre un problème formel ou narratif ou autres.

Images/texte relatifs à ce dont nous avons parlé.

– New Feelings (texte du communiqué de presse):
I don’t feel the same anymore.
I feel new. I don’t know how to describe the sensation.
Do you?
Can you feel how I feel?
Is really the sole purpose of emotions the survival of a gene pool? The ultimate bonding gel.
Through the screen, can you tell how I feel? My voice, do I sound nervous or happy?
Can one learn new feelings? A new type of anger, with a hint of pride, a new breed of painless joy.
Can you teach me how to feel, because I lost touch?
It’s like something recently severed, and emotions are drifting inside of me.
When I was a little boy, I put myself in other’s shoes. I would mimic people around me, copy the way they walked, the way they sat or spoke. It would open a window into their minds.
Empathic machines are coming, like children, learning.
Will I be able to outsource my feelings to emobots one day. I wouldn’t have to deal with shitty
emotions anymore. Let the emobots process my crappy moods and re-infuse my body with good vibes.
Fleeting.
If emotionomics is to become a reality, would I ever be able to purchase a meal with the sensation of freedom that permeates through me today? Pay with a confused transactional smile.
This is personal, and it’s not.
It’s all transparent. Let’s put our feelings on the table.

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– Pour Jardin synthétique à l’isolement il met en scène un jardin « composé de plantes artificielles, d’écrans, de roches, de signes et de sons, créé en collaboration avec des personnes qui travaillent avec des enfants non-verbaux et des non-verbaux eux-mêmes. Les signes de communication que certains de ces enfants utilisent y sont présentés en tant que sculptures, tandis que la voix numérique de la machine les énonce. Le Jardin synthétique à l’isolement illustre la joie de communiquer via une machine en parlant des problèmes de communication, mais aussi de la connexion au monde via ce langage spécifique ».
Un extrait du catalogue avec une texte d’Antoine Catala est disponible .

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– « Distant Feel », où Antoine confie à une agence de publicité la tâche de repréenter comment on représente aujourd’hui une émotion via Internet mais aussi physiquement
Le projet prend de multiples formes (sculpture, photographie, vidéo) dont un site internet : http://www.distantfeel.com/Catala-install-42

A.F.K. au Quartier centre d’art

Photos de l’exposition A.F.K., au Quartier Centre d’art (Quimper), du 17 avril au 17 mai 2015.
Cette exposition a été accompagnée d’une conversation, le 7 mai 2015, dans l’espace d’exposition, avec Karine Lebrun, et d’une programmation « vidéo-hacking » durant la nuit des musées.

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Crédits photos : Dieter Kik, Mathieu Roquet et Julie Morel.

Liste des pièces.

Murs de droite à gauche

Mur 1
• Empty your Mind (2014).
Vidéo de 40mn environ. D’après un extrait de 2mn36 de The Lost Interview (9 décembre 1971). Vidéo ajoutée le 30 mai 2014 par Jodorowsky’s Dune.
• Conversation, version papier (2014).
Impressions A4 en couleur, montages/recadrages d’images. D’après la conversation avec Karine Lebrun sur le site internet Tchatchhh.

Mur 2
• Conversation, version papier (2014) – suite.
Impressions A4 en couleur et montages/recadrages d’images. D’après la conversation avec Karine Lebrun sur le site internet Tchatchhh. http://tchatchhh.com
• Dessin électrique #1 – TOR (2015).
Dessin à l’encre conductrice argent, LEDs, système électrique. Dimensions : 65 x 50 cm.

Porte
• Fantôme #2 (2014).
Impression jet d’encre sur papier dos bleu. Dimensions : 9 x 50 cm. D’après la photo d’une perruque en cheveux naturels noirs, posée sur une table de l’exposition A.F.K. #1
(Bordeaux, avril 2014).

Mur 3
• Dessin electrique #1 – A.F.K. (2015).
Dessin à l’encre conductrice argent, LEDs, système électrique. Dimensions : 65 x 50 cm.

Mur 4
• DarkNet (Alphabay), DarkNet (blackBank), DarkNet (Evolution), DarkNet (Majestic), DarkNet (Middle Earth) – (2015).
Série de 5 filets synthétiques pour perruques. Dimensions : 9 x 50 cm. Visualisations des statistiques de connexion de cinq des plus grands sites de marché noir en ligne à la date du 1er janvier 2015, entre 15 et 16 heures.

Dans l’espace
• Manifeste (2014-15).
Cheveux humains sur papier bristol. Caisse américaine. Dimensions : 65 x 45 cm.

Table (dimensions 120 x 60 x 80 cm)  et angle du mur
• Fantôme #3 – L’image-objet Post-Internet, une version (2014).
Impressions sur papier blanc. (50 ex.). Traduction du texte anglais The Image Object Post-Internet d’Artie Vierkant.
• Empty your Mind (2014).
Un poster N&B, format A2 (tirage original 500 ex.).
• Crawling Through the Night Sotfly (My Burden) (2013).
Une carte postale (tirage original 500 ex.). Éditée dans la collection Save the Date, Ultra Éditions (Brest).
• Con/vers(at)ion, (2014).
Impressions A4 en couleur. (50 ex.). D’après la conversation avec Karine Lebrun sur le site internet Tchatchhh.
• A.F.K., entretien (2014).
Un dépliant 30 x 30 cm. (tirage original 100 ex.).
Entretien entre Julie Morel et Camille de Singly, Rodolf Delcros, Elodie Goux, Léna Peynard et Elsa Prudent, réalisé les 26 et 27 mars 2014.
• Version papier (2015).
Journal de 16 pages couleurs (tirage original 50 ex.).

Bandes sons
• Empty your Mind (2014). Durée 40mn.
Bande son de la vidéo Empty your Mind (2014).
• Rio (2014-2015). Durée variable.
Version par David Bideau, d’après la playlist GotaloNia Songtrack et la bande son de la vidéo Empty your Mind.

Off-Shore (bureau situé au dessus de l’espace d’exposition.
• Void (2010). Dessin à l’encre noir, issu de la série Organ. Dimensions : 82 x 45 cm (encadré).

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A.F.K., exposition au Quartier centre d’art, Quimper

Exposition du 18 avril au 17 mai 2015, Project room du Quartier.
Vernissage : vendredi 17 avril à 18h30

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Commencée en 2013, cette recherche plastique s’attache à explorer les conditions de production d’objets artistiques produits à l’époque du post-internet, celle de la prolifération du réseau.
A.F.K., acronyme de Away From Keyboard – loin du clavier – renvoie à ces moments où les internautes sont loin de l’écran et laissent un message pour marquer leur absence aux autres. Choisir ce titre, c’est s’attacher à explorer les conditions d’une pratique artistique à l’époque du post-Internet : envisager les œuvres d’art sous des modalités de versions plutôt que de séries, de flux plutôt que d’œuvres matrices et d’occurrences se référant à celles-ci, d’absence plutôt que de matérialités systématiques.
Développée tour à tour dans divers lieux (galeries, internet) et supports (électroniques, éditions papier, dessins, dispositifs et installations), cette investigation se figera le temps d’une exposition dans l’espace du Project Room du Quartier avant de réintégrer un état non-formalisé.

http://www.le-quartier.net/Julie-Morel

A.F.K. – Photos de l’exposition

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1er espace, grand espace sur la rue :

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2e espace, petite salle côté cour :

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Entrée :

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Cette exposition n’aurait pas été possible sans l’aide et les discussions avec :
Camille De Singly & Elodie Goux, Étienne Cliquet, Keren Detton, Cécile Babiole, Karine Lebrun, Manuel Schmalstieg & Greyscale Press, Rodolphe Delcros, Ann Guillaume, Brigitte Mahon. Ainsi que : David Bideau pour sa version sonore de « Rio », Anne Gendrin pour son aide sur la traduction de « L’image-objet Post-Internet », ainsi que Léna Peyrard et Elsa Prudent – assistantes sur l’exposition.
Merci !

Entretien

Je viens de finir un entretien avec une super équipe composée de Camille de Singly, Rodolphe Delcros, Elodie Goux, Léna Peyrard et Elsa Prudent. Cet entretien prend la forme d’un dépliant de 30x30cm, et porte sur l’exposition qui ouvrira ces portes jeudi 3 avril à 19h à la Galerie 1, rue des Étables, Bordeaux. Il m’a permis de mettre des mots plus précis sur cette exposition et ces recherches en devenir, et de faire la synthèse sur ce qui a été déjà réalisé.
See you there, pour la distribution du dépliant et pour le vernissage !

Un envoi papier sera effectué pour cet entretien. Envoyez-moi un mail pour nous donnez votre adresse si vous voulez en recevoir un !

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Lieux Dits, Poitiers – Lancement le samedi 4 mai 2013 à la médiathèque.

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Je rentre tout juste de Poitiers où, au sens du collectif Kom.post, j’ai conçu et réalisé le projet Lieux Dits. Ça a été un parcours long et difficile mais le résultat en valait la chandelle, et le projet ne fait que commencer car samedi avait lieu le lancement de ce qui devrait s’étaler sur un an.
Grâce à un audioguide contributif géolocalisé (sonospheres), et les parcours sonores qui en découlent, un fanZine qui permet une autre découverte de la ville, une revue en ligne pour partager les expériences, et enfin une série d’ateliers à l’EESI, le collectif kom.post propose depuis novembre 2012, une expérience d’écriture partagée de la ville de Poitiers.
À la manière d’un terrain de jeu au sein duquel chacun a un rôle à jouer, les différentes expériences vécues, sont collectées et interprétées donnant jour à une véritable éditorialisation de la ville, capable de faire parler l’espace.
Les histoires se connectent, se répondent, se complètent et dessinent, grâce aux propositions de chacun, un nouveau maillage urbain, une pratique créative et partagée de la ville, loin de la consommation habituelle.
Photos (par Sylvia et moi-même) du lancement à la médiathèque…

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Fan-zine

A Pyrrhic Victory – BBB Centre d’art > Juillet 2012

Julie Morel, A Pyrrhic Victory, BBB Centre d'art - Toulouse

Julie Morel, A Pyrrhic Victory - BBB Centre d'art - Toulouse

Julie Morel, A Pyrrhic Victory, BBB Centre d'art - Toulouse

Julie Morel, A Pyrrhic Victory, BBB Centre d'art - Toulouse

Julie Morel, A Pyrrhic Victory. BBB Centre d'art - Toulouse

© 2011. Julie Morel, A Pyrrhic Victory. Production : BBB Centre d’art – Toulouse

Les tapis, moquettes, et autres aplats qui recouvrent la plupart du temps les sols en intérieur paraissent être des éléments décoratifs, voir peu importants, que l’on piétine sans s’en rendre compte.
Pourtant ces zones de recouvrement délimitent un territoire et sont souvent des espaces symboliques : des représentations abstraites du jardin dans les tapis de la culture perse à la moquette rouge que l’on déroule lors de cérémonies officielles, en passant par l’espace religieux du tapis de prière, les exemples sont nombreux.
Et en un sens, le tapis est toujours un moyen d’être transporté, et il ne semble pas sans hasard qu’il ait été utilisé à cette fin dans de nombreux contes (le tapis volant).
Le tapis de sol de l’installation A Pyrrhic Victory pour l’exposition « Stratégie des espaces » au BBB Centre d’art peut se lire comme une prise de position, à la fois dans le sens de prendre un point de vue, mais aussi dans le sens de prendre (gagner) une position (stratégique).
Ce faux jumeau symbolique de l’île de Clipperton – où je me suis rendue au mois de mars lors d’une expédition scientifique – en reproduit les enjeux territoriaux.
Clipperton, nommée aussi l’île de la passion, est un point perdu dans l’océan pacifique, si petit et si plat que l’on peut passer à côté sans le voir. Un point néanmoins stratégique, ou le paradoxe d’un territoire dont les frontières minuscules que dessinent la nature sont remises en cause, augmentées par des frontières juridiques, formant une zone immense, insécable, et convoitée.
Le titre de cette proposition, A Pyrrhic Victory, fait référence, avec humour, à une expression militaire : une victoire à la Pyrrhus étant une victoire avec un coût dévastateur pour le vainqueur.

Version Béta, quelques photos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques photos de l’installation de Sweet Dream (Genève-Paris) à Version Béta.

Punie, dans un coin, pour cause d’accès technologique : coincée entre Héhé et Gwenola Wagon/Caroline Bernard, y’a Pire : )
Je tiens à remercier tous les gens du Centre pour l’Image Contemporaine, qui ont été tellement gentils pendant la durée de l’installation et mon séjour à Genève. Donc merci Alexandra, Sara, Anne, Pauline et le perchiste dont je connais pas le nom, Fabien, Kevin, Paolino (double merci), René, Fred..

Merci aussi à Gwenola Wagon, Jean-Louis Boissier, et enfin, à Paris, à Alexis Chazard et Marika Dermineur.

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Fin de la construction de la maquette, ce temps aura été un mix entre Ed Wood, Merzbau, Gondry et Hirschhorn…
La maquette a été emballée, et je pars aux aurores à Rennes.
La suite : reconstruction, au Domaine de Tizé puis dérive à l’aube, vendredi, sur la Vilaine. Pour moi la performance a commencé il y a 6 jours, avec la construction de l’iceberg. Demain et après demain n’en sont que la continuité… Mais la mise à l’eau sera une étape importante : je me jette à l’eau, jusqu’où ce projet aura-t-il dérivé ?

Duplex / My life is an interactive fiction / Sweet Dream

Pour l’expo à la galerie Duplex, à Toulouse, j’aimerais montrer une installation qui va s’appeler « Sweet Dream ». L’idée est de présenter sur un des murs de la galerie, totalement uni (blanc ? gris ? une couleur ?), les deux petites touches du clavier « Sleep » et « Wake up », dont j’avais parlé dans un article précédent (on/off).
Les deux touches, à hauteur de la main, sortent du mur, et l’on peut appuyer dessus. C’est tout. Enfin, c’est tout à Toulouse, car ces deux touches sont reliées à ma lampe de chevet, à Paris. Pendant toute la durée de l’exposition, les visiteurs auront tout loisir de contrôler l’allumage et l’arrêt de ma lampe, de jour comme de nuit…

Comme pour la performance (encore non réalisée) de la « Chambre horaire », je confronte ma réalité individuelle (l’utilisation d’un lieu, d’un objet), à une réalité globale.
Je me doute que, comme pour la Chambre horaire, qui mettait (plus extrêmement) en jeu le gaspillage de l’énergie, les réactions seront rapides.

Mais oui, l’art pollue. Faut-il arrêter de faire de l’art ?

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Prénatal(e), Marks Blond

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Janvier. Marks Blond ouvre son nouvel espace. Je vais y présenter une installation/projection avec le « Générateur blanc » et « Still On » sous le titre « Mathematik », trouvé par Daniel Sutter. Je suis ravie de retravailler à Berne, avec Daniel, Radwina, et toute l’équipe…

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Marks Blond Project R.f.z.K. ouvre, le 10 janvier 2008, les portes d’un nouveau lieu
«New Space», Speichergasse 8 à Berne, Suisse.
Le 29 septembre, d’ultimes performances dans le Cube vont clôturer les interventions des 3 dernières années de ce projet d’art contemporain dans l’espace public.
La transformation de Marks Blond Project R.f.z.K. évolue en ce moment même dans sa
forme architecturale, thématique et conceptuelle. À ce jour, les travaux sont
terminés, un nouvel espace de travail est installé.
Pour Marks Blond Project, il apparaît évident et nécessaire de traduire cette
transformation et d’articuler artistiquement ce temps, marqué par la préparation
et l’attente.
Le nouvel espace se situe dans une zone géographique qui est confrontée à des enjeux urbains très forts, l’urbanisme est notre sujet principal. Avant l’ouverture officielle du lieu, le 10 janvier 2008, des vidéos d’artistes vont attirer le regard du passant sur le nouvel espace d’art. À ce moment, le New Space sera encore fermé, ce sont les fenêtres, la vitrine de l’espace, qui vont faire écran.
«Prenatal» décrit l’état avant la naissance. Nous invitons des artistes qui traitent le sujet de l’attente et l’identité à travers le film et la vidéo. Le nœud de la réflexion est pour nous les enjeux de l’accomplissement et l’attente, la question de l’identité et l’individualité.

Steven Cohen, Johannesburg
Bertrand Dezoreux, France
Anna Maria Gomes, France, «Antichambre»
Bernhard Huwyler, Bern
Julie Morel, Paris, «Mathematik»
Elodie Pong, Zurich «Secrets»
Ramon Zürcher, Bern

> http://www.marksblond.com

Faire-part (2004)

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> Installation pop-up carton et vidéo (dimension 2m x 2m40 x 1m60) :

Pop-up réalisé pour les besoins de l’exposition à l’espace Marks Blond (Berne, Suisse). Le thème de l’exposition a été fixé lorsque j’ai appris que Radwina et Daniel Suter, curateurs de cet espace, attendaient un enfant et que la date de l’accouchement était prévue le jour du vernissage de l’exposition. L’exposition s’est donc appelée « Faire-part ».
Il me fallait jouer sur le double sens de ce mot : la carte qui annonce la naissance, et le hasard pour moi de faire partie de cet événement si important dans la vie de ces personnes. De plus, la pièce demande la participation des visiteurs, l’ouverture du pop-up reconstituant l’évènement. Le pop-up est grandeur nature et peut être fermé comme tout pop-up de petite dimension.

Traduction

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La question de la traduction a toujours été inhérente à mon travail, qu’il soit textuel ou non. En 2004, incident a été commissionné par la Galerie Basekamp (Philadelphie) pour produire une exposition sur ce thème. J’y ai présenté Random Access Memory, Générique, Soumission, et Extrait.

Sur nos écrans et dans nos existences, des 0 et des 1, une suite interrompue de chiffres traduits en images, en textes, en sons. À partir d’éléments identiques, un tissu perceptif complexe a émergé.

La traduction est une problématique qui permet d’aborder l’ambivalence profonde du numérique. Car si ce dernier réduit d’un côté les différents médias (image, son, texte, vidéo, etc.) à un langage unique constitué de 0 et 1, et donc les rend donc traduisibles de façon littérale, d’un autre côté, la traduction exacte est impossible.

http://incident.net/events/translation/archives/__/index.html

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On our screens and in our existence, 0 and 1, an unbroken serie of numbers translate our sensations into images, texts and sounds. From identical elements, have emerged a complex perceptive web.
Translation is a problematic which allows us to question the deep ambivalence in the digital. On one hand Digital constrains various medias (images, texts, videos, etc.) into a unique language formed of 0 and 1, which makes it translatable in a literal way, on the other hand an exact translation is impossible.

Pop-up Window (2004)

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> Installation de papiers découpés:

« Pop-up Window » est une installation de 7 pop-ups* en bristol blanc sur le thème du parcours, s’inspirant de l’architecture du temple de Fushimi-Inari à Kyoto. Ce temple est dédié à la déesse du riz, une renarde messagère des dieux, et prend la forme d’une promenade plantée de milliers de torii (portail shinto rouge et noir), environ 4 Km à flanc de montagne.
Ce projet a émergé comme une extension du projet interactif consacré à ce temple – en préparation actuellement – qui envisage l’expérience vécue par les visiteurs du temple comme proche du parcours dans un jeu vidéo, et en particulier du schéma classique d’exploration, tel que Michel de Certeau le pose. En effet, pour lui, une narration classique comme l’Odyssée établit d’abord un itinéraire : elle guide,  puis elle va au-delà de celui-ci, elle transgresse.
Le visiteur du temple Fushimi-Inari est dès son arrivée placé dans ce rôle d’explorateur, il parcourt un réseau de galeries, il peut à tout moment changer de direction, inspecter d’autres chemins, puis revenir à son objectif principal.

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« Pop-up Window » reprend ce principe d’exploration mais d’une manière plus simple : par l’ouverture**. On y dépliera des perspectives de portails shintos qui conduiront vers l’au-delà, l’arrière de la feuille cartonnée, non-accessible puisque inexistant.
La difficulté d’une architecture zen face au pop-up est une difficulté de forme : avec le pliage du pop-up on est dans le baroque. C’est pourquoi il a été fait le choix d’utiliser une seule couleur, le blanc (le riz) et de se référer à la pratique japonaise de l’origami.

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___
* pop-up : livre ou carte en papier que l’on ouvre et qui déplie des architectures ou tableaux en 3 dimensions.
** Le mot anglais utilisé dans le vocabulaire du pop-up book, « unfold », rend d’ailleurs très bien ce concept, signifiant à la fois déplier et découvrir.

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La nuit Blanche (2003)

> Nuit Blanche, sélection officielle. Julie Morel/Incident.net. Performance dans une chambre d’hôtel à peine éclairée

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La demande de Pierre Bongiovani, commissaire de la Nuit blanche était simple : 3 jours dans un palace parisien, deux chambres sont mises à notre disposition, les visiteurs s’y succèdent le soir de la nuit blanche, toutes les 20 min. Nous devons être là pour répondre aux questions qu’ils se posent sur nos travaux.
Nous avons décidé de court-circuiter le contexte de la rencontre, pour re-virtualiser une situation qui ne devait pas l’être et entrer dans un dialogue écrit et visuel différent avec les visiteurs :
L’une des chambres est fermée (et inconnue) au public. Nous y sommes installés, nous n’en sortons pas de la nuit.
L’autre chambre, une suite, est ouverte au public, les travaux d’incident y sont montrés.
Les visiteurs sont seuls et peuvent regarder à leurs gré :
– Sur la table, un ordinateur : le site d’incident
– Dans le salon, Moniteur + DVD : vidéos de Julie Morel et Reynald Drouhin
– Dans la salle de bain : une installation de Grégory Chatonsky
– Sur le lit : une pièce sonore de Michael Sellam
Enfin autre un ordinateur va faire le lien entre les deux chambres : grâce à une Webcam et un chat, les visiteurs vont pouvoir entrer en contact avec les absents, cependant tout proches.

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Take a Way (2000)

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> Installation d’après les photos du projet « Extrait » :

Le mois de novembre 2001 approche et la galerie Paris Project Room me contacte pour faire une exposition.
J’accepte et je fixe la date d’une courte exposition-performance de trois jours, du 5 au 7 novembre.
Je demande à un pâtissier d’imprimer ces douze photos sur du papier de riz comestible et de les présenter sur douze gâteaux d’anniversaire, véritables bijoux de crème pâtissière. Je commande aussi un gâteau avec mon acte de naissance.
Les gâteaux sont exposés pendant deux jours, ainsi qu’un couteau à disposition dont personne n’osera se servir pendant les deux premiers jours. Le troisième et dernier jour les gâteaux sont digérés par environ 80 personnes.
Cette exposition a vu le jour en collaboration et grâce aux discussions avec Ileana Gonzalez.

Extrait (1999)

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> Installation éphémère :

À l’occasion du mariage de mon amie Olivia, dont j’allais être le témoin, je me rends à la mairie de la ville où je suis née. Je prends le train et je me rends à l’est de Lyon. Assise à attendre mon tour dans le bureau de l’état civil, je me pose des questions sur le jour de ma naissance, le 5 novembre 1973. Poussée par la curiosité, je demande à consulter les registres des décès : qui est mort dans cette ville en ce jour de novembre ?
Mes recherches sont fructueuses : je trouve 11 noms, avec comme pour les vivants, une adresse postale de leur dernier domicile.
Je décide de pousser plus loin cette nouvelle filiation artificielle et administrative et j’écris une lettre à chacune de ses personnes. Une seule phrase-pallindrome pour entrer en contact avec les membres de cette nouvelle famille.
Les lettres m’étant toutes revenues, je me rends sur les lieux de décès de ses personnes pour prendre une photo souvenir.

L’installation comporte :
– 5000 Posters des photos des 11 bâtiments, que les spectateurs peuvent emporter avec eux, dépeuplant ainsi le lieu de ces photos.
– 11 Lettres-palindrome envoyées .

> Merci à Jean-Christophe Galmiche pour ses conseils et son aide précieuse lors des prises de vues à la Chambre.